Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
L'impouvoir de l'auteur(e). Création et médias
Bernas Steven
L'HARMATTAN
19,50 €
Épuisé
EAN :9782296027732
La question de la création peut être enfin posée à l'auteur parce qu'il possède une autorité sur son œuvre dans le processus de production. Certes, il ne maîtrise pas tout mais il assume la responsabilité de l'œuvre devant tous. Un auteur est un instaurateur de discursivité, une figure radicale, qui dans la critique, la littérature, le cinéma, produit le modèle, le moule que d'autres vont utiliser. Barthes en ce sens est un instaurateur de discursivité. Tous les autres critiques après lui sont des variateurs. Inventer après Duras et rompre le moule du roman est un risque extrême. L'auteur assume tous les risques, produit, puis s'efface. Il n'a aucun pouvoir. Il est vidé de part en part. La création de l'artiste en l'auteur en fait un vivant, un homme du don total qui n'aspire qu'à la paix de la jouissance des mots. Que de maux sont attribués à l'auteur. Sommes-nous sûrs qu'ils viennent de celui qui nous fait penser, rêver, croire au symbolique ?
Dans les processus de création gisent les enjeux théoriques de la recherche plurielle en image. Quelles sont les formes modernes de la croyance en l'image et de quelle manière le cinéma, la photographie, l'art-vidéo, travaillent sur les frontières de l'expérimentation et des mutations théoriques de l'image ? Quels sont les registres de fluctuation, d'intervalle, de crise de la subjectivité dont sont victimes nos regards sur les mutations actuelles de l'image ? La chair à l'image est alors un enjeu qui concerne notre lecture des changements de point de vue sur le corps du sujet et le corps de l'image. Elire une image à l'aune de nos désirs signifie instituer un usage instrumentalisé des images. Les images sont enrôlées de force dans le récit, qui constitue la fiction en laquelle nous avons besoin de croire. Mais notre besoin de fabuler est aussi ancien que les religions. Ainsi débute la fable littéraire, paternelle, orale ou cinématographique de l'humanité parlante. Elle se fonde sur le désir de croire en la révélation du récit par la bouche qui prend et nous ravit la parole. Mais l'image se tait. Elle est muette. Cependant nous la chargeons de significations et de projections. Nous croyons en l'image comme représentation de ce que nous vivons. Nous nous reconnaissons dans notre reflet, car il est une donnée du monde inventé à notre image. Ainsi le narcissisme culturel joue ici sur nos représentations mentales et notre culte de l'ego.
Le discours communicationnel imagine que l'image porte un sens, un discours, un message. L'image et la photographie peuvent-elles faire voir du désir, montrer l'invisible, montrer du subjectif et du pensé, des concepts, des pulsions, de la théorie ? Ou au contraire la photographie est-elle vouée au sensible ? Comment s'opère le mélange du sensible aux données du visible dans le travail photographique de recherche et de création ? Nous tenterons ensemble de répondre à quelques-unes de ces interrogations.
Bernas Steven ; Eisenstein Sergueï ; Ducrest Berna
Lorsqu'Eisenstein s'empare des savoirs des formalistes russes, la notion de film comme processus de création est à ses yeux au croisement de ces savoirs encyclopédiques qui agissent en lui. Eisenstein envisage le cinéma dans ses origines artistiques et pose le montage comme un travail sur le sensible. Le montage n'est pas une idée abstraite mais un travail ludique où l'impulsion du film se fonde sur l'organique, l'éprouvé et la quête de l'extase, au sens de sublime émotion de l'art. Eisenstein a construit sa posture auctoriale autour de ces savoirs comme enjeux dans la philosophie et dans l'histoire de l'art. Il a produit des films libérés des codes, de représentations pour imposer la pulsion, l'émotion, la force de l'image. L'esthétique filmique n'est pas une problématique indépendante de l'art et de la théorie. En Esthétique, la théorie est le produit du mouvement de l'art et de la force de la vie. La théorie n'est pas un savoir déclassé et dépassé, elle est branchée sur le nouveau, le non-su, le récent, la légèreté de l'être ou la matrice de la forme. La théorie incarne la vie pensante d'une époque, sinon elle n'a pas d'objet. Biographie: Steven BERNAS est maître de conférences HDR qualifié prof, et photoplasticien. Il enseigne à l'Université de Marne-la-Vallée. Il réalise des courts métrages, des installations vidéo, des expositions photographiques. Il dirige à l'Harmattan la série Image de la théorie et théorie de l'image dans Champs visuels.
Tantôt indécente, obscène, et tantôt cachée, la chair est habilitée à contraindre le corps à faire le beau. La chair n'est qu'une instance du corps, un aspect morphologique, un élément visuel. Cinéma et arts du récit ont fait appel à la figuration pour imposer l'idée que le corps à l'image est une banalité. Fragile et délicate, la chair n'est pas banale, elle signe la matière vivante sous la forme pensante et sentie.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.