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Photographie plasticienne, l'extrême contemporain
Baqué Dominique
REGARD
23,00 €
Épuisé
EAN :9782841052394
Si La Photographie plasticienne. Un art paradoxal se proposait d'examiner les conditions de possibilité de "l'entrée en art" de la photographie, autour des années soixante-dix, et constituait le medium photographique comme l'un des plus puissants opérateurs de déconstruction du modernisme, Photographie plasticienne, l'extrême contemporain se donne pour enjeu l'examen attentif des différents pôles photographiques, souvent contradictoires, de ce qui serait "l'après post-modernisme", emblématisé par les années quatre-vingt-dix: les tropes du banal et de l'intime, la photographie érudite; l'esthétique de l'idiotie, le sérieux de l'objectivisme issu de l'école de Düsseldorf; les fictions prométhéennes du post-human, le renouveau de plus en plus affirmé d'une photographie documentaire qui ne doit plus rien à un photojournalisme frappé d'obsolescence, mais peut a contrario se comprendre en écho aux stratégies iconiques du retrait ". Dans un champ photographique éclaté, qu'il serait illusoire de vouloir unifier au détriment des différences et des fractures, l'auteure a conjointement mis en exergue les questionnements propres à l'extrême contemporain: soit l'impossibilité du paysage et la crise de l'urbanité, l'émergence de" non-lieux "et la tentative pour inventer des lieux où vivre, d'une part; l'inquiétude du sujet vis-à-vis de lui-même, d'autre part, comme si le portrait, loin d'être une évidence, achoppait sur une identité toujours plus précaire, qui fut déjà soumise à l'implacable déconstruction structuraliste du sujet. Au terme du parcours, c'est à une lecture subjective - et revendiquée comme telle - des oeuvres que le lecteur sera convié: constituer l'admiration comme passion joyeuse, active, nietzschéenne enfin."
Résumé : C'est un livre sur l'époque. Encore un direz-vous, lassés peut-être. Pourtant il est autre. Moins un pamphlet que la chronique, sous forme de fragments, d'une désolation. Décliniste ? Pas seulement. Si j'y analyse la déréliction du politique, l'effroi de Daech, l'intégration à reculons, la faillite de l'Occident, je veux mettre aussi au jour les " symptômes " d'un monde en proie au tourment. Un monde dominé par Trump, Poutine et l'islamisme radical. D'où mon parti de prendre en compte le " fait social total " conceptualisé par Marcel Mauss, et la low culture, aussi bien Kim Kardashian que la lutte des femmes kurdes, le gender fluid et le cinéma, la burka et les tweets, les Femen et les migrants, Beyoncé et la montée des extrêmes droites, la faiblesse insigne de l'art contemporain, une culture, la nôtre, en perdition. Ce sont nos nouvelles " mythologies ". Pas de programme, donc : je le laisse aux politiques, qui toujours le trahissent. Une humeur, des colères, une mélancolie. Mais aussi un combat, mon combat, au fil des pages, pour la cause des femmes et la défense de la laïcité. Ainsi, rêver peut-être - en dépit de tout.
Dans la pénombre des photographies d'Eric Aupol s'infiltre une lumière qui révèle la profondeur d'une architecture, l'intimité d'endroits vides, et l'épaisseur d'une histoire, les sédiments d'un lieu nu. En la penumbra de las fotografias de Eric Aupol se infiltra una luz que revela la profundidad de una arquitectura, la intimidad de lugares vacios y el espesor de una historia, los sedimentos de un lugar desnudo.
Il existe, en France notamment, uni consensus chez artistes et critiques qui consiste à perpétuer l'idéal d'une ?uvre d'art susceptible d'éveiller les consciences aliénées, de modifier le cours de l'Histoire, de créer de la "reliance" là où le tissu social s'est déchiré. Ce livre émet une hypothèse radicalement attire, critique et polémique: analysant les pôles de résistance que l'art oppose depuis mie vingtaine d'années à l'effondrement du politique, l'auteure montre combien une partie de l'art contemporain peut se révéler naïf, idéologiquement faible, encore pétri d'illusions humanistes, clivé entre les positions désormais caduques des néo-avant-gardes et les ?uvres dites "relationnelles", qui prônent une convivialité de bon aloi et occultent gravement l'extrême dureté des fractures sociales. L'auteure interroge les récentes pratiques de guérillas sémiotiques contre la mondialisation et récuse la supposée valeur de véracité que certains continuent d'attribuer ait photojournalisme, en dépit de la spectacularisation de l'information.D'où ce constat: à la déréliction du politique correspond la défection de l'art à vocation politique ou sociale. Constat d'échec? Pas seulement. Car l'art pourrait passer le témoin à d'autres formes visuelles: le documentaire engagé, photographique et plus encore cinématographique, puissante "machine à penser" selon l'expression de Thierry Garrel. Ce livre se veut, au final, un hommage rendu à la modestie lucide du documentaire, an travail du temps, à la parole incarnée, à l'écart des bruyantes imageries postmodernes.
Il existe, en France notamment, un consensus chez artistes et critiques qui consiste à perpétuer l'idéal d'une oeuvre d'art susceptible d'éveiller les consciences aliénées, de modifier le cours de l'Histoire, de créer de la "reliance" là où le tissu social s'est déchiré. Ce livre émet une hypothèse radicalement autre, critique et polémique analysant les pôles de résistance que l'art oppose depuis une vingtaine d'années à l'effondrement du politique, l'auteure montre combien l'art contemporain se révèle souvent naïf, idéologiquement faible, encore pétri d'illusions humanistes, clivé entre les positions désormais caduques des néo-avant-gardes et les oeuvres dites "relationnelles", qui prônent une convivialité de bon aloi et occultent gravement l'extrême dureté des fractures sociales. L'auteure interroge les récentes pratiques de guérillas sémiotiques contre la mondialisation et récuse la supposée valeur de véracité que certains continuent d'attribuer au photojournalisme, en dépit de la spectacularisation de l'information. D'où ce constat: à la déréliction du politique correspond la défection de l'art à vocation politique ou sociale. Constat d'échec? Pas seulement. Car l'art pourrait passer le témoin à d'autres formes visuelles: le documentaire engagé, photographique et plus encore cinématographique, puissante "machine à penser" selon l'expression de Thierry Garrel. Ce livre se veut, au final, un hommage rendu à la modestie lucide du documentaire, au travail du temps, à la parole incarnée, à l'écart des bruyantes imageries postmodernes Biographie de l'auteur Ancienne élève de l'école normale supérieure, agrégé de philosophie et maître de conférence à l'université Paris-VIII, Dominique Baqué signe chaque mois la chronique "Photographie" de la revue Art Press. Elle est notamment l'auteure de Maurice Tabard (Belfond, 1991), Les Documents de la modernité (Jacqueline Chambon, 1993), La Photographie plasticienne. Un art paradoxal et Mauvais genre(s). Erotisme, pornographie, art contemporain (Éditions du Regard, 1998 et 2002)
Résumé : L'art peut-il se passer de formes jusqu'à devenir invisible ? L'art peut-il être ? et jusqu'à quel point ? ? imperceptible ? Cet ouvrage propose une série de réponses à ces questions qui hantent l'histoire de l'art depuis ses origines et sont particulièrement prégnantes au XXe siècle comme dans la production à plus récente. Le terme inframince inventé par Marcel Duchamp, jusqu'à présent très peu étudié par l'historiographie, cristallise ces interrogations et les opérations artistiques qui leur sont liées. Il sert ici de point d'ancrage à une analyse au cas par cas d'oeuvres particulièrement exemplaires du devenir imperceptible de la plasticité. Ce livre, qui puise dans de nombreux exemples modernes et contemporains la matière de ses analyses (Piero Manzoni, Robert Barry, Ian Wilson, Max Neuhaus, Jiri Kovanda, Roman Ondák...), est cependant tout sauf encyclopédique : il propose une étude des singularités formelles et des disruptions qu'elles produisent sans souci d'exhaustivité. Comment l'oeuvre peut-elle être là sans insister sur sa présence ? Comment la disparition peut-elle devenir l'autre nom de la manifestation ? Autant d'interrogations auxquelles ces pages donnent une résonance théorique et historique. De l'inframince donc ou comment construire des intensités par soustraction.
Résumé : Né en 1952 à Minerviu en Corse, Ange Leccia est un photographe, plasticien et cinéaste français. Ses ouvres sont exposées à travers le monde dans les plus musées les plus réputés (Guggenheim Museum de New-York, Centre George Pompidou à Paris, City Art Museum à Hiroshima, etc.). Après des études à la Sorbonne et des premières créations cinématographiques, la carrière de Leccia prend véritablement son essor dans les années 80. Tout en continuant ses recherches visuelles, il met au point ce qu'il nomme lui-même des " arrangements " - face à face d'objets industriels, réflexions sur l'image filmée ou photographique, relectures de l'art Duchampien du ready-made - qui témoignent du " point juste de la relation entre les objets " d'où peut naître l'ouvre d'art. A l'image de sa photographie, ses vidéos, poésies admirables de l'errance et de la solitude contemporaines, louvoyant admirablement entre représentation et abstraction, intériorité et extériorité, expriment la volonté de Leccia d'assimiler son art à un engagement politique et une dénonciation sociale. L'identité, l'imaginaire, l'ambiguïté et la violence sont les piliers sur lesquels se fonde son expression. Ancien pensionnaire de la villa Médicis et enseignant des écoles des Beaux-Arts de Grenoble et Cergy Pontoise, Ange Leccia dirige actuellement le laboratoire de création du Palais de Tokyo. Son travail fait l'objet cette année de trois expositions en France.
On reconnaît immédiatement une photographie d'Helmut Newton. Comme s'il avait inventé un monde, le sien, à nul autre pareil, et une écriture photographique singulière, totalement maîtrisée, apollinienne, presque froide. Et, de Newton, l'imaginaire collectif a retenu une iconographie triomphante, solaire, faite de femmes en gloire, athlétiques, puissantes et désirantes, d'un érotisme glacé, de piscines californiennes à la David Hockney, de palaces fastueux, de fourrures et de bijoux. Bref, le monde des riches. Mais on sait moins le versant obscur, dionysiaque de l'oeuvre : la satire des riches et des puissants, l'élaboration d'un érotisme des ténèbres, où se jouent rituels SM, minerves, prothèses, enserrements du corps, et qui ouvre l'apollinisme apparent des images à la blessure dionysiaque. Jusqu'à la mise en scène des " doubles " à l'inquiétante étrangeté freudienne, des " écorchés ", des vrais-faux cadavres, des meurtres. Jusqu'à la cruelle lucidité, enfin, de son regard sur le vieillissement des corps - y compris le sien, qui fut confronté à la maladie. Surtout, et d'autant plus qu'il en a très peu parlé et s'est toujours refusé à en faire son fonds de commerce, on ignore que le jeune Helmut est d'abord un Juif berlinois rescapé de l'extermination nazie, dont la vie a sans cesse rejoué la figure mythique du Juif errant et qui trouva dans Paris, sa ville d'élection, le lieu où s'enraciner enfin, après Singapour, l'Australie, Londres et Los Angeles. Et c'est précisément à l'aune de cette judéité, jamais revendiquée comme telle mais douloureuse, que l'auteur a voulu réexaminer le corpus newtonien : en témoignent ces corps de femmes puissantes qui s'avèrent la réplique du corps aryen glorifié par le nazisme, le fétichisme des uniformes, du cuir et des casques, la présence obsédante des chiens, ou encore les portraits de Léni Riefensthal, l'égérie du Troisième Reich. Mais, de ce désastre " germanique ", Newton n'aura jamais fait la plainte amère ou rageuse : il a choisi, tout au contraire, de le magnifier. Premier essai consacré à l'oeuvre du photographe Helmut Newton.