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L'enseignement religieux dans la Couronne de Castille. Incidences spirituelles et sociales (XIIIe-XV
Baloup Daniel
CASA DE VELAZQU
28,01 €
Épuisé
EAN :9788495555304
Est-il possible d'évaluer les conséquences de l'enseignement religieux sur l'imaginaire et sur les comportements des Castillans à la fin du Moyen Âge ? Pour répondre à cette difficile question, les textes réunis dans ce volume ont exploré trois domaines dans lesquels il semblait possible de suivre la réception des leçons de l'Église : le développement de nouvelles dévotions (à la Trinité, au sang du Christ), l'adoption de pratiques ou de comportements préconisés par le clergé (la confession, le respect des lieux consacrés) et les attitudes a l'égard de la communauté juive et des judéo-convertis. Ces textes font apparaître, parmi d'autres acquis, l'importance du substrat intellectuel sur lequel l'enseignement religieux vient se greffer, la participation de la pastorale chrétienne à la construction des identités collectives et la fragilité du monopole que l'Église prétendait exercer sur la diffusion de la doctrine. Sur un terrain encore assez peu exploré, le présent ouvrage vient poser des jalons à partir desquels la recherche historique peut espérer parvenir à une meilleure compréhension de la vie religieuse des laïcs entre le XIIIe et le Xve siècle.
Venise a été pour Bernard Doumerc, depuis le début de sa carrière, un poste d'observation d'où scruter une Méditerranée dont il n'a cessé d'explorer la diversité. Sans négliger les grands mouvements et les grandes figures de l'histoire, son regard a souvent porté vers des espaces et des groupes humains que l'historiographie française ne met que trop rarement en valeur. Désireux de lui rendre hommage au moment où il faisait valoir ses droits à la retraite, les jeunes chercheurs qu'il a formés à l'université de Toulouse et ses collègues ont conçu cet ouvrage comme une mosaïque d'études qui prolongent ses propres réflexions (sur les sociétés urbaines, les circulations marchandes, les conflits interconfessionnels) en embrassant la totalité de l'espace méditerranéen, de la mer Noire au premier Atlantique.
La Reconquête, qui a confronté la Chrétienté et l'Islam en péninsule Ibérique au Moyen Age, a trop souvent été réduite à l'effort obstiné des puissances chrétiennes hispaniques pour débarrasser leur sol de la présence musulmane. En réalité, cet épisode historique doit plutôt être regardé comme la matrice d'un modèle de relations entre ces deux entités construit par tâtonnements, au gré de circonstances souvent changeantes. Si le projet de récupération des terres de l'ancien royaume wisigothique est très tôt formulé (dès la fin du IXe siècle), la question du modèle politique et social sur lequel fonder leur puissance restaurée demeure ouverte jusqu'à l'aboutissement de cette entreprise, à la fin du XVe siècle, et même un peu au-delà. Cet ouvrage suit ce parcours incertain en montrant comment les catégories et les pratiques qui articulent ensuite la relation entre Chrétienté et Islam s'élaborent, non sans hésitations. Les phénomènes décrits s'inscrivent dans un contexte spécifique (la péninsule Ibérique) mais aussi dans la prise en compte de tendances qui se manifestent à l'échelle de l'Occident latin et du monde musulman.
L'histoire de la Méditerranée médiévale, zone partagée entre l'Afrique, l'Asie et l'Europe, est faite de phases d'expansion ou de repli qui charrient à travers l'espace les marqueurs d'identités hétérogènes. Ce vaste espace est alors caractérisé par la diversité, le métissage, l'inextinguible capacité d'invention, mais aussi les affrontements et le refus de la différence. Les auteurs ont souhaité mettre en lumière la grande diversité des mondes méditerranéens, au-delà de l'idée fantasmée d'un ensemble géographique et humain qui pourrait, au Moyen Age, se réduire à l'opposition entre Chrétienté et Islam. Ils ont choisi de présenter une succession d'études de cas consacrées à des thèmes trop peu traités, éclairant des questions touchant aux sociétés, aux territoires et aux faits culturels. L'ouvrage propose des documents, souvent inédits, et des synthèses thématiques permettent de replacer les études de cas dans une perspective large et assurent la cohérence de l'ensemble.
Passé l'élan victorieux de la première croisade, les Latins se heurtent en Orient à des difficultés toujours plus grandes. La perte de Jérusalem, conquise par Saladin en 1187, puis celle d'Acre, qui tombe en 1291, puis encore l'irrésistible avancée ottomane et la chute de Constantinople, en 1453, suscitent la rédaction de nombreux projets de croisade : devant l'accumulation des échecs, il apparaît désormais évident que l'organisation de nouvelles expéditions nécessite un effort de prévision et de gestion des moyens afin de mettre toutes les chances du côté des puissances chrétiennes. Parfois, c'est un prince ou le pape qui commande un rapport ; plus souvent, les auteurs de ces projets de croisade agissent spontanément, parce qu'ils sont sincèrement préoccupés par le sort de la chrétienté ou pour faire progresser leur carrière en attirant l'attention d'un puissant. D'une façon ou d'une autre, ces textes illustrent le développement d'une pensée prospective qui, sans écarter les références aux Ecritures et aux prophéties, se caractérise par sa visée pratique : il s'agit d'évaluer les forces et les faiblesses de l'adversaire, d'élaborer une stratégie et des tactiques de conquête, de susciter une coalition des forces chrétiennes et de trouver les moyens financiers, matériels et humains du succès. Parce qu'ils n'ont, pour la plupart, jamais été suivis d'effets, ces textes ont été longtemps négligés par les historiens. Le présent volume participe d'un regain d'intérêt pour une source susceptible de beaucoup nous apprendre, en particulier sur les visions géostratégiques dominantes à la fin du Moyen Age et sur l'évolution des rapports de force entre les puissances européennes.