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Une balade en galère avec Julien Gracq
Bellemin-Noël Jean
PU MIDI
9,15 €
Épuisé
EAN :9782858162406
Filiation, reflets, échos, un fil relie dans l'ombre le titre de Gracq 'Un balcon en forêt' au titre de Rimbaud 'Une saison en enfer', et donc au titre de cette relecture 'Une balade en galère'. En passant du poète au romancier, on glisse du temps à l'espace, de la malédiction à une sérénité, du vivre au contempler, des cris à un contage calme. L'écoute critique fait remarquer que, surtout, le feu cède la place à l'eau, que la forêt d'Ardenne devient une mer, que la guerre ressemble à des vacances heureuses. La rage se fait rêve. L'aventure finira en naufrage. Non avec des fractures de tempête : une lente immersion, avec la complicité émue des nuits d'amour et des souvenirs d'enfance, dans un silence définitif où Narcisse retrouverait le nirvana. Les frères d'armes pas plus que la femme, soeur analogue, ne sauront faire taire l'appel, éviter le doux viol du maternel. Jamais récit n'avait chanté avec une magie à ce point maîtrisée la Mort comme retour vers les séductions maléfiques de l'origine.
Résumé : " L'auteur n'a plus de droit sur l'écrit qu'il publie, qu'il laisse derrière lui pour le représenter, être son représentant et constituer son unique présence maintenue. Comme il n'apparaît du sens qu'à la lecture, c'est devant le lecteur et en rapport avec son regard que le sens obvie, les significations connotées, les sens cachés, les valeurs imprévisibles se réveillent, se révèlent. [...] Mon inconscient de lecteur ne s'impose pas, il se prête aux possibles du texte. Les secrets du texte ne s'exhibent pas, même à force de mauvais ou bons traitements, ils s'offrent aux connivences de mon écoute. L'atome non plus n'est pas une chose, c'est un effet d'énergie que nous percevons comme dépôt de puissance : d'un tourbillon nous faisons un grain de matière. Ainsi disons-nous l'inconscient comme nous dirions un bazar plein d'objets hétéroclites, ce qui nous fait voir l'inconscient du texte sous la forme d'un énoncé caché sous d'autres énoncés. Obstinément nous le tenons pour de la pensée, alors que ce n'est qu'un travail, une force de déformation, une omniprésente transférence. C'est parce que nous le sentons comme une chose que nous sommes induits à lui donner un propriétaire et que nous retournons toujours à l'homme [...] - Effets de culture : nous appartenons bon gré mal gré, par la parole qui nous permet de penser, à une culture pré-einsteinienne et préfreudienne. Que faire là-contre ? Grignoter le poids du temps pour habiter un autre espace, peu à peu. " JEAN BELLEMIN-NOEL.
Résumé : "L'Inconscient, c'est le fait que nous sommes condamnés à répéter un passé dont nous ne noue souvenons pas et à prendre pour des souvenirs ce qui ne se répétera jamais plus sous sa forme première. La Littérature, c'est l'ensemble des écrite explicitement rangée sous le signe de la fiction [...], qui réélaborent ce passé frémissant de secrète vérité et qui se trouvent de manière directe soumis à la loi de sa méconnaissance. Lire la fiction avec le regard de la psychanalyse permet à la fois d'offrir aux textes une autre dimension et d'observer l'écriture dans sa genèse et dans son fonctionnement." Le dernier quart de siècle a vu la critique psychanalytique s'enrichir à la fois de nouveaux auteurs et de nouveaux champs de recherches. Pour l'essentiel, il a fallu tenir compte dans cette nouvelle édition de l'extension des recherches en génétique textuelle (les avant-textes), du renouveau des études concernant l'autobiographie (autofiction, écriture de soi), de l'essor de la "littérature appliquée à la psychanalyse" et de la reconnaissance de fait dont a bénéficié la textanalyse.
Ce recueil, construit comme un dialogue entre universitaires, psychologues et psychanalystes, cible la complexité des liens qui unissent l'amour à la sexualité, décrivant et analysant la névralgie de leur articulation. La partition du sexe et de l'amour est soumise à travers les chapitres à l'épreuve des contextes psychopathologiques actuels, interrogeant le féminin, la dépendance, la mort, la temporalité, la procréation et la création. Cet ouvrage sur amour et sexualité est aussi une déclaration amoureuse à la psychanalyse et la psychologie clinique, ces disciplines qui courageusement accueillent, dans l'intimité de leurs séances, la complexe singularité du sujet pour permettre ce qu'Elisabeth Roudinesco nomme une "révolution de l'intime". Les auteurs rappellent les variations de l'amour et cherchent à les conjuguer à différents temps et modes : aimer, être aimé, s'aimer, sans oublier ses modalités d'expression sous transfert. Les situations cliniques originales qui y sont présentées partagent cette complexité de l'amour, décrivent ses dérives, ses ratages, et décortiquent ses liaisons et déliaisons avec la sexualité.
Les grottes de la Renaissance sont des constructions artificielles évoquant par leur architecture et leur décoration les cavernes naturelles, en se référant aux nymphées de l'Antiquité. Elles ont été bâties à l'intérieur de grandes demeures ou dans des pavillons isolés au milieu des jardins, d'abord en Italie puis dans toute l'Europe du Nord à partir du milieu du xvie siècle. Commande royale ou princière, ces grottes rivalisent par leur richesse ornementale : sculptures, rocailles, coquillages, jeux d'eaux... Des recherches récentes ont permis de redécouvrir quelques-unes des plus importantes réalisations en Allemagne, au Luxembourg, en France et en Italie. Les travaux de restauration menés par des architectes, les fouilles archéologiques, les études historiques conduites dans de nombreux fonds d'archives renouvellent nos connaissances sur ce sujet.
Condamné pour meurtre, Jacob est innocenté après plusieurs années de détention. Il retrouve la liberté, mais le monde extérieur lui paraît aussi fermé et hostile. Il s'interroge sur les causes de sa condamnation et sur l'existence d'une main mystérieuse qui régit l'ordre du monde "au-dessus" des lois morales écrites par les hommes. La réflexion sur les questions existentielles, morales et ontologiques fait de cette pièce une grande parabole sur la condition humaine.
Une impression de déjà-vu ? La forteresse de Dunsinane, c'est le château où s'était retranché l'usurpateur Macbeth à la fin de Macbeth, la "pièce écossaise" de William Shakespeare. David Greig reprend la situation là où Shakespeare l'avait laissée en 1606. L'assassin du bon roi Duncan a enfin été éliminé ; la dangereuse femme-sorcière qui avait poussé son époux au crime est défaite, elle aussi. Le retour à la paix civile ? Pas tout à fait. Certes, Macbeth l'usurpateur est mort, mais son successeur Malcolm n'est que veulerie et luxure. L'harmonie politique semble ne pas vouloir s'installer en ce royaume. Dans la suite qu'il invente à la tragédie de Shakespeare, David Greig s'infiltre dans les ouvertures, ou plutôt les ellipses de l'histoire de Macbeth, et il les remplit des doutes politiques de notre époque. Greig a vu les armées britanniques et américaines intervenir et s'embourber au Moyen-Orient. Dans Dunsinane, il montre à quel point, une fois les opérations militaires achevées, rien n'est encore joué et comment la politique continue la guerre par d'autres moyens, pour inverser la formule de Clausewitz. Greig rebat les cartes et distribue une nouvelle main aux joueurs de la partie ; il donne la parole à ceux que Shakespeare avait, à l'instar de son tyran, réduits au silence : Lady Macbeth, Malcolm, et les soldats.