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Mythe, conte et enfance. Les écritures d'Orphée et de Cendrillon
Belmont Nicole
L'HARMATTAN
35,00 €
Épuisé
EAN :9782296126046
Ce livre témoigne d'une quête de plus de vingt ans à travers les contes de tradition orale. Il s'attaque à quelques idées reçues. Les folkloristes du XIXe siècle comprenaient les contes comme des formes dégénérées des mythes. Or, Nicole Belmont compare la légende d'Orphée et Eurydice à La Fille du diable, rapproche Cendrillon de Hestia et observe que la ligne de partage entre populaire et savant que la dichotomie mythe/conte devait tracer perd de son évidence. Autre idée reçue: celle qui réserve les contes aux enfants. En analysant la symbolique des contes merveilleux comme Freud interpréta les rêves, N. Belmont montre que "les enfants ne sont pas assez vieux pour les comprendre". Comment expliquer sinon que les éditeurs publient des versions édulcorées des contes lorsqu'ils s'adressent aux enfants? En interrogeant cette tension entre l'oral et l'écrit, qui font les deux régimes d'existence du conte, N. Belmont scrute l'entreprise pionnière des frères Grimm et observe que le mode de transmission change la nature du conte. Elle suggère alors de reporter notre attention de l'énoncé vers l'énonciation. Le conte est une activité du dire. Elle ouvre ainsi la voie à cette créativité de l'agir qui place au premier plan le pouvoir créateur du conteur. Raconter n'est pas un art de la réplique, c'est une invention située. Dès lors, un conteur n'est pas le dépositaire de la mémoire collective, il en est l'artisan.
Si la parole est l'arme des puissants, elle peut être aussi l'arme des faibles, une liberté conquise plus qu'acquise souvent. Contre le silence imposé et subi. La parole publique a ainsi sa performativité propre, surtout quand l'ingéniosité pour se faire entendre déborde les cadres qui ordinairement la contrôlent et la contraignent. Cette voix contestataire est une oralité au plein sens du terme : une oralité poétique, une oralité chantée, une oralité tambourinée, une oralité dansée, une oralité murmurée, une oralité criée. Une choralité politique. Ces oralités contestataires requièrent souvent courage et astuce, imagination et détermination. Les textes rassemblés dans ce florilège — un bouquet avec ses piquants... — ont été composés dans des contextes et des époques différents, mais tous ont pour objectif de mettre en valeur une contestation, lyrique ou humoristique, festive ou plus directement politique, collective ou solitaire, mais toujours pour le bien commun. Et souvent contestation portée par des voix de femmes, ni bavardes ni muettes... Ces moments d'oralités contestataires ont été choisis parce qu'ils raisonnent/résonnent de façon forte avec la situation actuellement vécue par le monde de l'enseignement supérieur et de la recherche française, et plus largement sans doute avec la société française bousculée dans son système social, modèle évidemment imparfait mais précieux.
Cendrillon est sans doute le conte le plus connu, le plus répandu, le plus aimé. Mais le récit de Perrault et celui des frères Grimm, parce qu'ils ont été écrits, imprimés et reproduits largement, ont éclipsé des centaines, peut-être des milliers d'autres, recueillis par les ethnologues et les folkloristes. Ces récits, aussi attachants que vigoureux dans leur expression, apportent des éléments narratifs inédits qui enrichissent l'histoire de cette jeune fille persécutée et lui donnent des couleurs insolites. Dans ce recueil, on trouvera une cinquantaine de Cendrillon originaires de cultures différentes, de l'Europe à l'Orient, de l'Afrique aux Amériques, sans oublier la première version passée dans l'écrit : elle est chinoise et date du IXe siècle de notre ère. Cendrillon appartient à un cycle, où l'on peut repérer un grand nombre de transformations narratives et d'entrelacements de motifs. Sous forme de dossier complémentaire, ont été jointes des versions de formes peut-être antérieures et postérieures, bien qu'on les trouve également racontées dans une même communauté : Un-oeil, Deux-Yeux, Trois-Yeux et Peau d'Ane. Si l'on reconnaît le mythe à ses facultés de perdurer à travers les siècles et de s'adapter à chaque époque qu'il traverse, alors Cendrillon est bien une figure mythique.
Belmont Nicole ; Ménard Sophie ; Privat Jean-Marie
Ce numéro s'intéresse particulièrement à la production d'écrits littéraires qui sont allés puiser dans les imaginaires et les pratiques orales de l'enfance ainsi qu'aux liens qui se nouent entre eux à travers une inventivité langagière particulièrement féconde. La culture enfantine de tradition orale, présente dans la plupart des cultures, est aussi à l'oeuvre dans la littérature (écrite). En effet, des historiettes, devinettes, contes, comptines, chansonnettes, etc. , à la littérature écrite, il y a une inspiration réciproque, qui amène à considérer les relations productives que la littérature entretient plus largement avec les imaginaires culturels de l'enfance. Ce numéro 88 de Cahiers de littérature orale se concentre donc sur les modalités de cette présence latente ou explicite des oralités enfantines en littérature moderne et contemporaine. Les contributeurs s'interrogent sur ce que le texte littéraire quête dans ces univers discursifs enfantins, sur la distribution des oralités enfantines selon les périodes, les esthétiques ou les genres littéraires, sur les modes de sémiotisation écrite des pratiques orales enfantines sur le plan stylistique, narratologique et sémantique, enfin sur les modalités de circulations entre culture enfantine orale (l'enfance de l'art) et culture littéraire (l'art de l'enfance).
Mukendji Mbandakulu Martin Fortuné ; Lianza Zalonk
L'ouvrage s'attèle à montrer le rapport dialectique entre la guerre et la paix. La guerre semble être le lot des hommes. Les causes, les sources de la guerre sont relevées ici. Les théories sur les guerres traditionnelles et modernes y sont développées. Il n'y a pas de paix sans guerre. Bien que celle-ci ait des germes de destruction de celle-là, elle en est aussi génératrice. Les relations entre les états sont sujettes à cette ambivalence. On fait la guerre pour avoir la paix. La guerre ne peut cesser que si les causes des conflits entre les nations, entre les hommes peuvent être extirpées. La paix est préférable mais elle reste à conquérir. Cette étude corrige l'opinion selon laquelle les relations internationales et la philosophie ne peuvent faire bon ménage. La polémologie et l'irénologie sont donc inséparablement liées aux réflexions philosophiques.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.