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LEIBNIZ INITIATION A SA PHILOSOPHIE
BELAVAL
VRIN
20,50 €
Épuisé
EAN :9782711600618
Sa gloire projetée tantôt sur l'un, tantôt sur l'autre de ses thèmes -harmonie préétablie, optimisme, monade, etc. - Leibniz n'a jamais donné lieu à une de ces agressivités idéologiques qui lancent une mode dans l'intelligentsia. Moderniste ? Non. Moderne ? Oui. Aujourd'hui, de plus en plus notre contemporain. Son immense savoir - en progrès sur celui de la Renaissance - semble préfigurer l'Encyclopédie du monde actuel. Ne multiplions pas des exemples. Son algorithme infinitésimal, la dyatique, l'art combinatoire sont à la base de notre Mécanique, de nos ordinateurs et par là, sans doute, d'une notion d'ordre qui a cessé d'être linéaire. Pour formuler ses nouveaux calculs en mathématiques et en logique - raisonner, c'est aussi calculer - et suivre les migrations des peuples au cours de l'histoire, il médite sur le langage. Il l'interprète selon la théorie de l'expression et non plus sur celles des signes. Il nous rapproche de nos préoccupations linguistiques, il déplace l'épistémologie vers la philosophie analytique : presque notre contemporain. En politique et morale, il projetait Société des Nations et Conciles : peut-être son souci de tout concilier l'a-t-il trop limité à une morale de bon sens difficilement compatible avec l'amoralisme de nos grands Etats. Mais que l'on n'oublie pas de savourer le style (en français) de Leibniz : grenu, familier, soutenu d'exemples, clair-profond.
Ces Remarques ne sont ni des pensées, ni des maximes, car toutes sont de rencontre. Mais on reconnaît cependant le moraliste et le philosophe dans cette succession de jugements et de réflexions. Des sujets comme l'esprit, le caractère, l'égoïsme, la liberté, le temps ; l'espace, la science, le progrès, la personnalité, le travail, etc. sont abordés avec un sentiment de fraternité et de pitié qui se garde de toute emphase. On est attiré par une vive sympathie pour ce livre attachant teinté d'un scepticisme sans amertume, d'une indulgence désabusée où l'auteur exprime dans une conclusion l'étonnement de l'être lancé dans la vie et aboutissant à la mort.
S'il est peu d'idées plus confuses que celle de sincérité, il n'en est guère de plus vives. Yvon Belaval l'analyse dans ses rapports avec le naturel, la vérité, la connaissance ou l'expression de soi : l'art et la vie morale. Dans le souci de sincérité il découvre moins la préoccupation d'un aveu que le mouvement d'un désir, celui de s'adapter au monde social et de s'y sentir protégé. Son origine est dans la fabulation enfantine. Pour la formation de la personnalité, il représente un stade normal durant l'adolescence. Cependant, souci d'un pouvoir-être en quête d'un accord imprévisible, il relève de l'affectif plus que de la volonté, de la complaisance à soi-même plus que de la réalisation, de l'esthétique plus que de l'éthique. L'adulte doit lui préférer le souci de franchise.
Yvon Belaval analyse d'abord le plaisir que donne la poésie, le plaisir de lire un poème, et distingue trois âges dans son acquisition - l'âge du Petit Roi de Galice, l'âge de Musset, l'âge parnasso-symboliste - permettant de comprendre la diversité des lectures et le rôle de l'anecdote, du sentiment, de l'intelligence esthétique. Puis, l'auteur s'intéresse à la création du poème. Frappé par l'alternance des saisons poétiques vives et mortes dans l'histoire des lettres, il l'explique par cette loi que l'imitation productrice tant qu'elle réfracte un modèle à travers des milieux différents, est platement reproductrice lorsqu'elle le reflète en un même milieu.
Nombreuse, infiniment ondoyante et diverse, cette pensée n'est qu'une charité toujours active dont le mouvement incessant tend vers des objets qui nous échappent ou vers les aspects inconnus de ceux que nous percevions déjà. Comment suivre une telle pensée sans être cette pensée même (...)? ". Le présent ouvrage tente une réponse en même temps qu'il pose la question. Considérant que les écrits de Bonaventure dessinent moins une progression linéaire qu'ils ne suivent un " ordre du coeur ", Etienne Gilson propose ici, après un chapitre introductif de nature biographique qui cherche l'homme derrière l'oeuvre, un parcours circulaire autour du centre de la synthèse bonaventurienne, le Verbe, incarné en la personne du Christ. C'est ainsi que se trouvent abordés les thèmes fondamentaux que sont la critique de la philosophie naturelle, l'évidence de l'existence de Dieu et le problème de la science et de la volonté divines, mais aussi la création, les corps inanimés, les animaux, l'âme humaine, les anges, ou encore l'illumination, la grâce et la béatitude. Ces études convergent et culminent tout à la fois dans un dernier chapitre qui s'attache à saisir l'esprit de ce penseur. A l'encontre de l'argument qui consiste à qualifier Bonaventure de mystique pour le reléguer hors de l'histoire de la philosophie, Etienne Gilson se propose de recourir précisément à cet argument pour l'y réintégrer : le sentiment mystique, pénétrant en effet toutes les couches de l'édifice, est ce qui lui confère sa systématicité, et une systématicité telle que cette mystique spéculative bonaventurienne partage seule avec la doctrine thomiste le titre de synthèse de la pensée scolastique tout entière. Tendant toujours vers une métaphysique de la mystique chrétienne comme vers son terme ultime, cette pensée témoigne simultanément de la nécessité de la science et de sa subordination aux " ravissements mystiques ", et se situe à la rencontre des influences de saint François, de saint Augustin et des exigences systématiques des Sommes de Thomas d'Aquin. L'oeuvre de Bonaventure marque ainsi un moment capital dans le long progrès par lequel la théologie scolastique parvint à l'unité d'un système.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.