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LE DECHET LE REBUT LE RIEN
BEAUNE JEAN-CLAUDE
CHAMP VALLON
20,00 €
Épuisé
EAN :9782876732827
Déchet, rebut, rien... ces notions fondamentales s'offrent comme objets dans des champs spécifiques du savoir, technologique, anthropologique et philosophique.Au déchet, on associe volontiers le procès technologique mis en oeuvre dans les filières de production, industrielle où il est question de sa gestion et de son traitement.Au rebut, des approches anthropologiques mettant en exergue les perceptions et représentations de la pollution, de la souillure, des nuisances et le rapport que nous entretenons avec les matières déchues ou inutiles, ici comme ailleurs.Au rien, la dimension philosophique, épistémologique, voire métaphysique, s'appuyant sur l'idée de corruption et sur la problématique de dissolution de la matière, physique ou biologique, des choses aux humains.Le présent ouvrage se propose de cerner cette triade de façon globale, afin de mesurer les problématiques, les approches et les enjeux dont chacun des participants sera, en somme, un rapporteur compétent.Cependant cette tripartition ne saurait être réduite à une répartition mécanique et sans recoupements : il s'agit au contraire d'insuffler un courant pluridisciplinaire dont la philosophie constitue le lieu géométrique opérant un brassage de plusieurs savoirs autour d'un enjeu fondamental dont l'actualité ne cesse de nous rappeler l'importance.
Résumé : La question de la Technologie relève d'un paradoxe instructif : alors que jamais une civilisation n'a poussé aussi loin sa puissance technique et ne s'en est aussi complaisamment prévalu pour imposer ses contraintes aux autres civilisations ou justifier, en elle, le dogme de l'optimisme technique lié à l'idée de Progrès, elle reste très peu soucieuse du savoir des techniques, des retombées sociales de celles-ci, en bref de ce qu'on peut nommer la "culture technique". L'automate et ses mobiles est un premier essai de synthèse d'une multiplicité de regards, d'ancrages et de travaux divers sur un objet technique passionnant. L'automate est une machine fascinante. Création technique qui peut relever de l'invention la plus délirante, dans la gratuité inquiétante du leurre L'Automate est une machine fascinante. Création technique qui peut relever de l'invention la plus délirante, dans la gratuité inquiétante du leurre - celui de la vie même - ou s'affirmer comme l'expression achevée ou parfaite de l'abstraction la plus haute philosophique et scientifique. Technologie singulière, qui excède un statut de simple machine, mais ouvre sans cesse sur une autre logique, l'automate est toujours une créature ambiguë. L'automate et ses mobiles se veut une histoire stratifiée, ethnologique, mythologique et rationnelle de ces êtres doubles et duplices : des Golems et des androïdes primitifs à la cybernétique moderne, des horloges des Lumières, du mécanisme cartésien aux rêveries de Borgès et aux machines célibataires. L'automate et ses mobiles devrait constituer un ouvrage de référence pour les historiens des Sciences et des Techniques, les philosophes et les étudiants.
Résumé : Bien que contemporaines - les dates d'exercice intellectuel de leur maître respectif, Husserl et Freud, sont à peu près identiques - la phénoménologie et la psychanalyse ne se sont guère rencontrées. Il y a certes quelques ponts éphémères, quelques velléités sans lendemain mais tout se passe comme si elles s'ignoraient, se " tournaient le dos ". Pourquoi en est-il ainsi - et d'abord en est-il vraiment ainsi ? Telle est évidemment la première question que veut poser ce colloque - sans prétendre la résoudre sans doute mais en ménageant à sa formulation le maximum d'ouvertures possibles. Or des dialogues, il y en a - même sournois ou sans espoir la philosophie, le théâtre de Sartre ou de Beckett pourraient en dire quelque chose. L'homme en attente, l'individu nauséeux ont puisé dans l'angoisse husserlo-heideggérienne et celle-ci, on le sait, remonte bien à son tour sans doute aux difficultés que l'homme-esprit éprouve à s'accepter comme corps. C'est ce que la philosophie nous enseigne, que l'on soit cartésien, mécaniste au sens du XVIIIe siècle, romantique ou même nietzschéen : mais ce sont la philosophie du XXe siècle et les sciences humaines de cette époque qui récupèrent, à leur dépit parfois, cette destinée d'une vérité physique appliquée à l'homme qui s'écroule et d'une humanité balbutiante qui ne parvient pas à parler. Au-delà des solutions esthétiques et hellénistiques que l'idéalisme s'est ménagées pour refuser de se voir malade, en deçà également des hésitations d'un mathématicien qui abandonne son art pour mieux comprendre sa vie, on distingue bien quelques velléités d'échange, en tout cas un pont élémentaire. Husserl, Freud et leurs écoles sont toujours à la pointe de l'actualité : la condition de l'homme moderne se nomme d'abord " angoisse " - les regards phénoménologique, médical, littéraire et autres pourraient-ils la conjurer ? C'est la seconde question et on ne peut sans doute que tracer quelques pistes pour la saisir un peu mieux. Lorsque deux colosses refusent ainsi de se voir, ce n'est pas par hasard - c'est qu'ils sont aveugles ou que le labyrinthe est trop vaste pour eux. Dans tous les cas, il nous appartient d'en tirer des conséquences pour nous-mêmes - et pour le monde. De retrouver dans ces démarches impitoyables une double image capable, par réaction ou différence, de nous rendre quelque rêve du retour aux " choses mêmes " : le sens de celles-ci que l'angoisse, le lapsus, l'autisme ont trop longtemps évacué.
Résumé : Ce second volume de l'Anthropologie des milieux techniques est en miroir du premier intitulé Engrenages, où on a considéré de préférence les activités machiniques "en situation matérielle". Machinations se consacre à leurs langages, classifications, représentations, imaginaires, ce qu'on dit des "techniques" et ce qu'elles-mêmes nous disent. D'où quatre parties, comme dans Engrenages, chacune illustrée d'un exemple : 1 ; les milieux, les objets, les métiers, l'industrie, le travail en difficultés, l'invention, le bricolage ; 2 ; a philosophique antique, classique, l'enseignement et la fiction, les techniques orientales ; 3 ; la médiatisation, l'habitation traditionnelle, l'utopie urbaine, la pollution et le recyclage ; 4 ; l'automatisation, le hasard, le ,jeu, l'art et la machine. Ces questions engagent une analyse historique et contemporaine du sens de la "condition technique" et l'hypothèse d'un sujet technique spécifique. Dans une approche anthropologique critique, on rencontre des débats actuels mais éternels concernant le corps, l'éthique, le rapport sécuritaire à la vie et à la nature, les ambiguïtés de la technoscience, les responsabilités des pouvoirs, les méfaits de l'ignorance. L'histoire des machines, en particulier aux XVIIIe et XIXe siècles, intervient ainsi que l'évolution des"mentalités", de l'outil au numérique : celles du créateur, du décideur, du responsable et de l'"homme ordinaire". Les termes Machinations et Stratégies supposent que la "machine" devienne l'otage et le fantôme de ce qu'on nomme "technologie" : plus nous en usons et moins nous la comprenons. Ce qui conditionne le rapport difficile aux autres et à nous-mêmes, en un milieu technique qui garderait ainsi une part de mystère. Peut-on envisager la connaissance et la culture en général sans prendre en compte cette question ?
Comment conquérir puis gouverner une dizaine de cités, des nobles par milliers et près d'un million de sujets ? En Lombardie, entre 1515 et 1530, François Ier, Francesco II Sforza et Charles Quint ont buté sur la même question. La réponse offrait un prix de taille : une terre riche et peuplée, à la croisée des chemins de la Méditerranée, des Alpes et des plaines du Nord. Si la guerre fut destructrice et indécise, c'est que les autochtones opposèrent aux conquérants des défis à la hauteur d'une culture politique millénaire. Plus le temps passe, plus la Lombardie apparaît comme une des pièces incontournables de la formation de l'Europe moderne, entre exercice de la souveraineté, de la fidélité et de la médiation mais aussi expérience de la violence, de la servitude et de la résistance.
Dans quel régime vivons-nous depuis le printemps 2017 ? La question est légitime tant l'interprétation que fait le nouveau président des institutions de la Ve République vise à renforcer le pouvoir exécutif et le système de l'état d'urgence quasi permanent. En se plaçant au-dessus des partis, Emmanuel Macron abuse d'une formule éprouvée depuis 1790 puis 1793, et lors de chaque crise politique française grave, en 1795, 1799, 1815, 1851, 1940, 1958 et finalement en 2017-2019. Le pouvoir exécutif, en la personne d'un sauveur, tente de supplanter le pouvoir législatif que l'on décrédibilise en exagérant son inefficacité ou son éloignement du peuple, au risque de fragiliser la démocratie représentative. En adoptant la modération, celle du juste milieu, qui est censée réparer les excès des députés, un centre politique, semblable et différent selon les générations, s'invente lors de chaque crise. La saison des tourne-veste répète les mêmes recettes depuis deux cent trente ans, de 1789 à 2019. La vie politique française, malgré ce qu'en dit toute une tradition historiographique, n'est pas bloquée par une lutte handicapante entre droite et gauche, mais par un poison : celui d'un extrême centre, flexible, prétendu modéré mais implacable qui vide de sa substance démocratique la République en la faisant irrémédiablement basculer vers la république autoritaire. Le macronisme n'est pas une Révolution : c'est une vieille histoire.
La période qui voit le passage de la ville de l'Ancien Régime à la ville haussmannienne ou haussmannisée semble bien connue et les conditions de cette transformation ont été largement analysées. Schématiquement, on considère que le milieu urbain s'assainit tout au long du XIXe siècle, passant de la stagnation miasmatique encouragée par les activités artisanales à la dynamique industrielle symbolisée par la rectification urbaine qui associe percée, aménagement du réseau viaire, nettoiement généralisé de l'espace public grâce aux égouts et à la distribution de l'eau, renouvellement de l'air grâce aux grands mouvements urbains, humains et économiques. Cet ouvrage aborde la ville du point de vue de deux acteurs qui ont joué un rôle fondamental dans les transformations du milieu urbain : le médecin et l'ingénieur, en mettant en avant la cohérence et surtout les limites de leurs approches respectives, traduites par les dysfonctionnements connus par le milieu. Pour ce faire, l'auteur adopte un point de vue original, celui du sol et du sous-sol urbains, par opposition à l'air et à l'eau qui sont considérés depuis plus d'un siècle comme les principaux vecteurs de l'environnement et de la salubrité. L'évolution du milieu urbain, principalement étudiée dans le cas de Paris, révèle les limites des transformations mises en ?uvre au XIXe siècle. L'imperméabilisation du sol, la production de boues, les effets de l'assainissement ou le paludisme urbain traduisent l'échec (certes relatif) et les effets pervers du projet hygiéniste. En définitive, le milieu urbain échappe rapidement à la science.
Résumé : Dans le monde entier, citoyens, militants et experts cherchent aujourd'hui à repenser nos sociétés et leur rapport à la nature à l'aune d'un usage et d'un gouvernement en commun des environnements et des ressources. Forêts et pâturages, terres et marais, lacs et rivières, pêcheries, systèmes d'irrigation : partout on redécouvre, expérimente, promeut leur gestion collective, avec l'espoir d'un avenir plus soutenable et plus démocratique. Ce monde des communs est à inventer, mais il hérite aussi d'une longue histoire que ce volume voudrait éclairer. Quelle place ceux-ci ont-ils occupée, en France et dans son Empire, sur la longue durée depuis le XVIIe siècle ? Comment les communs ont-ils évolué en lien avec les mutations de l'Etat et des marchés ? Quelles ont été leurs trajectoires dans le contexte des territoires colonisés par la France ? Et comment restituer toute la complexité des formes de gouvernement collectif des environnements, au-delà d'une conception parfois trop idéalisée des communs ? Une équipe d'historiens présente ici leurs résultats d'enquête sur tout ce pan encore trop méconnu de l'histoire sociale, écologique et politique de nos sociétés.