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Superflu et indispensable. A quoi servent les Grecs et les Romains ?
Bettini Maurizio ; Vesperini Pierre
FLAMMARION
16,90 €
Épuisé
EAN :9782081425330
Tout le monde le sait : depuis des siècles, plus personne ne parle le latin ni le grec ancien. Alors, à quoi peuvent-ils encore nous être utiles ? Voilà bien, avance Maurizio Bettini, une question révélatrice de notre époque, obsédée par l?efficacité, infiltrée par l?idéal de rentabilité jusque dans le langage qu?elle adopte. Bien sûr, 99 % des élèves n?utiliseront pas les langues et les civilisations antiques de leur vie. Mais la culture doit-elle vraiment servir ? Toute notre perception du monde est irriguée par la culture antique. Cela étant, peut-être ne faut-il pas se borner à chercher nos " racines " chez les Grecs et les Romains. Peut-être l?intérêt réside-t-il, au contraire, dans nos différences. Leur souple polythéisme est ouvert à tous les dieux étrangers. La vaste famille romaine, où l?oncle maternel se doit d?être le confident de ses neveux, est loin de notre modèle nucléaire. Là où nous parlerions de gens " de couleur ", les Romains parlent de gens decolor : " sans couleur ". Grecs et Romains nous sont à la fois étranges et familiers. Les fréquenter, c?est aussi bien explorer notre mémoire que s?ouvrir à l?altérité : cultiver, en somme, le superflu indispensable.
Résumé : Autrefois, raconte Virgile, un homme quitta son pays ravagé par la guerre, fit naufrage en Méditerranée et échoua sur la côte de Carthage. Bien qu'étranger, il fut reçu par les habitants du lieu comme un égal. Il se nommait Enée et, plus tard, fonderait Rome. Aujourd'hui, d'autres hommes font naufrage dans cette même mer et échouent sur nos côtes. Savons-nous les accueillir dignement ? Nous qui nous prétendons héritiers du monde classique, n'avons-nous pas perdu une part essentielle de son enseignement ? Avec finesse et érudition, Maurizio Bettini enquête chez les auteurs grecs et latins pour redonner du sens à notre conception des droits de l'homme. "Je suis homme, et rien de ce qui est humain ne m'est étranger" , disait le poète latin Térence : en l'oubliant, ne devenons-nous pas les barbares d'aujourd'hui ?
Le mythe évoqué est celui de Circé, la magicienne qui transforma en cochons les compagnons d'Ulysse qui abordèrent sur son île. La figure de la magicienne/femme, à la fois éprise et maîtresse de l'homme réduit au statut d'animal, trouve aussi ses semblables dans des folklores d'autres cultures. Surtout, elle s'est perpétuée sous diverses formes à travers les siècles, passant curieusement de l'image de sorcière maléfique à celle de « femme libre ».La structure du livre:Prologue: un bref récit de fiction autour du personnage.Le chapitre I, « La déesse d Aiaié », étudie le récit le plus connu du mythe: la rencontre d'Ulysse et Circé dans l Odyssée.Le chapitre II, « La recherche du sens », traite des interprétations auxquelles le mythe a donné lieu: rationnelles, allégoriques, philosophiques, anthropologiques...Le chapitre III, « Repenser Circé », décrit les visages de Circé dans la suite des siècles antiques, y compris chez les poètes latins, en particulier Ovide.Le destin de Circé du Moyen Âge à nos jours est étudié dans un chapitre spécial: « Circé à travers le temps ».
Le portrait de l amant(e) est une enquête passionnante sur l origine et le statut de l image dans le monde antique. Toute la recherche de Maurizio Bettini s organise autour du portrait de l être aimé absent par sa mort, son éloignement, parfois même dans des cas extrêmes, sa non-réalité que fait confectionner et conserve l amant ou l amante esseulé: sa fonction de souvenir, de substitution, la passion, voire l égarement qu il peut susciter.Outre le récit de l invention du premier portrait (par la fille du potier Boutadès qui décalqua l ombre de son amant sur un mur), l ouvrage croise et analyse tous les grands mythes de l amour et de l image: Laodamie, Admète, Narcisse, Pygmalion, et quelques autres, jusqu à la statue du Commandeur de Dom Juan et à la Vénus d Ille. À côté des grands récits, ce sont aussi les pratiques culturelles, les petites histoires obscures, les anecdotes cocasses, ou encore les aberrations monstrueuses qui sont dévoilées.
De l'Iliade et l'Odyssée jusqu'à la tragédie attique, les textes poétiques grecs de l'époque archaïque et classique ont souvent eu recolles à des métaphores décrivant la vie humaine à travers le monde des plantes. Certaines de ces images - par exemple, la fleur comme métaphore de la jeunesse ou de la beauté - sont si fréquentes qu'on est tenté d'y voir de simples clichés, d'autant plus qu'à travers la poésie latine, puis médiévale ; : elles sont entrées dans le langage commun des littératures européennes. D'autres, toutefois, continuent d'interroger les commentateurs : pourquoi les larmes des héros homériques sont-elles dites "florissantes" ? Que veut dire au juste le vers de Sappho "je suis plus verte que, l'herbe'' ? En quel sens le héraut de l'Agamemnon d'Eschyle annonce-il avoir vu la mer Egée "fleurit de cadavres" ? Le double caractère, familier et dépaysant, des métaphores botaniques grecques est au centre de cet ouvrage. En reconstruisant les pans de encyclopédie culturelle grecque qui donnaient un sens à ces images, cette étude retrouve une manière particulière, propre à la poésie grecque archaïque et classique, d'envisager le règne végétal. Les textes poétiques mettent en exergue les modifications qui s'opèrent sur la sève des plantes, les qualités sensorielles de la végétation, la relation complexe entre la plante et ses parties. Cette. "botanique sauvage" de la poésie archaïque et classique a servi à construire de nombreuses métaphores, concernant le rôle des humeurs dans la vie des êtres humains, le passage entre les âges, les modifications de l'aspect visible d'une personne, l'alternance de la santé et de la maladie, le surgissement des émotions, mais aussi les relations entre les enfants et leurs parents, entre les descendants d'un lignage et leurs ancêtres ou entre une société et le territoire qu'elle occupe. S'inspirant à la fois de la théorie cognitive de la métaphore et des approches anthropologiques des textes anciens, ce livre défend l'idée que les images végétales des textes grecs participent à la construction de véritables modèles culturels, c'est-à-dire des schémas de la pensée qui utilisent le savoir botanique pour bâtir des représentations partagées du fonctionnement du corps humain et des rapports de parenté. De tels modèles sont d'ailleurs bien attestés au-delà des frontières, poreuses, de la poésie archaïque et classique. Ils trouvent leur place en philosophie et en médecine, dans fies représentations religieuses et des spéculations étymologiques, et peuvent même fournir le fil de récits répétés tout au long de l'Antiquité grecque et romaine. En définitive, les métaphores botaniques grecques témoignent d'une manière, propre à la culture grecque antique, de "penser les humains à travers les plantes".
L'ABCdaire de Matisse nous transporte dans l'univers d'un des peintres majeurs du XXe siècle. Il nous plonge dans l?oeuvre d'un artiste, pour qui la peinture est avant tout un plaisir visuel et mental. A travers trois grandes thématiques, on découvre sa famille (Émile, Amélie, Anna Matisse) et ses amis (Pierre Bonnard, Picasso, Moreau) on explore le contexte socio-culturel qui permit son épanouissement (fauvisme, impressionnisme, les salons, ses voyages); enfin, on ouvre les portes du langage plastique et des grandes thématiques qui parcourent son oeuvre Enfin, on nous apprend à regarder la beauté des couleurs de ses oeuvres, la pureté du trait et l'élégance de la ligne à travers les techniques et les thèmes récurrents du peintre (la musique, l'atelier rouge, la danse). Inventeur d?un langage pictural, Matisse se sert des couleurs pour traduire, non la matière des choses, mais l'émotion qu'elles suscitent C'est pourquoi ses oeuvres nous parlent et restent toujours aussi vivantes.