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Paris et Ile-de-France. Tome 70, Mémoires
Balard Michel
CTHS EDITION
30,00 €
Épuisé
EAN :9782855792484
La France se nomme diversité". Lorsque Fernand Braudel étudiait l'identité de la France, il relevait à quel point "nos petites patries" pouvaient être dissemblables. Il constatait que l'une d'entre elles, l'Ile-de-France, a joué un rôle éminent et unificateur à travers toute l'histoire de notre pays. C'est ce rôle que la Fédération, en organisant à Saint-Maur son XVe Colloque d'Histoire régionale, a voulu approfondir, après tant d'autres. La région francilienne, comme on la nomme aujourd'hui, a bénéficié d'un ancrage central et ancien dans la nation France. Elle a abrité le domaine des premiers rois capétiens, bénéficié d'une richesse agricole sans pareille, de transports aisés depuis les premières voies romaines jusqu'aux routes nationales et aux voies ferrées rayonnant et convergeant vers Paris. Elle a surtout accueilli la permanence du pouvoir, malgré quelques errances de nos gouvernants au Moyen Age et à la Renaissance. Elle a fourni à l'Etat une grande partie de ses serviteurs, établis dans les grandes institutions nationales, a accueilli l'élite des lettres et des arts et a largement contribué à la diffusion du sentiment national, en organisant la défense de la patrie menacée et la commémoration des victoires remportées sur l'ennemi. Que ce soit à travers des événements d'une portée nationale, ou à travers la biographie de quelque grand créateur d'Ile-de-France, il nous est apparu essentiel de mettre en évidence quelques aspects du rôle central de notre région dans nombre de domaines : des institutions et des lieux de pouvoir au marché de l'art, de la défense du territoire aux palais nationaux, de la création du droit administratif à l'essor de l'industrie sucrière, le lecteur trouvera dans ce volume des idées neuves sur la place exceptionnelle de l'Ile-de-France dans l'histoire de notre nation.
Sous ce titre général se cache un pan d'histoire dont la diversité et la complexité thématique sont considérables. Dans ce vaste Orient appelé aussi par les Italiens et Catalans du Moyen Age Ultramare, la présence des Latins, avec la création des Etats latins en Syrie-Palestine, Constantinople, en mer Egée et en Morée, se manifeste sous trois formes d'intensité variable selon la période étudiée : le commerce, la guerre, les pèlerinages et voyages de découverte jusqu'en Chine avec implantations de missions. L'activité commerciale s'appuie sur une entreprise de colonisation avec la création de comptoirs dans les Etats nés à la suite des conquêtes réalisées lors des croisades. Les croisades unissent deux pratiques essentielles : la guerre sainte et le pèlerinage vers les Lieux saints. Une synthèse fondamentale sur une période historique clef, pour laquelle une "vision coloniale" a trop souvent guidé la recherche en donnant à l'Occident un rôle dynamique face à un Orient considéré comme passif. Il devient nécessaire de réexaminer l'image laissée par les Latins en Orient.
À l'ouest, l'éclatement du califat de Cordoue en petits royaumes, dits de taifas, facilite la reconquête, partie des États chrétiens du nord de la péninsule Hispanique.En mer Egée, les deux républiques marchandes italiennes bénéficient d'un partage de fait: l'ouest avec Négrepont et Thessalonique sous la domination de Venise, l'est avec les îles de Chio (chapitre 2) et de Mytilène sous celle de Gênes. En Chypre, le gouvernement des Lusignan, qui a cherché à maintenir la balance égale entre les deux républiques, est contraint de céder Famagouste aux Génois en 1373 (chapitre 9). Écartés du principal port chypriote, les Vénitiens réorganisent leurs circuits commerciaux vers Beyrouth, tout en maintenant leurs plantations de canne à sucre près de Limassol.
Longtemps, Constantinople l'imprenable, ville sainte de l'Empire byzantin, aura été la capitale du monde. Ce mythe de la ville-monde fut un puissant ciment pour les peuples hétéroclites,- Bulgares, Serbes, Russes, qu'elle rassemblait sous son Empire. Mais, entre le XIe et le XIVe siècle, le prestige de la "nouvelle Rome" s'affaiblit, l'institution impériale se désacralise, la théocratie est mise en question. Après la première croisade, les querelles religieuses entre Rome et Constantinople s'exacerbent. Le 13 avril 1204, les croisés venus d'Occident prennent d'assaut la "ville gardée de Dieu". Pour la première fois de son histoire, la ville se rend et, avec elle, une grande partie de l'Empire. Il n'y aura qu'une autre chute - définitive - en 1453. On ne peut comprendre aujourd'hui les convulsions de l'Europe orientale sans tenir compte du rêve que partagent les Grecs, les Serbes, les Bulgares et les Russes, tous désireux de rendre à Constantinople les insignes impériaux dont les Turcs l'ont dépossédée.
1492: découverte de l'Amérique, dilatation prodigieuse de l'espace, rencontre de deux mondes qui s'ignoraient. Chacun croit connaître l'événement. Mais Christophe Colomb, le Découvreur, qui est-il vraiment? Génois, sans aucun doute, comment a-t-il pu concevoir son projet insensé," aller en Orient par l'Occident ", l'imposer aux Rois catholiques et mener son entreprise avec succès, en dépit de l'incrédulité et des résistances des politiques et des hommes de science? Mieux vaut l'écouter lui-même et essayer de le comprendre à travers les notes quotidiennes de son Journal de bord, transcrit par Las Casas. On y découvrira le plus grand navigateur de tous les temps, qui a trouvé ce qu'il ne cherchait pas - l'Amérique - mais n'a pas trouvé ce qu'il cherchait - les Indes orientales. On y découvrira surtout l'homme dans son approche de l'autre: un mélange de fascination, de désir de conversion et d'avidité, prémices de la colonisation du Nouveau Monde." Michel Balard.