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Le parasite au théâtre
Barbéris Isabelle ; Fix Florence
ORIZONS
20,00 €
Épuisé
EAN :9782336298641
Le parasite n'a pas toujours la connotation hâtive que le langage courant lui accorde aujourd'hui d'hypocrite ou de profiteur ; il convient de revenir à son acception en biologie : l'intrus peut être le bienvenu, il ne colonise pas nécessairement son hôte pou le détruire, mais établit avec lui un microsystème au fonctionnement équilibré. C' est cet équilibre fragile, parfois contesté, que la situation théâtrale met sous tension Emprunts, contaminations, stimulation harmonieuse ou entrave à la compréhension par parasitage sonore : ce volume interroge les parasites de théâtre, souvent comiques, viveur sans scrupules, cocotte dépensière ou parent sans le sou, pique-assiette, menteur mais aussi êtres de désir et de renouvellement. Echec de l'hospitalité ou vivace rappel d'une altérité nécessaire à tout système vivant, le parasite résiste au démon de l'analogie comme à celui de l'assimilation : il demeure autonome et singulier au coeur même du système dans lequel il s'insère voire se dissimule, brouillant ainsi le caractère visible des typologies théâtrales.
Résumé : D'où vient le " politiquement correct " de la culture ? La diversité culturelle, jusqu'alors au service de la défense du pluralisme, s'est depuis aventurée dans la comptabilité ethnique et biologique au sein du milieu culturel. Elle a alors été prétexte à la construction d'un nouvel académisme en art, accompagné de censures fondées sur un supposé " droit à représenter ", où les dogmes ethno-différentialistes mettent à bas les fondements universalistes qui permettent de faire société. Le nouvel académisme anti-culturel, qui tue à la fois l'académisme et la contre-culture, transforme l'art en ingénierie sociale et en moyen de contrôle, au nom de notre propre émancipation, et joue le rôle d'un miroir grossissant. Il faut s'en inquiéter : le politiquement correct viendra-t-il à bout des règles les plus élémentaires de la vie démocratique ?
Kaléidoscopique, mue par une énergie éperdue et désespérée, l'oeuvre de Copi aborde aussi bien le théâtre, le récit que le dessin. Traversé d'influences contradictoires et de traditions hétérogènes, Copi a voyagé à l'intérieur des champs de la littérature et de la scène en s'essayant à une multitude de gestes comme autant de coups de dé. Ses différents Moi ont joué avec les différents Moi du théâtre. Le dramaturge argentin exilé en France a théâtralisé de manière ironique la relation du dominé face au dominant, la tragédie du malentendu humain mais aussi du créateur menacé par ses propres chimères. Derrière les jeux de masques, derrière les oripeaux du travesti, les pratiques de Copi extériorisent les tiraillements internes au geste créateur. Cette fuite de soi a produit un tourbillon de formes transformant les traces de mondes perdus en autant d'étincelles de présence.
Qu'est-ce qu'une archive pour les arts vivants : danse, théâtre, performance ? En quoi ces derniers contredisent-ils son apparente réification et quelles ambivalences soulèvent la mise en tension de l'objet matériel et de la vie ? Les pratiques contemporaines de l'archive sont emblématiques de notre rapport au passé et à la tradition. Rassemblant des textes d'artistes, de chercheurs, de curateurs, ce livre tente de cerner notre actuelle "culture de l'archive" - à l'ère du Big data, de l'autoarchivage des réseaux sociaux, de l'économie de la connaissance qui transforment le spectateur en "producteur de savoir", et l'artiste, à bien des égards, en médiateur, en archiveur de sa pratique et en entrepreneur de l'image. Entre culte de l'authenticité et médiatisation généralisée, ce livre revient sur les principaux usages scéniques de l'archive depuis une cinquantaine d'années. Il trace quelques grandes directions d'interprétation possibles au milieu de cette forêt de signes qu'érigent les nouveaux arts de l'archive.
Le kitsch rassemblant sur la scène les résidus de la société de consommation, succède au tréteau nu du théâtre d'Art pour nous confronter à la "grimace du réel". En opposant sa chair et sa force de séduction à l'abstraction conceptuelle de l'art contemporain, la variété des formes kitsch permet aux dramaturges comme aux artistes de la scène d'interroger et de critiquer la puissance des effets du théâtre. Entre naïveté et manipulation des affects, l'artiste réveille alors les démons de cet autre hypocrite, le spectateur bien entendu, aussi bien complice que critique de la société dans laquelle nous nous trouvons ici-bas jetés. De Gombrowicz à Renaud Camus en passant par Fassbinder, des constructions criardes d'Abattoir fermé jusqu'à la douceur feinte d'Yves-Noël Genod, du cabotinage cruel d'un Carmelo Bene jusqu'aux recyclages contestataires de la Camp attitude, sans négliger un détour par le cinéma et l'orgue de barbarie, du ridiculous au fabulous, ce volume laisse encore planer l'ironie vague d'une interrogation: et si Beckett était kitsch?
D'une île à l'autre, de tragédies en découvertes personnelles, Ariane accoste finalement en Sardaigne où elle récrit sa légende. Traversé par le deviens qui tu es nietzschéen, son récit retrace la vie mouvementée d'une femme qui pourrait être notre contemporaine. Au fil des nombreuses péripéties qui balisent son existence, elle n'a de cesse de questionner le sens, ferment de sa réelle identité.
Tandis qu'une main de femme en moi écrivait des textes positifs, argumentés, d'ordre métaphysique, historique ou poétique, l'attente des jours se déroulait dans une aridité, une pauvreté qui se répétait elle-même. La "veille du livre" raconte le roman impossible d'une écriture forgée dans la patience des jours. Les textes rassemblés ici ont été écrits sur plus d'une dizaine d'années.
Une jeune fille rencontre celui qu'elle appelle l'homme de sa vie. Ils habitent à Ashod, une ville portuaire sur la côte israélienne. Elle l'épouse et le suit en France, à Paris. Mais Charles, au fil du temps, s'est progressivement détaché de ses origines ; le message de Jésus le bouleverse et le sentiment d'être plus proche de la religion, va en lui plus profond. Ce récit émouvant trouve sa résonance sur la scène religieuse contemporaine.
Les contributions qui vont suivre examineront, librement, les variations de la temporalité chez certains romanciers du XXe siècle, riche en avatars et en subversion. Petit à petit, le temps devient lui-même un acteur privilégié de l'univers romanesque. Selon le mot de Claude Lévi-Strauss, que Proust n'aurait pas contredit, il accède au statut de " héros du roman ". Si le temps raconte son histoire, c'est qu'il " est né de l'exténuation des mythes ", et même " se réduit à une poursuite exténuante de sa structure. " (Mythologiques, t. III, 1968). Le temps romanesque peut se jouer des lois du temps réel, le contracter ou le dilater, l'accélérer ou le ralentir. Il mélange des segments et des séquences parfois fort éloignés au plan diachronique. Pour avoir été considéré comme un miroir du temps, un Zeit-Spiegel, le temps romanesque devient, au XXe siècle, un Zerr-Spiegel, un miroir déformant. Ainsi que le montrent les études de cet ouvrage, cet effritement ne nuit pas au genre : la liberté de la fiction y puise un renouvellement constant et assure à sa propre création un avenir qui déjoue les lois du temps. Pari gagné à en juger les auteurs de ce volume.