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La Licorne N° 79 : Le savoir des genres
Baroni Raphaël ; Macé Marielle
PU RENNES
24,99 €
Épuisé
EAN :9782753503670
A quoi reconnaître un genre et sous quel angle le décrire ? Aujourd'hui notre intérêt pour ces questions est avant tout d'ordre pragmatique : constamment sollicités, les genres servent à quelque chose et à quelqu'un ; ils définissent un " voir comme ", et constituent une médiation essentielle dans nos pratiques de lecture, de classement, de valorisation ou d'interprétation. La question n'est plus, par exemple, A la recherche du temps perdu est-il un roman policier, une comédie ou un traité de morale ? mais : que fait-on quand on le lit ou quand on le classe comme tel ? Enchevêtrement complexe de connaissances, de reconnaissances, d'appropriations, le regard générique puise à un répertoire de formes et d'idées qu'il nourrit en retour. Ce qui se dessine alors. c'est un savoir des genres, mêlant expérience, affects et cognition : savoir dont disposent les acteurs (compétences, préférences, méconnaissances) et savoir que modélisent les ?uvres, lorsqu'elles élaborent des cadres, des instruments d'intelligibilité ou des programmes de vie à leur tour généralisables, dont les traces se sédimentent en une mémoire générique.
Nicola Verzina a étudié à l'Université de Bologne (Maîtrise en Musicologie) et à l'École des Hautes Etudes en sciences Sociales de Paris (D.E.A. et Doctorat en Musique et Musicologie du XXe siècle). Il est Responsable de l'Archivio B. Maderna de l'Université (le Bologne (Italie). Il enseigne Histoire et Esthétique de ta musique au Conservatoire
Les essais réunis dans ce volume interrogent aussi bien le temps des oeuvres que le temps à l'oeuvre, c'est-à-dire sa formulation narrative mais également son pouvoir d'érosion et de genèse qui affecte les hommes, les livres qu'ils écrivent ou qu'ils lisent et les genres littéraires qu'ils pratiquent. Si l'on veut explorer l'oeuvre du temps, on ne peut s'en tenir à l'hypothèse que les intrigues se contentent de mettre en ordre l'histoire et de la doter d'un sens, il nous faut à l'inverse définir les fondements d'une poétique de la discordance narrative qui permette de suivre le glissement du sens dans le temps. Cette réflexion sur le temps soulève une question subsidiaire mais non moins essentielle: "D'où vient le récit et où va-t-il? Tenter de répondre à cette question exige de sortir de l'emprisonnement textualiste pour penser la manière dont la narration émerge de la vie et retourne à elle. Il s'agit aussi de marquer la différence qui existe entre les récits qui visent à clarifier le passé, ceux qui veulent en témoigner fidèlement, et ceux enfin qui mettent en scène des histoires inachevées, tournées vers un avenir à vivre ou à lire. Face à la crise que connaissent aujourd'hui les études littéraires et à l'inquiétude que génèrent les usages médiatiques, politiques ou économiques du storytellin, il s'agit de rappeler que la théorie narrative permet de reconnaître dans la littérature le plus fascinant des laboratoires du récit. Si l'homme n'est pas autre chose qu'un faisceau d'histoires, alors l'analyse narratologique des oeuvres littéraires demeure la voie royale pour accéder à son humanité. Biographie de l'auteur Raphaël Baroni est l'auteur de La Tension narrative (Seuil, 2007) et il a co-dirigé Le Savoir des genres (PUR, 2007) et Littérature et sciences sociales (Antipodes, 2006). Il est maître d'enseignement et de recherche à l'université de Lausanne."
Le 27 septembre 1992, le frère Maria Raphaël Arnàiz Barôn, très populaire en Espagne où il est connu sous le nom d'" Hermano Rafael ", était déclaré bienheureux par le pape Jean-Paul Il sur la place Saint-Pierre, à Rome. La figure de cet humble oblat cistercien, qui avait reçu la coule monacale in extremis, une dizaine de jours avant sa mort, avait été présentée à des milliers de jeunes, par le même pape, trois ans auparavant, comme " témoin héroïque de Jésus-Christ ", au cours de la Journée mondiale de la jeunesse de Saint-Jacques-de-Compostelle, le 19 août 1989. Neveu du duc de Maqueda, étudiant en architecture à Madrid, doué pour la peinture et la musique, habitué au confort et à être servi, il décide de tout quitter pour la Trappe de San Isidro de Dueñas. II y trouvera une vie tout à l'opposé de la sienne : le dortoir collectif, une hygiène précaire, une nourriture sans aucun agrément, le travail physique dans les champs et la vie commune avec des hommes rudes et pas toujours très compréhensifs. Il vivra les derniers mois de sa vie dans l'infirmerie du monastère, " mort-vivant, enfermé dans le monastère comme un cadavre dans un tombeau, pire que dans un tombeau, car là au moins on se repose... ". En quatre ans, pour des raisons de santé et à cause de la guerre d'Espagne, il sera entré au monastère quatre fois, mais il n'y aura séjourné qu'un an et demi ! Il est mort à vingt-sept ans, le 26 avril 1938. L'ouvrage que nous publions est l'œuvre de la mère du frère Raphaël Il offre des repères biographiques, mais surtout des extraits de ses écrits intimes (journal et correspondance). Publié en 1944 en Espagne, il a été diffusé à plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires.
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la liberté de conscience a été conçue, en latin et dans une poignée de langues européennes, comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Elle a ainsi reçu une acception distincte de celle de la liberté religieuse ou de la liberté de religion. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée sans vote négatif par l'assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948, ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par des Etats membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées, au nom d'une lutte contre l'apostasie - parfois associée au blasphème ou à l'insulte contre des religions - ou au nom de la défense de l'unité d'un corps. Cette enquête historique s'inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Etablie sur des sources linguistiques diverses, elle vise à saisir l'émergence d'une notion au sein de communautés spécifiques, du Bassin méditerranéen à la Chine et à l'Amérique, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet formulés par plusieurs centaines d'auteurs, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Explorant, entre autres, les registres de la philosophie, de la théologie et du droit, cette recherche met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée ou décriée. Préface de Yadh Ben Achour
Une histoire du peuple de Bretagne, de la Préhistoire à nos jours. Les histoires de Bretagne ne manquent pas... Mais celle-ci adopte un point de vue inédit : celui des paysans, des ouvriers, des marins, celui des hommes et des femmes sans histoire, sans papiers. Elle porte attention aux plus humbles, pas seulement aux puissants ; s'intéresse à la vie concrète et aux rêves qui s'y enracinent, pas seulement aux couronnements et aux batailles ; risque d'autres chronologies ; ruine quelques évidences... La crise économique de l'âge du fer, l'arrivée des Bretons en Armorique, la condition paysanne pendant la féodalité, la révolte des Bonnets rouges, la traite négrière, la Révolution et la Chouannerie, le développement du chemin de fer, l'émigration bretonne, la Grande Guerre, la Résistance, la crise du modèle agricole breton, Notre-Dame-des-Landes... Autant de moments de notre histoire examinés d'un oeil neuf. Emergent ainsi de nouvelles figures, émouvantes ou pittoresques, jusque-là noyées dans l'anonymat des siècles. Et de nouveaux sujets : manger à sa faim, lutter pour sa dignité, découvrir de nouveaux horizons, accéder au savoir, devenir citoyen... Pas de jargon, un rythme de lecture facile : cette histoire a été rédigée avec le souci de s'adresser au plus grand nombre tout en obéissant à la rigueur du métier d'historien. Ce livre a été rédigé par trois historiens et un journaliste : Alain Croix, Thierry Guidet, Gwenaël Guillaume et Didier Guyvarc'h. Ils sont les auteurs de nombreux autres ouvrages dont, chez le même éditeur, l'Histoire populaire de Nantes.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.