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Mon père m'a donné un mari
Bayamack-Tam Emmanuelle
POL
16,80 €
Épuisé
EAN :9782818017494
Pour jouer Mon père m'a donné un mariIl faut que le père soit vieux, mais d'une beauté et d'une élégance bouleversantes.Il faut qu'Alexandrine parle fort, mais avec un détachement mélancolique et sans regarder ses parents - le moment venu, elle regardera le garçon.La mère peut être n'importe qui.*Chanté avec une férocité croissante:Marie trempe ton pain, Marie trempe ton pain, Marie trempe ton pain dans la soupe! Marie trempe ton pain, Marie trempe ton pain, Marie trempe ton pain dans le vin! Nous irons dimanche à la maison blanche, Marie trempe ton pain, Marie trempe ton pain, Marie trempe ton pain dans le vin!LA MÈREA la Maison-Blanche, ils ont lobotomisé la leur. Qu'allons-nous faire de la nôtre?LE PÈREÇa existe encore, la lobotomie?LA MÈREJe te parle d'avant, du temps des Kennedy.LE PÈREÇa existe encore, les Kennedy?LA MÈRENon, justement, ils sont tous morts. Chacun sa façon.LE PÈREComme tout le monde, non?LA MÈREC'est ce qui te trompe. Les Kennedy, c'est beaucoup plus intéressant que tout le monde. Les Kennedy, dès qu'on s'y penche un peu, c'est passionnant: JFK, Bobby, Dallas, Marilyn, Jackie, Onassis, Skorpios, John-John, happy birthday Mister Président, boum, la cervelle qui gicle sur le bibi rose de Jackie, reboum, Bobby qui est bien puni d'avoir convoité la femme de son frère. Sans compter qu'il avait tringle Marilyn avant. Tu te rends compte, cette rage d'aller mettre son sexe partout où son frère l'avait mis, de le suivre comme ça, partout, à la trace, comme une limace, dans le même sillage argenté?LE PÈRETu es fille unique: tu ne peux pas comprendre. Et je serais curieux de savoir comment nous en sommes arrivés à parler des Kennedy.LA MÈREC'est la maison blanche: ça m'y a fait penser - la maison blanche de la chanson. Tu l'as entendue, la chanson?LE PÈRETu serais étonnée du nombre de chansons que j'entends.On entend fugitivement«Show Me Love» de Robin S.LA MÈREÇa m'a fait penser à Rosemary Kennedy.
Résumé : A l'abordage ! , c'est un choc frontal entre la jeunesse ardente des uns et la frilosité quasi sénile des autres. Marivaux est dans les coulisses, car la rouerie rhétorique, le travestissement, les fausses confidences et les heureux stratagèmes conduisent évidemment au triomphe de l'amour.
Présentation de l'éditeur Je viens vérifie la grande leçon baudelairienne, à savoir que le monde ne marche que sur le malentendu. Je viens mouline les sujets qui fâchent, le racisme qui a la vie dure, la vieillesse qui est un naufrage, la famille qui est tout sauf un havre de paix. Je viens illustre les lois ineptes de l'existence et leurs multiples variantes : l'amour n'est pas aimé, le bon sens est la chose du monde la moins partagée, les adultes sont des enfants, les riches se reproduisent entre eux et prospèrent sur le dos des pauvres, etc. Mais pour accablante qu'elle soit, la réalité devrait pouvoir s'écrire sans acrimonie, dans une langue qui serait celle de la farce ou du vaudeville : Je viens, c'est aussi la proclamation par Charonne de sa volonté de redresser les torts, de parler contre les lois ineptes et de faire passer sur le monde comme un souffle de bienveillance qui en dissiperait la léthargie et les aigreurs.
1. BANG BANGQuand ma grand-mère tente de refermer les cuisses, la sage-femme l'en empêche et entreprend de bouchonner sans ménagement son périnée endolori. Ma grand-mère ferait bien d'interroger la signification de cette brutalité, mais comme elle a toujours eu le chic pour profiter des bons moments, elle s'accorde le répit que lui laissent la paix retrouvée de ses viscères et l'escamotage fulgurant de son nouveau-né. Elle promène distraitement la main sur son ventre effondré et a juste le temps d'en percevoir les dernières contractions, la réplique mourante du grand chambardement, avant d'être délivrée d'un placenta dont elle ignorait l'existence et qui s'expulse d'elle en trois soubresauts voluptueux.Seule, les jambes encore passées dans des étriers archaïques, ma grand-mère est prise d'un rire nerveux. Elle ferait mieux d'interroger aussi le sens de cette solitude, mais à vingt-six ans, elle en sait assez sur la vie pour ne s'étonner de rien et pour admettre que la solitude est notre condition. Tout ce qui lui vient à l'esprit, ce sont les bribes d'une chanson de Nancy Sinatra, «Bang Bang», et le souvenir lumineux et fixe, comme pris au piège miroitant de sa mémoire, de la plage de Sidi Fredj.Flottante, bienheureuse, c'est tout juste si elle n'est pas en train de fredonner quand on lui présente enfin le fruit de ses entrailles, vêtu d'une barboteuse de velours émeraude à plastron nid-d'abeilles, un vêtement qui lui semble étrangement familier jusqu'à ce qu'elle se rappelle l'avoir acheté elle-même au rayon layette des Dames de France.Bang bang, ma grand-mère a beau connaître la vie, il n'existe pas de préparation à ce qui va suivre. Elle ferme les yeux, croise les doigts, cherche le bon geste, la passe magique, mais rien n'y fait, aucune colombe ne s'envole péniblement d'un chapeau, aucun lapin ne s'en extirpe, aucun chapelet de foulards ne se dévide depuis la poche amidonnée de la sage-femme, qui persiste à lui présenter un bébé dont le visage saisissant de laideur offre un contraste pitoyable avec le vêtement d'apparat que lui ont choisi ses parents quand il a bien fallu penser à son trousseau.
Charonne, vingt ans, Charonne la magnifique aux formes sensationnelles et aux origines indéchiffrables cherche à alerter l'opinion mondiale sur un certain nombre de faits méconnus. Premièrement: les grosses sont toujours un peu des héroïnes. Deuxièmement: la vraie beauté suscite l'indifférence. Troisièmement: le port du voile n'est pas la meilleure façon de se faire des amis. Quatrièmement: les vrais pratiquants de l'amour libre ne se rencontrent pas tous les jours.
Résumé : Tilliers, petite ville de France, à la fin des années soixante. Dans la famille Farkas, Claire (la mère) soutient et transmet ; Luciane (la fille) se révolte et s'émancipe ; Abraham (le père) écoute et soigne ; Franz (le fils) observe et (s')écrit. Ensemble et séparément, ils vivent et racontent les séquelles de la guerre d'Algérie et les conséquences de Mai 68 ; la cause des femmes et les silences des hommes ; l'acné juvénile et les cicatrices du colonialisme ; les mélodies des Beatles et les maladies d'amour.
Résumé : Automne 1952 : dans un château délabré de l'Eure, Eric Rohmer tourne Les Petites Filles modèles. C'est son premier long métrage. Presque achevé, jamais sorti au cinéma, il a disparu. Printemps 2016 : Sophie, une prof d'université à la retraite spécialiste de la comtesse de Ségur, et Paul, un jeune homme qui consacre sa thèse à des films introuvables, traversent ensemble la Normandie à la recherche de traces, de témoins, d'explications : Joseph Kéké, l'étudiant béninois qui a produit le film, a-t-il vraiment cassé une dent à une strip-teaseuse poétesse ? A quoi servent les châteaux en ruine ? Quel rapport entre la comtesse de Ségur, Eric Rohmer et le cinéma érotique des années 1970 ? Chemin faisant, c'est avant tout sur eux-mêmes que Paul et Sophie enquêtent.
On peut tout exposer : quelques bibelots du second Empire, un recueil de photographies, un boudoir d'outre-tombe, une héroïne célèbre pour sa beauté, sa fatuité et sa fin lamentable. On peut tout exposer : une femme à la place d'une autre, la peur de son propre corps, une manière d'entrer en scène, l'ivresse de la séduction, un abandon, des objets qui rassurent, une ruine.