Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Spirale N° 62, septembre 2012 : Punir bébé
Ben Soussan Patrick ; Sanguet Marcel
ERES
15,00 €
Épuisé
EAN :9782749232287
Il n'en fait qu'à sa tête ! " se plaint la mère de Bilal, 2 ans. " Elle répond tout le temps ! " poursuit le père de Prune, 3 ans. " On a beau le gronder, il se régale à faire des bêtises ! " ajoutent les parents d'Eliott, 2 ans et demi. " Je perds patience à lui répéter les choses et même en haussant la voix, rien n'y fait ! " déplore à la crèche la référente de Pablo, 15 mois. " Je la mets seule dans la chambre mais elle hurle ! " ponctue l'assistante maternelle de Rosalie, 18 mois... Et il y en aurait encore bien d'autres - parents, grands-parents, professionnels de l'accueil, du soin, de la culture,... - pour s'avouer démunis, perdus, face aux débordements de ces tout petits, à leurs désobéissances, à leurs colères, à leurs caprices. Ah ! Les caprices des enfants! Comme une seconde nature ! Comment s'y prendre avec ces garnements, si prompts à désobéir, ne pas écouter, en faire à leur tête et nous tenir tête ? Comment comprendre leurs comportements, leurs demandes, leurs élans parfois si " vifs " et nos réactions, parfois aussi " emportées " ? Comment penser autrement que dans ces registres galvaudés de l " 'enfant roi ", de la toute-puissance infantile et des douces violences ? Comment ne pas se contenter de cette bonne vieille nostalgie des fessées, claques et autres coups de martinets qui volaient pour presque rien. Sans parler de toutes ces petites humiliations du quotidien ? Ah ! C'était le bon temps du respect et de l'éducation à la dure, ma bonne dame, le bon vieil héritage d'une tradition archaïque n'accordant à l'enfant aucun droit et seulement des devoirs. " On ne parle pas quand les adultes discutent ! ", " On obéit à son père ! ", " Tiens-toi correctement ! ", " On ne montre pas du doigt ! ", " On t'a jamais apprit la politesse ? " : que d'injonctions oppressantes dans la vie des rejetons d'hier et d'aujourd'hui. " Tu l'as bien mérité celle-là ! " " Tu en veux une autre ? " Vive le renouveau de l'autoritarisme et fi des parents de mai 68 ou à la Dolto - Ah ! Cette psychologisation à tout crin de l'enfance ! - qui passent leur temps à tout expliquer et répugnent à faire entrer dans la petite, toute petite tête de leur diables de chérubins la loi de la vie en société. Persuadés qu'ils ne manqueraient pas de traumatiser leurs tout petiots, ils ont paraît-il oublié la nécessité de dire non et ne savent plus conjuguer l'impératif au présent, plus soucieux de dialogue et négociation que d'éduquer et responsabiliser. Nous allons leur apprendre, nous ! Vivent les limites imposées dès le berceau, cela fera moins de sauvageons à la crèche et de délinquants à l'adolescence ! Que n'entendons-nous aujourd'hui, sous couvert d'autorité parentale à reconquérir et de formatage des minots ? Les tout petits nous font-ils si peurs qu'il nous faille les contraindre à marcher droits ? Les tout petits nous paraissent-ils si étrangers, si autres qu'il nous faille les domestiquer, les soumettre, les " rechigner " disait-on au Moyen-âge, témoignant en cela de leur inépuisable attribut d'inachèvement, d'incomplétude voire d'imperfection ? Existerait-il quelque défaut de fabrication à l'enfance d'aujourd'hui ? Vicié le jeune âge ? A quand le service retour avec échange standard et geste commercial à la reprise ? Spirale, pour ses Journées Nationales, s'intéresse à cet adage informulable : " Comment bien punir les bébés ? " Entre châtiments corporels et laisser aller, existe-t-il une voie moyenne, non, royale, qui pourrait nous donner l'occasion d'inventer collectivement un vrai manuel de savoir vivre en société et en famille. Punit-on un bébé ? Faut-il corriger les tout petits ? Les réprimandes physiques ont-elles droit de citer pendant les toute premières années de vie ? Faut-il légalement proscrire la fessée ? Quel sens l'enfant, avant trois ans, donne-t-il aux punitions, quelles qu'elles soient ? Spirale tentera de comprendre ce qui fait le pouvoir et l'emprise des adultes sur les enfants, ce qui mobilise tant les représentations et la culpabilité, ce qui, dans nos sociétés occidentales mais aussi ailleurs dans le monde, aujourd'hui, mais aussi dans des temps plus reculés, se dit à travers ces questions d'éducation et de punition. Comment aimer ses enfants pourrait être le verso de cette question sans borne : comment punir bébé. " Aimer ses enfants mais pas trop " conclurait Dolto...
Le baby-blues est un article très en vogue au rayon des petites contrariétés de la grossesse et des premiers jours. Toutes vous l'attendez, vous vous inquiétez si au deuxième, troisième ou quatrième jour après la naissance de votre bébé, il n'est pas au rendez-vous: vous pouvez le faire, plus, vous devez le faire! On vous a tellement parlé de cet état si particulier qui vient assombrir de ses gros nuages d'incompréhension et de doutes vos premiers jours avec bébé. Vous faites un blues classique, banal, circulez, il n'y a rien à voir! Ni à dire. En fait, le baby-blues n'existe pas. Il n'existe que des mots savants ou qui se veulent tels et qui sont là pour vous faire taire. Ne les écoutez pas, vivez vos bouleversements psychiques et corporels à votre aise. La grossesse n'est pas une maladie, vous n'êtes pas une "patiente", dites-leur. Et vivez votre vie avec votre bébé - et son père - sans modération! Allegro.
Le mythe est vieux comme le monde et il a survécu à toutes les révolutions éducatives, de Rousseau au bon docteur Spock: toute enfance est à façonner. Plus encore, à contraindre. De plus en plus nombreux seraient les sauvageons, recensés dès la crèche, caïds de cour de récré des écoles maternelles, violents, enfants rois sans bornes et sans limites, ne respectant rien ni personne, voire maltraitants à l'égard de ceux qui les élèvent ou les éduquent. Ces nouveaux enfants terribles qui semblent émerger dans l'espace social troublent, fascinent et sidèrent les adultes. Mais existent-ils vraiment? Le danger qu'ils représentent pour notre chère société libérale avancée requiert-il autant de décrets, d'arrêtés, de rapports, de mesures de prévention « musclée » qui sont autant de vélléités de façonnage, de formatage des poupards du XXIe siècle? Ce manifeste dit haut et fort qu'il faut cesser d'embarquer l'enfance dans ces politiques de la peur et de la culpabilité aujourd'hui si largement conduites. Qu'il faut laisser aux enfants leur temps d'enfance, un temps hasardeux, riche d'improbables fortunes et d'ahurissantes métamorphoses.
Il arrive parfois qu'un jour, ce jour qui devait être le plus beau de leur vie, le jour de la naissance de leur enfant, mais parfois même avant, pendant la grossesse, ou encore après, des mois après, parents et enfant soient précipités, avec une violence inconcevable, dans un monde inconnu de souffrance et de douleur. Souvent quelques regards, quelques mots, de trop lourds silences ont suffi... Et de ce jour, meurtris, vacillants, commence pour eux une nouvelle vie à laquelle rien ni personne ne les avait préparés. Comment penser alors accueil, accompagnement, équilibre, tenir bon, résister, revivre ? Comment aider ces parents à vivre ces moments si difficiles, à les dépasser et à continuer leur vie, avec cet enfant différent ? Comment aider ces enfants, contraints dans leur corps et leur psychisme par d'irréductibles entraves ? Comment aider ces professionnels - sommés par les familles, le monde médical, le monde social, peut-être aussi par leur seule vocation à soigner - dans leurs pratiques et tous ces mouvements affectifs si forts qu'ils ne manqueront pas de connaître ? Comment créer, tous ensemble, les conditions d'une rencontre, d'une reconnaissance, et faire que la vie ne soit pas, pour ces parents et cet enfant, "un infracassable noyau de nuit" ? Comment donner aux lendemains toutes leurs chances ? Seront ici questionnés révélation du handicap et accompagnement de ce sujet porteur de handicap et de ses proches. La clinique de l'annonce sera interrogée, en ses composantes socioculturelles, historiques et anthropologiques. Que dévoile et recouvre le discours médical ? A quelles annonces fétiches sommes-nous encore référés ? Quel mode de désignation et de nomination sous-tendent les paroles dites, entendues ou pressenties ? Comment leur attribuer une fonction d'ouverture, vitale, là où souvent elles ne sont que rupture, enfermement, incarnation du monstrueux, de l'échec et de la honte coupable ?
Mellier Denis ; Bompard Vincent ; Colas Nathalie ;
Comment l'observation du bébé peut-elle devenir un outil pour les professionnels de la petite enfance? Comment peut-elle être une aide pour accueillir un bébé et prendre soin de lui? Cet ouvrage montre que la valeur de l'observation résulte surtout du travail que les équipes peuvent réaliser à cette occasion pour percevoir toute la complexité de la vie psychique. Les travaux d'Esther Bick et ceux d'Emmi Pikler (Loczy) trouvent ici un prolongement pratique pour les lieux d'accueil des bébés et de leurs parents. Sous certaines conditions, le dispositif de l'observation permet d'instaurer une véritable médiation pour percevoir, recevoir, contenir et penser tout l'impact de la vie émotionnelle du bébé dans son environnement, et garder ainsi vivante l'attention à son égard. Biographie de l'auteur Denis Mellier, psychologue clinicien (Lyon), professeur de psychologie clinique et psychopathologie, université de Franche-Comté.
Dès l'apparition de la théorie de l'attachement - dans la trilogie de John Bowlby, Attachement et perte - ses relations tumultueuses avec la psychanalyse ont occupé le devant de la scène. Plus encore, on peut affirmer rétrospectivement que cette option théorique a puisé une bonne part de sa créativité dans la vivacité de cette conflictualité. C'est dans cet esprit qu'a été conçu cet ouvrage qui reprend, actualisé et complété. le dossier publié dans Le carnet Psy. Il propose une revue critique en examinant les éléments de convergences. de divergences et d'enrichissement mutuels entre théorie de l'attachement et psychanalyse. Son format synthétique. sa vocation didactique et sa lisibilité en font un incontournable outil pour tous ceux qui veulent s'initier aux rudiments fondamentaux de la théorie de l'attachement; les thèmes traités et l'originalité des ouvertures épistémologiques offrent aussi une lecture stimulante pour les connaisseurs.
Mauvais Patrick ; Blazy Micheline ; Deligne Isabel
Des professionnels de PMI, de lieux d'accueil, de services de soins en périnatalité, de CAMSP et de pouponnières témoignent de leurs pratiques dans l'accompagnement des relations entre parents et enfants. On reconnaîtra aisément, au travers de ces expériences diverses, une référence appuyée aux travaux d'Emmi Pikler - pédiatre hongroise qui a fondé en 1946 la pouponnière de Lòczy à Budapest - sur le très jeune enfant et sa famille. On y retrouvera l'importance qu'elle accordait, jusqu'au moindre détail, aux conditions concrètes du bien-être et de la sécurité de l'enfant. Les professionnels réunis ici, attentifs et assurés de leur confiance en l'enfant, nous enseignent combien l'accompagnement du processus de parentalisation peut bénéficier de cette approche, dans le respect des familles en devenir. Biographie: Patrick Mauvais est psychologue clinicien, responsable de la formation des formateurs à l'association Pikler Lòczy de France.
Un nourrisson éveillé reste rarement inactif, même lorsqu'il n'est pas pressé par les besoins de la vie. Joue-t-il pour autant ? Le cas échéant, à quoi joue-t-il et comment ? Questions fédératrices de ce recueil d'observations et de commentaires divers. D'abord, s'entendre sur la définition du jeu, sa fonction, son origine... Ensuite, chercher les conditions nécessaires au jouet : quiétude, maturité, présence de l'adulte, choix des jouets... Vingt-six volets pour se faire une idée à ce sujet : coups de zoom ou angles plus larges sur des situations de la vie quotidienne.