F. D. E. Schleiermacher (1768-1834), théologien protestant et philosophe, contemporain du premier romantisme et des grands systèmes de l'idéalisme allemand, occupe une place à part dans cette époque charnière de notre modernité. L'étude présente explore les articulations de sa pensée, étonnamment contemporaine, et prend au sérieux son ambition philosophique. Partant du sentiment d'une origine qui échappe à toute réappropriation, Schleiermacher développe une " herméneutique " philosophique qui, opérant avant l'heure un véritable tournant linguistique, élabore une théorie de la compréhension qui tient compte de l'individualité irréductible et des structures générales dans lesquelles se configurent des univers de sens. La " Dialectique " examine le sens de la visée de vérité qui, du fait de la relativité du savoir ou du caractère linguistique de la raison, est prétention à validité qui s'instaure dans le dialogue et s'éprouve dans le conflit rationnel. L' " Ethique " inscrit ce besoin de vérité essentiel à l'esprit dans l'existence concrète et le rapporte à la constitution des communautés humaines. Les relations complexes entre ces moments permettent de mieux concevoir le statut critique d'une herméneutique qui se réclame d'une authentique philosophie. Ainsi prendra-t-on la mesure d'une pensée qui, posant que les hommes désirent et doivent savoir, leur assigne pour tâche de s'efforcer à comprendre et à se comprendre. Cet ouvrage constitue la première présentation organique d'ensemble de la pensée philosophique de Schleiermacher.
Pourquoi y a-t-il du sens, et non du non-sens ? ", demandait Schelling. Autrement dit, qu'est-ce en fait que le sens lorsqu'il ne porte pas sur des énoncés, mais sur les choses, les événements en tant que nous les vivons ? En parcourant la philosophie contemporaine, on cherche ici à cerner comment le sens est devenu une catégorie directrice de la philosophie de l'idéalisme à la phénoménologie, aux philosophies de la vie, de l'existence, de la culture, à la psychanalyse.
Berner Christian ; Castel-Bouchouchi Anissa ; Péch
Le Songe de Scipion de Cicéron et sa traditionArticles Jean-Louis Labarrière, PrésentationJed Atkins, L'argument du De Republica et le Songe de ScipionClaudia Moatti, Conservare rem publicam. Guerre et droit dans le Songe de ScipionJean-Louis Labarrière, La vertu politique: Cicéron versus MacrobeSophie Lunn-Rocklife, L'autorité du grammairien et les récompenses de la vertu politique et philosophique dans le Commentaire au Songe de Scipion par MacrobeEmmanuel Bermon, Le Songe de Scipion dans la correspondance entre Saint Augustin et Nectarius de Calama (Ep. 90-91; 103-104)Nikolas Strobach, Couper-coller. Comment Boèce fait usage du Songe de Scipion dans sa Consolation de la philosophieRésumésIn memoriam Jacques BrunschwigLouis-André Dorion, Aristote et l'elenchos socratiqueJonathan Barnes, Memories of JacquesDenis KambouchnerComptes rendus
Etablir l'art de l'interprétation comme science, tel est l'objectif de l'Essai de G. Fr. Meier, publié à Halle en 1757. Il s'agit du traité systématique d'herméneutique le plus abouti du rationalisme des Lumières dans son effort pour dégager des principes généraux de l'interprétation, dont le principe d'équité est le coeur. Les règles méthodologiques dégagées permettent de justifier la prétention de l'interprétation à être une connaissance, favorisant ainsi tant la culture que la lutte contre la superstition. La traduction de l'Essai en français permet d'introduire l'herméneutique des Lumières, sa prétention à l'objectivité, son rapport avec la logique et la théorie du langage, dans un paysage marqué par la philosophie herméneutique de Heidegger et Gadamer.
La question de l'énergie s'impose comme un des enjeux majeurs du XXIe siècle ! Le concept de transition énergétique s'inscrit plus que jamais au coeur des politiques publiques, déclinées ensuite au niveau plus infra des territoires. Toutes ces questions d'ordre environnemental, technique ou sociétal suscitent des prises de position tranchées et des controverses d'ampleur, comme si les problèmes soulevés appartenaient à l'instantané d'une contemporanéité agitée. Or, il apparais que les phases de mutation liée à l'émergence de nouvelles énergies ont été récurrentes depuis le XVIII` siècle, se heurtant parfois à des verrous technologiques, des impasses, des défiances. Malgré tout, des filières énergétiques se sont peu à peu imposées à l'existant générant des ascendances techniques et de nouveaux usages. Les acres de ces 6" Journées d'Histoire Industrielle ont pour ambition de s'interroger sur ces dynamiques comme sur ces échecs rappelant en somme qu'aucun système ne reste figé.
Les mémoires humaines - celles de nos sociétés, des mémoires collectives et individuelles - sont en pleine mutation dans un monde en formidable accélération et en production de nouvelles connaissances. Ces mémoires plurielles peuvent-elles tout conserver, se faire à la fois témoins, souvenirs, ressources et réflexions de notre époque dans un monde lui-même en transformation ? A cette question et d'autres, huit points de vue complémentaires apportent des éclairages actuels sur ces notions de mémoires. Ces regards scientifiques concernent l'histoire et la relation à notre passé, à son examen, son archéologie et ses enjeux modernes. Ils envisagent aussi notre mémoire humaine dans ses processus individuels grâce aux neurosciences et à la psychologie cognitive. De plus, les technologies actuelles de l'information interrogent les mémoires artificielles qui étendent notre mémoire humaine.
Les articles suivent trois directions d'étude : ils cherchent d'abord à expliquer la façon dont Pozner " monte " ses livres au sens quasi cinématographique du terme, ouvrant ainsi la voie à une poétique de la littérature de montage. Ils explorent ensuite la dimension politique de cette recherche formelle pour montrer que ces récits se muent en fresque dynamique qui révèle la douloureuse expérience des événements politiques. Enfin, ils resituent Pozner dans l'Histoire littéraire du XXe pour lui donner sa juste place. L'ouvrage essaie donc de redonner toute sa place à ce frère talentueux de Boris Pilniak et de John Dos Passos qu'est Vladimir Pozner - une place à la fois considérable et insuffisamment reconnue - dans le contexte d'une littérature contemporaine aujourd'hui soucieuse d'explorer les territoires de la non-fiction.
Les sneakers sont bien plus que des chaussures dédiées aux sports ou aux loisirs. Elles sont les fétiches qui cimentent une communauté : celle des sneakerheads. Ces passionnés ont créé une sous-culture autour d'elles, au sein même de la culture hip-hop. La sociologue Yuniya Kawamura a bâti son livre au carrefour de plusieurs disciplines et thématiques : l'anthropologie, l'histoire, la technique, la communication, la marchandisation, la mode, le genre ou encore la jeunesse. Elle y décèle l'ensemble de la dynamique qui a fait passer les sneakers de la marginalité du Bronx à la culture de masse mondialisée. "Je suis ce que je porte à mes pieds", dit un membre de la sous-culture. Taille haute ou basse, épurées ou bariolées, ces chaussures peuvent exercer une emprise sur leur porteur, lui conférer un statut, mais aussi être revendues pour une somme extravagante. Les sneakers sont un mythe contemporain. Ce livre est la première étude universitaire nous invitant à en suivre les aventures.