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Les équivoques de la civilisation
Binoche Bertrand
CHAMP VALLON
23,00 €
Épuisé
EAN :9782876734203
On ne se passe pas aisément du concept, si c'en est encore un, de civilisation. Chacun convient de son importance, mais son histoire, en français au moins, reste : bien sommaire. Aussi n'était-il pas inutile d'y revenir en croisant un axe géographique (civiltà, civilisation, civilisation, Zivilisation) et un axe historique (de la barbarie selon Leibniz à l'épistémè selon Foucault). Il en ressort un paysage fort contrasté où le terme, non seulement recouvre bien des significations incompatibles - et comment pourrait-il en aller autrement ? -, mais aussi plusieurs statuts bien distincts - car un simple mot n'est pas un concept, comme un concept n'est pas un maître-mot. La " civilisation " se définit donc par ses équivoques, lesquelles résultent de ses usages, plus ou moins scrupuleux. Après avoir prédit le triomphe de la civilisation, on peut bien annoncer le choc des civilisations, mais cela ne contribue pas à y voir plus clair. Aussi, aux fracas de la prophétie, les collaborateurs réunis dans ce volume ont-ils préféré les méandres de l'analyse : moins tonitruants sans doute. mais, de détour en détour, plus riches de ce qui éclaire ces grands mots qui nous engagent toujours plus que nous ne le souhaiterions.
Les philosophes nomment l'histoire. Ils l'appellent, par exemple, "perfectibilité", "philosophie de l'histoire", "civilisation", "tableau historique", "généalogie", etc. Or, en la nommant, ils la prennent en charge et l'écrivent à leur manière qui n'est pas toujours celle des historiens. Ainsi les philosophes racontent toutes sortes d'histoires, autrement dit ils élaborent des récits, éventuellement fictifs et extrêmement divers, mais qui sont toujours des instruments de vérité attachés à la résolution d'un problème particulier. Ce sont ces historicités philosophiques que cet ouvrage prend pour objet sous la forme d'un échantillon qui s'étend de Rousseau à Foucault. Aucune théorie générale n'est ici possible, il n'existe que des cas singuliers dont l'étude retourne l'histoire contre elle-même.
Binoche Bertrand ; Cléro Jean-Pierre ; Balibar Eti
Bertrand Binoche est professeur de philosophie à l'Université de Paris 1. Jean-Pierre Cléro est professeur de philosophie à l'Université de Haute-Normandie (Rouen).
Résumé : A force d'écarter tous les faits, la genèse hypothétique de la société civile en arrive à se retirer tout point d'appui ; mais, de son côté, l'histoire empirique, à force de s'en tenir aux dits faits, dépouillés de toute connexion rationnelle, en arrive au pyrrhonisme : c'est pourquoi la scission genèse/histoire s'avère intenable. Dès lors, le problème devient celui de l'injection du sens dans les faits : ce qu'on appelle couramment, et obscurément, les "philosophies de l'histoire". Le tableau historique français, l'histoire naturelle écossaise de l'humanité et la théodicée allemande de l'histoire constituent, dans le dernier tiers du XVIIIe siècle, trois tentatives majeures visant à résoudre ce problème. Mais toutes trois s'élaborent en fonction de circonstances spécifiques de sorte qu'il ne s'agit ni du même sens ni des mêmes faits, encore moins de la même articulation entre sens et faits. Le présent travail a pour objet la comparaison systématique et minutieuse de ces trois entreprises dont les solutions se révèlent, à leur tour, aporétiques ce qui ne signifie pas stériles. En régressant à de telles sources, on ne découvre pas seulement à quel point les catégories de "philosophie de l'histoire" et d' "historicisme", telles qu'elles sont manipulées aujourd'hui, sont des leurres. On peut aussi éclairer notre étrange impuissance à penser le futur, c'est-à-dire à élaborer un horizon d'expectative cohérent (quand bien même illusoire) sur lequel appuyer la maîtrise du présent.
Résumé : Le présent volume conjoint deux grands soucis, en droit distincts. Le premier est méthodologique. Il vise à élaborer ce qui n'existe ni en France ni ailleurs, à savoir une histoire comparée des philosophies. Par là, il faut entendre une histoire qui brouille les partages universitaires et reconstruit ses objets propres par les voies expérimentales auxquelles les vrais historiens (des institutions, des religions, etc.) sont accoutumés depuis longtemps. C'est alors l'activité philosophique elle-même qui apparaît autrement, dans la singularité de pratiques nationales qui l'effectuent toujours dans une conjoncture donnée. L'Europe spirituelle n'existe pas. La seconde préoccupation ordonnant ces analyses est anthropologique. Elle se présente comme une histoire polémique des historicités observables de Vico à aujourd'hui, où l'Événement est devenu la pierre philosophale. On y comprend mieux comment les hommes, pour simplement vivre, doivent s'installer dans un temps donné. Ils y nouent présent, passé et futur selon des modalités indéfiniment variables, mais toujours illusoires ainsi se définit chaque époque. L'Histoire universelle n'existe pas. Dans ces pages, il n'existe donc que des philosophies comme il n'existe que des historicités. On n'y proclame pas la mort de Dieu : soyons plutôt polythéistes !
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Volontiers qualifiées de "favorites", de "presque reines" et même parfois de "sultanes", les maîtresses des rois de France sont parmi les femmes les plus célèbres de l'Ancien Régime. Si, depuis le début du XIXe siècle, nombre de biographies et de romans historiques leur furent consacrés, elles rencontrent un accueil plus mitigé auprès des chercheurs. Flavie Leroux vise dans cet ouvrage à dépasser l'anecdote et la "petite histoire", pour proposer une perspective plus large rendre compte du rôle central que les maîtresses ont pu tenir dans la construction de leur propre parcours, dans le devenir de certaines familles et dans le fonctionnement institutionnel de la monarchie. L'enjeu est d'étudier le phénomène de la faveur au féminin en général à l'aide de sources largement inédites. A cet effet, est considérée une période charnière dans l'histoire de France : les règnes de Henri IV (1589-1610) et de Louis XIV (1643-1715), qui marquent l'avènement et l'expansion de la monarchie dite absolue. On retrouvera des figures fameuses, telles Gabrielle d'Estrées, Mme de Montespan ou Mme de Maintenon, mais aussi des maîtresses moins connues, comme Jacqueline de Bueil, Charlotte des Essarts ou encore Marie-Angélique de Fontanges. L'étude ne s'arrête cependant pas aux femmes qui entretiennent une liaison avec le roi. Leurs enfants, leurs parents, les individus et les communautés qu'elles protègent sont également au coeur de la réflexion. Au-delà du portrait factuel, politique, tapageur ou moral, la maîtresse et les siens sont considérés dans leur réalité sociale. Filles, soeurs, tantes, mères, parfois épouses ou veuves, mais aussi dames nobles, femmes d'affaires et protectrices : autant de visages qui montrent la capacité d'action de ces femmes et leur influence dans le devenir de leurs proches, tout en éclairant le fonctionnement du pouvoir royal.
Résumé : Dans le monde entier, citoyens, militants et experts cherchent aujourd'hui à repenser nos sociétés et leur rapport à la nature à l'aune d'un usage et d'un gouvernement en commun des environnements et des ressources. Forêts et pâturages, terres et marais, lacs et rivières, pêcheries, systèmes d'irrigation : partout on redécouvre, expérimente, promeut leur gestion collective, avec l'espoir d'un avenir plus soutenable et plus démocratique. Ce monde des communs est à inventer, mais il hérite aussi d'une longue histoire que ce volume voudrait éclairer. Quelle place ceux-ci ont-ils occupée, en France et dans son Empire, sur la longue durée depuis le XVIIe siècle ? Comment les communs ont-ils évolué en lien avec les mutations de l'Etat et des marchés ? Quelles ont été leurs trajectoires dans le contexte des territoires colonisés par la France ? Et comment restituer toute la complexité des formes de gouvernement collectif des environnements, au-delà d'une conception parfois trop idéalisée des communs ? Une équipe d'historiens présente ici leurs résultats d'enquête sur tout ce pan encore trop méconnu de l'histoire sociale, écologique et politique de nos sociétés.
Comment conquérir puis gouverner une dizaine de cités, des nobles par milliers et près d'un million de sujets ? En Lombardie, entre 1515 et 1530, François Ier, Francesco II Sforza et Charles Quint ont buté sur la même question. La réponse offrait un prix de taille : une terre riche et peuplée, à la croisée des chemins de la Méditerranée, des Alpes et des plaines du Nord. Si la guerre fut destructrice et indécise, c'est que les autochtones opposèrent aux conquérants des défis à la hauteur d'une culture politique millénaire. Plus le temps passe, plus la Lombardie apparaît comme une des pièces incontournables de la formation de l'Europe moderne, entre exercice de la souveraineté, de la fidélité et de la médiation mais aussi expérience de la violence, de la servitude et de la résistance.