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Les mangeurs de sel
Bambara Toni Cade ; Wicke Anne ; Amfreville Marc
YPSILON
24,00 €
Épuisé
EAN :9782356540874
« ? Tu es sûre, ma belle, de vouloir aller bien ? »À partir de cette question (stupéfiante? surprenante? déroutante ?) par laquelle commence ce roman, un chemin est tracé comme on s?ouvre les veines... Velma, assise sur un tabouret à l'hôpital devant Minnie «la légendaire guérisseuse de la région », assiste à son interrogatoire tout en s'interrogeant elle-même sur ce qui se passe et s?est passé. Elle a tenté le suicide, elle, la guerrière, qui n?a pas cessé de lutter pour une vie juste pour les femmes pour les Noirs pour les travailleurs. Toute sa vie et celle des « mangeurs de sel », les Noirs qui habitent Claybourne, une ville quelque part dans le Sud en Géorgie, va apparaître et se dire dans un mouvement fait de visions, de souvenirs, de flashbacks, de pensées, de regrets, de questions, où le politique, le poétique et le métaphysique sont liés. Lié à l?événement d?une guérison, à une catharsis aussi individuelle que collective. Pour Toni Cade Bambara « l?unité n?est pas une question insignifiante » mais centrale. Tout se tient. La tragédie et la comédie aussi, les forces mystiques et mythologiques qu'elles soient grecques, bibliques ou yoruba.On apprendra « la différence entre les vipères et les autres serpents, la différence entre manger du sel comme antidote aux morsures de vipère et être changée en statue de sel, pour avoir succombé au serpent.» On mangera du sel, aussi parce qu?il faut se connaître mieux et «vous ne connaissez jamais vraiment une personne avant d'avoir mangé du sel ensemble»
Imaginez Zazie dans le métro revu par Spike Lee... Avec le rythme des meilleurs jazzmen, une chaleur et une compassion qui jamais ne se démentent, ces quinze nouvelles nous font connaître et aimer toute la galerie de personnages issus de la communauté noire américaine : le vieux joueur de blues du Sud qui refuse d'aller enregistrer chez les blancs du Nord, la mère de famille jugée par ses grands enfants parce qu'elle s'amuse trop à leur goût, le groupe d'amies réunies en un truculent conseil de guerre après la fuite de l'amant d'une d'entre elles, ou encore les enfants des quartiers pauvres, qui racontent, dans une langue inimitable, leurs rêves et leurs désillusions face au racisme ou à l'incompréhension des adultes. Tout l'amour que Toni Cade Bambara porte à sa communauté transparaît dans chacune de ces nouvelles admirablement maîtrisées. A. W.
La peur suscitée par les événements terrifiants comme le terrorisme et la pandémie de la Covid-19 conduit à l'érection de nos agglomérations en villes citadelles, en villes forteresses dans lesquelles l'urgence sécuritaire est devenue la valeur primordiale au détriment d'autres considérations telles que la liberté, l'éthique et l'esthétique. Dans ce contexte de mondialisation, les villes érigent des frontières, des barrières à l'intérieur de leurs territoires décomposés et reconfigurés, limitent la mobilité et étouffent ainsi toute altérité et toutes les interrelations individuelles et collectives. Cette période d'incertitude bouleverse profondément les modes d'organisation, les modes de gestion des villes et les liens entre les hommes. Paradoxalement, le désir de protection l'une des exigences absolues de citoyens conscients de leur fragilité dans leur volonté de réaliser le vivre ensemble, d'imaginer de nouvelles formes de vie et de préserver l'humain dans l'homme — fait que l'humanité entre dans l'ère de l'oubli de l'humain.
Plus jamais je ne rentrerai en scène.Je ne chanterai jamais plus...Sur cet aveu de désespoir de celle qui disait à son public « Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous » s'ouvrent ces Mémoires, que la mort - survenue en novembre 1997 - ne lui laissa pas le temps d'achever.Nous y rencontrons la petite fille des Batignolles, qu'une enfance vagabonde, sur fond d'Occupation, amènera notamment à Marseille, à Tarbes, à Saint-Marcellin, avant le retour à Paris. Puis la jeune fille qui, bravant la misère et les déceptions, poursuivra obstinément son rêve: chanter, devant un piano noir, jusqu'aux débuts à L'écluse, aux premiers succès, aux tournées...Témoignage sensible et vrai sur un métier, la chanson, ce livre est aussi et avant tout l'autoportrait d'une femme rebelle, artiste, solitaire malgré l'adulation de ses fans, et qui aura retenu jusqu'au bout quelques aveux déchirants, livrés dans ces pages.
Ce livre est construit comme une gigantesque enquête policière menée de front par les services de la police d'Atlanta, le FBI, une cellule de crise, des journalistes, des enquêteurs privés et surtout par les parents de Sonny qui, doutant de l'efficacité et de la volonté de réussir de la police officielle(Atlanta, capitale du Sud ne veut pas entendre parler d'un tueur en série qui kidnappe les jeunes Noirs pour les torturer, les soumettre à divers sévices sexuels, les tuer et abandonner leur cadavre dans une multitude de lieux improbables), mènent donc leurs propres investigations. L'auteur décrit dans le détail cette Amérique du début des années 80, dans le Sud, à Atlanta, du point de vue des Noirs et plus précisément des femmes noires, mais sans négliger ni le monde blanc ni le machisme des Noirs, ni les univers imbriqués des médias, de la politique, de la finance, de la police, des activistes noirs et de l'extrême droite blanche. A travers le portrait d'un drame humain- Sonny un jeune noir âgé de douze ans, disparaît brusquement sans laisse de trace-, il s'agit de brosser la grande fresque de la société américaine, telle que d'innombrables écrivains américains ont rêvé de le faire, même si les réussites se comptent sur les doigts des deux mains. Ce livre est le dernier écrit par l'auteur. Il paraît de manière posthume en 1999, cinq ans après la mort de cette dernière. Toni Morrison s'est chargée de la préparation de l'édition. L'auteur a travaillé sur ce roman car elle jugeait que "l'histoire du monde resterait incomplète si ce livre n'était pas publié'."
Avec Arbre De Diane la poésie d'Alejandra Pizarnik atteint pour la première fois cette intensité qui la rend unique. Ses recueils précédents sont déjà traversés d'éclats qui annoncent celui-ci et les obsessions y sont les mêmes. Mais la tension et le pouvoir d'envoûtement du poème sont ici accentués par la découverte de la "miniature". Publié à Buenos Aires en 1962. quand Alejandra Pizarnik vivait à Paris, ce recueil marque un tournant dans son oeuvre : composé de 4 parties, rassemblant des poèmes écrits entre 1956 et 1961. il montre la volonté de faire un point sur son parcours.