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Traîtres à la nation ? Un autre regard sur la grève des Bleus en Afrique du Sud
Beaud Stéphane ; Guimard Philippe
LA DECOUVERTE
18,30 €
Épuisé
EAN :9782707167163
« Désastre national », « défaite sportive et morale », « imposture », « bus de la honte »: la surenchère verbale n'a pas manqué pour condamner la grève des joueurs de l'équipe de France de football lors du Mondial 2010 en Afrique du Sud. Dans une sorte d'atmosphère d'union nationale, les Bleus ont été dénoncés, en pleine crise économique, comme des « traîtres à la nation ». Les « meneurs » de l'équipe furent même traités à l'Assemblée nationale de « caïds immatures » par la ministre des Sports Roselyne Bachelot. Les entrepreneurs de morale républicaine ont aussitôt désigné les coupables: la jeunesse populaire des « cités » françaises, « sous-éduquée », « inculte » et « arrogante ». A rebours de ces commentaires moralisants, Stéphane Beaud, lui-même ancien footballeur et fin connaisseur de cet univers, propose dans ce livre une interprétation sociologique de ces événements qui déplace le questionnement. En quoi ces joueurs de l'équipe de France de 2010 différent-ils, par leurs trajectoires sociales et sportives, de ceux de l'équipe, glorieuse, de 1998? En quoi cette équipe reflète-t-elle les changements internes aux classes populaires françaises (l'émergence des jeunes issus de l'immigration africaine) et les transformations du marché du travail du football professionnel (précocité et internationalisation des carrières)? Considérer ces sportifs comme des « travailleurs » (surpayés certes) et comme des joueurs ultrasensibles à l'injustice permet d'éclairer le sens de leur « grève ». Un éclairage original, indispensable pour mieux comprendre l'évolution du rapport à la nation dans une société française en mutation, et le rôle singulier qu'y jouent les grandes compétitions sportives.
De quoi est faite la violence urbaine qui surgit de manière récurrente à la périphérie des grandes villes de France? Qui sont vraiment les jeunes qui y participent? Par quel cheminement en viennent-ils à défier l'ordre public, les personnes et les biens? Pour répondre à ces questions, les auteurs du désormais classique Retour sur la condition ouvrière (Fayard, 1999) ont appliqué leur méthode d'investigation à une émeute. Une émeute urbaine survient le 12 juillet 2000 à Montbéliard, cette petite ville industrielle de l'Est de la France, le pays de l'empire Peugeot. Cette éruption de violence, à laquelle participent les jeunes de la ZUP, arrive dans un contexte de très forte reprise économique dans le bassin d'emploi: les automobiles Peugeot se vendent alors bien, la filière tout entière tourne à plein régimePour éclairer ce paradoxe apparent (une émeute surgie alors que tous les clignotants passaient au vert), Stéphane Beaud et Michel Pialoux, qui connaissent remarquablement le terrain (ils y auront travaillé au total plus de dix ans), nous invitent à plonger avec eux dans l'épaisseur de l'histoire et à tourner le regard vers le monde du travail, afin de nous faire saisir la complexité du temps vécu (au-delà des statistiques et des images d'Epinal), toucher du doigt ce qu'a été la violence sociale accumulée au temps du chômage et de l'absolue précarité, prendre la mesure de la coupure intervenue entre les habitants des cités (c'est-à-dire les familles d'immigrés) et le reste de la sociétéC'est alors que cet événement singulier, l'émeute dans la ZUP de Montbéliard ce 12 juillet 2000, se révèle dans sa validité exemplaire, comme le symptôme même de la déstructuration des classes populaires, et plus exactement, comme le produit de la reprolétarisation de leurs fractions les plus dominées. Où l'on comprend que les politiques sécuritaires qui nous sont aujourd'hui proposées passent à côté de l'essentiel: la fabrique sociale des émeutiers
Beaud Stéphane ; Confavreux Joseph ; Lindgaard Jad
En France, la proportion de précaires est plus élevée dans le public que dans le privé, de plus en plus de personnes ne demandent pas les prestations sociales auxquelles elles ont droit, la plupart des SDF ont une adresse, la moitié des adolescents qui se suicident sont homosexuels, les licenciés qui retrouvent un emploi connaissent presque systématiquement une perte de revenu... La "France invisible ce sont des populations qui, malgré leur nombre, sont masquées, volontairement ou non, par les chiffres, le droit, le discours politique, les représentations médiatiques, les politiques publiques, les études sociologiques ou les catégorisations dépassées qui occultent leurs conditions d'existence. Ce travail d'investigation sociale, qui s'est appuyé sur un dispositif inédit associant étroitement des journalistes et des chercheurs, propose des enquêtes, des portraits, des témoignages et des analyses permettant de mieux comprendre une société de plus en plus aveugle à elle-même."
Ce premier livre de la collection « Épreuves sociales » aborde une question sensible dans les sciences sociales contemporaines.« Sur le terrain de la ?race?, toute prise de position est perçue comme une concession à l?adversaire, voire à l?ennemi. L?urgence d?y voir clair n?en est que plus grande. D?abord parce que le langage identitaire est devenu incontrôlable et peut servir toutes les manipulations. Ensuite parce que dans les discours publics, la ?race? fonctionne désormais comme une variable bulldozer qui écrase toutes les autres. Enfin parce que le langage identitaire prive le combat anti-raciste de son référent universaliste. Notre ambition est d?éclairer comment les sciences sociales d?aujourd?hui peuvent subir cette évolution ou y contribuer, et de rappeler qu?on ne peut rien comprendre au monde dans lequel nous vivons si l?on oublie que la classe sociale reste le facteur déterminant auquel s?arriment les autres dimensions de l?identité des personnes. »Stéphane Beaud et Gérard Noiriel montrent comment l?explosion du langage racialisant s?enracine dans une longue histoire, qui commence à l?époque du premier empire colonial et aboutit à une rupture dans les années 1980. Le clivage qui opposait une droite associée à la nation à une gauche centrée sur la classe s?effondre alors, et des élites de tous bords convergent pour placer les polémiques identitaires au centre du débat public, qu?elles ne quitteront plus.Fidèles au programme qu?ils se sont donnés pour la collection « Épreuves sociales » de toujours mettre leurs analyses à l?épreuve des recherches empiriques, les auteurs réservent la dernière partie de leur livre à l?étude de l?affaire des quotas dans le football français (avril 2011), un cas d?école de ce qu?ils décrivent par ailleurs.Table des matières : Première partie.Socio-histoire de la catégorie de race1. Lutte des classes ou lutte des races ? (xviie-xixe siècle) ? 2. Politisation et reconversion de la question raciale au début de la IIIe République ? 3. Les métamorphoses d?un concept moral : le racisme de l?antifascisme au post-colonialisme (1918-1968)Deuxième partie.Un tournant identitaire : autour de « classes » et « races »4. Le tournant identitaire des années 1980 ? 5. Diffusion et institutionnalisation universitaire du néo-racialisme ? 6. De la critique du néo-racialisme aux enjeux de sa réceptionTroisième partie.L?affaire des quotas dans le football français (2011) :un « scandale racial » revisité par l?enquête7. Des « quotas raciaux » dans le football français ? Exposé critique des faits ? 8. Au-delà des « quotas raciaux » : le poids du contexte, le jeu des institutions et des générations ? 9. Les « Noirs » dans le football en France : entrepreneurs de la race versus sociologie d?enquête ? 10. Le journalisme de « révélation » et ses limites : essai d?analyse sociologique
80% d'une génération au bac": ce mot d'ordre, lancé en 1985 comme objectif de l'enseignement secondaire français, fait l'objet d'un consensus politique, satisfaisant le progressisme de la gauche enseignante et le pragmatisme des gouvernements qui ont vu cette politique un moyen de juguler le chômage de masse des jeunes. Ce slogan a nourri les espoirs d'une possible promotion sociale pour les enfants de familles populaires, en particuliers immigrés, dans un contexte d'insécurité économique et sociale croissante. Dans ce livre, Stéphane Beaud raconte, à travers le portrait de jeunes d'un quartier HLM à forte composante immigrée, les illusions et les désillusions de ces "enfants de la démocratisation scolaire", qui se sont engagés dans la voie incertaine des études longues. L'auteur met ainsi en lumière l'ambivalence de la politique volontariste de démocratisation scolaire: d'un côté, une élévation globale du niveau de formation et une forme de promotion sociale pour certains et, de l'autre, un coût moral et psychologique important, voire dramatique, pour ceux qui se retrouvent fragilisés par leur échec universitaire et confrontés au déclassement social.
Van Parijs Philippe ; Vanderborght Yannick ; Authi
L'idée de revenu de base inconditionnel est désormais au coeur des débats sur l'avenir de nos modèles sociaux. Elle consiste à verser à chacun un revenu régulier à titre individuel, sans contrôle des ressources ni exigence de contrepartie. Diffusée en France à l'occasion de l'élection présidentielle de 2017, elle avait été peu auparavant soumise à référendum en Suisse et a fait l'objet de plusieurs expérimentations à travers le monde. Rédigé par deux spécialistes internationalement reconnus, ce livre offre la première synthèse systématique de la discussion aujourd'hui mondiale sur cette proposition radicale. Il explore ses origines historiques, discute les objections éthiques, économiques et politiques qu'elle soulève et jauge sa pertinence face aux défis écologiques et à la mondialisation. Il fournit un recueil d'informations fiables et d'arguments éclairants qui doivent être utiles à ceux qui plaident pour le revenu de base, mais aussi contre lui, en aidant à corriger les nombreuses erreurs factuelles et confusions conceptuelles que l'on trouve de part et d'autre. L'ouvrage n'en constitue pas moins un plaidoyer engagé en faveur d'une idée qui vise à rendre notre société plus libre et notre économie plus saine. Il ne manquera pas d'enthousiasmer, ou du moins d'intriguer, toutes celles et tous ceux qui veulent que le monde de demain soit plus juste et comprennent que, pour cela, notre modèle de protection sociale doit être profondément réformé.
La drogue est la continuation de la politique par d'autres moyens : telle est sans doute l'une des leçons les plus méconnues du IIIe Reich... Découverte au milieu des années 1930 et commercialisée sous le nom de pervitine, la méthamphétamine s'est bientôt imposée à toute la société allemande. Des étudiants aux ouvriers, des intellectuels aux dirigeants politiques et aux femmes au foyer, les petites pilules ont rapidement fait partie du quotidien, pour le plus grand bénéfice du régime : tout allait plus vite, on travaillait mieux, l'enthousiasme était de retour, un nouvel élan s'emparait de l'Allemagne. Quand la guerre a éclaté, trente-cinq millions de doses de pervitine ont été commandées pour la Wehrmacht : le Blitzkrieg fut littéralement une guerre du "speed". Mais si la drogue peut expliquer les premières victoires allemandes, elle a aussi accompagné les désastres militaires. La témérité de Rommel, l'aveuglement d'un Göring morphinomane et surtout l'entêtement de l'état-major sur le front de l'Est ont des causes moins idéologiques que chimiques. Se fondant sur des documents inédits, Norman Ohler explore cette intoxication aux conséquences mondiales. Il met notamment en lumière la relation de dépendance réciproque qui a lié le Dr Morell à son fameux "Patient A", Adolf Hitler, qu'il a artificiellement maintenu dans ses rêves de grandeur par des injections quotidiennes de stéroïdes, d'opiacés et de cocaïne. Au-delà de cette histoire, c'est toute celle du IIIe Reich que Ohler invite à relire à la lumière de ses découvertes.
Narcisses pathologiques mégalomanes, prêts à tout pour réussir, Narcisses vulnérables, hypersensibles à la critique, dissimulant leur désir de toute-puissance derrière une façade d'humilité, les Narcisses sont de tous les fronts et font recette. Pour s'en prémunir, il faut pouvoir les reconnaître : Marie-France Hirigoyen propose ici une grille de lecture explicite et salutaire. Dans un monde toujours plus compétitif, les Narcisse occupent des positions de pouvoir au sein des affaires ou des médias, voire à la tête des Etats. Certains observateurs, confondant narcissisme et confiance en soi, considèrent que le renforcer permettrait d'affronter les maux de l'époque. Pourtant, les " psys " dénoncent régulièrement le rôle désastreux du narcissisme ambiant sur leurs patients : solitude, souffrance au travail, désordres amoureux... Pour comprendre cette réalité paradoxale, Marie-France Hirigoyen propose une enquête détonante nourrie de sa clinique. Elle pointe la confusion entre le narcissisme sain, qui permet d'avoir suffisamment confiance en soi pour s'affirmer, et le narcissisme pathologique consistant à se mettre en avant aux dépens des autres. Elle reprend la genèse de ce concept dans la psychanalyse freudienne, puis dans la psychanalyse américaine, qui l'a transformé en mettant l'accent sur l'" estime de soi " - participant ainsi d'un glissement de sens emblématique. Emaillé de nombreuses études de cas, histoires et récits de vie, ce livre explique ainsi de manière vivante et originale les dérives du monde moderne, où de plus en plus d'individus sont centrés sur eux-mêmes, " scotchés " à leurs écrans, " accros " aux réseaux sociaux pour se valoriser et exister uniquement dans le regard de l'autre. Mais il invite aussi, grâce à un dialogue renouvelé entre psychanalyse et sociologie, à mieux comprendre les traits narcissiques pour contrer l'ascension des Narcisse tout-puissants. Un projet indispensable pour notre avenir commun.
Pourquoi la question migratoire est-elle aujourd'hui réduite, en Europe, à cette notion de crise ? Dans un contexte de tensions politiques, de débats médiatiques véhiculant souvent des catégories d'analyse impropres ou erronées, l'ouvrage se propose de faire le point sur les enseignements que ladite crise a révélé en termes de nouvelles pratiques, et de logiques latentes. Les événements survenus en Méditerranée au cours de l'année 2015, communément qualifiés de " crise des migrants ", ont bien constitué le révélateur d'une crise profonde en Europe. Mais de quelle " crise " parlons-nous ? Pourquoi le fait migratoire est-il aujourd'hui le plus souvent réduit, en Europe, à cette notion ? Pour les auteur. e. s de cet ouvrage, l'utilisation de ce terme reflète avant tout le refus des Etats européens d'intégrer les dimensions contemporaine et internationale d'un phénomène qu'il est illusoire de prétendre enrayer et qui ne peut au demeurant être qualifié ni de nouveau ni d'imprévisible. Cette attitude de déni se traduit par une gestion meurtrière des frontières et le renoncement au principe de solidarité entre Etats membres qui est supposé fonder l'Union européenne. Elle met en évidence la véritable crise, celle de l'accueil. Grâce à un éclairage pluridisciplinaire, cet ouvrage se propose de faire le point sur ce que la " crise " nous apprend, en termes de nouvelles pratiques et de logiques latentes.