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ET NOS VISAGES MON COEUR FUGACES COMME DES PHOTOS
BERGER JOHN
CHAMP VALLON
13,00 €
Épuisé
EAN :9782876731158
Quand j'ai refermé ce livre, j'ai pensé à un passage de l'Evangile de saint Luc. C'est un jour, dans l'été. Les apôtres traversent un champ de blé et ils arrachaient et mangeaient des épis en les froissant dans leurs mains ". Eh bien ce livre est écrit comme ça: par un homme qui est plusieurs, par un homme qui a douze voix pour nommer son amour, par un homme qui traverse l'épaisseur du monde pour suivre son amour, ralentissant à peine son pas pour se nourrir des beaux épis du songe. La fuite d'un lièvre, l'entêtement des pauvres, la brillance d'un lilas, la lassitude d'une postière ou le gémissement d'un arbre, tout lui est nourriture, élément d'une lettre à l'aimée. Celui qui aime est en exil dans son amour. Jamais il ne rejoindra celle qu'il aime, même dans la rivière du lit, même dans le feuillage de ses bras. Cette distance entre les amants est celle aussi qui sépare l'ouvrier de sa peine, le peintre de la lumière, les vivants des morts. Dans cette distance infranchissable s'enflamment ces mots : je te découvre dans tout ce qui t'éloigne. je te rejoins dans tout ce qui me manque. C'est tout. C'est tout ce que pour l'heure je saurais dire de ce livre insensé - à peine un livre en vérité un sillage dans le milieu des blés, un chemin tout vibrant de lumière. "
Résumé : " La poche dont il est question est une modeste poche de résistance, de celles qui se forment quand l'accord entre deux personnes au moins les rapproche. Leur résistance se manifeste contre l'inhumanité du nouvel ordre économique mondial. Mais qui sont ces gens ? Le lecteur, moi, l'auteur, et tous ceux dont il est question dans ces essais. Et ce qui est inattendu, c'est que les échanges, qui s'établissent entre nous, renforcent chacun dans la conviction que ce qui se passe dans le monde d'aujourd'hui est mal, et que, le plus souvent, ce qu'on en dit n'est que mensonge. Je n'ai jamais écrit de livre avec un tel sentiment d'urgence. " John Berger
Résumé : " L'hiver est fini, c'est le printemps. Les nuits sont encore suffisamment froides pour faire frissonner un corps mal couvert, mais plus assez pour le tuer. C'est pas si mal, non, d'avoir survécu une nouvelle fois à l'hiver ? Tout bourgeonne. Les radis de Vica sortent déjà de terre. La bâche de plastique que Vico a étalée par-dessus les a bien aidés, mais pas autant que le terreau que nous avons volé pour les nourrir. " Ils s'appellent Liberto, Malak, Joachim, Alfonso, Vico, Vica. Ils vivent dans un terrain vague, à proximité d'une voie rapide, parmi les détritus et toutes sortes d'objets broyés, de machines cassées. King raconte vingt-quatre heures de leur vie. Mais qui est King ? King est la voix du conteur. C'est un chien. Ou, si l'on préfère, le point de vue d'un chien sur cette humanité précaire - les SDF - qui tente, à l'aube du XXIIe siècle, de survivre au milieu des déchets abandonnés par la société de consommation. King est le roman d'un " écrivain public " : il parle pour les pauvres, il ne parle pas en leur nom. C'est pourquoi le nom de l'auteur n'apparaît pas sur la couverture.
e texte court du grand écrivain anglais John Berger, écrit à la suite de deux opérations de la cataracte, est non seulement le récit sous forme de notes d'une expérience personnelle et médicale qui peut concerner beaucoup de monde, mais aussi un essai (lucide et comme souvent chez lui non dénué d'humour ni de tendresse) sur la vision et le regard que nous portons sur le monde qui nous entoure.
Résumé : Le critique d'art et écrivain John Berger aborde ici les questions fondamentales posées par les arts plastiques. Lorsqu'il parle du cubisme, il ne parle pas seulement de Braque, de Léger, de Picasso ou de Juan Gris, mais aussi de ce moment, au début du vingtième siècle, où le monde s'est rassemblé autour d'un formidable sentiment de promesses en l'avenir. Quand il étudie l'?uvre de Modigliani, il voit dans l'étirement des formes du modèle l'infini de l'amour humain. Cheminant librement de la Renaissance à l'explosion atomique de Hiroshima, des rives du Bosphore aux gratte-ciel de Manhattan, des sculpteurs sur bois d'un village savoyard à Goya, Dürer ou Van Gogh, et embrassant aussi bien le sentiment personnel de l'amour et de la perte que les bouleversements politiques majeurs de notre temps, L'Oiseau blanc démontre une fois de plus la singularité de John Berger.
En janvier 1589, alors que la France subit sa huitième guerre de Religion entre catholiques et protestants, Jacques de La Guesle, procureur général au parlement de Paris, dénonce les effets désastreux de la division religieuse aux représentants des trois états réunis au château de Blois. Elle n'a apporté que désordres, confusions, démolitions d'églises. Pour le haut magistrat, la dissension religieuse est un glaive à deux tranchants qui pénètre jusque dans la moelle des os. Les années de la fin du règne de Henri II voient s'accélérer la rupture reli- gieuse entre catholiques et protestants. En témoignent les arrêts criminels rendus par le parlement de Paris, cour souveraine qui rend la justice au nom du roi. Ils sont un observatoire privilégié, sorte de caisse de résonance de leur époque. Ils offrent la possibilité de suivre presque au jour le jour les violences et les affrontements toujours plus intenses entre catholiques et réformés. L'enquête débute en 1555, pour s'achever sur la paix d'Amboise en mars 1563, soit les huit années qui précèdent la première guerre de Religion et qui l'englobent aussi. Se distinguent trois phases différentes : une politique de répression menée par Henri II jusqu'à sa mort accidentelle en 1559, la recherche de conciliation menée en 1560 et 1561, puis l'éclatement de la guerre en mars 1562 et ses effets. L'activité criminelle de la plus haute cour de justice du royaume montre qu'en matière de religion la politique royale est souvent hésitante, parfois volontariste, et qu'elle finit par se heurter à l'opposition des sujets, laquelle entraîne l'inapplication des lois et le développement de la violence. Quant à la justice du roi, son légalisme pétri de modération tente de conjurer une réalité qui ne veut pas s'encombrer de scrupules juridiques. Cette étude révèle à quel point la Réforme protestante a ébranlé la France ainsi que la monarchie. Elle aide à nous convaincre de l'importance du danger que constitue la résurgence de la violence au nom de la religion.
La période qui voit le passage de la ville de l'Ancien Régime à la ville haussmannienne ou haussmannisée semble bien connue et les conditions de cette transformation ont été largement analysées. Schématiquement, on considère que le milieu urbain s'assainit tout au long du XIXe siècle, passant de la stagnation miasmatique encouragée par les activités artisanales à la dynamique industrielle symbolisée par la rectification urbaine qui associe percée, aménagement du réseau viaire, nettoiement généralisé de l'espace public grâce aux égouts et à la distribution de l'eau, renouvellement de l'air grâce aux grands mouvements urbains, humains et économiques. Cet ouvrage aborde la ville du point de vue de deux acteurs qui ont joué un rôle fondamental dans les transformations du milieu urbain : le médecin et l'ingénieur, en mettant en avant la cohérence et surtout les limites de leurs approches respectives, traduites par les dysfonctionnements connus par le milieu. Pour ce faire, l'auteur adopte un point de vue original, celui du sol et du sous-sol urbains, par opposition à l'air et à l'eau qui sont considérés depuis plus d'un siècle comme les principaux vecteurs de l'environnement et de la salubrité. L'évolution du milieu urbain, principalement étudiée dans le cas de Paris, révèle les limites des transformations mises en ?uvre au XIXe siècle. L'imperméabilisation du sol, la production de boues, les effets de l'assainissement ou le paludisme urbain traduisent l'échec (certes relatif) et les effets pervers du projet hygiéniste. En définitive, le milieu urbain échappe rapidement à la science.
Résumé : Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ?
Comment conquérir puis gouverner une dizaine de cités, des nobles par milliers et près d'un million de sujets ? En Lombardie, entre 1515 et 1530, François Ier, Francesco II Sforza et Charles Quint ont buté sur la même question. La réponse offrait un prix de taille : une terre riche et peuplée, à la croisée des chemins de la Méditerranée, des Alpes et des plaines du Nord. Si la guerre fut destructrice et indécise, c'est que les autochtones opposèrent aux conquérants des défis à la hauteur d'une culture politique millénaire. Plus le temps passe, plus la Lombardie apparaît comme une des pièces incontournables de la formation de l'Europe moderne, entre exercice de la souveraineté, de la fidélité et de la médiation mais aussi expérience de la violence, de la servitude et de la résistance.