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Le purgatoire des sens / Lost Highway de David Lynch
Astic Guy
ROUGE PROFOND
20,30 €
Épuisé
EAN :9782915083095
Lost Highway est à l'image de l'hôtel où échouent Fred et Rence, hôtel perdu au bout d'une autoroute surgie de nulle part, investi par des morts ou des disparus qui refont surface : le film a tout d'un purgatoire. Purgatoire pour les personnages qui n'arrêtent pas de passer les frontières de mondes incompatibles. Purgatoire pour les corps en souffrance, dont David Lynch affiche la vulnérabilité pour mieux en explorer/exploser les textures. Purgatoire pour la raison, confrontée à une histoire illogique, dominée par les fantasmes et les pulsions noires. Purgatoire pour le spectateur, embarqué dans une traversée audiovisuelle intense le confrontant à la violence physique et psychique. Purgatoire, enfin, pour le cinéaste qui atteint là une sombre pureté artistique que Mulholland Drive reconduit en déplaçant l'action au cour même d'Hollywood. Bréviaire vertigineux de la perception, Lost Highway plonge dans l'intimité de l'image pour amener la sensibilité à s'ouvrir. Un programme simple mais bouleversant ; un ravissement sensoriel de chaque plan projeté sur l'écran cinéma, qui ne s'en remet toujours pas.
Astic Guy ; Marigny Jean ; Besson Anne ; Bouak Gré
Depuis plus de trente ans, le fantastique et l'horreur sont indissociablement liés au nom de Stephen King. Héritier de H.P. Lovecraft, Richard Matheson, Robert Bloch et Ray Bradbury, l'écrivain du Maine a engendré un mouvement imaginaire qui s'est imposé dans le monde et ne cesse encore de se feuilleter. Ses oeuvres constituent une exploration terrifiante de la civilisation occidentale où se généralise la technoculture, où l'emporte le devenir libéral, médiatique, sécuritaire, paranoïaque de la société. Stephen King, mais aussi Clive Barker, Peter Straub, Graham Masterton, Bentley Little, Harry Crews, Neil Gaiman, Serge Brussolo, Patrick Senécal, etc., ont su enregistrer et amplifier les bouleversements engendrés par les régimes actuels du voir, pour dégager de nouvelles expressions de la peur et de la monstruosité. Nous sommes passés à une jouissance sans innocence de l'horreur, engendrée par des auteurs et des réalisateurs au fait des codes du genre qu'ils perpétuent et complexifient sans rien lâcher en matière d'intensité narrative. Comme l'écrivain a pu le faire en son temps avec Danse macabre (1981), ce colloque dégage les principales lignes de force d'une "anatomie de l'horreur" dont le centre vital et rayonnant reste Stephen King.
Résumé : Lost Highway est un diamant noir dont l'obscure clarté illumine le firmament du cinéma depuis vingt-cinq ans. A l'image de l'hôtel perdu au bout d'une route surgie de nulle part, investi par des morts ou des disparus qui refont surface, le film de David Lynch a tout du purgatoire. Purgatoire pour les personnages égarés qui n'arrêtent pas de passer les frontières de mondes incompatibles ; purgatoire pour les corps en souffrance, dont le cinéaste surexpose la vulnérabilité pour mieux explorer la violence des pulsions, pénétrer les textures de l'âme et des viscères ; purgatoire pour le spectateur plongé dans une traversée audiovisuelle inédite, lâché dans une expérience totale, au plus vif de la création, au coeur brûlant et bruyant de l'existence ; purgatoire, enfin, pour Lynch qui atteint là une forme de pureté artistique dans l'intensification de chacun des moyens d'expression mis en oeuvre. Entre excès et tensions incandescentes, abstraction et figuration ne cessent de s'aimanter et de se repousser, dans un déploiement d'énergie formelle d'autant plus retentissante qu'elle a pour cadre un monde essoufflé, une histoire déprimée. Bréviaire vertigineux de la perception, Lost Highway plonge dans l'intimité de l'image pour amener la sensibilité à s'ouvrir.
The Walking Dead. Un succès planétaire avec des records d'audience aux Etats-Unis. Cette série nous fascine et nous tient en haleine parce qu'elle traite notre plus grande hantise. Toute son histoire s'inscrit au point précis où commence et finit le temps des hommes : le moment post-apocalyptique. Tout a disparu de nos manières incorporées de dire le bien et le mal, de distinguer l'humain et l'inhumain. Nos institutions et nos conventions se sont désintégrées. Il ne s'agit plus de chercher comment nous pourrions nous sauver mais de considérer lucidement la possibilité d'un nouveau départ. Avons-nous besoin d'un chef ? Chacun a-t-il le droit de punir et de tuer ? Peut-on être père dans un univers sans mère, sans école et sans travail ? Devons-nous fuir ou nous enraciner ? Qu'est-ce au fond qu'une vie d'homme ? Cette série est âpre et souvent douloureuse. Elle ne pose pas d'autres problèmes que les nôtres mais les pose autrement en cassant le monde qui nous offrait ses solutions de fortune. Elle établit ainsi une nouvelle distance focale avec tout ce que nous avons bâti. C'est l'intégralité des rapports humains qu'elle intime de réinventer. A la façon propre d'une série, à coup de flashes philosophiques, elle nous contraint à penser. Aucun dogmatisme, nulle volonté de fonder ou légitimer. Cet essai sera votre guide de survie conceptuel dans un monde catastrophé.
Après un premier volume allant des origines aux années 1960, Pierre Berthomieu poursuit son histoire inédite de l'art hollywoodien. Sans parler de décadence ou de rupture avec le classicisme, Hollywood entre dans le temps des modernités dès les films d'Elia Kazan, John Huston, Otto Preminger. La suite prend la forme de diverses innovations esthétiques et de révolutions dans la nature et la diffusion des images de cinéma qui conduisent jusqu'aux productions les plus récentes - l'auteur laisse en point de mire les ultimes mutations hollywoodiennes, qui seront évoquées dans un troisième volume. Hollywood moderne revisite les genres (le thriller, le film d'action, la science-fiction, l'érotisme...), impose de nouveaux canons, de 2001, l'odyssée de l'espace et Titanic à des cinéastes comme Clint Eastwood, Francis Ford Coppola, Brian De Palma. Il reste un art à la vocation populaire, à l'ambition spectaculaire (David Lean, Ridley Scott), naturellement cosmique (Steven Spielberg, Star Wars, John Williams) et métaphysique (Martin Scorsese, Terrence Malick). Sans oublier des figures moins attendues (Sydney Pollack, Robert Mulligan, John Frankenheimer, Frangin J Schaffner), Pierre Berthomieu alterne parcours chronologiques et approches transversales, privilégie les échos et les écarts, saisissant les liens de l'intérieur de la création et remontant aux sources. Il recourt à près de cinq mille illustrations et à des propos d'artistes souvent publiés pour la première fois en France.
Déployant une analyse détaillée et illustrée des films, des Prédateurs à Unstoppable, en passant par Top Gun, Jours de tonnerre, True Romance, Domino, Le Fan, Spy Game, Le Dernier Samaritain, Le Flic de Beverly Hills 2, Ennemi d'Etat, Man on Fire, USS Alabama, Déjà vu, Revenge, L'Attaque du métro 123, l'ouvrage embrasse toute la carrière de Tony Scott, disparu le 19 août 2012. Frère cadet de Ridley Scott, le metteur en scène britannique a redéfini durant trois décennies les codes du cinéma d'action hollywoodien. Son approche technique précise et rigoureuse du métier de réalisateur, tout comme sa démarche artistique référentielle et innovante font de son oeuvre singulière un ensemble riche et intense traversé de motifs hyperboliques récurrents. On reconnaît bien le style du cinéaste, qui n'a cessé de tendre vers une recherche épurée sur la forme, puisant dans la peinture du XVe siècle ou dans l'expressionnisme du XXe siècle. Tel un plasticien, Tony Scott a peaufiné ses préférences esthétiques pour atteindre un cinéma essentiellement sensitif et a fait de notre monde contemporain une mécanique à laquelle ses protagonistes doivent se confronter, par l'action : "Harder, Better, Faster, Stronger", pour reprendre les Daft Punk. Le livre est préfacé par Harry Gregson-Williams qui a composé la musique de six films de Tony Scott.
En décembre 1976, dans le mythique Filmstudio de Traste-vere à Rome, un jeune homme de vingt-trois ans projetait lui-même son premier long métrage tourné en Super 8. Il s'agissait de Nanni Moretti et le film s'intitulait de manière prémonitoire Je suis un autarcique. Ainsi, dans un cinéma italien marqué par la difficulté à se renouveler, faisait irruption un surdoué égocentrique, un cinéaste passionné qui allait s'imposer très vite comme la figure dominante de sa génération. Metteur en scène exigeant que la conscience de son talent et la rigueur de ses positions morales et politiques rendent souvent incommode, Moretti a d'abord exploré l'introspection autobiographique cristallisant les angoisses existentielles d'un individu plongé dans une société privée de repères éthiques et idéologiques. Sous l'identité de Michele Apicella, il a été membre d'une troupe de théâtre (Je suis un autarcique), étudiant (Ecce Bombo), cinéaste (Sogni d'oro), professeur de lycée (Bianca), prêtre (La messe est finie), homme politique joueur de water-polo (Palombella rossa). Dans Journal intime et Aprile, Michele Apicella cède la place à Nanni Moretti lui-même. Il sera désormais à la fois un homme public intervenant dans le débat politique et un homme privé évoquant le cadre de ses préoccupations intimes (La Chambre du fils, Le Caïman, Habemus Papam, Mia madre). Dans cet ouvrage, l'artiste se confie à Jean A. Gili, éminent spécialiste du cinéma italien, et revient sur toute sa production cinématographique, s'imposant comme un créateur protéiforme, un intellectuel vigilant et un producteur, distributeur, directeur de salle, opérateur culturel omniprésent.