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Le sanctuaire des illusions. George Sand et le théâtre
Bara Olivier
SUP
21,00 €
Épuisé
EAN :9782840506928
Comme la plupart des romanciers du XIXe siècle,George Sand a cédé à la tentation d'écrire pour la scène. Avec ses " rurodrames ", ses comédies intimistes et ses drames fantastiques, la dramaturge a esquissé quelques propositions originales en faveur d'un autre théâtre. La carrière dramatique de George Sand ne forme pas toute la matière de ce livre, qui intègre le répertoire privé de Nohant pour en révéler l'inventivité. Il embrasse aussi le théâtre à lire et la création romanesque. Car l'imaginaire théâtral de Sand déborde toujours la pratique scénique pour nourrir les romans de comédiens. Quête artistique et accomplissement éthique s'y confondent. Chez la républicaine qu'est Sand, la pensée théâtrale s'élabore au fil des articles de critique, dans les préfaces et la correspondance. Selon ces projections utopiques, le théâtre est le nouveau temple où s'accompliront l'égalité et la fraternité inscrites à l'horizon di siècle. Quand l'Histoire menace cet idéal, le théâtre devient le sanctuaire des plus chères illusions, fussent-elles perdues. La scène demeure surtout pour la romancière le creuset de l'écriture. Au théâtre se refondent les puissances de l'imagination. Là se ressource le pouvoir d'affabulation. Devant les feux de la rampe s'interrogent les mystères de l'illusion.
De 1833 à 1876, George Sand a poursuivi une activité critique. Elle a présenté pour la première fris Maurice de Guérin et Adam Mickiewicz, elle a tôt reconnu et salué Eugène Fromentin, défendu les romans de Flaubert, soutenu les créations de Victor Hugo exilé. Balzac avait songé à lui demander une préface pour La Comédie humaine. Ecrivant sur la littérature de son temps et, plus rarement, sur la littérature du passé, George Sand apparaît dans une position d'autorité paradoxale qu'elle a pu construire grâce au succès de son oeuvre romanesque. Bien que femme, et souvent installée à Nohant loin de la capitale, elle sait utiliser avec beaucoup d'intelligence les nouveaux moyens médiatiques de l'édition et de la presse. Par la liberté du ton et des formes, ses articles participent de l'invention d'une critique d'écrivain, où l'empathie n'exclut pas la combativité. Le volume révèle combien fut déterminant le rôle joué par George Sand dans la vie littéraire et intellectuelle du XIXe siècle.
Figure majeure de la vie théâtrale, lyrique, littéraire et culturelle du XIXe siècle, Eugène Scribe (1791-1861) est le créateur de nouvelles formes dramatiques. Il a profondément renouvelé tant le vaudeville que la grande comédie, le grand opéra (Meyerbeer, Halévy, Verdi) que l'opéra-comique (Auber). Son influence s'est fait sentir en France comme dans toute l'Europe, non seulement sur Labiche et Feydeau, mais aussi sur tous les auteurs dramatiques venus après lui, d'Ibsen à Oscar Wilde. Les contributions ici rassemblées émanent de trente spécialistes français et étrangers. Elles éclairent à la fois le répertoire scribien - qui constitue un maillon essentiel dans l'histoire du théâtre occidental - et la personnalité de celui qui fut l'auteur dramatique le plus célèbre de son siècle. Par son combat en faveur du droit d'auteur, Scribe a apporté de plus une contribution décisive à la réflexion sur la liberté de création et sur la propriété artistique.
Dans la lignée de plusieurs travaux confirmant le "moment 1800" comme un tournant dans la négociation des rapports de sexe, le présent numéro entend se pencher sur certains dispositifs exemplaires de leur politisation "dans l'orbe de la Révolution française" (Mechthild Fend, Les Limites de la masculinité : L'androgynie dans l'art et la théorie de l'art, 1750-1850). Le corps révolutionnaire relève-t-il d'un sexe révolutionné ? Ne consacre-t-il pas plutôt le triomphe du modèle "conjugaliste" ? Des imaginaires des Vies privées aux réalités des "vies fragiles" de la prostitution, dans quelle mesure les représentations et les pratiques de la vie sexuelle renforcent-elles ou contrarient-elles cette normativité ? Et si se dessinent des possibilités de s'en émanciper, que doivent-elles aux conquêtes de la Révolution ? La rubrique "Documents" consacrée à la figure de l'hermaphrodite offre trois documents inédits : l'Avant-propos qui n'est pas tout à fait inutile de Collot d'Herbois, préface à sa pièce Le Procès de Socrate (1790), Jaqueline Foroni rendue à son véritable sexe, ou Rapports, Réflexions et jugements présentés à l'Académie de Mantoue, par la classe de Médecine, sur le sexe d'un individu vivant, connu sous le nom de Jaqueline Foroni (1802), et l'Observation sur un individu réputé du sexe féminin, pendant vingt-deux ans, et définitivement rendu à l'étal viril, en vertu d'un jugement solennel publiée par le Bulletin de la Faculté de Médecine de Paris en 1815.
Ahmad Zaki fut entre 1892 et 1934 l'une des figures les plus dynamiques de la vie culturelle égyptienne : polyglotte, traducteur, bibliophile, philologue, homme d'érudition, mais épris de modernité et de voyages. A l'aise tant dans la culture arabe que française, il stupéfiait déjà ses contemporains par l'ampleur de ses connaissances et sa liberté d'esprit. Le tour d'Europe qu'il effectua à partir de 1892 et dont on présente ici la traduction intégrale a tout pour nous étonner encore aujourd'hui par éclectisme dont il témoigne. Rédigeant ses feuillets à la diable, d'où un style singulièrement alerte, l'auteur nous fait partager le regard qu'il porte à la fois en humaniste, en ethnographe amateur et en touriste bon vivant, sur l'Italie, la France, l'Angleterre, le pays de Galles, la péninsule Ibérique, auréolée pour lui du souvenir d'Al-Andalus et de ses splendeurs. Chemin faisant, ce qui se construit, dans ce récit au ton personnel, mi-parti d'humour et de souci patriotique, c'est aussi un discours occidentaliste, véhiculant savoir et représentations moins de "l'Autre", que des autres, mais sans aucune lourdeur dogmatique.
Le progrès technique est-il issu du seul esprit de scientifiques, ou le résultat d'un encouragement politique ? La "révolution scientifique" à l'oeuvre entre le XVIe et le XVIIIe siècle donne lieu à un foisonnement sans précédent d'innovations scientifiques et techniques, mettant en scène un fructueux dialogue entre science(s) et pouvoir(s). L'ouvrage propose des mises au point historiographiques sur des thèmes encore peu explorés : débats autour de l'attraction magnétique, naissance de la médecine du travail, intervention royale dans la recherche d'une méthode de calcul des longitudes, ingénierie des aménagements portuaires...
Tout en montrant la nouveauté radicale du bolchevisme, et les techniques de Staline pour faire régner sa tyrannie, ce livre fait ressortir les continuités de l'histoire russe et ses constantes (idéologie, pratiques du pouvoir, place et influence de l'empire, conceptions et méthodes de politique étrangère, utilisation de la propagande). L'ouverture des archives de l'URSS et leur abondance a enrichi la connaissance de ce monde autrefois fermé et rend indispensables certaines clés de compréhension : elles faciliteront aussi l'abord de la Russie post-communiste et son passé difficile à surmonter.