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Le bruit d'Iris
Finas Lucette ; Barthes Roland
FLAMMARION
17,30 €
Épuisé
EAN :9782080625083
Ce recueil d'essais sur des textes de Sade, Nerval, Villiers, Mallarmé, Claudel, Bataille, Sarraute, Derrida, Cixous, Deguy, est exempt de toute prétention "scientifique". Seul l'organise un effort d'infiltration lente de l'écrit. Roland Barthes, s'adressant à l'auteur dans sa préface, résume l'entreprise en ces termes : "La novation théorique que vous apportez, c'est de faire comprendre que l'excès (de lecture) ne désigne pas un trop-plein quantitatif, mais une modification du rythme, du débit (de l'oeil-bouche), c'est-à-dire du tempo (votre théorie est proprement musicale). D'où les images (chez vous) qui disent l'excès de lecture : la battue du texte, le ressassement, l'acharnement, l'attardement, le soutenu, la lenteur. Nous découvrons alors que le tempo est l'enjeu même de toute théorie et de toute histoire de la lecture. Le classicisme (au sens très large du terme), dont nous vivons encore, a établi une norme du débit de lecture, un rythme optimal que l'on doit imprimer à l'oeil-intelligence qui lit, en deçà ou au-delà duquel il n'y a que démence et non-sens. Pascal a formulé cette Loi de lecture ("Quand on lit trop vite ou trop doucement, on n'entend rien"), et l'a développée à propos de la peinture : "Ainsi les tableaux vus de trop loin et de trop près. Et il n'y a qu'un point indivisible qui soit le véritable lieu, les autres sont trop près, trop loin, trop haut ou trop bas. La perspective l'assigne dans l'art de la peinture." Le texte, lui aussi, nous le lisons selon une "perspective" toute classique : nous ajustons le débit de notre lecture à l'impératif de la figuration (idéelle, émotive, narrative). Et c'est là que vous intervenez : vous ruinez la contrainte d'une perspective "normale" ; vous faites Fleur le texte ce qui se fait en peinture depuis le début du siècle."
Un essai sur la notion d'incitation, dans le texte et dans la critique littéraire, mais également dans l'acte de lire. Ici, ce "rayon" de l'incitation part de l'oeuvre de Balzac et vient toucher Proust, notamment par le personnage de Vautrin.
Ici, je serai toujours entre la toise du savant et le vertige du fou" , écrit Balzac dans sa Théorie de la démarche. La toise et le vertige prêtent leurs excès contraires à ce recueil de neuf essais, relatifs à sept écrivains : Diderot, Sade, Balzac, Hugo, Nerval, Mallarmé, Bataille. L'ambition de ces essais est de rendre sensible, grâce à une lecture ralentie quoique soumise à un déplacement perpétuel, la capacité des textes considérés, la multitude de relations dont ils sont le théâtre et qu'une lecture courante n'a pas le loisir de prendre en compte. Ces analyses sont autant d'expériences où l'auteure s'enrôle dans le texte et, par une attention répétée, en répercute pour l'oeil et pour l'oreille le jeu invisible et muet.
Ils se sont enfermés pour l'hiver dans un appartement : le père, la mère, Lili "la divine bru", et le récitant : Chose. La société s'organise, vétilleuse et dérisoire, selon la loi du père qui compose au long des heures, sous forme de constitution fixée sur le parchemin ou l'ardoise, une liturgie de la vie quotidienne aux rites obsédants, que viennent rythmer les repas de nouilles et de pommes. Mais voici que, bafouant les règles qu'elles suscitent, les pulsions se déchaînent. Le langage explose. Dans l'appartement livré à l'imaginaire, surgissent le lion, l'ortie ou la poupée, l'arbre, la poule ou le coquillage. Chacun est là, sans crime, incestueux et cannibale. Et ceci encore : tandis que le père, la mère et Lili détiennent respectivement la culture, l'intelligence et l'être, Chose n'a rien : traducteur littéral et inefficace d'une anthologie de deux vers, frustré de son épouse, mobilisé dès l'aube par le père qui tout à la fois le fascine et l'empêche, officiant humilié du petit déjeuner, il est le meurtri, le meurtrier, l'histrion. Sous le prétexte du récit, ce roman est un jeu sur le code, un jeu sérieux : aussitôt dit, aussitôt fait. La métaphore se prend à la lettre, la lettre se prend au jeu. Lieu des substitutions, métamorphoses, variations et réitérations, Le Meurtrion, aux séquences de bande dessinée, est aussi le livre de l'impossible initiation.