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Les lapins ne meurent pas
Bastovoi Savatie ; Hinckel Laure
ED. J. CHAMBON
22,40 €
Épuisé
EAN :9782330002541
Nous sommes en 1980. Sasha, neuf ans, vit dans une région agricole du Sud de l?Union Soviétique: la République de Moldavie. Une vie sous le communisme, avec ses slogans interminables, ses défilés épuisants, sa pruderie, ses kolkhozes, ses organisations de jeunesse quasi militaires (octobriers, pionniers, komsomols?). Pour Sasha, qui la prend à la lettre, la propagande devient parole d?Evangile. Il vénère les martyrs de la cause communiste dont les visages sont peints sur les murs de l?école, et en premier lieu, Lénine, gloire de l?Union Soviétique qui a combattu les puissances du Mal capitaliste. A cette dévotion athée s?ajoute un élan panthéiste qui s?exprime dans un amour sensuel pour la forêt, où il va chercher de l?herbe pour les cochons. A l?école, sous le regard réprobateur de Nadejda Petrovna, une institutrice virago dont il est le souffre-douleur, Sasha accumule les mauvaises notes et déteste les poésies patriotiques qu?il juge trop bêtifiantes. Il préfère l?activité citoyenne de récupération des vieux papiers et de la ferraille. Mais c?est un enfant comme les autres, il chahute avec ses camarades durant les interminables défilés et il est troublé par les soquettes blanches et les genoux de la jolie Sonia. En parallèle, l?auteur nous fait vivre le projet un peu fou de Nikolai Arsenievici d?élever ses lapins de clapier dans un terrier commun aménagé au fond de la forêt: une allégorie de la société communiste. Les dialogues surréalistes et poétiques entre Vladimir Ilitch et Makarîci, un militant quelconque, évoquent de très près La Leçon d?Eugène Ionesco. Enfin, le récit est ponctué, de manière très musicale, par de courts chapitres détachés de toute contingence narrative et empreints de poésie. Ainsi la petite Sophie sur les épaules de son papa marchant sur un horizon orange et jaune de fleurs et de ballons... L?ambiance, les couleurs, la tendresse de l?ensemble font penser à un film d?animation de Miyazaki. Ce roman est aussi celui d?une société bâtie sur les slogans. De tous calibres, ils sont les jalons d?un système totalitaire. On ne peut s?empêcher d?y voir une similitude avec nos slogans publicitaires ou les discours moralisateurs enjoignant les citoyens à ne plus fumer ou à ?sauver la terre?. L?auteur n?a pas souhaité suivre son héros jusqu?au jour où le voile de la vérité se déchirera devant ses yeux. On quitte le petit Sasha avant qu?il n?ait conscience du mensonge généralisé qui l?entoure et qui, à nous, crève les yeux.
Karlic et Serioja s'enfuient de l'orphelinat d'une petite bourgade de Moldavie. L'un, cloué dans un fauteuil, est doté d'une intelligence hors norme et d'une volonté de fer ; l'autre, grand gaillard endurant, est le benêt attendrissant de cet improbable tandem qui escroque les gens qu'il rencontre. Ils vont croiser la route de personnages fantasques, comme Leonea et Valera, eux aussi échappés de l'orphelinat géré d'une manière pour le moins discutable. La direction a en effet pioché sans vergogne dans l'aide humanitaire européenne destinée aux enfants. Et Ia panique de ces apparatchiks s'accroit lorsque l'un des orphelins est retrouvé mort, le nez et les joues rongés par les rats, faisant les choux gras d'une presse à scandale avide de sang. Les Enseignements d'une cc-prostituée ä son fils handicapé est un conte cruel et drolatique, une photographie de la Moldavie postsoviétique révélée par le vitriol de Ia caricature. Ba9,tovoi y décrit avec brio des scènes du quotidien dont le comique affiché cache la violence des moeurs, la dureté des conditions de vie et surtout la corruption qui vérole la société moldave à tous les niveaux. Une satire sociale implacable, un tableau grinçant de la grande comédie humaine.
Quand Valentina, une fillette de cinq ans, est assassinée à Hambourg en mangeant un bonbon bourré de cyanure, l'enquête sur le cas Holler est relancée. Car déjà la mère et le fils aîné ont été assassinés à un an d'intervalle, sans que la police ait pu découvrir le moindre indice ni surtout le moindre mobile. Or si pour les citoyens de Hambourg, le nom de Holler est celui du plus grand agent immobilier d'Allemagne du Nord, un homme irréprochable, riche et respecté, il sonne différemment aux oreilles de Stachelmann, un historien spécialiste de l'époque nazie. C'est donc lui qui en conseillant son ami, le commissaire Oscar Winter, va orienter l'enquête et exhumer des archives la clé de l'énigme dans un terrible passé que le miracle allemand a peut-être un peu trop vite recouvert.
Résumé : Cora Bender et son mari Gereon ont décidé de profiter de cette belle journée ensoleillée pour pique-niquer au bord d'un lac. Assise sur sa serviette de plage, Cora est en train de couper une pomme pour son petit garçon. Devant eux, des jeunes gens rient et s'amusent en écoutant de la musique. Soudain, elle se lève, se dirige vers le groupe et poignarde l'un des hommes a plusieurs reprises. La police est dépêchée sur les lieux, mais il n'y a aucun doute possible, Cora a avoué son crime et des dizaines de témoins affirment l'avoir vue tuer le jeune homme. Pourtant, le commissaire Rudolf Grovian, chargé de l'affaire, refuse de boucler si facilement le dossier. Il veut comprendre ce qui a poussé une jeune femme, a priori sans histoire, à commettre un tel geste. Commence alors une plongée vertigineuse et fascinante dans l'âme tourmentée de Cora et dons le sombre passé d'une famille tout entière tournée vers sa jeune soeur atteinte d'une maladie rare.
Variation fictionnelle, romanesque et naturaliste du "Journal" des frères Goncourt, "Les vieux garçons" suit leurs vies intimes, leurs parcours d'auteurs, dissèque leurs oeuvres, la relation qu'ils entretiennent ensemble et avec celle qui les a élevés, leur nourrice Rose, personnage sulfureux et mystérieux qui n'est pas celle qu'ils pensaient connaître. 2022 marquera le bicentenaire de la naissance du frère aîné, Edmond de Goncourt. L'occasion d'en savoir davantage sur la vie de ces deux figures importantes et reconnues dans le paysage littéraire français.
Résumé : Après le succès de Quand la lumière décline, Eugen Ruge poursuit l'exploration de son histoire familiale dans un roman haletant. Moscou, 1936. La jeune communiste allemande Charlotte échappe aux persécutions nazies et part avec son mari et d'autres en Union soviétique. Avec d'autres, elle va faire travailler pour le service de renseignements du Komintern, avec d'autres communistes de tous les pays. Mais les purges viennent de commencer et touchent bientôt des connaissances de Lotte. Son sort devient de plus en plus incertain.
Résumé : Ce sont les récits des dix dernières années. Parmi eux, des oeuvres très développées, telles que La Salle n° 6, Trois années, etc., que gouverne toujours l'irrésistible simplicité tchékhovienne. Même lorsque se sent l'influence du théâtre - La Maison à Mezzanine aurait pu faire une excellente pièce, et le cinéma a "visualisé" sans peine La Dame au petit chien -, subsiste la règle d'or de la discrétion et de la vérité.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Faust - Excursion dans les Grands-Bois - Assia - Nid de gentilhomme - À la veille - Premier amour - Père et fils - Apparitions - Assez - Le Chien - Fumée.
Résumé : Pour la première fois l'ensemble de l'oeuvre de Tchékhov est offerte au public français sous la forme ramassée de trois volumes de la Pléiade. Le premier tome comporte le Théâtre, traduit par Elsa Triolet, y compris le Platonov, ouvre de jeunesse étrange et touffue, récemment mise à jour, qui profile en un raccourci baroque tout l'univers théâtral du Tchékhov de la maturité. Le théâtre est suivi des Récits pour la période 1882-1886. C'est l'époque des débuts de Tchékhov ; elle est dominée par sa participation aux petites revues satiriques du temps et par la veine humoristique, mais, derrière la fantaisie pittoresque, pointent déjà l'émotion et l'acuité de l'oeuvre ultérieure.
Ma patrie, c'est le langage" : cette formule de Jorge Semprún pourrait servir de titre à chacun des onze essais ici réunis. Extraits de trois recueils publiés aux alentours des années 2000 et qui constituent un univers de résonances, ces essais relèvent à la fois de l'étude linguistique - notamment entre le roumain et l'allemand -, de la réflexion poétique - sur le pouvoir des mots, qui peuvent surgir quand on s'y attend le moins - et du témoignage historique d'une exilée politique. Les lecteurs de Herta Müller y découvriront un ton parfois très personnel, où le récit de la Roumanie des années Ceausescu s'appuie sur certains événements privés bouleversants. Mais ce recueil peut également se lire comme une formidable entrée dans l'oeuvre de la lauréate du prix Nobel de littérature, tant il présente en un seul ouvrage le terrible tableau d'une société servant de matériau à la romancière, le rapport au langage singulier de la poétesse découpant des mots dans le journal, et la pensée analytique fulgurante de la théoricienne.