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De la crise du sens à la quête du sens (Mallarmé, Bernanos, Jabès)
Benoît Eric
CERF
26,40 €
Épuisé
EAN :9782204068109
Mallarmé, Bernanos, Jabès. L'athée, le chrétien, le juif. Trois écrivains qu'apparemment tout sépare. Mais la question du livre, si importante chez Mallarmé, réapparaît chez Jabès ; la question de Dieu et du néant, déjà présente chez Mallarmé, devient fondamentale chez Bernanos et Jabès. La question du rapport à l'histoire, dont on perçoit le souci dans certains textes de Mallarmé, trouve dans les œuvres de Bernanos et Jabès un déploiement dramatique. Le livre, Dieu, l'histoire. A travers les thèmes essentiels de leur œuvre, Mallarmé, Bernanos et Jabès sont les témoins privilégiés de la crise de sens et de l'effacement de la transcendance dans la pensée et la vie de l'homme contemporain. Mort de Dieu et de l'Idéal chez Mallarmé, déréliction et tentation du désespoir chez Bernanos, sentiment de l'absence de Dieu chez Jabès. A cette crise de sens, les écrivains répondent dans leur œuvre par une tentative audacieuse et prophétique de reconquête du sens.
La question de la transmission et de la transgression des formes poétiques régulières est abordée ici à la fois dans la poésie occidentale, française en particulier (pensons au sonnet, à l'alexandrin), et clans la poésie orientale, japonaise en particulier (pensons au haïku), en tenant compte de la présence de formes japonaises dans la poésie française, et de formes françaises clans la poésie japonaise. Après un article de réflexion générale ("Productivité des normes et plasticité des formes"), la Première Partie du volume ("Suite française 1") présente six articles sur la transmission et la transgression des formes régulières dans la poésie française du XIXe siècle, de Nerval à Laforgue, en passant par Baudelaire, Banville, et Rimbaud. La Deuxième Partie ("Suite française 2") rassemble cinq articles sur la relation problématique entretenue par plusieurs poètes du XXe siècle avec la question des formes régulières (Valéry, Péguy, Leiris, Jabès, Guillevic et Tardieu). La Troisième Partie ("Croisements franco-japonais 1") analyse l'impact des formes japonaises dans la poésie française du début du XXe siècle (notamment dans les "haïkaïs" de Pierre Albert-Birot) puis dans l'oeuvre de Jacques Roubaud, en réfléchissant sur la réception de l'univers du haïku japonais clans la sensibilité occidentale. Dans la Quatrième Partie ("Croisements franco-japonais 2"), le trajet va, en sens inverse, de l'Occident vers l'Orient, et cinq contributions montrent les répercussions des formes de la poésie française clans la poésie japonaise du XXe siècle, et la façon dont les formes poétiques japonaises y sont travaillées par celles de la poésie occidentale.
La notion d'énergie est particulièrement opératoire pour l'étude de la littérature des trois derniers siècles. Elle sera étudiée ici à la fois dans son versant thématique, dans son versant formel (stylistique), et dans son versant méta-littéraire (l'énergie de l'écriture, l'énergie créatrice). Nous rencontrerons la problématique de la contradiction entre l'épuisement de l'énergie et le désir d'une énergie inépuisable, particulièrement au XIXe siècle du fait de l'arrière-fond épistémologique que constitue la thermodynamique : le principe de l'entropie prévoit l'épuisement de l'énergie libre (disponible) d'un système, qui est dépensée irréversiblement au cours du temps. A cela s'est opposé le rêve du mouvement perpétuel, de l'énergie inépuisable... La création littéraire peut-elle être envisagée comme une tentative néguentropique ? La question de l'énergie débouche aussi assez vite sur la nécessité d'une problématisation éthique. Car si l'énergie peut être créatrice, elle peut aussi être destructrice. L'ceuvre littéraire peut-elle échapper au risque de véhiculer une énergie destructrice ? La Première Partie de ce volume recouvrira une période qui va des Lumières au romantisme. La Deuxième Partie abordera l'arrière-fond épistémologique de la thermodynamique perceptible dans la littérature du XIXe siècle et du début du XXe siècle. La Troisième Partie s'orientera plus spécifiquement vers l'énergie de la poésie aux XIXe et XXe siècles. Enfin la Quatrième Partie concernera des enjeux idéologiques et des problématiques chronologiquement plus proches de l'époque contemporaine.
Ce volume 44 de la collection Modernités forme un diptyque avec le volume 42 (Ecritures de l'énergie). En effet, ce second volet de notre programme de recherche consacré à l'énergie dans la littérature concerne maintenant l'énergie au niveau de la lecture. L'action de la lecture, au double sens de l'action effectuée par le lecteur dans sa lecture, et de l'action effectuée par la lecture sur le lecteur, implique une énergie, une energeia comprise étymologiquement comme mise en oeuvre voire passage à l'acte. Nous nous pencherons ici sur des textes littéraires qui thématisent ou théorisent ou impliquent ce que nous pouvons appeler une énergétique de la lecture. Quelles nouveautés la modernité littéraire a-t-elle apportées à la lecture et à la réception en termes d'énergie ? Qu'en est-il aujourd'hui ? Le tournant pragmatique qui s'est développé dans les études littéraires depuis les années 1980 nous a rendus sensibles aux effets éthiques et existentiels des textes dans la vie même des lecteurs. Notre réflexion intégrera si les effets historiques et politiques de la littérature des trois derniers siècles : comment la lecture peut-elle entraîner une mise en acte, une mise en action (une energeia) ? Nous nous interrogerons sur l'énergie psychique investie dans l'acte de lecture, sur le statut de l'émotion impliquée dans cette énergie, sur la part de la contrainte du texte et la part de la liberté du lecteur. La Première Partie de ce volume explore ce que les oeuvres littéraires elles-mêmes nous disent de l'énergie de la lecture : nous le verrons notamment avec Diderot, Sade, Schiller, Hugo, Flaubert, Mallarmé, Nietzsche, Proust, Péguy, Sartre, Gracq, Bouvier, Manchette, Quignard, Bergounioux... La Deuxième Partie aborde la question de l'énergie lorsque la lecture se fait créatrice dans les réécritures, les reprises et les variations : à partir du Lys dans la vallée de Balzac, de Madame Bovary de Flaubert, de l'écriture polémiste de Karl Kraus, du Désert des Tartares de Buzzati, ou des oeuvres d'Eileen Chang. La Troisième Partie développe des perspectives théoriques : sur le tournant pragmatique des théories de la lecture, sur l'énergie dans la perception de l'ironie d'un texte et dans le partage des textes traumatiques, sur les états passionnels intenses dans la lecture, sur l'expérience d'oscillation identitaire du lecteur immergé dans la fiction, sur les apports des sciences cognitives et de la neuro-narratologie, sur l'énergie spécifique requise par la lecture du poème, sur l'énergie des lectures poétiques à haute voix, sur le "procédé incitatif" dans la poésie chinoise, et sur les critères de différenciation entre l'énergie de la lecture littéraire et l'énergie de la lecture religieuse (et/ou politique, idéologique).
La lecture n'a pas toujours été une activité solitaire : elle s'est longtemps pratiquée à voix haute, de manière collective, et, partagée dans les salons ou les jardins, fut un élément majeur de la sociabilité. La lecture est une rencontre : entre un lecteur, un texte et un auteur ; mais aussi entre plusieurs lecteurs qui confrontent leurs interprétations. La frontière entre l'écrit et l'oral s'estompe : la lecture vocalise le texte écrit et le prolonge par la conversation, voire la relation amoureuse. Cette anthologie regroupe une soixantaine de textes (très connus comme rares, français et étrangers) illustrant les différentes manières de lire : les rapports à l'objet-livre, à l'activité de lecture (rêverie, réflexion, méditation...) et au corps du lecteur. Car le plaisir de lire n'est pas seulement intellectuel mais aussi sensuel. On passe progressivement d'une lecture sacrée à une lecture profane, et d'une lecture édifiante à une lecture dangereuse — celle des romans, longtemps accusés de favoriser le vice de la curiosité. A l'heure où la lecture subit de profondes mutations, ces textes sont autant de témoignages d'une activité qui traverse les siècles et questionne notre rapport à la tradition et à l'altérité.
Entre le monde cristallin de la féerie et les dérèglements de la science-fiction s'étend un territoire brumeux, crépusculaire, aux reliefs dangereux et aux frontières incertaines, où le voyageur risque fort de se perdre... Fondé sur l'irruption du surnaturel dans la réalité, le fantastique manipule, choque, voire terrifie le lecteur à travers un récit tendu, comme une corde raide, vers une issue aux allures de précipice. Contrairement au merveilleux, où le surnaturel va de soi, et à l'étrange, qui s'explique, le texte fantastique reste une énigme. Pour quelles raisons le lecteur cherche-t-il à tout prix à ressentir le frisson de l'effroi ? Doit-on perdre nos repères pour mieux comprendre la réalité qui nous entoure ? Ou s'agit-il d'explorer les zones les plus secrètes de notre inconscient ? Démon, vampire, spectre... Derrière la peur de l'Autre, n'est-ce pas moi, en fin de compte, que je reconnais ?
Ces "essais sur le roman" constituent la première manifestation théorique de l'école du "nouveau roman". Nathalie Sarraute y expose ses propres conceptions qui ont exercé une influence profonde sur les jeunes auteurs. De Dostoïevski à Kafka, de Joyce à Proust et Virginia Woolf, Nathalie Sarraute scrute l'oeuvre des grands précurseurs du roman moderne et examine leur contribution à la révolution romanesque de nos jours.
Résumé : "Cette littérature a commencé avec la négritude. Des idéologues de chez eux (les Occidentaux), pour justifier l'esclavage et la colonisation, avaient décrété que le nègre n'avait pas d'histoire parce que son histoire n'était pas écrite. Il s'est trouvé des Africains de chez nous pour le désir d'Afrique, qui se sont armés de la plume. Ils ont démontré que l'Afrique, le premier continent de l'humanité, avait ? écrites ou non écrites ? de multiples traces de son passé multimillénaire. Ils (les idéologues de chez eux) avaient arrêté que nous étions sans culture. On leur a répondu que les Africains de la plus longue histoire de l'humanité avaient la culture la plus riche de l'univers [Mongo-Mboussa] rappelle qu'au début nous savions à peine écrire le français, nous étions un tirailleur sénégalais. Puis ce furent des étudiants, la faim au ventre, qui reprirent le flambeau. Et quand ils quittèrent les universités, devinrent des intellectuels, prirent la relève des étudiants, ce fut pour aller à l'exil. C'est l'exil qu'ils ont continué à écrire. [...] M. Mongo-Mboussa a écrit un livre important sur la littérature africaine, un livre important pour l'Afrique." Ahmadou Kourouma On attend de la littérature africaine qu'elle soit à la fois exotique, porteuse d'une certaine oralité et conforme aux canons classiques du marché européen. Cet essai permet de comprendre un des paradoxes qui pèsent sur les auteurs africains.