Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Collectionner la Révolution française
Bertrand Gilles ; Biard Michel ; Chevalier Alain ;
CTHS EDITION
24,99 €
Épuisé
EAN :9782908327953
Pour détourner une phrase célèbre de Saint-Just, peut-on collectionner "innocemment" ? Rechercher, rassembler, conserver, le cas échéant exposer des objets et/ou des écrits de la Révolution française suppose au minimum un intérêt pour l'idée même de collection, mais peut aussi impliquer le désir de transmettre le souvenir et les héritages des années 1789-1799. Le premier cas peut tenir de la simple érudition, d'un esprit inclinant à la collection, voire d'achats susceptibles de donner lieu à échanges, reventes, etc., sans que le politique y trouve toujours sa place. Le second cas renvoie au domaine des "passeurs de révolution", de celles et ceux pour qui objets, images, écrits relèvent aussi d'une mémoire à transmettre aux générations successives, éventuellement au nom de l'idée d'une révolution qui ne serait pas encore advenue et de principes qui resteraient à défendre. Quelle que soit l'hypothèse suivie, si elle est privée, la collection reste fondamentalement l'oeuvre d'une vie et ne survit pas souvent à celle ou à celui qui l'a créée, au gré des héritages et des dispersions après-décès. On le sait, une partie importante des collections publiques au XXIe siècle provient de collections privées ainsi dispersées. Cependant les collections publiques ne sont pas seulement le résultat de rachats ou de dons de fonds privés, mais également le fruit de volontés politiques afin de construire, pour des collectivités entières, des objets de mémoires à partager et donnant du sens à la Révolution, qui finissent par constituer des patrimoines nationaux. Pourquoi et comment collectionner la Révolution française ? Qui ont été ces collectionneurs, comment et sur quoi ont-ils fondé leur érudition, leurs techniques de collectionneur, leurs réseaux ? Ce sont ces parcours que le présent ouvrage se propose d'interroger.
Bertrand Gilles ; Frétigné Jean-Yves ; Giacone Ale
Sous l'Ancien Régime, des relations paradoxales se nouent entre la mosaïque des Etats italiens et le royaume de France. Celui-ci ne parvient pas à assurer sa domination politique sur la péninsule, tandis qu'Italiens et Français rivalisent sur le plan scientifique et artistique. L'irruption de la présence française sous Napoléon agit comme un électrochoc, rendant incontournables, des deux côtés des Alpes, les héritages révolutionnaires. De la chute de l'empereur à l'arrivée au pouvoir de Mussolini, la France et l'Italie se pensent plus que jamais comme deux soeurs, dont les liens sont tissés d'estime et de solidarité mais aussi de mépris et de rivalité. Les tensions et les apaisements autour de la question romaine puis de la question coloniale vont rythmer leurs relations pendant plus d'un siècle. Au cours du premier XXe siècle, les relations sont à la fois conflictuelles (en raison du fascisme et de la Seconde Guerre mondiale) et étroites (du fait de l'émigration italienne) ; depuis 1945, les deux Etats tentent ensemble de construire l'Europe, tandis que leurs peuples s'interpénètrent toujours davantage.
Par-delà le découpage récent des frontières politiques se dessine dans les mondes alpin et italien un emboîtement de réalités perçues où le sentiment d'appartenance à un Etat-nation le dispute au sentiment d'appartenance à des vallées ou à des provinces historiques. Huit auteurs cherchent dans cet ouvrage à démêler l'écheveau de ces identités en vue de mieux définir ce qu'est l'identité dans sa relation avec des cultures qui sans cesse s'adaptent et se réajustent. Ils interrogent les témoignages sur le fait identitaire laissés depuis trois siècles d'abord par les habitants de l'Italie et de quelques régions de l'arc alpin occidental lorsqu'ils ont réfléchi sur eux-mêmes ou, se sont heurtés au problème de l'entrée dans un nouvel Etat-nation, ensuite par certains étrangers, en l'occurrence des voyageurs ou des intellectuels français, depuis longtemps partagés entre l'hostilité et la fascination vis-à-vis des modèles culturels produits en Italie. Le dialogue entre historiens, sociologues, ethnologues et linguistes spécialistes de l'Italie et des régions alpines vise à associer aux débats du présent les leçons du passé. Il aide à mieux marquer dans l'Europe en construction les enjeux d'une réalité commune que continuent de traverser des sentiments ambivalents.
Résumé : On a tendance aujourd'hui à associer au carnaval de Venise une image figée qui nous aurait été léguée par le XVIIIe siècle. Pourtant l'histoire de ce moment festif est beaucoup plus longue et complexe. Au carnaval civique destiné à façonner au Moyen Age la cohésion sociale et politique de la commune, succéda un carnaval voulu par l'aristocratie et associant le peuple aux jeux publics pour mieux dire au monde la puissance et la fascination de cette ville hors du commun. Lorsqu'à la fin du XVIe siècle la primauté commerciale et politique de la Sérénissime en Europe finit par s'essouffler, le carnaval prit le relais des fastes de l'économie marchande et de la diplomatie en accueillant les princes d'Europe et en s'ouvrant à l'opéra. Puis, alors que la ville se repliait sur ses possessions de Terre ferme, le carnaval devint plus monotone, cachant surtout la crise sinon économique, du moins morale, politique et sociale de la République, avant de se réduire au XIXe siècle. Son retour en 1980 a réalisé un subtil mélange : ressusciter une fête urbaine qui renvoie aux fastes baroques du XVIIe siècle tout en l'associant aux souvenirs de Vivaldi, de Pietro Longhi et de Goldoni, contemporains du siècle des Lumières. C'est cette passionnante histoire qui est ici racontée.
Bertrand Gilles ; Brice Catherine ; Infelise Mario
D'où vient la reconnaissance de l'asile et quels effets ont eu sur les plans juridique et administratif les vagues d'exil qui se sont succédé en Europe, du temps des guerres de Religion à celui des nations du XIXe siècle ? Pour répondre à cette question, il fallait que l'histoire du droit et celle des idées se combinent avec l'examen des parcours d'individus confrontés à l'attitude de protection ou de surveillance des autorités de divers Etats. Aux expériences de Venise à l'époque moderne et de l'exil protestant depuis la Hongrie ou vers les Amériques en passant par les pays du Refuge européen font écho les ajustements politiques issus de la Révolution et les réponses données au siècle suivant en France ou dans la péninsule italienne. Quatre sections structurent l'ouvrage. L'asile devient à partir du XVIe siècle une forme juridique qui se détache peu à peu de l'Eglise. Les expériences d'exil ponctuent une guète de liberté et de tolérance religieuse. Les exilés accueillis ou refusés se transforment en enjeux de stratégies internationales des Etats européens. Enfin, le XIXe siècle donne un contenu effectif à l'asile sans que le droit d'asile soit reconnu et pratiqué de façon universelle, laissant place à des modes de surveillance et de contrôle de plus en plus affinés.