
Le (dé)goût de la laideur
La laideur résiste au témoignage comme à la réflexion. A travers elle se révèle l'envers du corps et du décor, la face obscure du réel. Dans cette expérience, l'effroi se mêle à la fascination. De grandes figures, philosophiques, légendaires, littéraires, de laids et de laides témoignent de cette étrange inversion : le pouvoir de séduction de la Vellini de Barbey, de la Bérénice d'Aragon, des laides stendhaliennes tient au jeu, en elles, de la vie, du mouvement, du souvenir et de la passion, plus gracieux que l'immobile perfection de la forme. C'est peut-être ce jeu aussi qui, de la laideur, fait pour l'art un défi. A la faveur de regards nouveaux, le laid devient le ferment d'une beauté nouvelle... Balade esthétique en compagnie de Roger Caillois, Yves Bonnefoy, Francis Bacon, Pascal Quignard, Henri Michaux, Georges Bataille, Socrate, Rilke et bien d'autres. . . Philosophe et romancière, Gwenaëlle Aubry vient de publier un récit sur la laideur, Notre vie s'use en transfigurations.
| Nombre de pages | 105 |
|---|---|
| Date de parution | 06/09/2007 |
| Poids | 80g |
| Largeur | 101mm |
| SKU: | 9782715227743 |
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| EAN | 9782715227743 |
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| Titre | Le (dé)goût de la laideur |
| Auteur | Aubry Gwenaëlle |
| Editeur | MERCURE DE FRAN |
| Largeur | 101 |
| Poids | 80 |
| Date de parution | 20070906 |
| Nombre de pages | 105,00 € |
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