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Algérie, généalogie d'une fatalité. Des réfugiés se racontent
Belmessous Hacène
PARIS MEDITERRA
16,99 €
Épuisé
EAN :9782842720537
Je n'étais pas préparé à fuir mon pays. Des tonnes d'images me revenaient. Les images des voisins, des amis, de ma maison, de mes biens, de mes cuites avec les copains, de mes bars fétiches, de ma jeunesse, de mon enfance, tout cela repassait dans ma tête. Le voyage en bateau a duré huit heures et je peux t'assurer que huit heures, c'est long. J'ai pleuré l'Algérie tout le long. Mon Algérie. " Ainsi s'exprime l'un des trois Algériens réfugiés en France qui ont accepté de s'entretenir avec Hacène Belmessous. Agés de 8 à 10 ans au moment de l'indépendance de leur pays, tous les trois ont exercé des métiers publics, ce qui fait d'eux des témoins privilégiés de l'ascension puis de la chute de l'Algérie. Mieux que les récits de l'élite intellectuelle ou l'analyse du phénomène islamique, l'histoire de ces exilés peut s'apprécier comme un miroir du drame algérien. A l'heure où tout débat sur l'Algérie s'avère impossible - comme le montre la polémique sur le " qui tue ? " -, ils nous parlent à haute et intelligible voix d'un pays qui a toujours été entre l'ombre et la lumière.
Entre 1977 et 2003, la politique de la ville visait à "réinjecter du droit commun" dans les quartiers d'habitat social. Mais depuis, derrière les grands discours, une autre politique se déploie discrètement: la préparation d'une guerre totale aux cités, transformées en véritables ghettos ethniques, chaudrons sociaux dont le "traitement" ne relèverait plus que de la force armée. Voilà ce que démontre cette enquête implacable d'Hacène Belmessous, nourrie de documents confidentiels et de témoignages d'acteurs de la "sécurité urbaine" - politiques, urbanistes, policiers, gendarmes et militaires. Il explique ainsi qu'un objectif caché des opérations de rénovation (démolition de "barres" d'immeubles, "réhabilitation" des cités) est de faciliter les interventions policières, voire militaires, à venir dans ces territoires. Et il montre comment, à la suite des émeutes de 2005, deux nouveaux intervenants ont été enrôlés par le pouvoir sarkozyste: les gendarmes mobiles et les militaires de l'armée de terre. Car avec l'adoption, en 2008, du Livre blanc sur la défense et la sécurité intérieure, l'idée d'un engagement des forces terrestres en banlieue n'est plus un tabou. A Saint-Astier, en Dordogne, les escadrons de gendarmerie pratiquent des exercices de simulation à la guérilla urbaine dans un décor réaliste. Et au camp de Sissonne, dans l'Aisne, des militaires manoeuvrent eux aussi sur des scénarios de combats urbains. Mais, s'ils se disent loyaux envers le chef de l'Etat, nombre d'officiers interrogés récusent ce scénario de l'inacceptable: une probable intervention des armées dans les banlieues françaises. Quant aux gendarmes, ils contestent ouvertement leur rapprochement avec la police, tandis que nombre de policiers, aujourd'hui en première ligne, récusent la militarisation croissante de leur action. Autant de révélations inquiétantes, pointant les graves dérives d'une politique d'Etat ayant fait sienneun nouvel adage: "Si tu veux la guerre, prépare la guerre!"
Le chercheur montre que les grands aménagements urbains font l'objet de décisions régaliennes que les procédures de concertation citoyenne ont pour fonction de déguiser. Il décrit le dysfonctionnement de ce processus "dé-démocratique" dont il trouve l'origine dans la construction du quartier de la Défense à Paris, au début des années 1960.
L'histoire récente des banlieues populaires demeure un terrain en grande partie délaissé et inexploré. Pourtant, ces lieux concentrent depuis plusieurs décennies tous les débats, toutes les polémiques, toutes les fractures qui témoignent d'une société française qui ne sait pas comment aborder ces quartiers de relégation où dominent la pauvreté et la ségrégation. Evoquer ces quartiers, c'est convoquer toute la série de fantasmes qui servent de support aux pratiques discriminatoires quotidiennes : ils formeraient la dernière étape avant le "grand remplacement" , des "zones de non-droit" qui mettraient l'ordre républicain à feu et à sang... Revenir sur l'histoire politique de ces quartiers, de ces villes, de ces banlieues c'est constater que le droit commun n'y a jamais été instauré malgré les promesses d'égalité républicaine par les promoteurs de la politique de la Ville. C'est aboutir à ce constat implacable : la République, dans les banlieues populaires, c'est pour leurs habitants quarante années d'humiliations sociales. Cet ouvrage s'efforce de décrire et analyser ce qui s'y est joué durant cette période en abordant avec profondeur et de façon incisive une série de questions : la police, le logement social, l'islam, la politique de la Ville, les politiques conduites dans ces quartiers par les partis politiques aux affaires (de droite comme de gauche), etc. Pour cela, l'auteur s'est appuyé sur des archives locales de communes emblématiques (La Courneuve (93), Mantes-la-Jolie (78), Vaulx-en-Velin (69), Vénissieux (69), Montfermeil (93)...), des documents étonnamment souvent jamais consultés, et sur des entretiens avec des personnages historiques de l'histoire urbaine récente. Cette histoire politique des banlieues livre finalement en creux ce qu'elles ont toujours incarné : les démons des mauvaises consciences françaises.
Il est des anniversaires qu'on aimerait passer sous silence. En juillet 2001, la France célébrera les vingt ans de ses premières émeutes urbaines. Depuis l'été chaud des Minguettes, les banlieues populaires se sont maintes fois révoltées contre un pouvoir politique qui n'a cessé de traiter socialement un problème politique. Or, ces " insupportables " quartiers sont le miroir grossissant des imperfections de notre société : mort des utopies autrefois mobilisatrices (le plein emploi, les mixités sociales et raciales et l'égalité des chances à l'école) et déclin cruel de l'objet politique. Après vingt années d'errance politique et de discours imposteurs, - tel celui qui attestait que la reprise économique relèverait automatiquement ces territoires -, la France est à la croisée des chemins : soit elle continue de mépriser la réalité et prolonge l'ordonnance de ses hypnotiseurs (maintien des exclus sous perfusion sociale et achat de la tranquillité publique), soit elle consent enfin à regarder ces communes dans le blanc des yeux. Car plus que jamais, l'avenir du pays passe par le rétablissement de ses banlieues populaires.
Idjerouidene Arezki ; Beniada Frédéric ; Dilem Ali
Résumé : Ce destin à tire d'aile est le récit bouleversant du parcours d'un homme parti de rien, élevé au grade de chevalier de la Légion d'honneur, qui grâce à des valeurs fondamentales, telles que l'intégrité, le travail et la solidarité a été une véritable figure de l'entreprenariat en France et en Algérie. Mère décédée à sa naissance, père ouvrier agricole, il aura pour seule amie, une chèvre, sa vraie nourrice pendant son enfance. Arezki connaîtra la guerre d'indépendance, la répression, la guerre civile, et créa l'un des principaux groupes de transport mondiaux, GoFast Transport (aujourd'hui Weaving Group) qui racheta Aigle Azur en 2001 pour en faire la seconde compagnie aérienne française. Celui qu'on appelait Monsieur Arezki, est une véritable source d'inspiration pour les jeunes.
Dans cet ensemble de nouvelles, Maati Kabbal évoque sur un mode tantôt grave, tantôt burlesque, l'univers étrange et les ambiances chaudes de Khuribga, sa ville natale. Sur fond de chergui (sirocco) et d'embruns de phosphate se déroulent devant nous les roulis lascifs des cheikhates (danseuses du ventre), les séances de beuverie, de sexe et de sport. Sans fioritures et sur le ton de l'autodérision, ce recueil marque un retour sans détours sur les lieux de l'enfance, hantée par la figure imposante d'une tante-mère en mal de maternité. En filigrane transparaît l'interrogation de l'auteur sur la signification du retour au moment où la majorité des jeunes aspirent au départ.
Cela commence à la manière d'un journal de guerre intestine. Des voix se relaient, elles évoquent, elles s'incarnent, elles assaillent leur héros - l'homme, l'écrivain, l'amant, l'époux, le fils, l'ami, le père, le militant et même, qui sait, l'inconnu. Procès réel ou possible, il ne cesse de hanter Aïn. Comme ne le lâche pas d'une ombre un certain Hdiddane, aussi inventif que futé, caricaturiste impénitent, prompt à la réplique : faisant d'Aïn un personnage de son cru, il récrit des scènes, apostrophe, se prétend l'avocat obstiné de la fiction, cette grande tentatrice. Son " Epître sur la luxure " n'est pas la moindre de ses provocations. L'homme du journal, lui, a décidé, coûte que coûte, de mettre sa vie à l'épreuve de la vérité. Un pays peut-il en cacher un autre ? Un homme peut-il en cacher un autre ? De Paris à Rabat, sans oublier Fès, la ville natale, cette traversée des miroirs brise les images trop vite figées. Un bel exemple de littérature vécue comme aventure, une aventure dont la poésie est le diapason essentiel, relié aux convulsions du monde.
Qui ne connaît ta ville la Porte du Vent, passage obligé pour tous les égarés, les paumés ? Ouverte aux vents marins, aux vents de pluie, aujourd'hui fermée à l'avenir. Accueillante aux brises, elle l'était jadis également aux hommes. Au voyageur arrivé par l'Ouest, elle offrait en prélude un lacis de ruelles étourdissantes ; en titubant, le nouveau venu se mettait sous la protection de son marabout ; il pouvait se désaltérer à la fontaine de la cour intérieure de sa vieille mosquée et y reprendre son souffle. Neuf siècles inscrits dans la chaux et la pierre. Tant d'étrangers sont entrés par là, qui ne sont plus jamais repartis. " Du regard croisé de deux femmes à la fois différentes et très proches, l'une, Selma, rivée à sa ville, à l'emprise de laquelle elle rêve d'échapper, l'autre, Hélène, revenue recoller les " morceaux de sa vie " dans son pays natal dévasté par une guerre sournoise, et d'un narrateur qui prend leur relais pour s'adresser à elles, émerge l'histoire de Bab-Errih - dont on ne saura jamais si elle réelle et transfigurée ou lieu métaphorique - et des destins chaotiques de ceux qui la peuplent...