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Théorie générale de la Révolution. 3e édition
Bakounine Michel ; Lesourd Etienne ; Maximov Grego
NUITS ROUGES
17,00 €
Épuisé
EAN :9782913112667
Révolutionnaire obstiné, conspirateur d'instinct, orateur infatigable, Michel Bakounine avait souvent mieux à faire que de composer des traités. D'où, parfois, le caractère décousu de ses textes, écrits à la diable - ce qu'on pardonnera à un athée tel que lui. Pourtant, ils ne méritent pas l'oubli dans lequel ils sont tombés. Pour réhabiliter son oeuvre écrite, Etienne Lesourd, s'inspirant de la compilation qu'avait faite l'anarchiste russe G. P. Maximov en anglais dans les années 1950, a restitué les textes dans leur français originel - puisque, on ne le sait pas toujours, "le géant russe" écrivait le plus souvent dans cette langue. L'ensemble constitue un exposé systématique de ses idées sur le matérialisme, l'Etat, le capital, les coopératives, la question nationale et, bien sûr, le socialisme libertaire, seul capable à ses yeux de contrer les menaces dictatoriales qu'il discernait dans le marxisme, et cela malgré l'estime dans laquelle il tenait les travaux de l'auteur du Capital.
L'ardeur mise par les robespierristes à faire tomber les têtes leur a longtemps valu dans la gauche française une réputation de révolutionnaires hardis, incorruptibles. Dans son style chaleureux, Daniel Guérin montre toutefois qu'ils ne furent pas moins acharnés que leurs rivaux girondins et dantonistes à écraser les mouvements du prolétariat naissant des villes, "les bras nus", et dont des hommes et des femmes comme Théophile Leclerc, Claire Lacombe, Jean Varlet et Jacques Roux ("les enragés") furent les représentants les plus désintéressés. Il souligne aussi que les victimes plébéiennes de la Terreur - qui ne prit pas fin avec la chute de Robespierre - furent sans doute aussi nombreuses que ses victimes bourgeoises et aristocratiques.
Pour ce reportage dans ce qu'on n'appelait pas encore "les quartiers sensibles" , le journaliste Henry Leyret s'était fait bistrottier pendant quelques mois. Ses observations pertinentes, émaillées de "brèves de comptoir" authentiques, constituent un témoignage de première main, précis et souvent drôle, sur la condition et les idées politiques des ouvriers parisiens de la fin du XIXe siècle. Loyal, pas méchant, l'ouvrier parisien est très généreux... Un maçon prend une voiture, se promène pendant une heure et demie, puis, en s'excusant de n'avoir pas davantage, il donne seulement 20 sous au cocher ; celui-ci maugrée, tempête, enfin, bon enfant, finit par accepter ; on prend un verre, on trinque ensemble, l'automédon regagne son siège quand, soudain, l'autre l'insulte : - T'es pas honteux de travailler à vil prix ? 20 sous ! T'as donc pas de coeur, canaille, pour trahir tes frères ? Ahuri, furieux, le cocher lève la main, les deux hommes roulent sur le trottoir, mais c'est le cocher qui est le plus fort, il tient son singulier client sous les genoux, il peut le frapper, l'abîmer, quand, s'arrêtant, il dit : - Tu vois, je pourrais te faire mal, tu le mériterais, car tu t'es salement conduit. Mais je ne t'en veux pas, t'as bu un coup de trop ! Lève-toi et faisons la paix.
Résumé : Ernst, lycéen dans une petite ville de l'Allemagne du sud, s'éveille à toutes les complexités de la vie. Les injustices et les inégalités sociales, la mesquinerie et la médiocrité de nombre de ses camarades de classe qui prennent plaisir à persécuter plus faible ou plus sensible qu'eux le heurtent, ainsi que la méchanceté et l'hypocrisie de beaucoup d'adultes. L'éveil de sa sexualité, impérativement attrayante mais que l'ignorance et l'hypocrisie rendent mystérieuse, lui valent bien des déboires et des frayeurs. Sa solidarité spontanée avec un jeune Juif, souffre-douleur d'un maître de gymnastique sournoisement antisémite, le rapproche d'un garçon plus averti et plus mûr que lui, fils d'un ancien officier anticonformiste. Brutalement, cette société bien ordonnée bascule dans la guerre et bouleverse le quotidien. Emportés par la vague nationaliste, tous les habitants se retrouvent dans une grande union chauvine : bourgeois et petits-bourgeois se sentent pousser des ailes de héros, les ouvriers sont abreuvés de musique militaire et de discours patriotiques, les militants socialistes sont trahis, abandonnés par leurs chefs dont les idées chancellent. Tous, bras dessus bras dessous, s'engagent dans la guerre que l'on annonce courte et... victorieuse.
Résumé : Richard Müller n'était ni un théoricien ou un politicien comme Rosa Luxemburg ou Karl Liebknecht, mais un ouvrier tourneur, simple adhérent du SPD d'avant 1914, l'un de ces héros que l'Histoire tire de l'ombre avant de l'y replonger, une fois sa tâche accomplie. A la tête du réseau des Délégués révolutionnaires, créé en 1916 pour résister au militarisme, il fut, plus que la Ligue Spartakus, "l'homme de la Révolution de novembre". A travers son action, nous découvrons les ressorts prosaïques des événements, souvent plus décisifs que les discours enflammés et les postures héroïques. Modéré, "centriste", il s'opposera au soulèvement prématuré de janvier 1919 à Berlin et à l'aventureuse "Action de mars" de 1921, lancés par le Parti communiste. Pas toujours avisé dans ses choix, il était aussi parfois courageux et déterminé, à l'image finalement de la classe ouvrière allemande de ces années-là. Partisan d'une "République des conseils", adhérant au KPD en 1920, comme la majorité des socialistes de gauche, il en sera assez vite écarté de fait par la bolchévisation. Après la publication de précieuses Mémoires au milieu de la décennie, il abandonnera toute activité politique pour une inattendue carrière de promoteur immobilier, qu'il mènera sans trop de scrupules.