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La diplomatie des droits de l'homme. Entre éthique et volonté de puissance
Badie Bertrand
FAYARD
33,66 €
Épuisé
EAN :9782213613345
« En ces temps d?après-guerre froide, on joue beaucoup avec les droits de l?homme » écrit Bertrand Badie, professeur de science politique, spécialiste des relations internationales à l?Institut d?études politiques de Paris et qui, dans cet ouvrage, s?attache à examiner l?hypothèse d?une improbable alchimie, « d?une pratique nouvelle et déconcertante de la vie internationale » qui combine les jeux classiques de la puissance et les droits de l?humanité.Droits de l?homme et diplomatie relèvent en effet de répertoires qui ne se ressemblent pas et qui distinguent clairement « posture et action » (Hubert Védrine, ancien ministre français des Affaires étrangères), la première relevant du « moralisme affiché » et la seconde de « la justesse des résultats obtenus ». Mais pour B. Badie, cette mésentente entre l?international et les droits de l?homme n?est pas une fatalité. Si la « diplomatie des droits de l?homme » est « le rendez-vous de toutes les ambiguïtés de la vie internationale, vrai laboratoire de cynisme, d?hypocrisie et de manipulations », elle est aussi, écrit l?auteur, « le début d?une histoire nouvelle: en semant la graine de la mauvaise conscience et en préparant des étapes ultérieures autrement plus décisives ».L?ouvrage analyse donc cette émergence d?un « humanisme international entre illusions et réalités ». Il ne s?agit pas de proclamer la fin d?un ordre international dominé par le principe de souveraineté des États et les jeux réalistes de la puissance mais d?adopter un regard sociologique attentif aux mutations affectant la politique internationale et qui révèlent un nouvel « univers de référence » et de « nouveaux acteurs ».Nouvel « univers de référence » car dans l?interdépendance qui caractérise le système international contemporain, la puissance est moins efficace alors que le transnational se banalise et que la sécurité nationale perd « sa valeur emblématique et souveraine », « s?efface peu à peu devant une sécurité humaine qui ne connaît plus de frontières ». De là, un humanisme international qui devient dorénavant « le substrat banal de toute politique internationale » et d?où découle peu à peu la conviction « qu?à un univers mondialisé correspond une exigence d?ordre social qui passe par une intégration internationale minimale ».Une multitude d?acteurs (organisation non gouvernementales, médias, villes, intellectuels, acteurs religieux, réseaux associatifs?) s?est de surcroît saisie des questions internationales qui ne ressortissent plus du monopole d?État mais « d?un monde qui fait de l?international un objet d?informations et de débats publics ». Dans le système qui émerge, l?équilibre est forcément instable entre le monde des États et l?espace public international, mais c?est désormais « des modalités même de leur articulation que dépend l?évolution des grands enjeux internationaux ». Selon l?auteur c?est finalement à partir d?un calcul très réaliste et utilitaire des États « des façons d?être, de faire et d?assurer sa propre sécurité » que devrait se renforcer la dimension responsable et morale de l?action internationale et se créer « les bases solides d?un indispensable universalisme. » --Yann Vinh -- Futuribles
A la recherche du nouvel ordre mondialAu Kossovo comme ailleurs, l'Etat disparaît au profit de la culture, de l'ethnie ou de la religion. Préparez--vous à la fin des frontières.La guerre du Kosovo est sans doute la meilleure illustration de la thèse développée par Bertrand Badie dans son dernier livre. Ce professeur de sciences politiques montre que la notion de souveraineté des Etats est en train de s'effacer, au profit d'un nouvel ordre international. La souveraineté n'était qu'une fiction, qui a été battue en brèche par l'internationalisation de l'économie et des entreprises, ainsi que par la construction européenne, explique l'auteur. L'ingérence dans les affaires d'autres pays, au nom d'une responsabilité commune devant certaines valeurs démocratiques, est maintenant parfaitement admise par les opinions nationales, comme le prouve le soutien massif des populations occidentales dans ce conflit des Balkans.Cette analyse historique est intéressante, bien que pénalisée par un style un peu compliqué. Mais le grand intérêt de ce livre est de mettre en lumière le caractère ambigu et complexe de ce nouveau monde sans souveraineté. En effet, si chacun s'accorde sur le principe d'ingérence et de responsabilité internationale, les modalités et les limites sont loin d'être claires. D'abord, parce que les interventions restent malgré tout liées aux intérêts particuliers et cyniques des Etats. Ensuite, parce que l'on assiste à l'émergence de nouvelles solidarités qui dépassent le cadre des frontières traditionnelles. Ces liens qui peuvent être culturels, religieux, ethniques, compliquent le jeu des relations internationales. Le panslavisme qui conduit une partie des Russes à se sentir solidaires des Serbes en est un exemple.De son côté, Justin Vaïsse, dans un article de Critique internationale, montre que l'Amérique elle-même a une position ambiguë au sein de ce nouvel ordre international. Les Etats-Unis veulent plus que jamais être les gendarmes du monde, mais ils ont renoncé à un internationalisme "wilsonien" (du nom du président Woodrow Wilson au pouvoir à la fin de la Première Guerre mondiale). Ce vieux rêve d'instaurer un ordre mondial démocratique en s'appuyant sur l'action des institutions internationales avait pourtant la faveur de l'équipe Clinton. Mais ces idées se sont rapidement évanouies, et l'Amérique pratique un internationalisme pragmatique, marqué surtout par des actions unilatérales peu soucieuses des institutions multilatérales. Les Etats-Unis n'ont--ils pas tourné le dos à l'ONU et rejeté la création de la Cour pénale internationale ? L'évolution du conflit au Kosovo dira quelle vision s'impose, celle des Américains partisans des coalitions ad hoc, ou celle des Européens qui cherchent à remettre l'ONU en selle. --Laurence Ville--
L'humiliation est devenue l'ordinaire des relations internationales. Rabaisser un Etat, le mettre sous tutelle, le tenir à l'écart des lieux de décision, stigmatiser ses dirigeants : autant de pratiques diplomatiques qui se sont banalisées au fil du temps. De quoi ces diplomaties de l'humiliation sont-elles révélatrices ? Les réactions des humiliés - de la conférence de Bandung en 1955 aux Printemps arabes - n'invitent-elles pas à une autre gouvernance ? Convoquant l'histoire et la sociologie politique, Bertrand Badie remonte aux sources de l'humiliation : les conquêtes occidentales du xixe siècle, la montée des revanchismes dans l'entre-deux-guerres, une décolonisation mal maîtrisée. Il montre que sa banalisation consacre l'émergence dramatique des opinions publiques et des sociétés sur la scène internationale, mais qu'elle trahit aussi l'inadaptation des vieilles puissances et de leurs diplomaties à un monde de plus en plus globalisé. Dès lors, il devient urgent de reconstruire un ordre international dans lequel les humiliés et leurs sociétés trouveront toute leur place. La montée des populismes et l'élection de Trump en 2016, le durcissement des gouvernements autoritaires d'Erdogan et de Poutine ou les provocations de la Corée du Nord confirment le rôle structurel de l'humiliation dans les relations internationales, avec cette inversion inquiétante : l'humilié d'hier devient aussi l'humiliateur d'aujourd'hui.
Biographie de l'auteur Professeur de science politique à l'Institut d'études politiques de Paris, spécialiste des relations internationales, Bertrand Badie est l'auteur de plusieurs ouvrages pour la plupart publiés chez Fayard, dont L'Etat importé (1992), La Fin des territoires (1995), Un monde sans souveraineté (1992) et La Diplomatie des droits de l'homme (2002).
En 2014, la victoire électorale des nationalistes hindous, remportée en grande part grâce au populisme de leur leader, Narendra Modi, a fait basculer l'Inde dans la démocratie ethnique. Les tenants du sécularisme, des militants politiques aux universitaires en passant par les organisations non gouvernementales, ont été mis au pas. Cibles traditionnelles des nationalistes hindous, les membres des minorités religieuses - les chrétiens et les musulmans en particulier - ont été relégués au rang de citoyens de seconde zone. Non seulement leur mise à l'écart au sein des institutions indiennes - y compris les assemblées élues - est sans précédent, mais ils sont victimes de violences et d'une police culturelle visant tant leurs pratiques religieuses que leurs activités économiques. Cette transformation de la scène politique indienne s'explique par le pouvoir que le mouvement nationaliste hindou, fondé dans les années 1920, a acquis au fil du temps - au plan électoral comme sur le terrain, à travers l'infiltration systématique de l'appareil d'Etat et un dense réseau de militants actifs sur les réseaux sociaux. En retraçant la montée en puissance de Narendra Modi dans son Etat du Gujarat dès les années 2000, puis à l'échelle du pays, Christophe Jaffrelot livre une analyse saisissante de l'essor du national-populisme au sein de la plus grande démocratie du monde.
Le commissaire Gradenne prend froid dans l?hiver du Jura. A la manière de Maigret, enquête « grippée », gendarmes trop « pressés » comme ce corps broyé par la machine?Quelle idée aussi de confier à des officiers de marine à la retraite le renflouement d?une usine, dans ce « port de mer » sous la neige, au milieu des forêts!Vous reprendrez bien de cette Morteau, mijotée dans la potée de la veille, accompagnée d?un Poulsard?? Avec un Comté de plus de dix-huit mois, on vous recommande ce jeune lieutenant de 30 ans d?âge sans beaucoup d?affinage à la PJ, mais avec du? nez, avisé et goûteux!
Le nouveau monde de l'oncle Henry La fin de la guerre froide semblait déboucher sur un monde simplifié: au centre, une Amérique victorieuse et sans rivale, seule superpuissance capable de dicter son ordre mondial et de diffuser partout son mode de vie et ses valeurs. La magistrale leçon d'histoire et de diplomatie d'Henry Kissinger détruit cette illusion: l'Amérique, prévient celui qui a inspiré pendant près de dix ans sa politique étrangère, va devoir réformer profondément sa vision du monde et ses méthodes d'action, sous peine de se réfugier à nouveau dans un isolationnisme aussi dangereux qu'illusoire. Il lui faudra évoluer dans un système complexe d'équilibre des forces, une notion avec laquelle elle est justement en "délicatesse". Cette révision déchirante concerne d'abord le rêve américain de sécurité collective: incarné pendant près d'un siècle par Woodrow Wilson, l'architecte de la paix de Versailles, il se nourrit de grands principes (l'autodétermination), de volonté de coopération, de partage des valeurs (américaines) et du respect du droit international. Cette doctrine prenait le contre-pied d'une conception européenne qui avait dominé les affaires internationales pendant près de trois siècles avant de s'effondrer. Richelieu, Metternich et Bismarck avaient inventé les concepts d'Etat-nation et de souveraineté, dans un équilibre où chacun, toujours prêt au conflit, se déterminait selon son intérêt national et sa marge de manoeuvre. Or la doctrine wilsonienne n'est plus pertinente, et le nouvel ordre "ressemblera davantage aux systèmes étatiques des xviiie et xixe siècles qu'aux schémas rigides de la guerre froide". Il comprendra cinq ou six grandes puissances - les États-Unis, la Chine, la Russie, le Japon, l'Europe (si elle est unie) et peut-être l'Inde -, entre lesquelles s'établira un jeu mouvant. Et l'ancien conseiller des princes conclut sa grande fresque en suggérant à Bill Clinton de s'intéresser "au style de Bismarck". Les solutions les plus inventives, affirme-t-il, consisteront à "construire des structures mixtes, en chevauchement", fondées sur des principes, des préoccupations de sécurité, ou des intérêts économiques communs. Mais le rodage de ce système, dit-il, "prendra sans doute plusieurs décennies"... --Vincent Giret--
La Hatha-yoga Pradîpikâ, ou « petite lampe du Hatha-yoga », est l'un des plus complets traités consacrés à cette science millénaire qui nous soit parvenu. Il est attribué à un célèbre yogin du Xe siècle qui l'aurait popularisé sur tout le continent indien. Selon la tradition hindoue, celui qui le pratique parvient par une méthode pratique et violente (hatha = force) à la libération spirituelle recherchée par toutes les voies indiennes. Cette discipline repose sur le principe, reconnu depuis l'antiquité védique, de la correspondance de l'univers et du corps. Elle comporte un certain nombre de techniques, dont les fameuses « postures » (âsana), le « rassemblement des souffles » (pranayana) et les sceaux (mudrâ) qui permettent d'apprendre à maîtriser les énergies du corps et de l'esprit. La traduction de ce traité est précédée d'une étude de Tara Michaël qui montre l'importance des différentes formes de yoga dans les traditions shivaïte et tantrique. Elle est accompagnée d'une traduction du commentaire sanskrit qui l'explicite, « Clair de lune » par Brahmânanda.
Trois enjeux décisifs pour l'avenir immédiat : - Les mers dangereuses - L'Amérique latine en fusion - Le multilatéralisme a-t-il un avenir ? Dans un esprit prospectif, Ramses 2020 propose également un appareil documentaire et pédagogique reconnu : chronologie des événements 2018-2019, cartes inédites, données statistiques, 8 vidéos.
Gorbatchev Mikhaïl ; Mancip-Renaudie Françoise ; M
Trente ans après la chute du mur de Berlin et la fin de la guerre froide, la paix internationale est en péril. A l'heure du Brexit, de la remise en cause américaine des accords nucléaires et de l'urgence écologique, il est plus que jamais nécessaire de penser l'avenir du XXIe siècle. Mikhaïl Gorbatchev, l'homme de la perestroïka, nous alerte contre le repli identitaire sous toutes ses formes. Dans un monde multipolaire ravagé par les inégalités et menacé par le populisme, il réaffirme les grands principes démocratiques qui l'ont animé tout au long de sa carrière politique. Il engage l'Europe, et en particulier l'Allemagne, à prendre ses responsabilités et à assumer son rôle de médiateur dans le concert des nations. Paix, liberté et coopération internationale sont les maîtres mots de ce remarquable manifeste politique.
Corruption, blanchiment, évasion fiscale, contournement des sanctions internationales... Les autorités de régulation américaines traquent ces pratiques chez les entreprises transnationales qui, si elles sont avérées, peuvent entraîner des sanctions considérables : procès à rallonges, mises en causes personnelles, pénalités as-tronomiques et, plus grave encore, préjudice porté à la réputation de l'entreprise. Devant ces menaces et la perspective de se voir interdire l'accès au marché américain, mieux vaut souvent coopérer en mettant en oeuvre une nouvelle logique. L'entreprise suspectée doit alors renoncer à se défendre judiciairement, pratiquer elle-même des enquêtes internes poussées, s'acquitter d'amendes colossales et mettre en place des processus de compliance lourds et coûteux ; en bref : acheter la paix avec les autorités américaines. Cette justice sans la Justice n'a-t-elle pas le mérite de l'efficacité ? Ne préfigure-t-elle pas aussi un nouveau mode de régulation globale ? N'annonce-t-elle pas un nouveau régime d'obéissance mondialisée où l'on demande à chacun - sujet ou entreprise - de se faire le juge et le dénonciateur de lui-même ? Avec une préface inédite pour l'édition " Quadrige ".
Résumé : Une géopolitique des empires à travers six mille ans d'histoire n'avait jamais été tentée. C'est ce que réalise cet ouvrage, depuis le premier empire (celui de Sargon, en Mésopotamie) jusqu'à l'effondrement du dernier, l'Union soviétique. Forts de cette appréciation du temps long, les auteurs invitent à appréhender le monde de demain, celui qui suivra la crise majeure que nous traversons. Comment l'industrialisation, l'urbanisation et la réduction de l'espace-temps bouleversent les équilibres ? Quel rôle primordial joue la géographie dans l'histoire ? Quelle place les différentes nations occuperont dans le monde ? Faut-il croire à un amenuisement décisif du rôle des Etats ? Quel type de confrontation les Etats-Unis et la Chine vont-ils exercer étant donné leurs intérêts d'Etats, et leur souci de conserver ou de restaurer leur imperium ?