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L'empire des Plantagenêt 1154-1224
Aurell Martin
PERRIN
23,50 €
Épuisé
EAN :9782262019853
Par son union avec Aliénor d'Aquitaine en 1152, le jeune héritier du trône d'Angleterre, Henri II, contrôle un vaste territoire: de l'Écosse aux Pyrénées, de l'Irlande au Limousin, l'empire des Plantagenêt vient de naître. En trois générations, de 1154 à 1224, celui-ci s'impose sur l'échiquier européen comme un partenaire aussi inévitable que menaçant. Mais ce géant a des pieds d'argile. Chevauchant plusieurs mers, l'Empire est un assemblage de comtés, de marches et de duchés entre les mains d'une noblesse toujours prompte à la révolte quand il s'agit de sauvegarder ses prérogatives. Pour contrôler cet espace politique disparate - quoi de commun en effet entre des Irlandais, des Bretons ou des Aquitains? -, Henri II instaure un Etat bureaucratique en s'appuyant sur des clercs cultivés et des chevaliers courtois. Avec eux, il fabrique de toutes pièces la légende Plantagenêt, s'invente des ancêtres aussi peu crédibles qu'Arthur, le célèbre roi celte. Dans une étude passionnante et neuve, Martin Aurell restitue toutes les facettes de cet Empire d'une modernité étonnante, sans jamais perdre de vue sa dimension dramatique. Il montre toute l'étendue de l'habileté politique d'Henri II, doué pour son métier de roi mais incapable de faire taire les passions familiales. Car les Plantagenêt sont aussi l'exemple d'une humanité impossible: les coulisses du pouvoir offrent le spectacle d'une famille déchirée dont les fils - Richard C?ur de Lion ou Jean sans Terre - vouent à leur père une haine implacable. Ce combat des Atrides qui inspira Shakespeare ne connaît pas de répit. Le sang coule: ainsi le meurtre atroce de Thomas Becket, l'archevêque de Canterbury qui refuse la collusion de l'Église avec le politique. L'ambition capétienne précipitera la chute de l'empire. Quand, en 1224, la veuve de Jean sans Terre aide Louis VIII à s'emparer du Poitou, il ne reste plus des principautés continentales que la seule Gascogne, autant dire une peau de chagrin.
Aliénor d'Aquitaine (1124-1204) est la plus célèbre sinon la plus populaire des reines du Moyen Âge. Grâce à une documentation quasi exhaustive consultée des deux côtés de la Manche, Martin Aurell offre ici une biographie entièrement renouvelée de la souveraine. Duchesse descendante de l'antique lignée des Guilhémides, elle est au XII? siècle l'héritière de l'Aquitaine, la plus étendue des principautés du royaume de France, mais aussi l'une des plus riches. Son premier mariage avec Louis VII, roi de France, échoue à la suite d'un différend stratégique et familial. En 1152, elle se remarie avec le jeune Henri II, roi d'Angleterre, une alliance qui fonde le vaste empire Plantagenêt, de la frontière de l'Écosse aux Pyrénées et de l'est de l'Irlande à l'Auvergne. En 1173, Aliénor fomente une rébellion contre son mari, dont l'échec lui vaut quinze ans de résidence surveillée, avant de retrouver par son veuvage une place prépondérante sous le règne de ses fils Richard Coeur de Lion et Jean Sans Terre. Explorant les archives désormais bien inventoriées sur Aliénor, Martin Aurell livre ici un travail résolument neuf sur cette reine hors norme. Tout en déconstruisant sa légende, plus noire que dorée, l'historien revisite sa longue vie, brosse tour à tour le portrait de la jeune femme, de la mère, de l'amante. La féminité de la reine est au coeur de ce livre, abordée à travers le vêtement, la maternité, la répudiation, l'amour, la jalousie et le pardon dans une approche contemporaine qui redessine les contours de son pouvoir si âprement disputé tout au long de sa vie.Notes Biographiques : Martin Aurell est un historien médiéviste, ancien directeur du Centre d'études supérieures de civilisation médiévale et il a été le directeur de la revue Cahiers de civilisation médiévale après être passé par Princeton. Il est l'auteur de nombreux ouvrages notamment L'empire des Plantagenêts (Perrin) dont il est le meilleur spécialiste.
Résumé : Arthur fut-il un chef de guerre celte combattant, vers 600, les envahisseurs anglo-saxons de la Grande-Bretagne, ou bien une divinité païenne, assimilée par sa force colossale à l'ours ? Les historiens peinent à répondre. Ce n'est, en effet, qu'à partir du IXe siècle qu'Arthur devient un personnage "historique" dont les chroniques latines font un paladin de la résistance des Bretons de l'île contre les Germains venus du continent. Trois siècles plus tard, Arthur devient, outre le roi de la Grande-Bretagne, le conquérant du nord de l'Europe. La légende connaît ensuite un engouement sans précédent dans le nord de la France. Chrétien de Troyes et d'autres romanciers la reprennent dans leurs fictions peuplées de fées, ogres et autres nains. Merlin l'Enchanteur et les chevaliers de la Table ronde y occupent les premiers rôles. En revisitant la légende arthurienne, Martin Aurell explore le terreau social où elle naît et se développe. Croisant fiction et réalité, il traque l'instrumentalisation politique et religieuse d'un récit imaginaire populaire, mais bien ancré dans la plus réelle des histoires.
La rencontre du chevalier et du savoir au XIIe siècle peut sembler paradoxale. Pourtant, elle se mêle inextricablement à la renaissance intellectuelle de cette période, mouvement décisif pour l'histoire de l'Occident. Le chevalier n'évolue pas seulement sur les champs de bataille, mais aussi dans les cours de plus en plus cultivées et raffinées: son intérêt pour les classiques latins et la lecture, voire sa propre poésie, le prouvent. Il patronne les jongleurs et discute de littérature avec les clercs qui, au passage, essaient de réformer sa conduite, souvent brutale. Au fur et à mesure que leur culture livresque se développe, les chevaliers apprennent à réprimer leur propre violence à la guerre et s'initient à la courtoisie. A table, les contenances sont désormais de mise, tout comme la préciosité du langage, l'élégance des vêtements ou la mesure des gestes. La fréquentation des femmes, parfois doctes et tenant salon, devient plus galante. Une révolution mentale est ainsi en oeuvre chez ces élites laïques qui, au contact du clergé savant, mettent de plus en plus leurs armes au service du bien commun. Ce savoir-vivre relève-t-il d'un masque machiavélique ou bien cette maîtrise de soi est-elle le signe d'une modernité avant l'heure?
Résumé : Au Moyen Âge, la noblesse apparaît comme un groupe social aux facettes multiples qui comprend aussi bien le prince du sang, cousin du roi, que le pauvre hobereau rural menacé par la dérogeance ou le bourgeois parvenu achetant une lettre d'anoblissement... Les membres de cette aristocratie hétérogène n'en possèdent pas moins une identité commune qui se manifeste par une forte conscience généalogique reposant sur l'appartenance à une parentèle fondée par un ancêtre mythique. Ils prisent le métier des armes, embrassent des valeurs chevaleresques, exercent le pouvoir sous toutes ses formes (magistratures de l'Etat ou tribunaux seigneuriaux), détiennent la terre et se dotent d'un réseau de clientèle, recevant la foi et l'hommage de leurs gardes, de leurs guerriers et de leurs feudataires. Au fils des siècles, ces élites du sang, de la guerre et du pouvoir préservent leur prépondérance. Elles se renouvellent, toutefois, de façon constante : le déclassement ou l'extinction des vieilles maisons appellent des hommes nouveaux. L'immobilisme apparent d'une société hiérarchique ne saurait cacher toute sa fluidité et toutes les nuances de son évolution, au rythme de l'affaiblissement ou du renforcement des structures étatiques.
Avec 1915, l'enlisement, second volume de sa série consacrée à la Grande Guerre, Jean-Yves Le Naour continue de retracer au plus près le quotidien des Français durant ces quatre années de malheur. Alternant les points de vue d'en haut et d'en bas, s'attachant aux rumeurs comme aux faits établis, au ressenti aussi bien qu'au vécu, l'auteur nous livre un récit haletant. En 1915, le conflit entre dans une phase particulièrement meurtrière, marquée par des offensives aussi terribles qu'inutiles, rendues plus cruelles encore depuis l'usage des gaz asphyxiants. La guerre est partout: à Londres ou à Paris, sous les bombardements des zeppelins, sur la mer, en Afrique et au Moyen-Orient où les Turcs ont lancé le djihad contre les Alliés, au nom du panislamisme, tout en se livrant au génocide des Arméniens... Tandis que les Allemands étrillent la Russie et écrasent la Serbie, les Alliés enchaînent les échecs. Sourd aux critiques, le général Joffre conduit la guerre comme il l'entend: 320 000 Français sont ainsi sacrifiés en pure perte. La crise politique et la lassitude grandissent sur les décombres d'une Union sacrée qui a vécu, comme en témoignent les archives des Renseignements généraux jusqu'ici inexploitées. Pour les Français, 1915 est bien l'année la plus dramatique de toute la guerre, celle des horizons bouchés.
A la lumière des recherches les plus récentes, 1914 offre une synthèse des évènements qui ont précédé et suivi l'entrée en guerre de l'Europe. Dans une approche très concrète,nourrie d'archives, Jean-Yves Le Naour y restitue la façon dont cette année a été vécue par les contemporains, loin des antichambres ministérielles ou princières. Il montre la France plongée en situation de tension extrême, sensible à la moindre rumeur: les plaques de publicité Maggi ou du bouillon Kub auraient servi d'indications à l?armée allemande en marche, les Russes auraient débarqué au Havre, des espions allemands distribuent des bonbons empoisonnés, les soldats allemands coupent les mains des enfants durant l?invasion, etc.? Mais ce volume revisite évidemment les grands événements de 1914 comme l?attentat de Sarajevo, l?assassinat de Jean Jaurès et la bataille de la Marne. Il fait place à des évènements ignorés habituellement de l?historiographie: l?hésitation du gouvernement qui, partant pour Bordeaux, a failli décréter Paris « ville libre », sans défense, afin d?éviter sa destruction dans des combats; l?incroyable réception de la célèbre voyante, Mme Fraya, en pleine nuit du 1er août devant une assemblée de ministres angoissés qui s?en remettent à l?irrationnel pour se rassurer! Ou pourquoi Joffre a laissé les Allemands passer par la Belgique (contrairement à la version officielle, on savait que les Allemands passeraient par là!). L'auteur revient sur la fameuse « Union sacrée » qui ne restera qu'un rêve: les querelles se poursuivent, à fleurets mouchetés.... A chaque page, le récit est vivant et le lecteur peut éprouver ce climat si particulier, attisé par les premières morts, les errements des contemporains, leurs espoirs, leurs troubles et leurs angoisses. Poignant.
Frappés par une sombre légende que chaque époque vient enrichir, les trois grands acteurs de la saga Borgia ? Alexandre, César et Lucrèce ? ne seraient qu'un empoisonneur, un assassin et une débauchée. Exceptionnellement romanesque, l'histoire d'une des plus fascinantes familles de la Renaissance est en réalité bien plus riche et plus nuancée. D'origine catalane, ces " Borja " vont réussir à imposer en trois générations deux papes à la chrétienté : en 1455, Calixte III, grand diplomate obsédé par le danger turc, puis en 1492, Alexandre VI, qui compromet sa fonction dans plusieurs scandales, sans néanmoins oublier sa haute mission : tailler à l'Eglise, par la force, un territoire comparable à ceux des Etats-nations contemporains. Son fils César, hidalgo flamboyant un moment égaré dans l'Eglise, lui en ménage donc un en Romagne, où sa politique expéditive lui vaut de devenir le modèle de Machiavel. A Rome, coupe-gorge où continuent à s'affronter les clans médiévaux, les rugueux Borgia rendent coup pour coup, jusqu'à l'effondrement final. C'est alors le temps de la revanche de la belle Lucrèce, plusieurs fois mariée selon les ambitions du clan. Devenue duchesse de Ferrare et l'une des plus belles figures féminines de l'époque, elle inaugure le temps de la repentance des Borgia, bientôt marqué par la personnalité torturée du jésuite Francesco, le saint de la famille. La saga des Borgia se lit ainsi comme l'aventure exemplaire et tragique d'une ambitieuse dynastie de gens d'Eglise, bien loin de l'image trop répandue d'une brillante et douceâtre Renaissance italienne.
Loin, comme ses prédécesseurs, de décrire la bataille telle qu'elle est jugée d'en haut, à la manière de l'état-major, John Keegan la restitue par le bas, telle qu'elle est vécue par les soldats. Cette nouvelle approche de l'histoire militaire, qui va au-delà des récits factuels, révèle toute la dimension humaine du combat. Pour illustrer son propos, Keegan raconte et décortique trois batailles charnières: Azincourt (1415), Waterloo (1815) et La Somme (1916). Un livre fondateur devenu un classique servi par une nouvelle traduction.