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Cinéma expérimental. Abécédaire pour une contre-culture
Bassan Raphaël ; Païni Dominique ; Brenez Nicole
YELLOW NOW
30,00 €
Épuisé
EAN :9782873403355
Extrait Avant-propos de Dominique Païni LE TÉMOIN Il existe des dictionnaires, des inventaires qui font... oeuvre ! Celui du surréalisme par Georges Hugnet, par exemple. Il existe aussi des anthologies... celle de l'humour noir par André Breton. Ces entreprises pourraient à juste titre entrer dans une catégorie d'ouvrages dont la structure relève du goût ou plus exactement du «vertige» de la liste, dirait Umberto Eco. L'encyclopédie est un autre genre. Raphaël Bassan a participé à certaines parmi les plus prestigieuses (Universalis) où il a logé ses propres... vertiges. S'agit-il ici d'un abécédaire ? Le lecteur s'y retrouvera selon la procédure linéaire simple à laquelle invite l'alphabet. Mais le ton et la nature de l'information de chaque entrée relèvent de nombreux registres : histoire, programmes détaillés, synthèses d'oeuvres ou de mouvements - parfois utilement, efficacement et didactiquement étudiés - résumés non réducteurs de théories, commentaires de manifestes, descriptions de films, «anecdotes» vécues. Il ne s'agit donc pas d'un dictionnaire comme les autres, aux rubriques calibrées et au style d'énonciation invariable. Cette somme d'histoire(s), de théorie(s) et de souvenirs) conserve miraculeusement une certaine urgence de la parution initiale des textes. S'agit-il d'un manuel ? Oui, car la main est invitée à feuilleter et à s'arrêter sur une entrée, sur un thème, sur un motif ou sur un nom peu commenté en France à ce jour, Etienne O'Leary par exemple, ou encore Julius Pinschewer. Incontestablement didactique donc, «le Bassan», comme je prédis que ce livre sera nommé bientôt, est-il proche d'un livre modèle livrant un indispensable enseignement, un bréviaire en somme ? On sent bien, sans doute, la pente vers laquelle je ne me laisserai pas entraîner et qui consisterait à faire du «Bassan» le résultat de la sainte abnégation de toute une vie au service du cinéma expérimental, ou pour le moins d'un apostolat... Non, rien de religieux ici, ni d'intégriste, pas de plaintes complaisantes qui alimenteraient un possible misérabilisme - orgueilleux -, renvoyant l'attrait expérimental heureusement repérable dans tous les arts à une éthique excessive, qui se substituerait à une priorité esthétique. Ainsi Bassan regrette-t-il «l'état permanent de sous-développement» de ce cinéma minoritaire et, parfois, la complaisance de ses héros à l'égard de cet état. En revanche, Bassan dialogue, il met en oeuvre au long de sa vie de spectateur-connaisseur les conditions d'une disputatio avec les autres critiques en exercice au sein d'autres continents de cinéma et avec des proches, sinon des pairs, qui s'avèrent parfois pleins de leur certitude assiégée. Bassan échange sans polémique et avec une indéniable douceur, épargné de toute chute dans le procès d'intention. À la page 147, Bassan dit : «J'ai été, durant tout ce temps, plus un témoin privilégié qu'un homme de dogmes». Comment mieux qualifier cette posture, comment mieux définir cette place, comment mieux décrire cette entreprise critique ? Bassan a été un attentif observateur. J'ai le sentiment qu'il a été de toutes les «séances historiques», mais a été aussi un compagnon généreux pour les nouveaux venus, dans le cadre de séances de projections où ce n'était pas seulement les cinéastes qui étaient expérimentaux : l'organisation de la séance l'était également ! Bassan est toujours le même dans toutes ces situations : silencieux, disponible, intense, bien qu'il ne manifeste jamais ni impatience ni ostensible enthousiasme, ni éventuelle déception. Un témoin en effet, il l'a été jusqu'à aujourd'hui, infaillible, véritable reporter de ces événements qu'ont été les rendez-vous de Light Cone ou ceux du Collectif Jeune Cinéma, ou de séances spontanées. Témoin ou observateur, je ne sais... Ce dont je suis certain est que Bassan a été, est, présent. Sa présence - toujours là et pour tout - faite de constance et de régularité, traduit une passion profonde pour le cinéma et particulièrement le cinéma expérimental, et cette constance constitue une sorte de performance qui autorise le lecteur à accueillir avec satisfaction poétique la répétition de certaines informations, le retour des mêmes faits, la petite rumination de certaines convictions, et à en reconnaître l'efficacité pédagogique. C'est ainsi ce livre en son entier qui est expérimental.
Cornolti Christophe ; Bassan Sandrine ; Colot Anne
Le livre du professeur offre le corrigé complet des activités de la pochette élève qui, tant dans son approche que dans son contenu, répond exactement au référentiel de l'enseignement du Management des entreprises en 1ere année de BTS
Cet ouvrage résolument composite, comme son titre le suggère, s'inscrit dans la suite d'un autre recueil, Twist dans le studio de Velasquez, publié en 1998. Les textes regroupés ici (préfaces, articles, poèmes, récits, embryons de fictions, chansons, entretiens, échanges de mails), ou plus exactement étirés en chapelet, pour une grande majorité de circonstance ou de commande, sont présentés sans retouches (aux corrections d'usage près) par ordre alphabétique. Certains diront peut-être à propos de quelques-uns d'entre eux qu'il s'agit de fonds de tiroir. Absolument ! Et pourquoi le nier ? Je ne cherche pas le moins du monde, en effet, à hiérarchiser ce que j'écris. Par ailleurs, les plus anciens de ces textes ont, de fait, été retrouvés presque par hasard, comme lorsque, ouvrant une malle remplie de vieux papiers, on y découvre des bouts de soi-même oubliés. Leur provenance est indiquée en fin de volume.
Bérard Stéphane ; Gomez-Passamar Nadine ; Pugnet N
Les Alpes de Haute-Provence sont l'un des terrains d'expérimentation de Stéphane Bérard. Il les connaît bien et depuis longtemps. Sur ce territoire, il ne s'agit pas seulement pour lui de valoriser un paysage, d'en exalter la beauté ou les failles, d'y attirer les touristes ou d'en consoler les habitants. Les oeuvres imaginées et l'oeuvre réalisée in situ, Mille Plateaux-repas, ont comme point commun le constant souci de l'usage qu'on pourrait en faire, et le regard qu'elles appellent n'est jamais coupé d'une pensée pratique - et d'une réflexion sur nos habitudes, nos routines. Ces oeuvres s'adressent au passant, qu'il soit d'ici ou d'ailleurs.
Première impression forte que nous procure la vision des Sept Samouraïs: le générique du début du film défile en larges lettres blanches sur un fond noir. Chaque nom «tombe» sur l'écran massivement, laissant une empreinte profonde, appuyée par une musique aux percussions sourdes et au rythme martelé. Les signes sont épais, le trait vigoureux. Et Gilles Deleuze disait que c'était de cette manière qu'il fallait comprendre le style d'Akira Kurosawa, comme un caractère mat et compact. Ici la lettre n'est pas signe qui disparaît sous son sens, mais un sceau imprimé comme au fer rouge. Les symboles se mettent peu à peu à former des figures géométriques régulières. Ainsi se caractérise la présence dans les films de Kurosawa. Apparaître à l'écran, c'est déjà être engagé dans un jeu de forces, marquer sa puissance, avoir un poids.«Au XVIe siècle, époque de guerre civile, des guerriers dévastent les campagnes. Partout ces bandits sans pitié oppriment les paysans.»Ce film de 1954 se déroule au Japon, pendant la période Sengoku (1490-1573), époque sanglante durant laquelle se développent des mouvements d'autonomie rurale. Sous la menace de brigands, un petit village de paysans apprendra, avec l'aide de samouraïs, à se défendre et à s'autogérer.En reprenant une trame historique, Akira Kurosawa inscrit son film dans la tradition japonaise du jidai-geki ou film d'époque. Toutefois, il prétend en renouveler le cadre et les schèmes: «Un film d'action peut n'être qu'un film d'action. Mais quelle chose merveilleuse s'il peut en même temps prétendre peindre l'humanité.»Présence des corpsLe cinéma de Kurosawa est avant tout un art des corps. Dénudé, désirant, fébrile ou en mouvement, les destins qu'il met en scène sont autant d'aventures ou de métamorphoses du corps.Dans nombre de ses films, les premiers plans d'un personnage le présentent de dos, comme s'il était d'abord une masse pesante, plus ou moins musculeuse ou débile, plus ou moins agitée ou sereine, et bien moins un visage. Dans Les Sept Samouraïs, le premier plan de Toshiro Mifune le montre de dos grattant son échine courbée, comme un personnage qui ne sait pas se tenir. Au contraire, Barberousse, dans le film éponyme, également joué par Mifune, apparaît pour la première fois de dos dans la plus grande immobilité et dans la plus grande fermeté, comme une puissance intraitable. Kurosawa s'attache à singulariser la présence corporelle de chacun, comme celle par exemple de l'enfant fou dans Dodeskaden (1970), au haut front et à la démarche mécanique. Dans Les Bas-Fonds (1957), dans Le Garde du corps (1961), les personnages sont à la limite du monstrueux. Les uns, un fichu sur la tête, ne laissent voir qu'une face osseuse, les autres ont un crâne ou un ventre si protubérant qu'ils déséquilibrent toute leur silhouette. (...)