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Gestion de proximité et démocratie participative. Une perspective comparative
Bacqué Marie-Hélène ; Rey Henry ; Sintomer Yves
LA DECOUVERTE
34,00 €
Épuisé
EAN :9782707143068
Les discours sur la "démocratie de proximité" ou la "démocratie participative" ont le vent en poupe. Dans un contexte de remise en question du rôle de l'État, la participation des habitants constituerait un facteur favorisant à la fois une nouvelle légitimité politique et une modernisation de la gestion publique locale. C'est ainsi que se développent depuis plusieurs années des dispositifs qui entendent améliorer la gestion de proximité en s'appuyant sur la participation citoyenne.Ces expériences appellent des réflexions plus théoriques sur la démocratie et les politiques publiques. Dans quelle mesure une activité citoyenne peut-elle se conjuguer avec une réforme de la gestion urbaine? Quelles sont les conditions d'une véritable démocratie participative? Comment l'institutionnalisation de la participation s'articule-t-elle aux tendances plus globales d'évolution des sociétés contemporaines? Cet ouvrage collectif s'efforce de répondre à ces questions en donnant une vision d'ensemble des dispositifs adoptés et des politiques menées, dans une perspective comparative internationale.Des conseils de quartier français aux jurys citoyens en Allemagne et en Espagne, de l'usage du référendum en Suisse aux empowerment zones en Amérique du Nord, en passant par les budgets participatifs d'Amérique latine et les politiques participatives de gestion de l'eau en Afrique australe, les différentes contributions analysent les modalités des transformations de l'action publique locale et, par là, des institutions et pratiques de la démocratie.
Résumé : Quel sens donner à la multiplication au cours de la dernière décennie de formes alternatives de gestion et de production territoriale ? Emergeant dans un contexte de crise sociale, de montée de l'impératif participatif et de la thématique de la transition écologique, ces expériences sont pour certaines initiées par la puissance publique, pour d'autres par des mouvements sociaux. Elles ont en commun de s'inscrire dans des stratégies pragmatiques visant à transformer les pratiques et de s'appuyer sur des collectifs ou des communs. Quelle est leur portée transformatrice ? Comment se négocient-elles entre institutions et mouvements sociaux ? Ces questions ont ouvert les voies d'une recherche internationale, interdisciplinaire et collective. Elles ont été travaillées par des chercheurs appartenant à plusieurs disciplines (sociologie, géographie, urbanisme, architecture, anthropologie et archéologie) et cet ouvrage rend compte de ces divers travaux. Il en restitue les résultats empiriques éclairés par une discussion théorique fondée sur les notions d'alternative et de commun et sur les contributions d'acteurs de la société civile.
Bacqué Marie-Hélène ; Blanc Maurice ; Hamel Pierre
Le désengagement de l?Etat s?accompagne d?un discours valorisant le citoyen. On y a d?abord vu une rhétorique conservatrice (Thatcher, Chirac), mais elle a été reprise par les sociaux-démocrates au pouvoir (Blair, Schröder). Le citoyen reçoit l?injonction de participer au débat public (la loi française sur la démocratie de proximité) et de s?impliquer dans des initiatives locales, notamment pour résoudre les problèmes sociaux. Dans la pratique, où en est la participation des citoyens, dans le double registre de la décision et de l?action ? Espaces et Sociétés présente un bilan des actions engagées et des conceptualisations utilisées.
Résumé : Attention, livre important pour celles et ceux qui questionnent l'incapacité des politiques et des experts à répondre aux défis de notre époque troublée. Et qui s'interrogent sur la façon dont les citoyen(ne)s peuvent construire des alternatives. Ce questionnement est en effet à l'origine, dans les Etats-Unis d'après guerre, du concept d'empowerment, désignant le "pouvoir d'agir" des individus et des collectifs. Ce concept a connu depuis un succès planétaire dans le monde anglophone. Mais il n'a percé que plus récemment dans les autres espaces culturels, dans les milieux du travail social comme dans la littérature du management. D'où l'utilité de ce livre qui synthétise la foisonnante littérature anglophone sur la notion d'empowerment. Il retrace sa genèse, l'histoire de ses multiples variantes et celle des pratiques sociales qu'elles ont nourries. Des mouvements féministes du Nord et du Sud jusqu'aux programmes de la Banque mondiale et de l'ONU, la notion est utilisée aussi bien dans une perspective radicale d'émancipation que pour conforter les visions néolibérales ou social-libérales. Défendant résolument sa version émancipatrice, les auteures en expliquent les limites, mais aussi son importance pour éclairer les débats contemporains sur la démocratie.
Des élus qui nous ressemblent ? Comment les habitants des banlieues populaires sont-ils représentés dans les institutions municipales ? A partir d'une enquête conduite en Seine-Saint-Denis et d'une mise en perspective historique, cet ouvrage montre le rétrécissement social du corps des élus, le maintien d'un plafond de verre empêchant les femmes d'accéder aux plus hautes responsabilités mais aussi la place croissante prise au cours de la dernière décennie par les minorités racialisées dans les conseils municipaux et leurs exécutifs. L'analyse de trajectoires des nouveaux et nouvelles élus permet d'appréhender les parcours qui les ont conduits à la politique, les difficultés auxquelles ils se heurtent et leurs rapports aux appareils partisans. L'ouvrage ouvre ainsi un ensemble de questions sur les transformations en cours dans le champ politique et sur les limites de la démocratie représentative.
Becker Howard S. ; Merllié-Young Christine ; Merll
Après de nombreuses années de pratique du métier, Howard S. Becker livre, avec le style qui a fait son succès, les leçons tirées de son expérience de sociologue. Empiriques au même titre que les sciences de la nature, les sciences sociales ne progressent que par la qualité de l'articulation entre des " idées " (ou théories) et des " données ", toujours produites par des procédés de fabrication à analyser. La distinction, qui structure la profession, entre recherches " qualitatives " et " quantitatives " ne change rien à l'exigence de fournir des " preuves " solides, capables de résister au doute pour convaincre collègues et adversaires. La nécessité d'une analyse critique des données est ici démontrée à la lumière d'une gamme étendue de recherches, des plus collectives et objectivantes, comme les recensements de la population, aux plus personnelles, comme les observations ethnologiques, en passant par toutes les formes intermédiaires de la division du travail entre concepteurs des recherches et personnes chargées de la collecte des données. Cette ré? exion sur les conditions pratiques de l'observation s'adresse aussi bien aux professionnels des enquêtes, aux chercheurs en sciences sociales qu'à l'étudiant devant réaliser son premier mémoire de recherche.
Composée de plus de 1,3 milliard d'habitants, la société chinoise fascine ou effraie. Depuis 1949, elle a connu l'arrivée des communistes au pouvoir, le maoïsme, les réformes à partir de Deng Xiaoping et la reprise en main du pays dès 2013 par Xi Jinping. De manière inédite dans l'histoire du capitalisme, elle concilie un libéralisme économique d'Etat et un régime officiellement de " dictature démocratique du peuple ". Concrètement, comment la Chine en est-elle arrivée à cette modernité contrastée et quels sont les effets d'un régime autoritaire sur les différentes strates de la société chinoise ? La trame chronologique suivie dans ce livre permet d'analyser la société chinoise sous de multiples angles : éducation, travail, santé, appartenance ethnique, migrations, rapports hommes-femmes, jeunesse, religion, inégalités sociales, mouvements de contestation, questions sociales et environnementales. Les nombreux encadrés apportent des éclairages précis et des données récentes sur des aspects souvent méconnus de la société et de ses acteurs, au-delà des clichés sur la modernisation chinoise en ce début de XXIe siècle.
Que signifie "protéger la nature" ? Répondre à cette question concrète, urgente, suppose d'affronter une question proprement philosophique. Car la notion même de "nature" ne va plus de soi. On a pris l'habitude d'aborder l'environnement à partir des oppositions entre nature et culture, naturel et artificiel, sauvage et domestique, que la globalisation de la crise environnementale a effacées : le changement climatique remet en cause la distinction traditionnelle entre histoire de la nature et histoire humaine. Ces oppositions tranchées n'ont plus lieu d'être, mais leur effacement ne signifie pas pour autant le triomphe de l'artifice. On peut continuer à parler de "nature" et même en parler mieux, parce qu'il n'y a plus à choisir entre l'homme et la nature, mais plutôt à se-soucier des relations entre les hommes, dans leur diversité, et la diversité des formes de vie. Que l'on s'intéresse à la protection de l'environnement, aux techniques ou à la justice environnementale, cet ouvrage montre qu'il est possible de concilier le souci de la nature, la diversité des cultures et l'équité entre les hommes ; et qu'il existe aussi des manières d'agir avec la nature et pas contre elle.
Depuis une dizaine d'années, les caméras de vidéosurveillance ont envahi notre paysage urbain. Une frénésie sécuritaire qui fait déjà l'objet d'abondantes critiques mais qui dissimule encore ses véritables failles, systémiques, techniques, juridiques, tout en banalisant chaque jour un peu plus une idéologie d'autosurveillance généralisée. Depuis les années 2000, les caméras de vidéosurveillance et de vidéoprotection ont envahi notre paysage urbain. Cette nouvelle manière de protéger la population fait couler beaucoup d'encre. Or les prismes dominants (sécurité versus liberté) et les images mobilisées (du Panoptique à Big Brother, en passant par Minority Report), en disent plus sur les fantasmes collectifs que sur les réalités concrètes de ce dispositif. Dans ce récit d'enquête, au plus près des expériences et des représentations des acteurs publics et privés qui utilisent la vidéosurveillance au quotidien, Elodie Lemaire passe au crible les idées reçues sur cet oeil sécuritaire, pour mieux en identifier les vrais dangers. En nous faisant pénétrer dans les salles de contrôle et les coulisses des tribunaux, l'auteure montre que les usages de la vidéosurveillance sont loin d'être conformes à sa réputation de " couteau suisse de la sécurité " ou de " reine des preuves ". Mais ces limites cachent d'autres dérives bien réelles, comme la banalisation d'une idéologie qui construit progressivement notre vision sécuritaire du monde social.