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Orients stratégiques N° 12/2022 : La question kurde dans tous ses états
Bakawan Adel ; Marcou Jean
L'HARMATTAN
21,00 €
Épuisé
EAN :9782343257044
Depuis la fin du monde bipolaire, la question kurde n'a cessé de monter en puissance sur la scène internationale. Le plus souvent, les ouvrages qui traitent de la question kurde sont des études sectorielles qui se concentrent sur la situation des Kurdes dans l'un de leurs pays de peuplement. Sans prétendre à une exhaustivité qui serait sans doute prétentieuse, ce numéro d'Orients stratégiques entend dans un premier temps envisager " la question kurde dans tous ses Etats ", c'est-à-dire dans les principaux pays (Irak, Iran, Syrie, Turquie) qui abritent des populations kurdes au Moyen-Orient. Mais, au-delà de cette approche par pays, l'ambition de ce numéro est aussi d'aborder, dans un deuxième temps, " la question kurde dans tous ses états ", c'est-à-dire d'en mesurer les principaux enjeux, d'observer les interactions entre Kurdes des différents Etats et de voir comment des puissances extérieures s'impliquent également dans cette aire. Finalement, cette succession d'analyses approfondies favorise une approche d'ensemble de la question kurde, ce qui est aujourd'hui plus que jamais nécessaire.
En 1921, l'Etat irakien a été créé "contre" les Kurdes ; s'est alors formé de fait un discours indépendantiste rejetant catégoriquement l'intégration à l'Etat irakien conçu par les Britanniques. En 2003, le même Etat irakien a été recréé "avec" les Kurdes, mais la volonté d'indépendance, la radicalisation du discours et la détermination de divorcer avec l'Irak sont plus que jamais présentes. Dès lors, les questions affluent. Comment expliquer cette radicalisation du discours indépendantiste du nationalisme kurde en Irak entre 2003 (chute de Bagdad suite à l'invasion de l'armée américaine) et 2017 (chute de Kirkuk suite à "l'invasion" des milices de l'organisation de la Mobilisation Populaire) ? Comment expliquer cette détermination de divorcer d'un Etat dont la reconstruction a été massivement assurée par les Kurdes eux-mêmes ? Comment les acteurs nationalistes kurdes ont-ils réussi à conserver une volonté de fer pour ne jamais se sentir "Irakiens", ne jamais vouloir vivre comme "Irakiens", ne jamais s'approprier le drapeau irakien, ne jamais chanter l'hymne national irakien, ne plus parler arabe, voir l'Irak — au mieux — comme un pays de passage et — au pire — comme une force d'occupation ?
L'Irak a 100 ans. Ce vaste pays du Moyen-Orient de 40 millions d'habitants peine à s'inventer une identité partagée et se trouve au bord de l'implosion. Résultat d'un découpage arbitraire fait par les Britanniques en 1921 à la suite du démantèlement de l'Empire ottoman, l'Irak s'est construit sans socle politique et culturel commun. Divisé en trois régions occupées par trois communautés ¿ les chiites au sud et majoritaires, les sunnites au centre, les Kurdes au nord ¿, le pays souffre des rivalités entre ces entités que tout oppose : ni la langue, ni les modes de vie, ni la mémoire collective ne les réunit. De Bassora à Mossoul, de Bagdad à Erbil, l'absence de mythe fondateur et de projets communs retournent violemment ces groupes les uns contre les autres. C'est une histoire passionnante à laquelle nous convie le francoirakien Adel Bakawan qui aime son pays autant qu'il s'en désespère car, après un siècle, le projet initial d'intégration nationale du roi Fayçal reste dans l'impasse. Aujourd'hui, face à la corruption généralisée, la main basse des partis sur les ressources du pays ¿ l'Irak vit à 95 % du pétrole ¿, les ingérences de l'institution religieuse, la milicisation du pays et l'injustice sociale profonde, la nouvelle génération, désillusionnée, exprime une réelle colère contre les classes politiques et constate l'échec de l'unification de l'Irak, sans trouver d'horizon. Adel Bakawan est sociologue, directeur du Centre français de recherche sur l'Irak (CFRI), membre de l'Institut de recherche et d'études méditerranée Moyen-Orient (Iremmo), chercheur associé à l'Institut français des relations internationales (IFRI) et au Centre arabe de recherches et d'études politiques de Paris (Carep).
Ce numéro, le premier de la revue Confluences Méditerranée destiné à l'Irak, vise à faire une certaine lumière sur un pays qui n'a jamais réussi à s'inventer par lui-même après avoir été inventé par d'autres. Au sommaire notamment : Le mandat britannique en Irak (1920-1932), péché originel de la division ? ; The role of political parties in the process of national integration in Iraq ; Le nouvel Etat irakien de 2003 et le piège du communautarisme ; Le quotidien des yézidis du Sinjar : une histoire politique ; Les relations turco-irakiennes : de l'inconstance au ménage à trois ; L'enjeu des énergies renouvelables pour l'avenir de l'Irak
Mukendji Mbandakulu Martin Fortuné ; Lianza Zalonk
L'ouvrage s'attèle à montrer le rapport dialectique entre la guerre et la paix. La guerre semble être le lot des hommes. Les causes, les sources de la guerre sont relevées ici. Les théories sur les guerres traditionnelles et modernes y sont développées. Il n'y a pas de paix sans guerre. Bien que celle-ci ait des germes de destruction de celle-là, elle en est aussi génératrice. Les relations entre les états sont sujettes à cette ambivalence. On fait la guerre pour avoir la paix. La guerre ne peut cesser que si les causes des conflits entre les nations, entre les hommes peuvent être extirpées. La paix est préférable mais elle reste à conquérir. Cette étude corrige l'opinion selon laquelle les relations internationales et la philosophie ne peuvent faire bon ménage. La polémologie et l'irénologie sont donc inséparablement liées aux réflexions philosophiques.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.