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Actes d'un procès pour viol en 1612. Suivis des lettres de Artemisia Gentileschi
Barthes Roland ; Sauzeau-Boetti Anne-Marie ; Menzi
DES FEMMES
19,00 €
Épuisé
EAN :9782721002617
Un atelier de peinture, puis un tribunal à Rome, au XVIIe siècle, fournissent ici la mise en scène d'un viol : réel, fictif, on ne le saura vraiment, et peu importe. L'essentiel est qu'il soit efficient, de structure opérante : ne s'agit-il pas moins que de marquer, et de remarquer, du double sceau d'une loi unique, en sa version privée comme en sa version publique, celle qui, fille et disciple d'abord, femme et peintre, et des plus maîtresse de son art, ensuite, s'apprête à transgresser cette même loi ? Qu'importe alors que le père, tout d'abord, selon toute vraisemblance, double voyeur, rival et complice, de son meilleur disciple et ami, finisse par se retourner en adversaire et partie de celui-ci, pour mieux inscrire son propre nom sur le corps et les tableaux de sa fille ? De deux hommes, d'une seule loi, Artemisia Gentileschi est ici l'enjeu. De "deux femmes" — ainsi que le fait remarquer Roland Barthes ici-même, si justement — et de leur même geste, celui qui oeuvre à la décapitation d'Holopherne, Artemisia se fera la scénariste, la portraitiste : revanche qui, dans sa nécessaire inversion, tente de donner toute la mesure symbolique du dommage subi, celui où l'interdit pouvait prendre le masque de l'initiation.
On ne sait rien, je ne saurai jamais rien: qui est le garçon à côté de moi? Que fait-il dans la journée? Comment est sa chambre? Que pense-t-il? Quelle est sa vie sexuelle? Petit col blanc et propre, mains fines, ongles longs.
Ce recueil d'essais sur des textes de Sade, Nerval, Villiers, Mallarmé, Claudel, Bataille, Sarraute, Derrida, Cixous, Deguy, est exempt de toute prétention "scientifique". Seul l'organise un effort d'infiltration lente de l'écrit. Roland Barthes, s'adressant à l'auteur dans sa préface, résume l'entreprise en ces termes : "La novation théorique que vous apportez, c'est de faire comprendre que l'excès (de lecture) ne désigne pas un trop-plein quantitatif, mais une modification du rythme, du débit (de l'oeil-bouche), c'est-à-dire du tempo (votre théorie est proprement musicale). D'où les images (chez vous) qui disent l'excès de lecture : la battue du texte, le ressassement, l'acharnement, l'attardement, le soutenu, la lenteur. Nous découvrons alors que le tempo est l'enjeu même de toute théorie et de toute histoire de la lecture. Le classicisme (au sens très large du terme), dont nous vivons encore, a établi une norme du débit de lecture, un rythme optimal que l'on doit imprimer à l'oeil-intelligence qui lit, en deçà ou au-delà duquel il n'y a que démence et non-sens. Pascal a formulé cette Loi de lecture ("Quand on lit trop vite ou trop doucement, on n'entend rien"), et l'a développée à propos de la peinture : "Ainsi les tableaux vus de trop loin et de trop près. Et il n'y a qu'un point indivisible qui soit le véritable lieu, les autres sont trop près, trop loin, trop haut ou trop bas. La perspective l'assigne dans l'art de la peinture." Le texte, lui aussi, nous le lisons selon une "perspective" toute classique : nous ajustons le débit de notre lecture à l'impératif de la figuration (idéelle, émotive, narrative). Et c'est là que vous intervenez : vous ruinez la contrainte d'une perspective "normale" ; vous faites Fleur le texte ce qui se fait en peinture depuis le début du siècle."
L'empire des signes" Ne décrivant ni ne définissant, le haïku (j'appelle ainsi finalement tout trait discontinu, tout événement de la vie japonaise, tel qu'il s'offre à ma lecture), le haïku s'amincit jusqu'à la pure et seule désignation. C'est cela, c'est ainsi, dit le haïku, c'est tel. Ou mieux encore : Tel ! dit-il, d'une touche si instantanée et si courte (sans vibration ni reprise) que la copule y apparaîtrait encore de trop, comme le remords d'une définition interdite, à jamais éloignée. Le sens n'y est qu'un flash, une griffure de lumière. "Roland Barthes (1915-1980)Sémiologue, essayiste, il a élaboré une pensée critique singulière, en constant dialogue avec la pluralité des discours théoriques et des mouvements intellectuels de son époque, tout en dénonçant le pouvoir de tout langage institué. Il est notamment l'auteur du Degré zéro de l'écriture (1953) et de Fragments d'un discours amoureux (1977).
Un livre culte et inclassable, dans une édition en tirage limité.En quatre-vingts fragments, Roland Barthes donne vie et consistance au discours amoureux, pour le sortir de son " extrême solitude ". À travers chaque figure ou " bris de discours " retenu, il déploie et met en scène l'énonciation à la première personne du singulier (le je) du langage amoureux dans ce qu'il a d'universel ou de structural, sans jamais le théoriser, le décrire ou l'analyser. Il s'agit bien plutôt de l'exprimer, de le simuler, en recourant à la seule action d'un langage premier (pas de métalangage, pas d'exemples), pour donner à lire une place de la parole : " la place de quelqu'un qui parle en lui-même, amoureusement, face à l'autre (l'objet aimé), qui ne parle pas ".Disposé dans l'ordre alphabétique (" le plus insignifiant "), chaque fragment est précédé d'un argument qui réfère à ce que l'amoureux dit et est constitué de références, signalées en marge, à des lectures ou des conversations amicales.
Ret Samadhi" est l'histoire de Dadi, grand-mère et veuve de 80 ans, qui abandonne un beau jour, sans un mot, la maisonnée de son fils aîné chez qui elle vit comme le veut la tradition. Retrouvée par la police, elle sera ensuite hébergée par sa fille célibataire et artiste, qui lui offre une toute nouvelle forme de liberté et d'amour. Elle s'ouvre alors au monde, aidée dans sa métamorphose par une curieuse aide-soignante, Rosy, qui s'avère être une transgenre issue de la communauté des Hijras. Une amitié intense naît de cette rencontre, brutalement interrompue par l'assassinat de Rosy. Cette disparition marque un nouveau tournant dans la vie de Dadi, qui décide alors de partir pour le Pakistan retrouver la maison natale de son amie, entraînant sa fille dans cette aventure. Elles seront arrêtées par la police qui les soupçonne d'être liées à leur insu à un réseau politique subversif. Lors des interrogatoires, Dadi étourdira les policiers par son attitude farfelue et ses récits apparemment incohérents, mais qui sont en réalité porteurs de sens, de spiritualité et de subversion. Ils seront eux aussi pris dans les mailles de ce filet mystérieux, conquis par cette vieille dame qui en impose par sa ténacité. "Ret Samadhi" est un roman qui fait vaciller les frontières : celle du familier et de l'étrange dans une temporalité où l'instant ramasse tout le passé et la mémoire des siècles, les frontières de genre, celles de l'âge aussi, du corps et de l'esprit, de l'amour et de la haine, des modèles de famille, de la dépendance et de la liberté, des nations " ennemies ", de l'humain et du non humain. Histoire de famille, du quatrième âge et de la dépendance, des confins surtout. L'écriture traduit puissamment ce thème de la perception par un style où monologue intérieur, dialogue, bribes de conversation scénographiées à la manière de Nathalie Sarraute et narration s'entremêlent sans couture apparente, et où familiarité et poésie se superposent, jouant en particulier sur les sonorités et les rythmes d'une façon parfois vertigineuse que la remarquable traduction d'Annie Montaut a su restituer.
MacKinnon Catharine A. ; Lenoir Noëlle ; Albertini
Le féminisme irréductible - Discours sur la vie et sur la loi", essai majeur de la théoricienne et militante américaine Catherine MacKinnon, se porte aux racines de la misogynie et des violences exercées contre les femmes et éclaire de manière inédite la construction des rapports sociaux de sexe. Pour l'autrice, la domination masculine est d'abord une domination sexuelle qui s'inscrit ensuite dans le champ social, légitimant et renforçant ainsi la hiérarchie entre les hommes et les femmes. Elle parle en ce sens de la violence sexuelle comme pratique sexuelle, des abus sexuels comme forme de terreur, de l'éventualité du viol comme une caractéristique de la vie courante des femmes, de la pornographie et de la prostitution comme instruments de soumission des femmes, des normes juridiques comme concourant au maintien du statu quo au bénéfice des hommes... Par la force de ces analyses et par son action, Catharine MacKinnon a largement fait évoluer le droit et la société américaine. Elle est ainsi, avec Andrea Dworkin, à l'origine aux Etats-Unis de la première loi sur le harcèlement sexuel qui qualifie celui-ci de discrimination de sexe, et de la reconnaissance de la pornographie et de la prostitution comme violences contre les femmes. Rassemblant des essais, élaborés à partir de conférences données dans les années 1980, ce recueil, aujourd'hui en poche et publié pour la première fois en France en 2005, reste d'une actualité brûlante et est incontournable pour quiconque " cherche des réponses aux grandes questions que pose la subordination des femmes aux hommes ". " "La sexualité est au féminisme ce que le travail est au marxisme : rien ne nous appartient davantage, et pourtant il n'est rien dont on ne soit davantage dépossédées." [...] Depuis vingt-cinq ans, aux Etats-Unis, le droit se trouve ébranlé par cette proposition de la juriste Catharine A. MacKinnon. " Eric Fassin, 2005.
Dans cet ouvrage pionnier, fondateur des recherches matriarcales modernes, Heide Goettner-Abendroth définit pour la première fois clairement et scientifiquement le concept de matriarcat, jusque-là décrié et opaque, qui lui permet de revisiter l'histoire culturelle de l'humanité. Dans un aller-retour permanent entre le terrain et la théorie, elle offre une vue d'ensemble des sociétés matriarcales dans le monde à travers l'étude de chacune d'entre elles, faisant apparaître que celles-ci ont non seulement précédé le système patriarcal apparu seulement vers 4000-3000 ans avant notre ère, mais qu'elles lui ont survécu jusqu'à ce jour sur tous les continents. Elle met en lumière que les sociétés matriarcales, loin d'être une image inversée du patriarcat, comme le prétend l'idéologie dominante dont l'autrice fait une critique radicale, sont des sociétés d'égalité et de partage entre les sexes. D'où l'utilité de leur étude pour aider les femmes et les peuples autochtones en particulier à penser une alternative au système de domination patriarcal et colonisateur. Tout d'abord publiés en allemand dans une version longue, ces travaux qui ont inspiré plusieurs générations de chercheuses et chercheurs en histoire et en anthropologie, ont été édités en anglais et en espagnol dans une version internationale aujourd'hui enfin disponible en français.
Catherine Weiss caressait les épaules et le torse de l'homme abandonné à sa compétence autant qu'à sa tendresse. Sous ses mains inspirées, porteuses d'indicibles messages, le corps à bout de vie ressuscitait de part en part. La tête, lentement, se tournait vers elle, les doigts se déployaient, les lèvres esquissaient un sourire, la peau frémissait. Émerveillée, Catherine laissait ses mains expressives s'égarer sur le ventre, sur le galbe des cuisses."Ne meurs pas, Ralph. Laisse-toi faire. Laisse-moi te toucher"..." M-C. T-M.