Par son rapport au temps et à la matérialité, par sa capacité à restituer un monde à partir d'infimes vestiges, l'archéologie nourrit l'imaginaire des artistes. De Daniel Spoerri à Michael Rakowitz en passant par Arman, nombre d'entre eux en ont repris les méthodes : stratigraphie, prélèvement, classification, muséification. Par ses techniques, comme la modélisation tridimensionnelle ou l'archéographie, l'archéologie aide aussi à renouveler les interprétations des historiens de l'art. Ce numéro explore ainsi les relations entre art, archéologie et histoire de l'art, disciplines soeurs. Si l'archéologie a parfois été instrumentalisée à des fins idéologiques, elle peut à l'inverse contribuer à démentir des lectures détournées ou partielles du passé, mettre au jour des pans oubliés ou délaissés de l'histoire de l'art et ainsi questionner les valeurs esthétique, scientifique, religieuse et commerciale attribuées aux objets. En se penchant sur des cas tels que la mise au jour de Santa Maria Antiqua au début du xxe siècle et l'occupation plurimillénaire de Rome, les vases représentant Achille et Ajax jouant aux dés, d'origine attique mais retrouvés en Italie, les statues honorifiques disparues de la cité de Cos, la cité abbasside encore largement inexplorée de Samarra ou encore la muséographie des collections égyptiennes au xixe siècle, chaque contribution à ce volume met en lumière sous un angle différent ce dialogue interdisciplinaire.
Dans cet ouvrage, Hugh Milne, ostéopathe écossais à la troisième génération, installé à Big Sur en Californie, présente l'approche visionnaire de la guérison et son application à la thérapie cranio-sacrée. Il se réfère à l'histoire de l'évolution humaine et des techniques de guérison et explore ce qui constitue cette approche visionnaire : sa genèse, son évolution, sa philosophie, sa pratique. II explique comment la méditation, le travail sur le toucher sensitif, la perception intuitive et l'échange énergétique peuvent conduire le thérapeute à l'épanouissement de ses capacités. Assumant pleinement l'aspect énergétique et intuitif de son approche, cet ouvrage remarquable qui s'adresse aux ostéopathes, aux thérapeutes manuels et plus largement aux professionnels de santé holistique, apporte une contribution importante à l'art thérapeutique.
Dans Au coeur de l'écoute, Hugh Milne, ostéopathe écossais à la troisième génération, installé aux Etats-Unis, présente l'approche visionnaire de la guérison et son application à la thérapie cranio-sacrée. Réparti en deux volumes (Livre 1 et Livre 2) qui peuvent se lire indépendamment, il s'agit d'une oeuvre magistrale qui peut être utilisée comme un manuel technique pour les thérapeutes investis dans l'approche cranio-sacrée, et comme un livre d'étude et de référence sur la nature et l'anatomie humaine. Dans ce Livre 2, l'auteur détaille les structures du système cranio-sacré du point de vue du modèle énergétique et ostéopathique. Il clarifie l'anatomie, la physiologie, les pathologies et l'énergétique de chaque structure cranio-sacrée essentielle, et explique comment les thérapeutes peuvent accroître leurs perceptions des problèmes des patients en "écoutant" le son des structures. Le fondateur du travail cranio-sacré, William G. Sutherland, insistait sur l'importance de visualiser dans le détail les structures internes. Hugh Milne fournit les informations nécessaires qui permettent ce travail, et son approche visionnaire offre aux thérapeutes manuel un chemin pour approfondir leur art. De nombreuses techniques douces, non invasives, qui s'appliquent à chaque os, muscle ou structure membraneuse, sont décrites et illustrées précisément. Le génie particulier de Milne réside notamment dans son habilité à réunir faits scientifiques, vécu thérapeutique, symbolisme et poésie, dans un tableau cohérent et intuitif qui expose de façon pénétrante l'art visionnaire de la guérison. Cet ouvrage remarquable, qui s'adresse aux ostéopathes, aux thérapeutes manuels et plus largement aux professionnels de santé holistique, apporte une contribution importante à l'art thérapeutique.
Vers la fin du XIVe, siècle se fait jour une théorie du signe et de la signification qui, par une réélaboration des principaux concepts sémantiques, renouvelle toute l'analyse logique du langage. Partant de Guillaume d'Ockham, dont l'œuvre est ici décisive, cet ouvrage suit le développement d'une logique fondée sur des éléments de sémiologie, à travers différents auteurs du XIVe siècle tels que Gauthier Burley, Jean Buridan, Albert de Saxe, Marsile d'Inghen, Pierre d'Ailly... Une telle " logique du signe " prend place dans toute une mutation du savoir, en ce siècle où la crise profonde du monde - médiéval appelle une autre conception des rapports entre l'homme, les choses extérieures et le langage.
Chanson Guillaume ; Bernardini Thierry ; Biard Van
Résumé : Avec plus de 10% du PIB français, les activités immobilières représentent un secteur essentiel de notre économie (à titre de comparaison, plus important que toutes les industries réunies). Ce secteur est composé de nombreuses entreprises spécialisées (promoteurs, foncières, investisseurs, sociétés de gestion...) qui développent les villes de demain. Dans le même temps, pour tous les acteurs de l'économie, la fonction immobilière est essentielle car elle représente le deuxième plus gros poste de dépenses après les salaires et une part significative de l'actif. Cet ouvrage propose une plongée dans les stratégies immobilières et la façon dont elles sont mises en pratique par les professionnels de l'immobilier (directeurs immobiliers, investisseurs, promoteurs, asset managers, portfolio managers, fund managers, experts immobiliers, brokers...). Il aborde donc des questions aussi variées que : - Comment la direction immobilière d'une entreprise positionne ses activités au sein de l'entreprise et élabore une stratégie immobilière alignée sur la stratégie d'entreprise ? - Comment les portfolio managers construisent des portefeuilles de biens immobiliers optimisés en termes de performance et de risques pour le compte d'investisseurs ? Une telle immersion dans la stratégie immobilière nécessite de convoquer de multiples disciplines : stratégie d'entreprise, finance, droit, économie, architecture mais aussi gestion de projet et négociation. Par ailleurs, cet ouvrage accorde une grande attention, tant aux évolutions historiques qu'aux grandes tendances actuelles : financiarisation, transformation numérique, éthique et écologie. Cet ouvrage réunit les contributions d'universitaires et de praticiens de l'immobilier, nombre d'entre eux enseignant au sein du master GESIIC (de l'Université Paris 1). Il s'adresse aussi bien aux étudiants des cursus immobiliers qu'aux cadres d'entreprises ou aux consultants.
L'Ukraine a pu constituer un point aveugle de l'histoire de l'art. Son patrimoine comme sa création ont longtemps été confondus avec ceux de la Russie soviétique. Le présent numéro, l'une des premières publications françaises dédiées à la création et aux artistes ukrainiens, réunit des auteurs d'Ukraine et d'Europe dont les sujets d'étude vont des débuts de la christianisation du pays à ces dernières années. Il dresse un vaste panorama de la richesse esthétique et artistique de ce pays, dans sa variété chronologique et thématique.
Lamouche Emmanuel ; Lett Matthieu ; Font-Réaulx Do
Outil indispensable à la diffusion et à la connaissance des oeuvres, la reproduction est omniprésente dans la culture visuelle contemporaine. Loin de seulement susciter une "perte d'aura" , selon la formule de Walter Benjamin, elle est un instrument majeur de l'histoire de l'art, utilisée par les chercheurs de manière si régulière qu'ils en oublient parfois son caractère interprétatif. Le numéro Reproductions invite à considérer sur un temps long l'ensemble des techniques de reproduction et leurs usages. La reproduction permet le passage d'un médium à l'autre : ainsi, dans le cas de la tapisserie, Marie Cuttoli commande des modèles à des artistes phares des années 1930 et 1960 ; croisant gravure et photographie, Nicéphore Niépce met au point l'héliographie ; en sculpture, Vincenzo Vela s'inspire de la photographie et du moulage. Les techniques d'agrandissement (Auguste Rodin et le pantographe) et de réduction (l'édition de bronzes à Paris au XIXe siècle) sont aussi étudiées. Une attention particulière est prêtée aux acteurs et aux circuits de diffusion, depuis la création d'Agnus Dei dans la Rome moderne jusqu'au soutien apporté à la gravure d'interprétation par la Chalcographie du musée du Louvre, en passant l'apparition du tirage limité des estampes au XVIIe siècle. Ce numéro questionne ainsi les usages multiples de la reproduction. Si elle s'avère utile pour l'étude et l'apprentissage, comme dans le cas des collections de moulages lyonnaises ou des conférences accompagnées de projections lumineuses par Raphaël Gaspéri dans le sud de la France au début du XXe siècle, elle peut aussi être parfois trompeuse, à l'exemple des manipulations photographiques effectuées par les éditions Cahiers d'art pour magnifier des objets préhistoriques ou des usages parfois controversés de moulages par la galerie Demotte. Apparaît ainsi clairement le potentiel (dé)formateur de la reproduction, qui entre enfin dans le champ des pratiques muséographiques, patrimoniales et artistiques, comme en témoignent une enquête sur le mobilier traditionnel menée par le musée national des Arts et Traditions populaires dans les années 1940 ; le développement des expositions immersives qui trouvent leur origine dès les années 1960 ; les performances phares du XXe siècle rejouées sur Second Life par Eva et Franco Mattes ; ou encore la reprise en 2010 à Eindhoven d'un dispositif muséographique conçu par Lina Bo Bardi. Par l'analyse de ces réinterprétations multiples, ce numéro d'Histoire de l'art souligne la richesse des processus reproductifs.
Dans un monde où perdurent guerres et desseins dominateurs, ce numéro interroge l'art aux prises avec l'autoritarisme sur le temps long, du XVIe siècle à nos jours. L'art a pu, dans certains cas, servir les visées autoritaires du pouvoir en place (décors fascistes d'Arnaldo Carpanetti en Italie, exposition sur l'architecture nazie présentée en 1942 à Madrid, fresques de Pierre Ducos de La Haille pour le palais de la Porte dorée, affiches de propagande communiste vietnamienne). Dans les diverses formes coloniales, certains artefacts ont revêtu des significations changeant selon le contexte (masque D'mba en Guinée, nus féminins exposés au Salon japonais dans les années 1930). L'autoritarisme a pu avancer masqué (la Documenta, marquée par Joseph Beuys, et ses liens avec des courants réactionnaires ; le genre, obstacle pour les professionnelles de musée ; l'influence de la CIA au Nigeria dans les années 1960 à 1980). Mais l'art a aussi été un moyen de résistance à l'autoritarisme (le collectif CADA dans le Chili de Pinochet ; l'oeuvre en exil du Bélarusse Sergey Shabohin, entre collecte, archivage et création ; Sammy Baloji et son travail sur les relations entre l'Europe et le royaume du Kongo). Face à la censure et à l'exclusion, certains doivent se résoudre à créer dans les interstices de liberté (les populations mexica se réappropriant des images chrétiennes ; l'Albanais Edi Hila et la sphère de l'intime ; les films de Jafar Panahi ; le spectre de Tian'anmen en Chine ; la situation des artistes palestiniens, notamment à Gaza).
Interroger les liens entre le musée et l'histoire de l'art, c'est penser les tensions entre ce lieu de plus en plus happé par l'emprise d'une vision touristique et patrimoniale et un discours parfois plus porté, avec l'iconic turn, sur les images que sur les objets. Le musée ne fait pas que refléter le discours de l'histoire de l'art : il agit sur lui également. Lieu de la confrontation entre une Åuvre et une personne, il est la ou se font les redécouvertes. Lieu éminemment public, il releve du politique. Le principe de démocratisation a l'Åuvre depuis plusieurs décennies implique de nouveaux modes d'accrochage, moins savants, plus ludiques, qui entrainent une histoire de l'art éclatée, moins préoccupée uniquement de philologie savante, d'attribution et de datation, de classement stylistique, et plus ouverte vers les universaux actuels : le plaisir de l'Åil, les aventures du voir, les bricolages de l'imaginaire visuel