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Revue française de socio-économie Hors-série, second semestre 2015 : Sociologie économique et économ
Bidet Alexandra - Jany-Catrice Florence - Vatin Fr
LA DECOUVERTE
24,99 €
Épuisé
EAN :9782707188052
Alors que s'affirme le renouveau d'une sociologie des faits économiques, on observe une insatisfaction croissante à l'égard de l'économie "standard", dont le discours s'est avéré de plus en plus en décalage avec les enjeux du moment, notamment la grave crise financière mondiale ouverte à l'automne 2008. On assiste au retour d'une interrogation classique sur la dimension politique des faits économiques, quand les développements contemporains de cette science économique mainstream tendent au contraire à naturaliser des "lois" économiques, à universaliser leurs concepts et à standardiser leurs méthodes. L'enjeu de ce numéro hors-série vise à rassembler des travaux originaux, à identifier les convergences et les conflits, à favoriser l'unification théorique par le dialogue entre économistes politiques, et sociologues de l'économie. Les transformations de la réalité économique qui relèvent de la mondialisation sont inséparables des autres formes de réalité et elles dessinent de nouvelles pratiques et orientations politiques qu'il s'agisse de l'Etat, des territoires, du droit, des libertés ou de l'autonomie des individus. Partir à la recherche de la dimension politique des faits économiques aujourd'hui, ou construire intellectuellement son retour, c'est tenter d'élaborer de nouvelles médiations entre sens commun et constructions scientifiques, et proposer ainsi des schèmes d'intelligibilité de l'économie, scientifiquement heuristiques, mais également appropriables par les citoyens "ordinaires" dans le débat public.
Bidet Alexandra ; Datchary Caroline ; Gaglio Géral
Résumé : La multi-activité est une caractéristique anthropologique, propre à l'Homme, mais elle devient aussi son défi à l'ère numérique. Quand les espaces de vie et de travail sont de plus en plus riches en écrans, en applications, en messages, en notifications parallèles et simultanées, nous sommes incités à mener plusieurs activités en même temps. Loin des visions idylliques d'un travailleur créatif et flexible ou des dénonciations critiques sur l'intensification du travail, ce livre propose, pour la première fois, une analyse de terrain solide sur l'impact de cette transformation et les formes d'organisation qui en découlent. Appuyé sur un dispositif d'enquête collectif, il examine les compétences mobilisées par le travail en situation de multi-activité dans différents contextes : auprès d'employés et de cadres du privé comme du public, de responsables de communication interne, de médecins de services d'urgence pédiatrique, des techniciens de l'assainissement, etc. Il associe des méthodologies d'enquête et des champs disciplinaires complémentaires : la sociologie, l'anthropologie, les Workplace Studies, l'ethnométhodologie et l'analyse de discours. Ce livre s'adresse aux chercheurs et aux citoyens intéressés par le travail et les technologies de l'information et de la communication, ou souhaitant mieux comprendre comment s'opère au quotidien l'articulation entre de multiples engagements dans un environnement mouvant.
Résumé : Le moujik de Chagall, qui s'avance parmi les fleurs, a-t-il en tête la cité idéale ? Ou bien s'apprête-t-il à briser la machinerie des palais ? Ainsi Rawls, qui propose l' " utopie réaliste " d'une société ordonnée selon la justice, apparaît-il d'abord comme le messager du monde d'en haut. Qui nous enseigne comment celui-ci s'édifie dans la pensée et subsiste dans l'Idée. Mais la justice n'est pas un idéal : c'est un impératif. L'idée de justice comprend l'exigence de son instauration dans un monde injuste. Rawls donc, au regard des principes qu'il énonce et de la pratique politique qu'il légitime, est un penseur subversif. Qui, pourtant, se méconnaît. Et faiblit devant les conclusions qu'il devrait tirer des prémisses qui sont les siennes. Au point que sa pensée se trouve communément sollicitée et mobilisée au service de l'ordre établi. Force est donc de montrer point par point que ses concepts ont d'autres implications que celles qu'il leur prête, et sont appropriés à d'autres perspectives que celles qu'il envisage. Et que l'on peut, avec lui et grâce à lui, penser au-delà de lui et contre lui. On trouvera ici un exposé ordonné de sa " théorie de la justice ", doublé d'un critique interne, qui est aussi une réception. L'objet ultime de ce livre n'est pas de proposer une alternative à la construction rawlsienne, mais de tirer de celle-ci quelques matériaux conceptuels pouvant servir à une telle entreprise.
Jacques Bidet est professeur de philosophie à l'Université de Paris X, directeur de la revue Actuel Marx (CNRS). Il a notamment publié aux PUF: Théorie générale: théorie du droit, de l'économie et de la politique (PUF, 1999), Que faire du Capital? Matériaux pour une refondation (PUF, 2000). - Eustache Kouvélakis est chercheur à l'Université de Wolverhampton (Royaume-Uni). Sa thèse de doctorat, Philosophie et révolution de Kant à Marx, est à paraître chez Verso (Londres) et aux PUF.
Favereau Olivier ; Bidet Alexandra ; Le Gall Jean-
Après quatre décennies de financiarisation, l'entreprise va mal, humainement et économiquement. Pour la redresser, il faut repartir de ce qui constitue sa source d'énergie vitale : le travail salarié, bridé, méprisé, sur-contrôlé, sur-évalué mais méconnu dans son contenu concret, sa positivité intrinsèque, son potentiel immense et, en définitive, sous-utilisé. Le chômage massif et l'emploi précaire, qui accompagnent la financiarisation comme son ombre, sont le fruit logique d'un type d'entreprise, prompte à discourir sur la valeur-travail, mais ignorante de la vraie valeur du travail, qui ne joue plus le moindre rôle dans ses critères de bonne gouvernance. Cet ouvrage fait converger quatre regards disciplinaires : économique, sociologique, gestionnaire et anthropologique, pour dégager la grammaire commune de l'entreprise du XXIe siècle, celle qui nous fera sortir de la financiarisation. Proposant la première grille de lecture interdisciplinaire du contenu même du travail salarié, dans sa face lumineuse comme dans sa face sombre, les auteurs montrent comment réveiller la capacité de création collective de l'entreprise en (re)donnant du sens au travail salarié, y compris le plus terre-à-terre. Et pour atteindre ce résultat, la condition préalable est de (re)donner du poids aux salariés, dans le gouvernement de l'entreprise.
Becker Howard S. ; Merllié-Young Christine ; Merll
Après de nombreuses années de pratique du métier, Howard S. Becker livre, avec le style qui a fait son succès, les leçons tirées de son expérience de sociologue. Empiriques au même titre que les sciences de la nature, les sciences sociales ne progressent que par la qualité de l'articulation entre des " idées " (ou théories) et des " données ", toujours produites par des procédés de fabrication à analyser. La distinction, qui structure la profession, entre recherches " qualitatives " et " quantitatives " ne change rien à l'exigence de fournir des " preuves " solides, capables de résister au doute pour convaincre collègues et adversaires. La nécessité d'une analyse critique des données est ici démontrée à la lumière d'une gamme étendue de recherches, des plus collectives et objectivantes, comme les recensements de la population, aux plus personnelles, comme les observations ethnologiques, en passant par toutes les formes intermédiaires de la division du travail entre concepteurs des recherches et personnes chargées de la collecte des données. Cette ré? exion sur les conditions pratiques de l'observation s'adresse aussi bien aux professionnels des enquêtes, aux chercheurs en sciences sociales qu'à l'étudiant devant réaliser son premier mémoire de recherche.
Harper Kyle ; Pignarre Philippe ; Rossignol Benoît
Comment Rome est-elle passée d'un million d'habitants à 20 000 (à peine de quoi remplir un angle du Colisée) ? Que s'est-il passé quand 350 000 habitants sur 500 000 sont morts de la peste bubonique à Constantinople ? On ne peut plus désormais raconter l'histoire de la chute de Rome en faisant comme si l'environnement (climat, bacilles mortels) était resté stable. L'Empire tardif a été le moment d'un changement décisif : la fin de l'Optimum climatique romain qui, plus humide, avait été une bénédiction pour toute la région méditerranéenne. Les changements climatiques ont favorisé l'évolution des germes, comme Yersinia pestis, le bacille de la peste bubonique. Mais "les Romains ont été aussi les complices de la mise en place d'une écologie des maladies qui ont assuré leur perte". Les bains publics étaient des bouillons de culture ; les égouts stagnaient sous les villes ; les greniers à blé étaient une bénédiction pour les rats ; les routes commerciales qui reliaient tout l'Empire ont permis la propagation des épidémies de la mer Caspienne au mur d'Hadrien avec une efficacité jusque-là inconnue. Le temps des pandémies était arrivé. Face à ces catastrophes, les habitants de l'Empire ont cru la fin du monde arrivée. Les religions eschatologiques, le christianisme, puis l'islam, ont alors triomphé des religions païennes.
Que signifie "protéger la nature" ? Répondre à cette question concrète, urgente, suppose d'affronter une question proprement philosophique. Car la notion même de "nature" ne va plus de soi. On a pris l'habitude d'aborder l'environnement à partir des oppositions entre nature et culture, naturel et artificiel, sauvage et domestique, que la globalisation de la crise environnementale a effacées : le changement climatique remet en cause la distinction traditionnelle entre histoire de la nature et histoire humaine. Ces oppositions tranchées n'ont plus lieu d'être, mais leur effacement ne signifie pas pour autant le triomphe de l'artifice. On peut continuer à parler de "nature" et même en parler mieux, parce qu'il n'y a plus à choisir entre l'homme et la nature, mais plutôt à se-soucier des relations entre les hommes, dans leur diversité, et la diversité des formes de vie. Que l'on s'intéresse à la protection de l'environnement, aux techniques ou à la justice environnementale, cet ouvrage montre qu'il est possible de concilier le souci de la nature, la diversité des cultures et l'équité entre les hommes ; et qu'il existe aussi des manières d'agir avec la nature et pas contre elle.
Narcisses pathologiques mégalomanes, prêts à tout pour réussir, Narcisses vulnérables, hypersensibles à la critique, dissimulant leur désir de toute-puissance derrière une façade d'humilité, les Narcisses sont de tous les fronts et font recette. Pour s'en prémunir, il faut pouvoir les reconnaître : Marie-France Hirigoyen propose ici une grille de lecture explicite et salutaire. Dans un monde toujours plus compétitif, les Narcisse occupent des positions de pouvoir au sein des affaires ou des médias, voire à la tête des Etats. Certains observateurs, confondant narcissisme et confiance en soi, considèrent que le renforcer permettrait d'affronter les maux de l'époque. Pourtant, les " psys " dénoncent régulièrement le rôle désastreux du narcissisme ambiant sur leurs patients : solitude, souffrance au travail, désordres amoureux... Pour comprendre cette réalité paradoxale, Marie-France Hirigoyen propose une enquête détonante nourrie de sa clinique. Elle pointe la confusion entre le narcissisme sain, qui permet d'avoir suffisamment confiance en soi pour s'affirmer, et le narcissisme pathologique consistant à se mettre en avant aux dépens des autres. Elle reprend la genèse de ce concept dans la psychanalyse freudienne, puis dans la psychanalyse américaine, qui l'a transformé en mettant l'accent sur l'" estime de soi " - participant ainsi d'un glissement de sens emblématique. Emaillé de nombreuses études de cas, histoires et récits de vie, ce livre explique ainsi de manière vivante et originale les dérives du monde moderne, où de plus en plus d'individus sont centrés sur eux-mêmes, " scotchés " à leurs écrans, " accros " aux réseaux sociaux pour se valoriser et exister uniquement dans le regard de l'autre. Mais il invite aussi, grâce à un dialogue renouvelé entre psychanalyse et sociologie, à mieux comprendre les traits narcissiques pour contrer l'ascension des Narcisse tout-puissants. Un projet indispensable pour notre avenir commun.