Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Déviance et Société Volume 26 N° 3, Septembre 2002 : La justice pénale des mineurs en Europe
Bailleau Francis ; Cartuyvels Yves ; Dünkel Friede
GEORG
18,50 €
Épuisé
EAN :9782825708026
Le XXe siècle a vu l'émergence en Europe d'une justice des mineurs spécifique s'autonomisant de la justice pénale des adultes. À partir de l'exemple américain, s'est dessiné à la fin du XIXe siècle, à des rythmes différents et selon des modalités propres à chaque pays, un modèle de justice tutélaire à vocation préventive et éducative. Cette approche solidariste de la délinquance des mineurs était fondée sur l'idée que tous les enfants, quel que soit l'acte commis, font partie de la communauté nationale qui est liée à eux par un devoir d'éducation et d'intégration dans le monde des adultes. En rupture avec le modèle régalien de la justice pénale fondé sur la punition tarifée d'un délit, une justice paternelle se met ainsi en place dans les pays européens durant la plus grande partie du XXe siècle, tant pour contrôler les germes de la déviance juvénile et encadrer la pépinière des classes dangereuses que pour traiter et moraliser les jeunes déviants et les réintégrer dans la vie sociale. Oscillant entre des objectifs de solidarité et de normalisation, d'assistance et de contrôle, cette " justice de cabinet " - plus souple et moins formelle que la justice pénale des adultes - s'organise généralement autour d'un magistrat spécialisé, le juge des mineurs fréquemment détenteur d'un pouvoir procédural d'exception. Cette orientation est aujourd'hui largement remise en question dans un contexte marqué par la question de la sécurité des personnes et des biens, par l'émergence d'un modèle de prévention et de réduction des risques sociaux qui induit une plus grande sensibilité aux comportements déviants ainsi qu'à leurs conséquences pour les victimes, mais aussi par une plus grande importance attachée à la question des droits du mineur en justice. Dans de nombreux pays, le contrôle et l'invisibilisation des jeunes à risques deviennent ainsi prioritaires tant pour répondre aux exigences supposées des " vraies " victimes de la délinquance que pour satisfaire les attentes présumées de l'opinion publique bien que, comme le souligne Lina Caraceni, la question reste posée de l'efficacité des interventions judiciaires à caractère correctionnel-répressif qui privilégient la ségrégation comme instrument efficace de prévention et de renforcement de l'ordre social. Face à cette évolution, les autorités politiques et judiciaires des neuf pays européens représentés ici (Écosse, Angleterre et Pays de Galles, Belgique, Allemagne, Suisse, Italie, France, Espagne, Portugal) n'ont pas choisi systématiquement les mêmes voies. Toutefois, une orientation relativement dominante semble amorcer aujourd'hui un retour vers une approche libérale qui tend à faire de la responsabilité du mineur au regard de l'acte commis le socle de l'intervention, contribuant à effacer la spécificité du traitement des mineurs au nom du respect de l'ordre public ou de son apprentissage.
La sécurité des biens et des personnes est au centre des préoccupations d'une majorité de nos concitoyens. Quand ils sont interrogés, ils mettent fréquemment en cause, pour expliquer un sentiment d'insécurité ou justifier un désir de sécurité, les jeunes, leur indiscipline ou leur violence. Ils pensent que les auteurs d'infraction agissent, le plus souvent, en toute impunité et que le fonctionnement des institutions est déficient. Pourtant, depuis le 2 février 1945, une ordonnance pénale existe qui prévoit un magistrat, un tribunal correctionnel et une cour d'assise spécialisés dans le traitement des actes délinquants commis par des jeunes de moins de dix-huit ans, et un équipement éduactif spécifique. D'où provient cet écart entre la réalité et la perception des faits ? Comment le réduire ? La discrétion qui entoure l'action de cette juridiction spécialisée ne s'explique pas seulement par le fait que les audiences s'y déroulent à huis clos, souvent en l'absence d'avocat et avec l'interdiction de faire mention publique de tout élément permettant l'identification du jeune jugé. Comment fonctionne donc la justice pénale des mineurs ? Les principes éducatifs qui étaient annoncés à son origine ont-ils été conservés ? Après plus d'un demi-siècle d'existence, faut-il réformer l'ordonnance de 1945 ? Punir - réprimer - faire réparer - éduquer... Quelles sont les orientations de cette justice ? Comment reflètent-elles les débats actuels sur l'ordre social et les notions de sécurité qui évoluent, tout comme se transforme la position sociale et économique des jeunes.
Résumé : La vie, c'est fait pour être soi. Sinon on passe à côté. Sortir du passé et des histoires de ceux qui nous ont précédés, repérer nos "angles morts" et nous remettre en question, dépasser le "crunch", ce moment où l'on veut changer, mais où peur et espoir se télescopent, vivre l'échec, même blessant, honteux, arrêter de vouloir prouver que nous valons mieux que nos parents ou que nous sommes si bons, nous méfier des "zones de confort", celles où l'on arrive vite mais qui ne mènent nulle part... Notre vitalité est au prix de cet effort intime. Tout ce que préconise l'auteur vaut aussi pour lui : dans sa pratique comme dans ce livre, William Cornell est l'un des rares psychanalystes à sortir du cadre et à s'impliquer totalement pour mieux briser nos murs. Il explique comment en thérapie il fait le choix osé et risqué de partager avec ses patients ses propres émotions incontrôlables, ses blocages, erreurs, échecs, faiblesses, comment cela a souvent tout changé pour eux et fait de lui un meilleur thérapeute.
Bailleau Francis ; Cartuyvels Yves ; Bernuz Beneit
Depuis une vingtaine d'années, on constate dans une majorité de pays européens une mise en cause des poli-tiques sociales préventives traditionnelles et du fonctionnement de la justice des mineurs sous régime du Welfare dans un grand nombre de pays. En nous appuyant sur ce constat nous avons - dans le cadre d'un séminaire du GERN qui s'est déroulé entre 2003 et 2006 - testé une hypothèse concernant l'influence croissante de l'idéologie néo-libérale dans la production législative pour les mineurs et dans le fonctionnement des tribunaux pour enfants. Seize chercheur(e)s provenant de treize pays européens ainsi qu'un chercheur du Canada ont travaillé sur cette hypothèse et c'est le résultat de ce travail collectif qui est aujourd'hui présenté. Si notre hypothèse de départ doit être relativisée au regard de l'histoire particulière de chacun des pays étudiés, nous assistons bien aujourd'hui à l'émergence, durant cette période de mutations, d'un nouveau paradigme marqué par un regain de punitivité, l'accumulation des dispositifs de contrôle et d'intervention, la superposition et l'entrecroisement des logiques d'action, dans la majorité des pays étudiés.
Que faisons-nous quand nous communiquons ? Qui sommes-nous quand nous communiquons ? Ces deux questions sont généralement séparées. L'une renvoie aux " techniques " et à la technologie de la communication - peut-être vaut-il mieux dire " de l'information " - et fait l'objet d'un nombre croissant d'interrogations, accélérées avec l'usage massif de l'Internet et du World Wide Web. L'autre renvoie à la psychologie, voire à la philosophie, et semble désuète par rapport à la première. Sauf lorsqu'elle se présente comme une nouvelle psychologie, appelée " de l'esprit ", laissant croire que l'esprit est dans la machine (" the ghost in the machine "). Nouveautés réductionnistes, qui font passer les gens pour des choses. Ce livre traite ensemble les deux questions " que " et " qui ", sans tomber dans cet horrible amalgame qui confond machine et cerveau, cerveau et esprit. Au contraire, il montre que " ce que nous faisons " et " ce que nous sommes " sont étroitement liés par la finalité de toute communication : s'entendre les uns les autres au sein d'un monde commun, en dépit de tous les obstacles que font naître les défaillances des appareils, les différences culturelles et rituelles, les diverses manières d'écrire et de lire les histoires, et s'engager dans la discussion avec tous les troubles de l'âme inhérents à la condition humaine. Les deux termes clés de ce livre sont composer et interpréter. Les deux, intimement associés, renvoient à des processus matériels (émettre et recevoir des messages - quels que soient les médias utilisés), à des mises en scène (à qui je m'adresse et comment ?), à des intentions plus ou moins durables (que veux-je obtenir de mes interlocuteurs ?), pour des motifs plus ou moins clairs (pourquoi un tel désir d'obtenir quelque chose ?). Composer c'est s'adresser aux autres en ayant toutes ces questions en tête ; interpréter, c'est tente de les faire siennes, ne serait-ce que pour y répondre selon ses propres désirs. L'art de communiquer, c'est l'art de vivre ensemble, avec et sans machines, pour le meilleur et pour le pire. Un art que personne ne maîtrise.
Les séries télévisées, phénomène culturel et social incontournable des quinze dernières années, accordent à l'Histoire une place de premier plan. Mettant en scène des guerriers vikings du IXe siècle aussi bien que des narcotrafiquants des années 1980, les intrigues situées dans un passé proche ou lointain représentent l'une des catégories les plus prisées du public. Entre reconstitutions minutieuses et anachronismes assumés, ces relectures contemporaines offrent une vision sans cesse renouvelée du passé. Mais celle-ci fait-elle écho aux avancées de la recherche historique ? Que nous apprend-elle des rapports que notre société entretient avec les siècles précédents ? Pour expliquer le succès de ces séries et la manière dont elles recomposent notre imaginaire, la collection The Historiam - dont ce livre est le deuxième volume - donne la parole à des historiens de l'Université de Genève, qui décortiquent ici cinq séries : Rome, Le Siècle Magnifique, Penny Dreadful, Zorro et The Walking Dead.
A l'heure d'une mondialisation accélérée, on observerait une recrudescence des maladies infectieuses, mélange détonant de pathogènes émergents et anciens. Parmi ces derniers, le virus de la rougeole reviendrait en force. Médias, experts en santé publique et parents attribuent régulièrement cette résurgence à une hausse des refus de la vaccination. Qu'en est-il vraiment ? Cette explication est, pour l'autrice, historienne de la santé, un peu trop simple, voire simpliste. Dans cette enquête d'une rigueur exemplaire se penche sur la vaste question des non-vaccinations et leurs raisons d'être, elle met en cause l'idée que le rejet des vaccins augmente et que le "retour" de certaines maladies "que l'on croyait disparues" est la conséquence directe de cette opposition. Partant d'une autopsie minutieuse de la dernière grande épidémie de rougeole qui a touché le Québec il y a tout juste trente ans, elle dissèque et démystifie les comportements contemporains entourant la vaccination et met en relief ce qui se joue vraiment dans la réapparition de l'infection virale. Son livre souligne l'importance d'avoir une démarche historienne pour bien comprendre, dans toute leur complexité, les façons individuelles et collectives de préserver sa santé et celle des autres.
Jerome Bruner, professeur de psychologie à l'université de New York, dont l'œuvre a profondément marqué le développement des sciences cognitives, nous propose dans cet ouvrage une réflexion passionnante, véritable manifeste s'inscrivant à contre-courant de l'hypothèse biologique qui aujourd'hui prétend à elle seule expliquer le fonctionnement de là pensée. En comparant le cerveau et l'ordinateur, elle a isolé la psychologie des autres sciences humaines et oublié que l'homme est un être situé socialement, historiquement et culturellement. Pour Jerome Bruner, la psychologie doit rejoindre le courant qui anime les sciences humaines ; elle doit " Interpréter " les récits, ceux de la " psychologie populaire ", par lesquels nous créons de la signification, comme l'Histoire interprète une période ou la sociologie une société. Ces récits montrent comment une culture façonne les croyances, les désirs, les valeurs de ceux qui y vivent.