Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Frontières kantiennes
Bennington Geoffrey
GALILEE
36,00 €
Épuisé
EAN :9782718605234
A l'heure où toutes les frontières tremblent, s'effacent ou se renforcent avec la violence que l'on sait, il serait urgent de reprendre et de repenser le concept même de frontière. Mais y a-t-il un tel concept, à trouver ou à construire ? C'est ce que nous commençons à mettre en doute ici, à partir d'une relecture de Kant, pour qui la frontière se révèle être à la fois l'élément même de sa pensée, et la frustration permanente de sa conceptualité. En suivant ce fil conducteur d'abord dans les textes " politiques " de Kant, et ensuite dans la Critique du jugement téléologique - si méconnue -, nous tentons de dégager une structure complexe, abyssale, fractale, qui inscrit toujours un reste de nature violente dans toute frontière (y compris conceptuelle), et qui complique l'argumentation la plus explicite, la plus rationnelle, de Kant lui-même (qui va toujours vers le cosmopolitisme et la paix dite perpétuelle) en y ajoutant un motif de réticence ou d'interruption. Comme il se trouve qu'il ne pourrait y avoir de paix perpétuelle que dans la mort, il faut interrompre le mouvement téléologique qui risque de nous y mener, il faut maintenir des frontières (et donc une certaine violence) là où tout semblait nous porter à souhaiter leur disparition pacifique, ne fût-ce que dans l'ordre de l'Idée. Ne s'agissant ici ni d'une critique de Kant, ni d'un retour à Kant (ces deux gestes si fatigués), le livre propose aussi une nouvelle réflexion sur la lecture philosophique, pour laquelle la pensée de la frontière serait à la fois la ressource essentielle et la frustration récurrente et féconde.
Traverser les océans et les déserts, atteindre les pôles, escalader les sommets les plus inaccessibles, naviguer sur les rivières les plus sauvages, toucher le ciel à bord d'un dirigeable, s'enfoncer au plus profond du ventre de la Terre... Chris Bonington relate ici les motivations et les expériences de ces femmes et de ces hommes qui, amoureux de l'aventure, se confrontent à l'impossible.
Derrida Jacques ; Bennington Geoffrey ; Crépon Mar
Le présent volume édite la première des deux années du séminaire que Jacques Derrida consacra au sujet de la peine de mort (en 1999-2000 et 2000-2001). Présenté intégralement dans le cadre du programme "Philosophie et épistémologie" à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, à Paris, ce séminaire a aussi fait l'objet d'un enseignement aux Etats-Unis. Il précède immédiatement celui consacré à "La bête et le souverain" (2001-2003), déjà publié. Il relève de l'ensemble commencé en 1997-1998 sous le titre "Le parjure et le pardon", qui appartient lui-même à un ensemble plus long, "Questions de responsabilité", initié en 1989 et finalisé en 2003 avec la dernière année d'enseignement de Jacques Derrida. Voici le résumé qu'en donnait Jacques Derrida dans l'Annuaire de l'EHESS 1999-2000 : "La problématique engagée sous ce titre "Le parjure et le pardon" au cours des deux années passées nous a conduits à privilégier cette fois la grande question de la peine de mort. C'était nécessaire au moins dans la mesure où la peine dite capitale met en jeu, dans l'imminence d'une sanction irréversible, avec ce qui paraît tenu pour l'impardonnable, les concepts de souveraineté (de l'Etat ou du chef d'Etat - droit de vie et de mort sur le citoyen), de droit de grâce, etc. Nous avons étudié la peine de mort, de façon au moins préliminaire, aussi bien à partir de grands exemples paradigmatiques (Socrate, Jésus, Hallâj, Jeanne d'Arc) que de textes canoniques, de la Bible à Camus ou à Badinter, en passant par Beccaria, Locke, Kant, Hugo - à qui nous avons consacré de nombreuses séances -, Genet, etc., et surtout de textes juridiques d'après la Seconde Guerre mondiale. Un grand nombre de conventions internationales recommandent en effet la fin des châtiments cruels et des tortures, dont la peine de mort, sans jamais en faire obligation aux Etats dont la souveraineté devait être respectée. Nous nous sommes intéressés aux mouvements abolitionnistes, à leur logique et à leur rhétorique, et surtout aux Etats-Unis dont l'histoire récente, voire très actuelle, a requis de nombreuses analyses - notamment depuis la décision de la Cour suprême qui, en 1972, jugea inconstitutionnelle l'application de la peine de mort ("cruel and unusual punishment"), jusqu'à la reprise amplifiée et spectaculaire des exécutions depuis 1977, etc. Nous avons accordé beaucoup d'attention à l'exception des Etats-Unis. Trois concepts problématiques ont dominé notre questionnement à travers les textes et les exemples étudiés : la souveraineté, l'exception et la cruauté. Autre question conductrice : pourquoi l'abolitionnisme ou la condamnation de la peine de mort, dans son principe même, n'ont-ils (presque) jamais, à ce jour, trouvé une place proprement philosophique dans l'architectonique d'un grand discours philosophique en tant que tel ? Comment interpréter ce fait hautement signifiant ?"
29 mai 2003 : cinquantième anniversaire de la conquête de l'Everest, ce sommet mythique dont Chris Bonington fut le premier à réussir la face sud-ouest en 1975. Au départ, on estimait les chances de réussite à 50 %. Une organisation minutieuse, un magnifique travail d'équipe et l'immense talent des alpinistes permirent à quatre hommes de gagner le sommet. Ce fut l'âge d'or de l'alpinisme anglais. Ce texte est d'autant plus émouvant que certains protagonistes de cette expédition ont, depuis, trouvé la mort en montagne.
Il y a une clé qui ne sèche jamais. Il s'agit de la clé qui déverrouillerait l'origine. La clé de la chambre interdite. On ne sait si elle est tachée de sperme ou de sang. On hésite toujours.
Démocrite fut dans la Grèce antique un philosophe matérialiste fêté, qui parcourut le monde. Lors de son périple jusqu'en Inde, il a constaté la vilenie des hommes, à la suite de quoi il fit construire une petite cabane au fond de son jardin pour y finir en sage le restant de ses jours. Je nomme tentation de Démocrite et recours au forêt ce mouvement de repli sur son âme dans un monde détestable. Le monde d'avant-hier, c'est celui d'aujourd'hui, ce sera aussi celui de demain: les intrigues politiques, les calamités de la guerre, les jeux de pouvoir, la stratégie cynique des puissants, l'enchaînement des trahisons, la complicité de la plupart des philosophes, les gens de Dieu qui se révèlent gens du Diable, la mécanique des passions tristes ? envie, jalousie, haine, ressenti-ment le triomphe de l'injustice, le règne de la cri-tique médiocre, la domination des renégats, le sang, les crimes, le meurtre... Le repli sur son âme consiste à retrouver le sens de la terre, autrement dit, à se réconcilier avec l'essentiel: le mouvement des astres, la logique de la course des planètes, la coïncidence avec les éléments, le rythme des saisons qui apprennent à bien mourir, l'inscription de son destin dans la nécessité de la nature. Fatigué des misères de ce temps qui sont les ancestrales souffrances du monde, il faut planter un chêne, le regarder pousser, débiter ses planches, les voir sécher et s'en faire un cercueil dans lequel on ira prendre sa place dans la terre, c'est-à-dire dans le cosmos.
Il ne s'agit pas d'ajouter quelque chose à Derrida. Pas non plus de suppléer à des manques chez lui. Rien du double sens de ce mot — supplément — dont il a fait une de ses signatures conceptuelles. De manière générale, on ne complète ni on ne remplace jamais rien dans l'oeuvre d'un auteur : elle vaut telle qu'elle existe. Je pense plutôt à un troisième sens du mot, à ce sens littéraire ou journalistique selon lequel on joint une publication à une autre pour offrir un autre registre ou un autre aspect (un supplément illustré, sonore, ou bien encore le Supplément au voyage de Bougainville...). Ces textes écrits au gré des circonstances — colloques, ouvrages collectifs — et au fil de vingt-cinq années ne sont ni des études, ni des commentaires, ni des interprétations de la pensée de Derrida. Ce sont, pour le dire ainsi, des réponses à sa présence — telle qu'elle est venue et qu'à nouveau elle nous vient, supplément d'elle-même.