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Les pratiques discursives du savoir. Le cas sémiotique
Badir Sémir
LAMBERT-LUCAS
33,00 €
Épuisé
EAN :9782359353389
La sémiotique possède un statut épistémologique difficile à cerner. Ses objets d'étude (produits culturels, pratiques sociales, techniques, milieux du vivant) débordent très largement le cloisonnement des terrains ordinairement admis, y compris parmi les sciences humaines ; et le champ d'expérience qu'elle recoupe est si diversifié qu'il empêche toute unification théorique. Cette double hétérogénéité – des objets d'étude et des moyens d'analyse – fait douter que la sémiotique puisse être constituée en discipline de savoir. Mais si la sémiotique n'est pas une discipline, quel est son statut ? L'ouvrage s'efforce de répondre à cette question en prenant au sérieux les problèmes épistémologiques que pose son cas. Il adopte ainsi un mouvement de va-et-vient entre l'exposition d'une pratique discursive du savoir et la réflexion sur les moyens nécessaires à son examen. Sont successivement analysées l'organisation interne (disciplinaire, interdisciplinaire) du savoir sémiotique, sa participation à l'organisation générale des connaissances, l'histoire et le programme de recherche, les outils techniques, les gestes discursifs de l'argumentation, enfin les formes de l'objectivité.
Résumé : L'image peut-elle nier ? La question est en apparence toute simple et attendrait une réponse catégorique, oui ou non. Si pourtant, dans le présent ouvrage, des linguistes, des sémioticiens, des philosophes, des spécialistes des arts visuels et audiovisuels se sont penchés sur cette question, c'est qu'en réalité tout fait problème en elle. Car répondre à une telle question, cela consisterait d'abord à déterminer les conditions dans lesquelles elle se pose. Qu'appelle-t-on "nier" et qu'appelle-t-on "image" ? Et selon quel corpus d'images ? Peut-on donner une réponse unique à la diversité de ses domaines d'usage : les arts, les religions et les sciences, ainsi que de ses genres (portrait, nature morte, etc.) ? Les contributeurs du présent volume explorent différentes sortes de supports médiatiques et d'objets visuels ; expériences picturales contemporaines, photographie, films, peinture chinoise, mais aussi peinture religieuse médiévale, pictographies esquimaudes de la fin du XIXe siècle ou hiéroglyphes égyptiens. Une première partie, intitulée "L'énonciation en image", explore les relations entre la négation dans l'image et la théorie de l'énonciation comme celle-ci est revisitée par la sémiotique contemporaine. Une seconde, ayant pour titre "Du langage verbal aux images", s'attache à des comparaisons entre les sens de la négation dans différentes langues et grammaires et leurs cultures visuelles respectives. Les comparaisons inévitables avec d'autres lieux d'exercice de la négation à savoir les langages formels et les langues verbales et l'examen des transferts conceptuels non moins indispensables que ces comparaisons suscitent mettent ainsi à l'épreuve d'une question le statut ontologique de l'image.
Qu'y a-t-il de commun entre le street art, les mooc, les vidéos dérivées de Game of Thrones ou les forums médicaux en ligne ? Il s'agit, dans tous les cas, de pratiques culturelles dont les effets esthétiques et la portée politique dépendent fortement des techniques qui en soutiennent l'émergence dans l'espace public. Le projet du présent volume est d'interroger ces pratiques émergentes pour la pensée médiatique qu'elles délivrent. Pour ne pas réduire les techniques au rang de simples supports formels, il convient en effet de comprendre comment celles-ci (se) réfléchissent sur les usages. A l'encontre d'une histoire savante des savoirs et des arts, à l'encontre également d'une tendance actuelle à essentialiser la "nouveauté" des formes liées au "tournant numérique", l'ouvrage propose une perspective rafraîchissante sur une série d'objets qui cartographient notre imaginaire culturel contemporain. Il le fait sans raideur théorique ni affiliation d'école, mais en revendiquant la pertinence de la sémiotique face à ces questions trop souvent captées, d'un côté par les sciences sociales, de l'autre par les sciences de l'information et de la communication. Par rapport à ces dernières, la sémiotique continue d'offrir des outils de description puissants, qui couvrent désormais le spectre allant des textes aux pratiques ; elle permet surtout de situer le geste du chercheur dans le même continuum de réflexivité médiatique que les usages profanes qu'il prend pour objet.
Résumé : Louis Hjelmslev (1899-1965), linguiste, fils de mathématicien, père de la glossématique - une épistémologie sémiotique dédiée aux sciences humaines -, est considéré comme le plus rigoureux des linguistes structuralistes du XXe siècle. Radicalisant les intentions et le propos de Saussure - décrire la langue comme système -, il a mené à bien un imposant travail de formalisation et pourvu la linguistique d'une importante batterie de concepts techniques dont on n'a pas encore épuisé les possibilités d'application. En particulier, c'est de ses travaux que proviennent les concepts de connotation et de métalangage - souvent présents dans la réflexion contemporaine. On essaie ici d'introduire à cette ?uvre dense, qui a inspiré philosophes (Derrida, Deleuze, Ricoeur), psychanalystes (Lacan) et théoriciens de la littérature (Barthes, Todorov), et notamment à ses concepts majeurs : forme, substance, expression, contenu, sémiotique dénotative, sémiotique connotative, métasémiotique. On espère ainsi montrer l'actualité de Hjelmslev, dont les récents développements " communicationnels " (logiciels, machines à traduire, Internet, etc.) ne semblent pas avoir mis les hypothèses en défaut.
On savait que la littérature intéressait Benveniste, qu'il avait été lié au mouvement surréaliste (dont il signe le manifeste La Révolution d'abord et toujours ! en août 1925) ; on savait depuis Henri Meschonnic que par sa pensée de la "subjectivité dans le langage" et du "sémantique sans sémiotique", il rendait possible une poétique. Aussi est-ce sans étonnement qu'on a retrouvé dans ses archives 370 feuillets manuscrits classés dans un dossier sobrement intitulé "Baudelaire", datant pour l'essentiel de 1967.