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Le peuple des tunnels (1900-1930)
Fontaine Astrid
GINKGO
24,99 €
Épuisé
EAN :9782846792127
Extrait de l'introduction15 septembre 2011. Première ligne de ce livre. J'ai traîné un peu sur les bords du canal Saint-Martin, je me suis assise à une ou deux terrasses sans rien consommer, pour finalement m'installer dans un petit coin au bar-resto L'Atmosphère. J'aime bien le lieu, un bistrot d'angle un peu à l'ancienne. Son nom me semble dans le ton de l'histoire que je dois raconter. Paris, entre 1900 et 1930, les rues pavées, les omnibus à cheval, les calèches, les premières automobiles, les brasseries et leurs serveurs en livrée, les marchands de vins et de charbon, les bars à absinthe, les allumeurs de réverbères, les débuts du cinématographe... D'ailleurs deux photos sont accrochées au mur: elles datent de l'époque où les compagnies de bateliers transportaient encore les Parisiens sur les canaux et qui ont ensuite disparu, tout comme les compagnies de tramways.J'ai lu le témoignage très émouvant d'un des tout premiers conducteurs de métro. Il avait 103 ans en 1999, quand quelqu'un a recueilli ses souvenirs. Il est mort aujourd'hui. Ça commence par cette phrase: «Le soir je transportais des allumeurs de réverbères.» J'aurais voulu en faire le titre de mon livre tellement je la trouve belle. Mais ça ne va pas coller, même en trichant. Dommage. Le soir donc, Raymond Grapazzy, né en 1896, transportait dans son métro des allumeurs de réverbères. «Ils déambulaient dans toute la ville, avec leur grande perche, pour éclairer la nuit des Parisiens. Sans eux et sans les becs de gaz, Paris serait devenu un véritable coupe-gorge et les noctambules n'auraient certainement pas profité à ce point des nouvelles animations qui faisaient battre le coeur de la capitale. Le théâtre, le cabaret et le cinéma encore tout jeune, avec ses informations en début de séance et son éclairage au gaz, connaissaient un succès fou, toutes origines sociales confondues. J'en ai conduit des prolétaires et des bourgeois qui se rendaient au "Coucou" et aux "Trois Baudets" pour entendre Souplex, Dranem, Maurice Chevalier et le "fou chantant" (Trenet)! Ils allaient volontiers danser aussi, du côté de République notamment. Quand je les ramenais chez eux, c'étaient des airs de tango, de valse, de cha-cha-cha, de java, de boston à tout va dans les wagons. Mais, pour les grandes occasions, comme les bals organisés en mairie (le smoking et la robe longue étaient alors de rigueur...), les Parisiens préféraient le taxi ou la voiture à cheval. Les crinolines, les chapeaux de feutre et les manteaux de renard s'arrangeaient plutôt mal de la saleté qui régnait dans le métro.» Quelle ambiance. Vous imaginez l'odeur? Sans compter la tuberculose d'un côté, les hygiénistes de l'autre (Haussmann avait déjà mis le paquet pour transformer Paris), la peur que généraient les microbes, l'air vicié et les saletés en tous genres. Le tout-à-l'égout n'était pas encore complètement en place et il y avait du crottin de cheval plein les caniveaux. On se lavait moins de toute façon, on avait moins de vêtements mais on en portait plus en même temps et on les gardait plus longtemps. Surtout, la plupart des gens n'avaient pas l'eau courante et la «fée électricité» n'avait pas fait son apparition dans les foyers. Les pompiers eux-mêmes étaient équipés de torches pour intervenir dans les coins sombres. On le voit sur certains dessins poignants qui ont fait la une des journaux lors du terrible incendie du 10 août 1903 à la station Couronnes, où 84 personnes sont mortes asphyxiées.
Cette trilogie L'Espoir - Vers une réforme de la Franc-maçonnerie ne laissera pas indifférents les Francs-maçons. Certaines pages pourront choquer, d'autres enthousiasmer. Peu resteront insensibles. L'auteur, Jacques Fontaine, ne prend pas mille chemins pour décrire les voies et moyens de la réforme de l'Ordre. La Franc-maçonnerie, en son déclin actuel, recèle les germes de son renouveau. Une analyse serrée de la tradition, maçonnique et, au-delà, les éclairages de la psychologie des profondeurs font découvrir qu'il y a des raisons d'espérer l'avènement d'une Franc-maçonnerie revitalisée. Le premier tome L'Enigme - La Franc-maçonnerie une spiritualité pour agir remet à plat les finalités de l'Ordre, dans le contexte de la société actuelle. Le deuxième tome L'Enjeu - Pour une Franc-maçonnerie libérative, revisite le système maçonnique: l'opportunité des obédiences et le rôle des Loges. Enfin, le troisième tome L'Essence - Au c?ur du rite maçonnique, définit, à la lueur des sciences humaines, l'importance du rite et le rôle du Franc-maçon.
Résumé : Peut-on se droguer et travailler ? En enquêtant sur des usagers de drogues exerçant une activité professionnelle depuis de nombreuses années, Astrid Fontaine montre que drogue ne rime pas nécessairement avec dérive. La consommation de drogues n'est pas obligatoirement un élément central dans la vie des personnes. Et lorsqu'elle l'est, ou le devient par moments, ces hommes et ces femmes parviennent à gérer leur consommation de telle sorte qu'elle ne mette pas en péril leur statut social. Cela requiert une véritable rigueur dans l'établissement de règles tout à fait pratiques : un savoir expérimental longuement acquis. Or, ce savoir, est la plupart du temps, interdit ou recouvert par l'image d'Epinal du toxico. La diffusion d'un tel savoir pourrait aider ceux qui n'ont pas réussi à contrôler leurs consommations, mais permettrait aussi aux proches, aux thérapeutes et aux employeurs de relativiser l'alternative infernale entre abstinence totale et déchéance. Ce livre va à l'encontre des idées préconçues qui fondent les représentations sociales de " La drogue ".
Premiers symptômesÀ sept heures moins le quart, l'appartement est saturé d'informations contradictoires. Les radios-réveils, le transistor dans la cuisine et celui dans la salle de bains. Pas un réglé sur la même fréquence. Musique pour Lina, les infos pour mes parents (mais ils ont chacun leur station préférée), et pour moi... je change en fonction de mes humeurs. Une cacophonie dans laquelle nous grappillons quelques mots en passant de pièce en pièce, pressés, déjà en retard, comme tous les matins. En rien le plaisir avec lequel je m'endors chaque soir, après avoir réglé la minuterie, écoutant les voix des animateurs qui se brouillent peu à peu quand je sombre dans le sommeil.Les phrases qui s'entremêlent ce matin parlent de ministres que je ne connais pas, de résultats de foot, d'une inondation en Asie et toujours du virus. Je ne me souviens plus depuis combien de temps l'épidémie fait les gros titres des journaux. Trois ou quatre semaines, peut-être... et il me semble que cela revient de plus en plus souvent. Non pas que nous soyons en danger: la maladie s'arrête aux portes de l'Europe, paraît-il, mais c'est sans cesse une litanie de mauvaises nouvelles, d'entreprises fermées, d'hôpitaux saturés, de couvre-feu en Amérique du Sud ou en Afrique.J'habite à dix minutes du lycée, mais je pars toujours en avance, parce que j'aime les quelques minutes que nous passons ensemble, mes amis et moi, avant le début des cours, sur le grand parvis. Lina, elle, est encore à l'école primaire. C'est au bout de la rue, et pourtant elle est toujours en retard; elle quitte l'appartement à la dernière minute, ses tennis encore délacées, un livre sous le bras.Le jour se lève à peine; chacun arpente les trottoirs les yeux baissés en suivant son chemin mécaniquement. Il fait froid, nous entrons dans l'automne. Les températures descendent vite dans notre ville située au pied des montagnes.- Thomas!Matthieu débouche d'une rue. Nous nous retrouvons en route presque chaque matin. C'est mon meilleur ami, pourtant si différent de moi. L'intellectuel parfait - c'est d'ailleurs son surnom au lycée: l'intellectuel. Fan de sciences, collectionneur passionné - timbres, vinyles, journaux étrangers - et allergique au sport. Plutôt petit, lunettes, et un éternel manteau bleu nuit que sa mère lui a acheté sans lui demander son avis.- Ça va?
Résumé : Un texte sous forme de devinette et une découpe de chaque silhouette, il n'en fallait pas plus pour que l'enfant s'amuse à trouver les amis de la ferme ou de la maison. Le jeu des devinettes stimule le langage et fait travailler la compréhension. Le petit apprend les caractéristiques des animaux, leur description et l'organisation du discours. La motricité fine est aussi stimulée par la découpe dont l'enfant peut tracer le contour avec son doigt.
La mondialisation urbanise le monde. La ville, qui devient l'écosystème majeur de l'humanité, est le grand chantier du XXIe siècle. L'histoire a légué à chaque peuple un patrimoine de villes qui forment l'armature des nations, mais la mue en cours dans l'habitat humain provoque aujourd'hui une refondation générale du fait urbain. Evolution quantitative sans précédent, et transformations qualitatives impérieuses, se combinent pour faire de la ville l'enjeu capital de l'humanité mondialisée. Au lendemain de Rio + 20, la France et le Brésil sont bien placés pour explorer ensemble cette problématique, chacun apportant une vision et une capacité originales. La ville intelligente qu'il s'agit d'imaginer et de construire devra, pour être durable, à la fois procéder des choix venus de sa population et découler d'une ingénierie sophistiquée mobilisant des centaines de métiers, tout en s'ajustant de manière évolutive aux transformations constantes de son environnement. Les réflexions réunies dans le présent livret explorent comment l'accès à l'autre, concrétisé par la coopération entre deux pays aussi dissemblables que la France et le Brésil, est la matrice même de conception de ce qui est en jeu, à savoir une urbanité de la relation créative durable.
La multiplication des régimes autoritaires, le protectionnisme étatsunien, les réponses disparates apportées aux problèmes écologiques entre autres semblant confirmer les choix géopolitiques de l'année précédente, la Fondation pour la Prospective et l'innovation (FPI) se devait, dans son Almanach 2020 et son programme de travail, d'en éclairer les différentes composantes et enjeux. Si les Unes des journaux s'intéressent surtout aux crises du Moyen-Orient dans un contexte exacerbé de tensions politiques entre les Etats-Unis et l'Iran, elles ne traitent pour l'instant qu'à minima la guerre économique à laquelle se livrent les mêmes Etats-Unis et la Chine, se focalisent sur les risques et les incertitudes de l'épidémie de coronavirus. Et pourtant, le risque est grand d'une généralisation systémique de conflits de tous ordres à l'échelle planétaire. Il en découlera inévitablement un bouleversement des relations internationales ainsi qu'une recomposition en profondeur des équilibres internationaux, faisant renaître les perspectives de guerres mondialisées. Dans ce contexte, quels seront la place et le rôle de l'Europe, elle-même tiraillée a l'interne par des mouvements dissidents profonds ? Sera-t-elle spectateur ou acteur sur les grands sujets du moment : changement climatique, nucléaire, intelligence artificielle, transition écologique, internationalisation des monnaies, etc. ? Laissera-t-elle s'imposer un bilatéralisme sino-américain au détriment d'un multilatéralisme qu'elle souhaite promouvoir ? Que fera-t-elle pratiquement pour une Afrique désireuse de ne pas être laissée à la périphérie des préoccupations du monde avec son milliard de jeunes à intégrer dans le siècle, avec ses besoins en matière de révolution digitale et d'investissements ? L'Almanach 2020 dé la Fondation Prospective et Innovation (FPI) reprend ainsi et développe ces thèmes primordiaux dans le souci non de décrire le futur mais plus simplement d'appeler à la réflexion par la compréhension des grands enjeux qui façonnent notre devenir.
La raison d'être de ce livre est de faire découvrir un pays par trop méconnu et de tordre le cou à une désinformation savamment distillée par le Kremlin et ses relais... La Crimée, brutalement annexée en mars 2014, alors qu'au début du même mois le président russe affirmait le contraire, est-elle déjà passée par pertes et profits ? Fin 2013, Vladimir Poutine a ouvert la boîte de Pandore, déclenchant une déferlante prorusse à l'Est de l'Ukraine. L'Union européenne, les USA et le reste du monde ont-ils enfin réalisé à quel point la Russie est devenue dangereuse pour le monde libre ? Depuis quinze ans, les avertissements de nombreux Russes clairvoyants ou d'observateurs européens avisés, sont restés lettre morte. Et les précédentes opérations néo-impérialistes du Kremlin, menées en toute impunité, n'ont pas suffi à guérir la cécité des leaders occidentaux. "Goodbye, Poutine" n'est pas un simple slogan qui reprend le "dégage" du Printemps Arabe ou du Maïdan 2013-2014. Sous la direction de la russologue Hélène Blanc, les voix multiples, les regards croisés des meilleurs observateurs de l'Union européenne, de la Russie et de l'Ukraine, analysent la crise la plus grave qu'ait connue l'Europe. Leurs éclairages pluriels sont précieux pour notre avenir commun. Cette fois, malgré son double jeu et son double langage, le masque de Poutine est tombé. Goodbye, Poutine...
Extrait En ce vingt-huit avril deux mille, à quatre heures de l'après-midi, le ciel s'était tellement assombri qu'on aurait dit qu'il faisait déjà nuit, comme pendant une éclipse, une panne de l'univers. L'orage se faisait attendre comme une diva. La foule regardait passer tous ces gens célèbres, tous ces artistes à lunettes noires qui se pressaient maladroitement dans ce cimetière comme d'étranges aveugles qui cachent leurs larmes ou leur indifférence. De belles dames en hauts talons trébuchaient sur les vieux pavés du Père-Lachaise; tels des flamants roses en deuil. Toute cette troupe bringuebalante suivait un corbillard de luxe, Cadillac amortie, douce, silencieuse, et qui emmenait une des plus jolies, des plus jeunes et des plus prometteuses actrices du cinéma français, vers le trou béant de l'éternité, pour une place au box-office éternel. Oh ! il en avait vus d'autres sur ses vieux pavés le Père-Lachaise, lui, le cinq étoiles de la mort, depuis qu'on avait enterré une petite fille de cinq ans en 1804, et que tout ce qui était mort de plus célèbre après l'avait suivie... Elle était morte dans son sommeil, sans aucune raison, la veille ; et le médecin légiste qui avait autopsié ce corps superbe en transpirant comme s'il avait touché le corps de Cléopâtre, n'avait rien trouvé qui eût pu expliquer ce décès ; une autopsie blanche selon le jargon de la profession. Elle était morte comme Ophélie, en pleine jeunesse et en pleine beauté; elle allait descendre la rivière entourée des larmes d'Hamlet et d'un public avide d'histoires vécues. Au moment de l'inhumation, le cercle des proches ne comportait que des gens de cinéma : producteurs, metteurs en scène, acteurs, attachés de presse, envoyés spéciaux dont la spécialité était surtout de prendre en photo les larmes des vivants et le sourire des morts. Le cimetière se vida par petits groupes de simples promeneurs dans cette jolie petite ville où les maisons ne sont que les lotissements de la mort. Bientôt tous les journaux et les magazines évoquant le décès de Simone Vitelli se retrouveraient chez les coiffeurs et dans les salles d'attente des dentistes pour quelques mois encore; puis d'autres stars, d'autres drames les remplaceraient et la star se chiffonnera comme une poupée de papier, figée dans son sourire, au Festival de Cannes de l'année d'avant... avant...