Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Les têtes pensantes, ou la pose des savoirs
Bert Jean-François ; Lamy Jérôme
ANAMOSA
22,00 €
En stock
EAN :9782381911366
Qu'ont à voir Marie Curie, un écolier qui s'ennuie sur son pupitre ou Saint-Jérôme ? Une tête posée dans la main, marquant la réflexion et qui peut sembler, plus ou moins, peser. C'est à ce motif iconique que s'intéresse ce livre, venant interroger quels sont les images et imaginaires qui entourent la pratique de la pensée. Qu'ont à voir Marie Curie, un écolier qui s'ennuie sur son pupitre ou Saint Jérôme méditant ? Une tête posée dans la main, signe évident d'une réflexion, d'une cogitation, ou d'une introspection qui peut sembler, plus ou moins, peser. C'est à ce motif iconique que s'intéresse ce livre joyeux et érudit, venant interroger les images et imaginaires qui entourent la pratique de la pensée. Etudier cette pose de la tête pensante sur le temps long relève autant d'une histoire des savoirs qui envisage de manière concrète la production des idées, d'une histoire des corps et d'une histoire des représentations. Depuis l'antiquité, cette mise en scène est devenue une manière, si ce n'est la manière, d'évoquer la réflexion, tout comme la nature du rapport, souvent douloureux et pesant, que nous entretenons avec la connaissance, sa production ou sa transmission. Rythmé par des images en série et organisé en chapitres thématiques, le livre tente de cerner l'émergence de cette pose, dessinant ses premiers contours au travers de la figure du philosophe antique, du poète ou des méditants de la religion chrétienne. S'ensuit une pérégrination historique et anthropologique qui nous fait passer des enfants aux femmes savantes, des érudits mélancoliques aux savants rêveurs, des génies aux scientifiques épuisés de la fin du XIXe siècle.
Résumé : Alors que Rousseau notait occasionnellement ses réflexions sur des cartes à jouer, son contemporain Georges-Louis Le Sage y écrivait TOUT : ses découvertes, ses doutes, sa vie et ses remords. Drôle, tragique et vertigineuse, la pensée de ce physicien des Lumières, telle une boîte noire, se dévoile en direct, et fait écho à l'échafaudage complexe de nos listes en tous genres. Les archives inédites du physicien genevois Georges-Louis Le Sage, constituées de 35 000 cartes à jouer, sont un document exceptionnel sur la pensée savante telle qu'elle chemine. Boîte noire de la recherche en train de se faire, ce matériau étonnant, drôle et énigmatique, relève aussi d'une certaine forme d'autobiographie. Contemporain de Rousseau, Le Sage est un anticonformiste. Refusant les codes du monde savant, il décide d'écrire absolument tout sur des cartes à jouer : eurêka et tâtonnements, amertume de ne pas être reconnu, rapports polémiques avec ses pairs ou poème pour Newton, mais aussi angoisse face à une mémoire qui flanche et à un corps vieillissant... Classer ses cartes, les empaqueter et les étiqueter est un travail quotidien, excitant et harassant. Ce sera sa seule véritable oeuvre, et sans doute aussi la source de ses désillusions sur la science et ses méthodes. Jean-François Bert s'empare avec tendresse de ces cartes et propose une plongée dans la vie singulière de ce savant avant-gardiste. Chacun y reconnaîtra le cheminement parfois complexe de ses pensées et le besoin de créer constamment de nouveaux échafaudages pour les ordonner. " Une lecture savoureuse qui nous interroge et nous donne à voir la construction d'un raisonnement. (...) Un personnage intrigant, précurseur malgré lui et éminemment romanesque ! Brillant ! " Delphine Demoures, Librairie des Halles, Page des libraires " Exhumant de l'oubli ce personnage hétérodoxe, Jean-François Bert fait incidemment trembler ce que nous savons ou croyons savoir. Qu'est-ce donc que savoir ? Sapere, c'est d'abord " avoir du goût, sentir, exhaler une odeur ". Le Sage - et Jean-François Bert après lui - tenaient à réveiller cette saveur unique, nécessaire, première, propre à l'enquête scientifique. " Hélène Mugnier, Esprit " De cette solitude du savant, de cette déception et cette frustration qui n'ont jamais tourné à l'aigreur, l'auteur tire un portrait tendre et touchant. " Sciences et Avenir
La démarche comparative que Marcel Mauss et Henri Hubert élaborent entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle relève de logiques multiples. Comme méthode, elle est une stricte et minutieuse approche philologique des sources. Comme état d'esprit, elle relève d'une manière d'apprivoiser l'inconnu. Comme perspective critique, elle constitue un formidable outil scientifique d'objectivisation de la recherche. Cet ouvrage se propose de montrer quels ont été les principaux effets de ce comparatisme ni systématique, encore moins achevée, et que l'on doit reconstituer en suivant la manière dont les deux durkheimiens ont décidé d'aborder certains phénomènes religieux, en particulier le sacrifice, la magie et la prière. Ceci n'est pas seulement un nouveau livre sur Mauss et Hubert. C'est un livre sur les effets d'un comparatisme radical et subversif qui ne laisse pas en paix.
Résumé : Michel Foucault (1926-1984) aura été en France le plus novateur des maîtres à penser - maître par défaut, sans programme articulé, qui a su pourtant offrir à ses nombreux lecteurs issus des disciplines les plus variées une " boîte à outils " qu'il dévoile par fragments (entretiens, cours, articles, livres...). À plus d'un titre, les modes d'investigation développés par Foucault ont des points communs avec certaines démarches des sciences sociales : sa rupture explicite d'avec la problématique classique de la souveraineté, ses attentions portées aux micromécanismes de la domination, sa façon d'interroger les institutions ou les manières de gouverner... Pourtant, les notions clés qu'il développe, (" archéologie ", " généalogie ", " discipline ", " gouvernementalité ", " subjectivation "...), redéfinies tout au long de son parcours, n'ont pas fait l'unanimité chez les historiens, les sociologues ou les anthropologues, ou encore les criminologues ou les spécialistes du droit, passés ou modernes. Foucault n'est pas de ceux qui se laissent facilement saisir et l'objectif de cet ouvrage est d'éclairer, dans toute leur richesse et leur diversité, les enjeux de ses travaux pour en faire ressortir l'intérêt actuel pour les sciences sociales et, pourquoi pas, aider à penser différemment l'enfermement, les institutions et la société, le rapport à soi et le dire-vrai.
Résumé : Père de l?anthropologie française, auteur de réflexions pionnières sur la religion, la magie, l?imaginaire, les sociétés tribales, le don et le contre-don, Marcel Mauss a marqué de son empreinte l?ensemble des sciences sociales, et influencé des penseurs aussi différents que Claude Lévi-Strauss, Pierre Bourdieu, Michel Foucault ou Michel Maffesoli. Mais Mauss n?a pas écrit d?ouvrage de synthèse où seraient exposées les grandes lignes de sa pensée : son oeuvre se compose d?articles, d?essais, de comptes rendus, de cours croisant sociologie, anthropologie et philologie. C?est cette activité multiple qu?interroge François Bert à partir des archives personnelles de l?auteur, éclairant la genèse d?une oeuvre riche, plurielle, ambitieuse, attentive à la diversité des représentations collectives. L?ouvrage incontournable pour comprendre une oeuvre majeure.
Si le "dire vrai" et le "faire science" sont vitaux dans nos sociétés traversées par de multiples crises, des controverses sur les innovations technologiques au Covid-19, les mésusages de la science prolifèrent pourtant. Assumant à la fois sa charge polémique et un attachement à la connaissance scientifique pour elle-même, cet essai renoue avec un idéal éthique de la science. La " science " évoque des réalités très contrastées. Le mot est encore doté d'un certain prestige dans les sociétés où sa pratique a été mise en avant à raison. En ce sens, il dénote une recherche de la vérité qui, depuis l'essor des institutions scientifiques modernes tout au long du 19e siècle, n'ont pas cessé d'inspirer des communautés savantes toutes disciplines confondues. Ce sens n'en est pas moins relativisé aujourd'hui, car il sert à tout et n'importe quoi, notamment à faire passer des opinions pour plus vraies qu'elles ne le sont ou à faire prospérer le commerce d'usurpateurs. Sociologue des sciences et techniques, Arnaud Saint-Martin rétablit la pertinence de lieux communs et d'idées fondatrices de la science telle que nous devrions l'entendre. A partir d'exemples choisis, de la pratique de l'astronomie et d'autres sciences, il explique pourquoi il n'a jamais été aussi important de défendre l'établissement de vérités et de connaissances robustes sur le monde qui nous entoure. Cette recherche revêt en plus une grande valeur culturelle et appelle un certain sens du partage, les connaissances scientifiques constituant un patrimoine commun à entretenir quoi qu'il en coûte. On comprendra à la lecture que la défense et illustration de cette recherche sans fin est solidaire d'une politique de la science.
Résumé : Des bateaux qui volent ? Avec les Ultims, ces trimarans géants dotés de foils leur permettant de s'élever au-dessus de l'eau, ce rêve insensé devient possible ou presque. Pour la première fois, un ouvrage leur est consacré, sans oublier les hommes, architectes et marins, qui se sont lancés dans cette épopée. "Il faut être monté un jour à bord pour comprendre l'équilibre ténu qui fait craindre la catastrophe à chaque manoeuvre. Il y en a sous le capot, on sent la fureur, l'animal sauvage qui pourrait se cabrer, mais fait tout pour se contenir. Et nous, nous tenir, à tout ce qui ne bouge pas, comme ces barres autour du cockpit. Dans l'attente d'un rodéo inopiné, se planquer derrière le boss à la barre, dont on s'étonne des imperceptibles mouvements. Très vite, une accélération inattendue, latérale, déstabilisante, même pour qui connaît le comportement habituel de ces bateaux volants. Toute cette énergie à dompter pour ne pas la subir... Regarder vers le bas, entre les filets, cet Atlantique qui défile à Mach 2, tranché par des foils qui le fendent et soulèvent les coques. Retenir son souffle à chaque virement de bord. Une heure et demie pour faire 90 km. Sur un voilier classique, il faut une demi-journée pour parcourir une telle distance... Ce n'est pas pour rien que lorsqu'on est sur un Ultim, les autres bateaux, on les appelle "les piétons"." Patricia Oudit. La longue histoire de l'architecture navale n'avait pas projeté qu'un jour des voiliers immenses s'élèveraient au-dessus des vagues de l'Atlantique ou du Pacifique. Désormais, la chose est constatée. Véritables Formule 1 des mers, les Ultims, ces trimarans géants dotés de foils, vont écrire un chapitre inédit de l'aventure maritime qui ne sera pas sans conséquence sur la façon dont nous concevrons et pratiquerons la voile à l'avenir. Autant se mettre à la page. Ce livre invite donc à mieux comprendre ce que cachent les exploits des marins qui se sont lancés dans cette odyssée, tel François Gabart capable de faire le tour du monde en 42 jours. Il s'agit aussi de mettre en évidence l'exceptionnel travail d'architectes, d'ingénieurs, de techniciens, d'équipes entières vouées à s'affronter dans la course au large et rivalisant aussi de secrets invisibles à l'oeil nu. La voile au point ultime. Un ouvrage dirigé par Olivier Villepreux. Avec des textes de Frédéric Augendre, Dino Di Meo, Antoine Grenapin, Jean-Louis Le Touzet, Patricia Oudit, Pierrick Pourchasse, et les paroles de Franck Cammas, Charles Caudrelier, Thomas Coville, François Gabart, Yves Le Blevec et Armel Le Cléac'h.
Le mot " peuple " sert aujourd'hui à tout mais n'est plus nulle part. Nombreux sont ceux qui s'en réclament ou bien qui prétendent le défendre contre les populismes. Incisif et décapant, ce livre change la perspective ; il montre la nécessité de réinventer des mobilisations qui se passent à présent du mot et se méfient du mythe. " Je fais partie du peuple ", " je veux défendre le peuple ", " les gens ", " c'est le peuple " : les dernières élections présidentielles ont vu plusieurs candidats, retrouvant des accents déjà anciens, prendre possession du mot. Certains, dénonçant la montée du populisme, opposent désormais la nécessité de ne pas abandonner le peuple à tous ces détournements. Mais le mot, fétichisé, est sans doute plus trompeur que jamais. S'agit-il de parler d'une entité nationale douée de souveraineté, de décrire une catégorie de femmes et d'hommes formant la " classe populaire " ou de mobiliser, toujours avec un brin de nostalgie, le symbole un peu vite unifié des révoltes venues d'en bas ? Avec force, Déborah Cohen, en historienne convaincue que les mots ne font pas que désigner le monde mais qu'ils le construisent, pose ici le problème tout autrement. Il n'est plus temps, selon elle, de s'en tenir à reconquérir le mot peuple. Ce qu'il faut c'est se demander ce qui nous manquerait vraiment à l'abandonner. En montrant que les luttes d'aujourd'hui se livrent sans recourir aux mots hérités du passé, elle invite à saisir le peuple, ni mythe ni entité en soi, là où il est, dans les mobilisations qui le font vivre à présent.
Qui est journaliste ? Qu'est-ce que le journalisme ? Ces questions traversent la société française qui s'interroge sur la légitimité des médias à bien rendre compte de la réalité du monde. Répondre à cette interrogation, c'est aussi s'intéresser au système de financement de la presse et aux lois qui menacent l'exercice de sa liberté. Quatrième pouvoir, voix de son maître ou contestataire, support de publicité ou de propagande, la presse (ou " les médias ") est, au même titre que le monde politique, soumise à la musique sournoise des soupçons, des critiques désordonnées. A tel point que les journalistes enquêtent sur les pratiques de leurs confrères. Ce qui en démocratie n'est pas pour rassurer le lecteur dans la mesure où, par ailleurs, il doute du politique. Cela induit aussi le risque d'un désintérêt pour l'information dûment produite. Dès lors, dans une profession qui est peu ou pas réglementée, il s'avère de plus en plus difficile pour les lecteurs d'identifier le vrai journalisme du faux, alors qu'ils subissent des torrents de messages numériques livrés sur menu déroulant. Etre journaliste, est-ce un statut ? Une position ? Un métier ? Une carrière ? Un laissez-passer ? Juste le résultat d'une technique de formation professionnelle ? Ou la mise en commun de compétences et savoirs personnels exogènes à cette profession et ponctuellement mises au service de la pluralité de l'information ? Le journalisme concerne chacun. Il relèverait plutôt à l'évidence de la capacité d'un individu à se montrer imperméable à un certain nombre de pressions, d'hésitations, ou à se sentir libre d'approcher autant que se peut une vérité ou une opinion sans crainte.