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Oraison funèbre de la classe de philosophie
Bernat Harold
ATLANTIQUES DEC
12,90 €
Épuisé
EAN :9782492182006
Un essai qui propose une analyse critique de la suppression de la série littéraire et la modification du programme de philosophie dans l'enseignement secondaire français à compter de l'année scolaire 2020-2021. Derrière une énième "réforme" de l'Education nationale, Harold Bernat s'attelle à démontrer que nous faisons face à un vaste programme anthropologique qui, par la liquidation de la force critique la philosophie et la transformation des professeurs en simples pourvoyeurs de culture générale, oeuvre au désarmement intellectuel des élèves pour les abandonner à l'asservissement du marché. Face à cette casse de l'Ecole républicaine menée au nom des logiques de l'entreprise privée, face à cette trahison de la République, l'auteur exhorte au combat pour la sauvegarde de l'esprit critique et pour le rétablissement d'une formation humaniste qui, seule, permet l'autonomie intellectuelle et morale des individus. Il s'agit de rendre les armes de la raison et de l'analyse aux citoyens afin qu'ils puissent lutter contre les stratégies de pouvoir et les systèmes de domination.
Ce livre entend revenir sur les raisons de l'échec des mouvements sociaux dans leur confrontation à un pouvoir qui ne transige plus. Cet échec interroge tous les citoyens qui n'entendent pas se résigner à la domination sans partage d'un pouvoir qui a fait sécession. Ce livre entend démontrer que cet échec est essentiellement politique en analysant sans complaisance les logiques qui empêchent la formation d'un vaste mouvement populaire, majoritaire. Prisonniers de schémas dépassés, incapables d'identifier clairement la logique des nouvelles formes d'usurpation de la démocratie, nous réactivons de façon souvent fantomatique des luttes qui divisent plutôt qu'elles ne rassemblent, des modes d'action incantatoires plutôt que des modes opératoires et effectifs. Loin de vouloir décourager ceux qui se battent, il s'agit de comprendre pourquoi nous perdons et pourquoi nous perdrons encore demain si nous refusons de coller au réel et d'analyser les raisons de la défaite de la majorité.
Le réac (le bon: cultivé, ironique, mondain, sexy, en un mot luchiniste, comme le mauvais: limité, conservateur, nationaliste, rassis, en un mot lepéniste) a la fâcheuse tendance de comparer l?homme à l?homme, celui d?hier et celui d?aujourd?hui. Penchant anachronique et coupable à une époque qui érige l?adaptation en vertu cardinale: « Surtout ne jugez pas, avancez? »
Les falsifications idéologiques qui voient dans la puissance le seul déchaînement de la nature, des pulsions et des forces de domination, mobilisent la volonté et les instincts les plus agressifs pour les mettre au service de leur idéal de maîtrise. Vouloir la domination, telle est bien l'interprétation de la puissance que se font les impuissants. Cette interprétation a pour elle la force de l'évidence car c'est toujours la maîtrise, comme fonctionnement institué de la puissance, que nous percevons d'un ?il grossier. Les lectures réactives de Nietzsche se trouvent ainsi piégées lorsqu'elles mettent en avant certaines " valeurs nietzschéennes ". Elles ne font que révéler l'idéal de maîtrise qui anime leurs interprétations de la volonté de puissance. Elles oublient de se voir fonctionner en Nietzsche. Inutile pour cette raison de chercher la Grande Politique de Nietzsche dans un programme ou une institution. L'institution des valeurs se fait toujours au détriment de la puissance active d'évaluation individuelle. Alors que les lectures réactives de Nietzsche réduisent l'expression de cette puissance d'évaluation à un non-lieu, les lectures actives de Nietzsche en font une force de libération. De cette force, recouverte ou occultée par les plus grands interprètes de Nietzsche, dépend l'actualité critique d'une pensée pour tous, une pensée dont personne ne peut se prévaloir d'en être le seul maître.
On ne compte déjà plus les révélations sur les coulisses de l'avènement d'Emmanuel Macron. Certains voient dans son élection une preuve de la toute-puissance des médias, d'autres, un putsch démocratique orchestré par les forces de l'argent. Dans tous les cas, il faudrait s'enquérir de ce que l'on nous cache. Notre réflexion est aux antipodes de la démarche de ces enquêteurs du spectacle. En effet, une des raisons pour lesquelles nous peinons à exercer notre esprit critique, aujourd'hui plus qu'hier, tient à ce que nous refusons de voir ce qui est sous nos yeux. Dans un univers de simulation, les simulacres se précèdent eux-mêmes. Ils ne représentent plus rien, mais font force de loi. Notre attention se perd dans un labyrinthe de signes. Ce qu'ils montrent est à ce point irréel que nous cherchons en vain derrière eux une réalité plus consistante. Mais derrière, il n'y a rien. Tout est là, étalé au grand jour. Cette transparence rend les nouvelles stratégies de pouvoir d'autant plus inquiétantes. Macron se fond dans le discours qui s'adresse à lui, prend la forme du réceptacle. Il n'est pas brillant, il est plastique. Il apprend de ses erreurs, se corrige, affine en "se confrontant au réel". Comme un logiciel, il intègre, classe et change de niveau. A côté des anciennes formes symboliques de représentation politique, cette stratégie du vide nous fait entrer dans un univers de simulation binaire, algorithmique, dont Emmanuel Macron est, en France, le premier 0. C'est à ce titre, et à ce titre seulement, qu'il mérite d'être pensé.
Le 17 thermidor an III (4 août 1795), Boissy d'Anglas - membre de la commission chargée par la Convention thermidorienne de rédiger un projet de nouvelle constitution - présente son rapport et son projet d'articles constitutionnels relatifs aux colonies. Il théorise, à cette occasion, le concept d'" assimilationA " et propose la première départementalisation des colonies françaises. L'assimilation n'est donc pas une invention des IIe et IIIe Républiques et du second empire colonial français ; la départementalisation, elle, ne date pas de 1946 et de la IVe. Ce concept et son application ont une histoire bien plus ancienne, méconnue ou ignorée. Loin d'être un concept philanthropique, la théorie de l'assimilation marque d'abord une rupture avec les deux déclarations des droits de l'homme et du citoyen de 1789 et de 1793 - en établissant un ségrégationnisme climatique des droits politiques - et entreprend de restaurer une politique de puissance visant à empêcher toute souveraineté des peuples des colonies. Reprise par les régimes républicains successifs des XIXe et XXe siècles, l'assimilation a été mise en oeuvre par tous les gouvernements républicains qui se sont succédés jusqu'à nos jours. L'étude de ce texte du XVIIIe siècle offre, par conséquent, une grille de lecture pour les temps présents.
Résumé : Port-au-Prince, de nos jours, durant la crise politique qui voit la population se soulever contre la corruption de son gouvernement et subir la violence des gangs qui se chargent de la terroriser et de la réprimer. Fabrice, jeune artiste plasticien, quitte Haïti pour émigrer aux Etats-Unis sans avertir ceux qu'il laisse derrière lui, dont Eva, une jeune femme photographe peu sûre d'elle, avec laquelle il entretient une amitié au seuil de l'amour. Sa dernière action avant de s'envoler pour Miami est de malicieusement organiser une rencontre en tête-à-tête entre Eva et Juliette, une expatriée française pour laquelle Eva éprouve un désir qu'elle juge inavouable. A partir d'un triangle amoureux rompu par l'émigration, Les Gens qui doutent développe un road trip nocturne dans les rues de Port-au-Prince durant lequel deux femmes hésitent sur la façon dont elles peuvent s'aimer et être elles-mêmes, hors des assignations du lieu et des certitudes des hommes. Un roman dans lequel ceux qui partent et ceux qui restent, se cherchent dans un monde qui les sépare.
Résumé : Ce texte propose une traversée critique des "nouveaux matérialismes" en se concentrant sur le "tournant ontologique" qui en constitue la principale composante. Après avoir dressé une généalogie de l'arrivée de ces nouveaux matérialismes et défini en quoi consistait leur "nouveauté", l'autrice envisage les contradictions sur lesquelles ils butent. Préoccupé à rendre compte de la pluralité des mondes sur la base du rejet du partage "nature/culture", ce nouveau discours produit des notions qui peuvent apparaître comme des substituts à celles rejetées. En lien avec la menace de "l'effondrement", les ontologies "indigènes" reçoivent une attention démultipliée, en tant qu'exemplaire de l'hybridité des mondes humains et non-humains et interrogent le maintien d'un savoir anthropologique hégémonique et colonial. En faisant intervenir "l'inhumain", comme pratique au coeur de la modernité occidentale dès l'établissement de l'esclavage, le texte propose une autre approche où l'humain est réinvesti pour dépasser le binôme humain/non-humain qu'ont créé ces nouveaux matérialismes et où sont rétablis les rapports de pouvoir que semble perdre de vue le tournant ontologique. C'est avec la notion de "plantationocène", outil critique de l'anthropocène, que se termine cette exploration des concepts. Par la prise en compte résolue de l'esclavage dans la formation de la modernité et dans la définition de subjectivités dissidentes qui en a résulté, la "plantationocène" réintroduit le politique dans les analyses et se révèle ainsi la plus féconde pour le futur de la recherche. Un livre qui dresse l'état de la recherche sur ces questions, indispensable pour les chercheurs, les étudiants et tous ceux qui s'intéressent à l'anthropologie et au débat autour des notions d'anthropocène, de plantationocène et d'effondrement.
Voici une voix de la nouvelle génération des poètes haïtiens qui sâélève, rude et exigeante, impatiente de secouer le joug des pouvoirs corrompus et des assignations. Consciente de la beauté de la vie et de la laideur des sociétés humaines modernes, portée par le formidable élan vital de ceux qui ont le sentiment que subir nâa que trop duré, voici une poésie qui déshabille crûment la réalité, de là où elle l'observe. Une poésie qui sonne et qui cogne, lucide, y compris sur la littérature et son désir contrarié de révolte. Né en 1988 à Port- au âPrince, en Haïti, Rolaphton Mercure est écrivain, comédien et acteur, slameur, dramaturge et metteur en scène. Après sa participation, de 2010 à 2012, à la troupe de comédie musicale Haïti en scène de Bertrand Labarre, il a joué dans la pièce "Le Jeu de l'amour et du hasard", montée par Jean-René Lemoine, au Festival 4 chemins de Port-au-Prince (2012) puis au Festival des francophonies de Limoges (2013). Lauréat, en tant que slameur, du prix Caraïbes en création de l'Institut français en 2013, il a, au cinéma, joué dans "Meurtre à Pacot" et participé au doublage d'"Assistance mortelle", deux films de Raoul Peck, avant d'interpréter un des rôles principaux dans le â film Kafou (2017) de Bruno Mourral et un second rôle dans le film "Freda" de Géssica Généus. Sa pièce "Fuck Dieu, fuck le vodou, je ne crois qu'en mon index" a été nommé au prix SACD dramaturgie en 2021 puis publié dans l'Anthologie des nouvelles dramaturgies d'Haïti. Il vit actuellement à Limoges où il suit des études de second cycle en créations contemporaines et industries culturelles.