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LEIBNIZ INITIATION A SA PHILOSOPHIE
BELAVAL
VRIN
13,00 €
Épuisé
EAN :9782711617531
Dans cet ouvrage désormais classique, Yvon Belaval s'est plu à entrelacer la vie et l'?uvre de Leibniz (1646-1716) pour éclairer l'une par l'autre: les deux parties de cette initiation, "La formation" et "Le système", tissent les harmonies qui font d'une ?uvre foisonnante et souvent difficile un ensemble éminemment cohérent. La première partie retrace le parcours mouvementé d'un philosophe qui fut tour à tour juriste, conseiller politique, bibliothécaire, généalogiste, mathématicien, et qui prit une part active aux débats scientifiques et politiques de son siècle: on y saisira sa pensée au travail, à travers les événements et les rencontres qui allaient décider de certaines orientations de sa doctrine; on y apprendra même comment Leibniz échappa de justesse au mariage... De l'anecdote surgit pourtant ce qui, dans une deuxième partie, sera pleinement exposé comme "Le système": une introduction claire et accessible aux principaux thèmes de la pensée leibnizienne.
A Yvon Belaval (1908-1988), l'on doit notamment un Leibniz critique de Descartes (1960) et des Études leibniziennes (1976). Ce fut aussi l'ami des poètes, par exemple de Max Jacob, et des artistes. Une vive sympathie pour Diderot, dont il édita Jacques le Fataliste, l'a conduit à examiner, en philosophe plutôt qu'en historien de la littérature, mais avec de nombreuses citations à l'appui, la pensée de l'auteur du Paradoxe sur le comédien. C'est dire qu'il insiste sur le théâtre, pour lui centre de l'esthétique de Diderot. La beauté? «Un effet théâtral possible.» Le théâtre de son temps est un lieu de prédication laïque. Voilà pourquoi le philosophe fuit l'excès d'intrigue et recherche le naturel dans les caractères: un naturel qui change avec les idées nouvelles, celui de la classe moyenne; mais un naturel avec de la passion pour le grand, voire pour le sauvage, en tout cas pour le Vrai et pour le Bien. Philosophie activiste, qui part du monde sensible pour aller vers les idées grâce à l'expérience, mais qui aboutit à une découverte de l'inconscient et de l'instinct créateur.
Sa gloire projetée tantôt sur l'un, tantôt sur l'autre de ses thèmes -harmonie préétablie, optimisme, monade, etc. - Leibniz n'a jamais donné lieu à une de ces agressivités idéologiques qui lancent une mode dans l'intelligentsia. Moderniste ? Non. Moderne ? Oui. Aujourd'hui, de plus en plus notre contemporain. Son immense savoir - en progrès sur celui de la Renaissance - semble préfigurer l'Encyclopédie du monde actuel. Ne multiplions pas des exemples. Son algorithme infinitésimal, la dyatique, l'art combinatoire sont à la base de notre Mécanique, de nos ordinateurs et par là, sans doute, d'une notion d'ordre qui a cessé d'être linéaire. Pour formuler ses nouveaux calculs en mathématiques et en logique - raisonner, c'est aussi calculer - et suivre les migrations des peuples au cours de l'histoire, il médite sur le langage. Il l'interprète selon la théorie de l'expression et non plus sur celles des signes. Il nous rapproche de nos préoccupations linguistiques, il déplace l'épistémologie vers la philosophie analytique : presque notre contemporain. En politique et morale, il projetait Société des Nations et Conciles : peut-être son souci de tout concilier l'a-t-il trop limité à une morale de bon sens difficilement compatible avec l'amoralisme de nos grands Etats. Mais que l'on n'oublie pas de savourer le style (en français) de Leibniz : grenu, familier, soutenu d'exemples, clair-profond.
La Renaissance. La philosophie de la «Renaissance». L'âge classique. Descartes. Cartésiens et anticartésiens français. Bacon, Hobbes et les platoniciens de Cambridge. La philosophie allemande au XVIIème siècle. La philosophie aux Pays-Bas. Spinoza. Le spinozisme. Malebranche. Leibniz.