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Revue des Sciences Humaines N° 315, 3/2014 : Poisons
Berquin François
PU SEPTENTRION
26,00 €
Épuisé
EAN :9782913761629
Ce numéro de la Revue des Sciences Humaines est consacré aux poisons dans la littérature. On a pour l'essentiel privilégié la littérature française du XIXe et du XXe siècle. Plusieurs études du numéro donnent à penser que, depuis que le "crime de poison" se fait plus rare sur la scène politique, la littérature a hérité de l'ancienne "science des vénéfices" . On songe ici à toutes ces oeuvres qui respirent une odeur vénéneuse, des oeuvres qui visent même parfois, semble-t-il, à assassiner leur lecteur... D'autres études toutefois, se plaçant sous le signe de Mithridate, montrent comment certains écrivains explorent les domaines du Mal dans le souci d'inventer à mesure une sorte de contrepoison. Le même mot grec de pharmakos désignait à la fois le poison et le remède. C'est au fond cette ambivalence du poison ("seule la dose fait le poison" , selon Paracelse) qui fait l'unité paradoxale de ce recueil.
Si Joë Bouquet entend bien revendiquer, de manière stoïcienne, l'événement qui a fait de lui le paraplégique de la littérature française, cet événement apparaît pourtant infiniment problématique dès lors qu'on s'intéresse aux textes dans lesquels il y est fait explicitement allusion. Et si cette blessure n'était qu'une fable ? Question déroutante, que toute l'oeuvre de Bousquet, page après page, nous oblige à reposer. Hypocrisies de Joë Bousquet, à seize reprises, s'emploie à relancer ce paradoxe d'une blessure constamment réaffirmée et constamment niée tout à la fois.
Hélène Montardre est écrivain. Elle écrit plus particulièrement pour la jeunesse et a publié de nombreux romans, contes, albums, ouvrages documentaires, ainsi que des essais pour adultes.
Ce titre-calembour est emprunté à Larbaud lui-même, Larbaud des Etivaux, qui cultive en effet, et dans tous les domaines, l'art de ne pas se plier à la loi du sens unique. L'art beau des équivoques, c'est celui de ne pas se laisser emprisonner dans un nom, dans un lieu, dans une langue, dans un amour, bref, dans un destin. Prendre la tangente et faire de l'autre (autres noms, autres lieux, autres langues, autres amours, etc.) la source de ma véritable identité? : Valery Larbaud ou l'éloge, merveilleux, de la désobéissance. Entreprise d'autant plus libératrice qu'en dépit de sa gravité, elle se présente de manière constamment joueuse et enjouée.
Ce numéro rassemble 14 études centrées sur L'Homme foudroyé de Blaise Cendrars, ouvrage qui figure au programme de l'agrégation 2020. Le volume apporte des éclairages nouveaux sur un livre aussi fascinant que déconcertant, qui se dérobe à la définition et " met sans cesse l'interprétation au défi " (Claude Leroy). Quels que soient les motifs explorés (la blessure, la figure de Raymone, la question religieuse...), on tente ici, à chaque fois, de lever un peu le voile sur le " secret " qui, au dire de Cendrars lui-même, est le moteur de son écriture.
Les articles suivent trois directions d'étude : ils cherchent d'abord à expliquer la façon dont Pozner " monte " ses livres au sens quasi cinématographique du terme, ouvrant ainsi la voie à une poétique de la littérature de montage. Ils explorent ensuite la dimension politique de cette recherche formelle pour montrer que ces récits se muent en fresque dynamique qui révèle la douloureuse expérience des événements politiques. Enfin, ils resituent Pozner dans l'Histoire littéraire du XXe pour lui donner sa juste place. L'ouvrage essaie donc de redonner toute sa place à ce frère talentueux de Boris Pilniak et de John Dos Passos qu'est Vladimir Pozner - une place à la fois considérable et insuffisamment reconnue - dans le contexte d'une littérature contemporaine aujourd'hui soucieuse d'explorer les territoires de la non-fiction.
Résumé : Le rôle historique du cinéma est de nous avoir donné le visible une seconde fois, en ajoutent le temps à l'image. Il reste pourtant dans tout film une large part d'invisible : c'est elle qui est ici décrite, et explorée. Le cinéma en effet nous rend conscients de l'ambiguïté fondamentale de notre relation au visible. Sa force documentaire, comme son jeu inné avec la fiction, lui ont permis de convoquer les invisibles essentiels du monde, et aussi bien, des effets psychiques qui mettent en péril la visibilité du visible. Il nous autorise à croire que nous voyons vraiment quelque chose d'autre que le monde des apparences. Ce livre ne fait ni la théorie, ni l'histoire de cette doublure du visible que transporte le cinéma, mais en donne un panorama complet, attentif à ne jamais trancher abstraitement, mais à toujours s'appuyer sur des exemples concrets, et nombreux.
Hoppenot Eric ; Baudelle Yves ; Morzewski Christia
Ce volume propose des lectures inédites d'une partie relativement peu connue de l'oeuvre de Blanchot (hormis Thomas l'Obscur), ses premiers romans, Aminadab, Thomas l'Obscur et Le Très Haut. Les études proposées analysent les différents romans notamment dans leur contexte historique et philosophique. Elles mettent également en exergue la singularité esthétique d'une des oeuvres les plus originales du XXe siècle.
Benoist Stéphane ; Gautier Alban ; Hoët-van Cauwen
Voici vingt-cinq façons de rendre compte des mémoires des empereurs romains Trajan et Hadrien (98-117 et 117-138 de notre ère). Elles nous offrent de multiples variations et angles d'approche pluridisciplinaires, et se placent sous le patronage illustre de l'oeuvre de Marguerite Yourcenar, Mémoires d'Hadrien (1951). Elles participent de surcroît à la commémoration des mille neuf-cents ans de la mort du vainqueur des Daces et des Parthes et de l'arrivée au pouvoir de son fils "adoptif", prince philhellène que la romancière avait élu, afin d'aborder les rapports entre mémoires humaines et Histoire. La littérature des périodes ancienne, médiévale, moderne et contemporaine est convoquée par les études ici rassemblées, tout autant que les arts et les nombreuses formes de représentations et illustrations des aventures humaines de ces deux princes placés naguère en tête de cet âge d'or de l'histoire romaine, le fameux siècle des Antonins, revisité depuis à toutes les époques qui se sont succédé.