Si le XXe siècle correspond pour la Chine à une période de ruptures historique, sociale et culturelle, il lui offre aussi l'occasion de renouveler son vocabulaire artistique. L'école de Lingnan est l'un des mouvements majeurs à affronter ces nouveaux enjeux. Ses trois fondateurs, Gao Jianfu (1879-1951), Chen Shuren (1884-1948) et Gao Qifeng (1889-1933), sont à la fois des militants politiques et des peintres novateurs : ils mènent de front activités clandestines destinées à renverser la dynastie des Qing (1644-1911) et diffusion de leurs productions. Après la proclamation de la République, ils se consacrent presque exclusivement à leur art et participent aux débats sur l'élaboration d'une "nouvelle peinture nationale", amplement inspirée des courants contemporains du Japon. Ils fondent également des ateliers où se formera la génération suivante. En faisant connaître les modèles de leurs maîtres en Chine continentale, à Taïwan, à Hong Kong et jusqu'au Canada, ces artistes permettront à l'école de Lingnan de devenir le premier courant artistique chinois de renommée mondiale, qui survit aujourd'hui encore. Issues pour la plupart du musée d'Art de Hong Kong, les oeuvres, reproduites avec soin et largement commentées, retracent, au fil de chaque partie enrichie d'un essai inédit, l'histoire de ce mouvement.
Résumé : Born in China in 1968 and living in France since 2001, Li Fang capture in her paintings the oscillations of the contemporary world. Although her work is figurative, her technique, which uses large flat areas of colour like blocks sculpted from pictorial matter, clearly forges a link with abstraction. This stylistic unity unfolds in a variety of series that reflect her life and our times : portraits of loved ones, scenes of swimming, anonymous urban crowds, resistance to Chinese censorship, the tragedy of migrants in the Mediterranean Sea... Despite being current or seemingly simple, her themes echo universal feelings : the loneliness of modern society, the choice of exile, the tenderness of childhood, the power of water or the vitality of bodies in nature. Whether light or profound, joyful or tragic, Li Fang's work is timeless and open-ended, and this first monograph reveals its full richness.
Lefebvre Eric ; Bellec Maël ; Bianchi Alice ; Peng
L'itinéraire de Walasse Ting (1928-2010), artiste inclassable né près de Shanghai et actif tour à tour à Paris, New York et Amsterdam, préfigure l'internationalisation de l'art contemporain chinois. Au début des années 1950, Walasse Ting gagne Paris où ses créations expressives le rapprochent du groupe CoBrA. Si sa prédilection pour Matisse s'affirme pendant ses années parisiennes, c'est à New York qu'il construit son univers, fait d'allers et retours entre l'encre et la couleur pure, entre les codes de la peinture chinoise et la spontanéité de l'action painting. Tout en retraçant le parcours de Walasse Ting, cet ouvrage présente pour la première fois le fonds exceptionnel du musée Cernuschi, révélant une oeuvre d'une incroyable vitalité, chargée d'érotisme, ainsi que la figure fascinante d'un artiste se désignant lui-même sous le nom symbolique du "voleur de fleurs". Cet ouvrage est publié sous la direction d'Eric Lefebvre et Mael Bellec.
De la fin de l'empire à la Seconde Guerre mondiale, de la révolution de 1949 à l'ouverture des années 1980, la Chine du XXe siècle est le théâtre de profondes mutations. En phase avec ces changements, la peinture chinoise - caractérisée depuis des siècles par l'usage de l'encre - se réinvente au contact de techniques nouvelles, mais aussi grâce à la redécouverte de son propre passé. Le voyage des artistes joue un rôle moteur dans ce renouvellement. D'une génération à l'autre, les échanges s'étendent de l'Asie à l'Europe et à l'Amérique. Profondément marquée par ce dialogue interculturel, la peinture à l'encre est au centre de débats théoriques, qu'il s'agisse de la définition d'une peinture nationale, de la question du réalisme ou de l'abstraction. Chronique d'un siècle de création artistique, cet ouvrage d'une grande richesse iconographique met particulièrement en lumière les chefs-d'oeuvre de la collection du musée Cernuschi, l'une des rares à réunir de nombreuses oeuvres d'artistes actifs en Chine ou issus de la diaspora.
Lee Ungno (1904-1989) est l'un des peintres asiatiques les plus importants du XXe siècle. A l'issue d'une première carrière en Corée et au Japon, il abandonne l'art traditionnel pour des formes abstraites, jouant ainsi un rôle de pionnier dans la fondation d'un art coréen contemporain. Cette évolution le rapproche, après son installation en France en 1959, de l'avant-garde parisienne, et notamment de Hans Hartung, Pierre Soulages ou encore Zao Wou-ki. Peintre, sculpteur et graveur, Lee Ungno explore les relations entre calligraphie et abstraction. Ces recherches le conduisent à traiter, à partir des années 1970, le thème emblématique des foules, perçu comme un symbole de la démocratisation de la Corée du Sud pendant la décennie suivante. Cet ouvrage retrace le parcours d'un artiste novateur et engagé, à l'oeuvre foisonnante et à l'énergie communicative.
Comptant plus de cinq mille oeuvres, fresques ou tableaux, la production de Luca Giordano (1634-1705) est immense. Virtuose du pinceau, sa capacité d'adaptation lui valut des commandes prestigieuses, tant à Naples qu'à Florence, mais aussi en Espagne, où il séjourna dix années à la cour de Charles II. Son oeuvre est abondamment présente dans les musées français — que ce soit au Louvre, à Ajaccio, Amiens, Brest, Chambéry, ou encore Rouen —, un pays où il exerça une profonde influence sur les peintres du XVIIIe siècle. Cette monographie, premier ouvrage en français sur l'artiste, dessine le portrait d'un homme exceptionnel, indifférent aux codes et aux règles, doué pour les affaires, et essentiel pour comprendre le paysage artistique du XVIIe siècle européen.
Manzini Charlotte ; Kopp Robert ; Farigoule Jérôme
Le premier ouvrage que signe le jeune Charles Baudelaire est le Salon de 1845. Il nous propose, au travers des écrits esthétiques qu'il publie jusqu'en 1863, de parcourir le paysage artistique d'une période qui voit l'apparition de nouvelles formes concomitamment à la permanence des grands maîtres : cette quinzaine d'années cumule les derniers feux du romantisme, l'apogée du réalisme de Courbet et les débuts d'Edouard Manet, alors que Delacroix et Ingres sont devenus des phares. A côté de ces figures tutélaires, Baudelaire s'attache à des artistes moins en vue, William Haussoullier, George Catlin, Antoine Chazal ou Constantin Guys, dont les oeuvres reflètent autant l'éclectisme de la production de l'époque que l'ambition du poète de proposer une vision originale de la beauté moderne. Il s'agit non seulement de définir un art qui témoigne de la façon la plus accomplie du présent - comme l'atteste son attrait pour les caricaturistes et Daumier, promus au rang de grands peintres - mais aussi de définir une forme qui conjugue "naïveté", "sincérité" et imagination, qualités qui caractérisent en grande partie la sensualité artistique qu'il développe dans le célèbre passage où il en appelle à un musée de l'amour. C'est à la découverte de ces nombreux croisements que vous invite ce livre.
Rosenberg Pierre ; Lhinares Laurence ; Rombout Côm
Débutée dans les années 1970, la collection de Véronique et Louis-Antoine Prat est devenue l'un des ensembles privés de dessins parmi les plus prestigieux au monde. Ce catalogue révèle toute la puissance de cette sélection, qui se concentre sur l'école française avant 1900, et offre un panorama particulièrement représentatif de trois siècles d'art du dessin, de Callot à Seurat. La collection Prat résulte d'une rare alchimie : la rencontre d'un goût raffiné, d'un sens affuté de la chasse au trésor et, ici plus que jamais, d'une érudition sans faille.
Champy-Vinas Cécilie ; Pingeot Anne ; Leribault Ch
A la fin du XIXe siècle, la sculpture est partout : dans les musées, mais aussi dans les rues, sur les façades, sur les places et dans les jardins. la "statuomanie" triomphe. Par ses commandes, la ville de paris a largement contribué à faire de la capitale un vaste musée de sculptures à ciel ouvert. Fait exceptionnel, elle a conservé les modèles en plâtre des statues qu'elle a alors fait exécuter pour orner la ville. A l'occasion du réaménagement de la galerie nord du petit palais, cet ouvrage présente les sculptures monumentales du musée, témoins de l'âge d'or de la statuaire publique à Paris.