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HISTORICITES DE NIETZSCHE
BINOCHE
PUB SORBONNE
19,00 €
Épuisé
EAN :9782859449537
En France, Nietzsche fut un temps l'emblème oraculaire de toutes les subversions et son nom côtoyait couramment ceux d'Artaud et de Bataille. Puis vint l'âge de son académisation qui permit bien des avancées et où on lui attribua l'insigne mérite d'avoir élaboré un système tout à fait cohérent dont la reconstitution méticuleuse pouvait occuper toute une vie. Le présent ouvrage fait le pari que le moment est venu de mettre en avant un autre Nietzsche, celui d'un philosophe dont l'oeuvre obéit à une dynamique originale où s'enchevêtrent des registres dont l'homogénéité ne va pas de soi. C'est le concept d'historicité qui est mobilisé à cette fin. Le passé lointain auquel doit régresser le savoir généalogique ; la réitération indéfinie du même présent que la sagesse de l'éternel retour doit inciter à vouloir ; le futur un peu brumeux de très long terme auquel doit oeuvrer le véritable créateur : trois temps, trois registres et trois problèmes aussi - objectivité, répétition, évolution. On ne doit pas trop vite présumer que ces trois discours n'en font qu'un. Au contraire : toute la difficulté est de savoir comment tirer ensemble ces fils, si seulement il faut les nouer et si oui, selon quelles modalités qui ne sont pas forcément celles du système. On peut encore dire ce qui précède autrement : si Dieu est mort et si Nietzsche s'est efforcé à tout prix de conjurer la posture du prêtre, le lecteur doit en tirer les conséquences. Interpréter, c'est ruminer, pas refermer.
Cette collection a pour objectif de proposer des outils de référence aux étudiants tout comme aux élèves du secondaire, sur un certain nombre de grands thèmes propres à la civilisation de chaque pays. Écrits par différents spécialistes reconnus, ces ouvrages font le point sur chaque question et en situent les enjeux actuels. Cette collection intéressera toute personne concernée par le sujet et qui recherche une synthèse accessible et pratique, documentée et vivante.Civilisation anglo-saxonne: dirigée par Danièle FrisonCivilisation espagnole et latino-américaine: dirigée par Paul Aubert
Ce livre a pour but de corréler l'apparition de l'" opinion publique " au refoulement de la croyance religieuse dans l'espace privé. Comme Bayle le vit aussitôt, cela posait le problème de savoir alors comment définir ce qui permet aux hommes de vivre ensemble à peu près pacifiquement. Est-ce encore une orthodoxie, mais laïque - quelque chose comme une morale naturelle, un catéchisme du citoyen ? Ou cela ne peut-il pas être une institutionnalisation du désaccord telle que celui-ci, au lieu de représenter un obstacle à la paix, devienne le ressort même du destin collectif ? L'opinion publique fut le nom disputé de ce programme grandiose, mais peut-être aussi vain, celui d'une société effectivement athée.
En 1946, Ferhat Abbas, député de Constantine, dit à ses collègues métropolitains de l'Assemblée nationale : "Soyez généreux". La France ne répond pas. L'impatience est là. La rébellion s'engage. En 1958, De Gaulle est à Alger. Il dit : "Jamais plus qu'ici et jamais plus que ce soir, je n'ai compris combien c'est généreux la France." La voilà donc enfin la France généreuse ! Au Palais Bourbon, arrivent 71 députés de l'Algérie et du Sahara, un chiffre jamais connu. 3 femmes musulmanes sont élues, les premières de l'histoire algérienne. De Gaulle propose au Front de Libération Nationale (F.L.N.), la "Paix des braves ". Le F.L.N. ne répond pas. Il s'intitule G.P.R.A. Gouvernement provisoire de la République algérienne. La guerre continue. La lassitude vient. La France s'en va. Pour ma part, malgré la séparation, je ne considérerai jamais un Algérien comme un étranger.
Résumé : Le bicentenaire de la Révolution française reconduit évidemment à l'emblème de celle-ci : la Déclaration des droits de l'homme. Mais si l'on interroge amplement cette dernière en amont, il semble qu'on en " oublie " l'aval : la vaste opération de refoulement dont elle fit l'objet en Angleterre, en France et en Allemagne, opération qui contribua à faire triompher la substantialisation naissante de l'Histoire. L'ouvrage présent se propose de retracer la trajectoire non exhaustive de ce rejet, de Burke (1790) au jeune Marx (1844) - ou comment une critique d'origine empiriste alimenta la première moitié du XIXe siècle par une série de réinscriptions dans des champs ontologiques et idéologiques apparemment hétérogènes, jusqu'à son retournement révolutionnaire par Marx. " Commémorer " ce peut être vouloir vainement ressusciter l'origine vacillante : ainsi les vieillards retombent-ils en enfance. Mais ce peut être aussi mesurer l'éloignement irréductible qui nous en sépare pour mieux prendre acte du présent, si peu glorieux soit-il.
Étude des diverses formes de compétition politique, des rivalités pour le trône, des luttes pour l'autonomie régionale, expliquées par l'analyse des moyens d'action de l'aristocratie, principal agent des troubles (implantations régionales, réseaux familiaux, solidarités militaires ou liens de service). Le clivage entre militaires et civils est remis en cause, alors que le poids des grands clans régionaux importe davantage : de véritables équipes alternent au pouvoir, les provinces leur restant fidèles tant que la protection impériale compense, aux yeux des populations, le versement de l'impôt.
Dans cette étude, De l'esprit des lois est abordé sous l'angle théorique d'une science nouvelle ayant pour objet les institutions humaines, puis sous l'angle politique d'un recensement des moyens disponibles pour freiner le passage au despotisme.
Résumé : Comment définir la famille en Grèce ancienne ? Qui invite-t-on chez soi ? Suivant quelles modalités ? Pourquoi ? Longtemps, les historiens ont exclu la famille du champ d'étude de la sociabilité, considérant qu'elle relevait de la sphère privée. L'analyse de célébrations ritualisées et normées, le plus souvent festives (mariage, naissance, décès ; sacrifices, banquets, processions, danses, chants), entre parents, amis et voisins, autrement dit entre familiers (oikeioi), ainsi que des discours qui y font référence (tragédies, comédies, plaidoyers civils, discours philosophiques, lois), conduit cependant à éclairer des formes de sociabilité plus ou moins formelle propres à appréhender la composition de la famille grecque dans l'Antiquité, son ouverture, ses limites et à définir ses normes, sa cohésion et son identité par des comportements spécifiques et les liens créés. Elle permet également de situer les individus dans l'oikos en fonction de leur statut, de leur âge et de leur sexe. Les célébrations sont organisées et transformées en spectacle, les relations forgées sont théâtralisées. La famille est ainsi comprise comme un noeud de solidarités organiques et imbriquées, un espace de visibilité sociale aux frontières perméables et floues, plutôt que comme une structure juridique figée et un lieu d'expression du privé à l'intérieur de la cité grecque. Le livre met en lumière les liens qui se nouent et perdurent à l'intérieur de la famille et la manière dont ces relations tissées dans un cadre domestique façonnent des interactions plus larges de la famille à la cité, principalement aux époques archaïque et classique, dans le monde grec. Il pose en définitive la difficile question de la nature de la cité.
Hobbes nous dit que le mot "liberté" est spécieux. Il existe de fait un contraste frappant entre la plénitude que peut donner l'énonciation du mot, comme dans le célèbre poème d'Eluard, et le sentiment de vide provoqué par la désolante diversité des usages concrets, parfois ouvertement contradictoires. Tôt ou tard, la réflexion bute sur la polarité de la liberté comme affirmation de l'ordre censé nous protéger de la licence, de l'anarchie ou du nihilisme, c'est-à-dire de la "fausse" liberté, ou comme négation de l'ordre dont les contraintes sont suspectées d'être oppressives et incompatibles avec la "vraie" liberté. Les contradictions entre les conceptions de l'ordre associées à la liberté donnent une justification à la conception de la liberté comme négation. Mais celle-ci est également difficile à tenir car elle risque de nier son objet en basculant dans la licence illimitée. Le conflit entre la liberté comme affirmation et la liberté comme négation n'est pas un défaut du concept. Il faut plutôt dire : la liberté est l'un des concepts qui servent à penser la production historique d'objets par l'activité collective et conflictuelle des hommes. L'oscillation entre ces deux pôles, qui peut être embarrassante au point d'inciter à n'en plus parler, montre que de tels concepts ont une structure ludique, au sens de ce qui fait l'intérêt de jeux intellectuels aussi futiles que les échecs. Ce livre peut se lire comme une introduction au jeu conceptuel de la liberté.