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THOMAS BERNHARD. Entretiens avec Krista Fleischmann
Bernhard Thomas ; Fleischmann Krista
L ARCHE
16,50 €
Épuisé
EAN :9782851813176
Trois longs entretiens, à Majorque, à Madrid et à Vienne, durant les années quatre-vingt. Bernhard n accordait d interview qu à ceux qui lui semblaient « supportables ». Krista Fleischmann, journaliste autrichienne, était son interlocutrice préférée, à la fois confidente et porte-parole. Ironique ou sérieux, aimable ou sarcastique, calme ou véhément, Bernhard, acrobate de la pensée, critique, analyse, mais surtout philosophe sur le monde et sa vie personnelle, son uvre et sa manière d écrire. Il dévoile les difficultés de son enfance, les problèmes de sa maladie, presque avec légèreté. Le charme de sa personnalité, confirmé par tous ceux qui ont eu la chance de le rencontrer, est toujours présent. Dans la grande tradition des philosophes pessimistes, son regard acerbe et vindicatif est absolu: il ne peut changer ni la société ni la vie, mais les dissèque et les désigne comme d énormes bouffonneries. Y trouvant reflétée sa pensée, Bernhard a reconnu une valeur durable à ces rencontres: « Il me semble que ce portrait est un document tout à fait réussi dont l utilité ne sera que grandissante. »
Trois jeunes pianistes plus que prometteurs - Glenn Gould, le narrateur et son ami Wertheimer - se sont rencontrés autrefois au Mozarteum de Salzbourg pour y suivre un cours donné par Horowitz. Rencontre déterminante au cours de laquelle Glenn Gould fait d'emblée figure de génie triomphant au point de détourner brutalement et définitivement les deux autres de leur carrière de pianiste virtuose. Mais si le narrateur, après s'être séparé de son Steinway, se mue alors délibérément en un "artiste de la représentation du monde" (Weltanschauungskünstler) tout entier voué à la rédaction toujours recommencée d'un interminable essai sur Glenn Gould, son ami Wertheimer s'engage sur la voie fatale du vaincu, du "sombreur", comme Glenn Gould en personne l'a plaisamment mais fort exactement surnommé aussitôt après avoir fait sa connaissance. Vingt ans plus tard, au terme d'une longue plongée dans son propre malheur, Wertheimer le sombreur mettra fin au tourment de son existence en se pendant haut et court devant la maison de sa soeur. C'est le destin cruel et dérisoire de ce naufragé de l'existence, son ami de toujours, que le narrateur interroge en fait tout au long de son essai sur Glenn Gould et, à travers ce destin, c'est évidemment toute la misère du monde, celle également du génial Glenn Gould et la sienne propre, que Thomas Bernhard analyse avec la minutie - et avec la fureur - qu'on lui connaît, au fil d'un récit qui procède entièrement du soliloque déclenché chez le narrateur par le suicide de son ami - un de ces impitoyables et envoûtants soliloques-fleuves dont l'auteur a le secret.
Tel un des personnages de cette série de courts récits, Thomas Bernhard voit chaque jour défiler devant lui "le vraisemblable, l'invraisemblable et même l'à peine croyable et l'absolument incroyable". Il ne s'agit pas, on le voit, de démêler la réalité et la fiction, la vérité et le mensonge, qui se trouvent, au contraire, étroitement liés. Chacune de ces histoires, même celles qui font rire, crée un choc, un malaise, une angoisse. Notre petit monde de préjugés et d'idées reçues s'effondre. Thomas Bernhard observe la vie à la loupe, et les curieux animaux, ou monstres, que nous sommes. Chacun de ces textes, concis, précis, invite à réfléchir et à rêver.
Résumé : Roithamer, Autrichien, quarante-deux ans, biologiste, professeur à Cambridge, vient de se pendre à un arbre de la forêt de Kobernauss, au centre de laquelle se trouve le "Cône d'habitation", édifice parfait qu'il construisit, après des années d'étude, pour sa soeur bien-aimée, et qui devait lui apporter le bonheur suprême, mais dont elle ne put supporter la vue sans en mourir. Le narrateur, ami de Roithamer et exécuteur testamentaire, est chargé de mettre en ordre et de trier les manuscrits illisibles du professeur. Une tâche ardue qui dévoile au fil du livre une figure de savant non pas fou, mais génial, proche par certains traits de Wittgenstein. Un personnage dévoré d'exigences, amené à rejeter avec haine et dégoût la famille, les parents (la mère surtout), l'Autriche et les études, à détruire, dans le monde que nous tentons de faire, tout ce qui n'est pas perfection. Corriger, c'est là le devoir absolu, jusqu'à l'autodestruction.
Comme "l'agent immobilier Moritz", nous sommes, dès les premiers mots, "agressés sans ménagement" par un narrateur véhément, qui ne nous lâchera pas avant de nous avoir dit tout ce qu'il a sur le coeur. Dès la première phrase, une interminable tirade hérissée de conjonctions qui se bousculent et d'incidentes emboîtées les unes dans les autres, tout est joué : ou bien nous lâchons prise, ou bien nous reprenons notre élan et nous ne pouvons plus nous arrêter avant la fin. Tout, alors, s'éclaire très vite : nous saurons tout sur Moritz et sa famille, sur les Suisses, nous saurons tout sur le narrateur et nous en saurons encore bien plus sur notre compte. Car plus il accumule à plaisir les détails sur son mal, plus sa voix furieuse devient universelle.
L'Amour de Phèdre semble occuper une position singulière parmi les pièces de Sarah Kane et il est de fait très rare qu'un auteur anglais adapte une pièce classique. L'adaptation s'intègre parfaitement dans l'univers de l'auteur : réapparaissent notamment la dissection d'une émotivité masculine malsaine et nihiliste, tout comme la question de Dieu et les conséquences de la violence.
Ce qu'il faut dire est une invitation à habiter ses spiritualités. Dans un monde où les nominations sont enjeux de domination, Léonora Miano invite à prendre ses responsabilités et ses distances quant aux assignations, véhiculées par la langue et les grands récits nationaux. Sa parole, d'une puissance poétique incisive, exhorte à la reconquête des mémoires pour Etre Tout simplement Soi. Requiem pour une vieille Europe des privilèges, ces trois chants sont à lire à voix haute, comme un hymne à la connaissance de soi.
Olivier Aurélie ; Delaume Chloé ; Chiambretto Soni
21 grands noms de la scène poétique francophone se racontent. Ces lettres racontent leur parcours, leur intimité, leur place dans la société des lettres. Dans ces billets, mots d'humeur, mots d'ordre pour un nouvel ordre du monde, elles prennent le contre-pied d'un lyrisme classique. La femme n'est pas (seulement) Muse, mais Poète, Musicienne, Inspiratrice, Agente de son propre désir. Poésie verticale et adressée, ces lettres racontent les combats, les dialogues et les rencontres qui font de l'écriture une matière politique. Une chair à vif, une matière spirituelle inflammable, une sensualité sans contraintes. Dotées d'une virulence poétique radicale et troublante, ces lettres racontent une soif de partage, un désir de transmission, un rêve de l'autre, l'histoire d'une reconquête de soi. s.
Cette trilogie de Léonora Miano regroupe trois pièces, Révélation, Sacrifices et Tombeau qui se conçoivent comme une tragédie en trois volets, où il est question d?un sujet peu, voire jamais, abordé sur nos scènes françaises, celui de la traite esclavagiste. La langue puissante et musicale de l?auteure s?y déploie dans toute sa force et sa virtuosité.