Quels rôles joue l'expérience dans les investigations et dans les pratiques mathématiques ? Quel rapport au "réel", voire au sensible, se trouve ainsi construit ? Pour tenter de répondre à ces questions, cet ouvrage prend l'histoire des sciences comme terrain d'épreuves des problématiques mathématiques et enseignantes. La première partie de l'ouvrage concerne les instruments pour mesurer des grandeurs et pour tracer les figures. La deuxième aborde des machines inventées pour les calculs arithmétiques, aussi bien pratiques, théoriques que métrologiques. La troisième porte sur les passages et les conflits rencontrés, aussi bien dans l'histoire que dans l'enseignement, entre le "réel", toujours inaccessible, et une réalité construite avec les mathématiques. Les chapitres consacrés aux instruments proposent un éventail riche et varié de situations historiques et pédagogiques. Ils mettent en avant le statut des instruments comme connaissance matérialisée et le lien qu'ils entretiennent d'emblée avec l'invention créatrice. Ils indiquent aussi la possibilité, pour l'enseignement, d'une entrée dynamique dans les savoirs mathématiques. Cet ouvrage a pour point de départ les activités de la Commission "Epistémologie et histoire des mathématiques" des Instituts de Recherche sur l'Enseignement des Mathématiques (IREM). Dans ce cadre, il présente des ensembles cohérents d'expériences et d'investigations inspirées par l'histoire, qui devraient à court terme pénétrer dans l'enseignement. Il montre l'importance pour les enseignants d'une connaissance de l'histoire des sciences et de la lecture de textes anciens.
Du collège à l'enseignement supérieur, comment s'émerveiller devant les problèmes que nous posent les mathématiques? Il suffirait que la dimension historique soit enfin introduite dans leur enseignement. C'est pourquoi les exemples dont ce livre est composé ont tous pour point de départ un problème historique précis. Situés chaque fois dans leur contexte scientifique et culturel d'origine, ces problèmes toucheront à l'arpentage, la navigation, la typographie, les jeux de dés, mais aussi à l'inscription d'un carré dans un triangle ou encore aux calculs graphiques. Au fil de la lecture, l'occasion nous sera donc offerte d'observer les mathématiques en des lieux éloignés ou à des époques très différentes et de lire - dans le texte - Euclide, Al- Khwarizmi ("l'inventeur" de l'algorithmique), Leibniz, Euler ou encore le Marquis de Condorcet - sans oublier près de nous Pierre Bézier, avec ses courbes désormais célèbres.
Dans l'histoire, le concept de nombre a d'abord été attaché exclusivement aux nombres entiers - que l'on appelle aujourd'hui nombres naturels - en excluant d'ailleurs le zéro et le un. Mais le concept de nombre a ensuite été étendu à des nombres que l'on a désignés longtemps par le terme de quantités, avant de les appeler nombres réels. Le lecteur trouvera dans cet ouvrage quelques étapes historiques de l'extension du concept de nombre, qu'ils aient été conçus pour nombrer ou pour mesurer. Cet ouvrage participe à l'effort de la Commission inter-IREM d'Epistémologie et d'Histoire des Mathématiques pour introduire une perspective historique dans l'enseignement des mathématiques ; il est destiné à toute personne désireuse de parfaire sa formation d'honnête " géomètre " ou sa culture scientifique, et en particulier aux étudiants en sciences, aux professeurs ou futurs professeurs de mathématiques en formation initiale ou continue.
Quand un chirurgien d'aujourd'hui observe la main droite de la Dame à l'hermine sur le portrait qu'en a laissé Léonard de Vinci, il y décèle le savoir anatomique sur lequel s'est appuyé l'artiste. Quand un autre chirurgien regarde les représentations de la crucifixion du Christ, il remarque que les endroits où sont plantés les clous révèlent là encore un savoir anatomique. Quand une historienne des mathématiques lit un traité de chorégraphie, elle admire le travail élaboré pour symboliser, dans une danse, le corps et son mouvement. Quand un historien de la chimie regarde un tableau d'Ingres, il voit aussi la peinture, c'est-à-dire la couleur et la texture de l'enduit, reposant sur une science de la chimie. Devant ce panorama des rapports actuels entre les sciences et les arts, nous sommes invités à porter un regard nouveau sur les oeuvres, depuis la peinture jusqu'au cinéma en passant par la danse et la photographie. Ce regard en miroir, instruit par la science, montre notamment la part du savoir scientifique dans la production des oeuvres d'art.
Quand l'histoire permet de faire la lumière sur les origines de neuf théories mathématiques pour mieux en comprendre les fondements... Les notions et concepts mathématiques ont souvent été inventés comme un moyen de résoudre des problèmes. Comment maintenir la même pente dans la construction des pyramides? Comment creuser un tunnel par ses deux extrémités? Problèmes de pesées, de trocs et de partages, découpages de figures et de volumes mais aussi calculs de congruences ou d'erreurs. Les différents chapitres de l'ouvrage nous renvoient aux mathématiques égyptiennes, grecques, indiennes et arabes, à plusieurs époques et donnent à lire des textes d'Euclide, d'Archimède, de Fermat ou de Gauss en les resituant dans leurs contextes scientifiques et culturels. L'objectif de cet ouvrage est de revenir sur l'histoire de neuf théories mathématiques, parce que ce sont justement ces problèmes résolus qui leur donnent tout leur sens.
Au Moyen-Age le pouvoir se conjugue aussi au féminin. A rebours de la conception française du rôle des princesses de haut rang définie par la loi salique, les comtés de Flandre et de Hainaut sont, entre 1244 et 1503, le lieu d'exercice d'un pouvoir par les femmes. Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur pouvoir politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés. Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement. A travers l'histoire des pratiques de l'écrit et des représentations, ce sont les pratiques politiques des comtesses de Flandre et de Hainaut qui sont interrogées. In fine, cet ouvrage sur le pouvoir des femmes et les femmes de pouvoir se veut une contribution à l'histoire des femmes et du genre. Préface de Olivier Mattéoni
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?