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Par-dessus le toit
Asso Françoise
VERDIER
14,50 €
Épuisé
EAN :9782864327219
Il y a quelqu'un qui parle : on ne peut pas dire qu'il raconte, ni une histoire ni sa vie ni lui-même. Il parle pour parler : autrement dit, il fait des phrases. Comme tout un chacun, dirait-il, il a de petites idées sur beaucoup de choses : sur les chats et sur les girafes, sur les chaussures, sur les mots, sur les grenouilles, sur les romans, sur les murs, etc. Il y a des arguments sur lesquels il a beaucoup d'idées (l'hôpital et la prison, c'est ce qu'il dit), il y en a sur lesquels il n'en a pas (la vie, l'amour, c'est ce qu'il dit), il y en a qui ne l'intéressent pas beaucoup et qui reviennent comme des mouches - que personne n'aime et dont il est si difficile de se débarrasser. Il y en a qui l'intéressent (un visage, ou plusieurs : on n'en sait rien, il ne précise pas) et dont il se détourne - depuis toujours, dit-il, mais on n'est pas obligé de le croire. Non plus quand il dit qu'il est seul. Il l'est, certes, mais comme tout un chacun. Ni plus ni moins. Plutôt moins, à tout prendre - à prendre les chats, les girafes, les grenouilles, les visages, et toutes ces phrases, tous ces livres qui l'accompagnent et qui viennent se glisser dans ses phrases à lui, dont il dirait sans doute qu'elles sont aussi bien de tous. Il dirait aussi qu'un livre, c'est comme le reste, et plus encore : chacun y voit, y trouve ce qu'il veut. Ça dépend, oui, ça dépend. Lui, il y a mis des animaux, des visages, des couloirs, des tunnels, des lieux, des livres, des morceaux de phrases et d'images qui ne sont pas plus à lui qu'à n'importe qui : on a beau être seul, on est accompagné.
Résumé : A l'origine de l'?uvre de Nathalie Sarraute, une impulsion qui pousse à s'avancer vers, à s'élancer contre : impulsion de recherche, d'entame, d'attaque, par laquelle le sujet et le texte réagissent à une " forme " qui toujours menace. Cette forme qui est ici sans relâche ébranlée (idée reçue, sentiment de convention ,personnage, mot qui étouffe.)est-ce contre quoi l'?uvre s'écrit et ce sur quoi se fonde la réflexion esthétique de l'écrivain : d'où la formidable cohérence de cette ?uvre, qui réfléchit d'une manière aussi radicale que naturelle à son propre fonctionnement. C'est sous le signe de ce mouvement irrépressible que sont étudiés ici les différents choix formels de Nathalie Sarraute : moments narratifs, éclats de discours et de voix, images fugitives, retours modulés et altérés du même composent une poétique de l'instable par où la réalité peut s'appréhender dans son éternelle agitation. Françoise Asso est maître de conférences de littérature française à l'Université de Lille III.
Asso Bernard ; Monera Frédéric ; Hillairet Julia ;
Cet ouvrage est destiné à aider les étudiants, principalement de master I de droit public, dans la préparation des travaux dirigés de contentieuxadministratif. Il concerne également les candidats aux concours de la fonction publique d'Etat ou territoriale (catégories A et B). Il est composé de 25 fiches thématiques qui recouvrent l'ensemble duprogramme. Chaque fiche offre: une synthèse claire, précise et actualisée du thème qu'elle aborde; de nombreuses définitions; un débat sur une question polémique, un exercice (commentaire ou cas pratique) voire un exemple d'acte de procédure; des références bibliographiques; de très nombreux extraits de jurisprudence permettant aux étudiants de disposer immédiatement d'exemples pratiques et d'illustrations utiles à leurs travaux dirigés.
Le fil de ce récit déroule l'histoire d'une rencontre entre une jeune femme, l'art de Piero della Francesca et un peintre d'aujourd'hui, qui s'appelle lui aussi Piero - un homme aperçu pour la première fois dans un café, au détour d'une place, à Rome. Cette vie à trois devient vite une danse si enivrante, sous la chaleur antique de l'Italie, que souvent l'on ne sait plus au bras de qui l'on danse. "C'est comme l'univers, on ne peut pas dire je le connais. Mais il habite à tel point les nuits et les jours, colore les heures même de repos, s'insinue dans tous les regards jetés, s'immisce dans tous les traits vus, au point qu'un soir, cela devient envahissant, doit naître, et ne cesse plus d'avoir un lieu en moi".
Paul, ou Saül de Tarse, ou saint Paul ; par la puissance spéculative et la vigueur du verbe, le vrai fondateur du christianisme. A Jérusalem, il fut l'élève du plus grand des maîtres, Rabban Gamliel. Zélateur farouche, persécuteur des nazaréens, il cachait mal une inquiétude grandissante ; la crise éclata sur la route de Damas, ce fut la révélation. Paul avait vingt-cinq ans. De persécuteur, il devint apôtre. Nourri de culture hébraïque, parlant grec, Paul livre un texte souvent obscur, comme si l'hébreu, par une pression souterraine, en défigurait le sol. Son discours sur la Loi (Torah), crucial et si moderne, en est un exemple, mais encore ses doctrines de la mort et de la résurrection, et de la grâce. Dans notre essai, nous avons voulu, par-delà des siècles de théologie et d'études néotestamentaires, remonter à la source ; la source pharisienne, le Midrach et la Michna. Nous nous sommes gardés autant que possible des points de vue rétrospectifs et nous nous sommes, pour ainsi dire, transportés jusqu'à lui sans bagages. Là, nous avons découvert combien la question messianique agite l'histoire occidentale, et gît encore au coeur de tout véritable humanisme.
Vite, des cabanes. Pas pour s'isoler, vivre de peu, ou tourner le dos à notre monde abîmé ; mais pour braver ce monde, l'habiter autrement : l'élargir. Marielle Macé les explore, les traverse, en invente à son tour. Cabanes élevées sur les ZAD, les places, les rives, cabanes de pratiques, de pensées, de poèmes. Cabanes bâties dans l'écoute renouvelée de la nature - des oiseaux qui tombent ou des eaux qui débordent -, dans l'élargissement résolu du " parlement des vivants ", dans l'imagination d'autres façons de dire nous.
Histoire(s) du cinéma de Jean-Luc Godard est une oeuvre monumentale, sans équivalent au cinéma, dans l'histoire de l'art et même dans les manières d'écrire l'Histoire. Le cinéma y apparaît enfin tel qu'il est : la forme d'art majeure du XXe siècle et son centre, au-delà du spectacle divertissant pour lequel on le tient généralement et même de l'objet d'amour particulier des cinéphiles. "Le cinéma a fait exister le XXe siècle", il en a été la fabrique. A l'écoute de ce qui est à l'oeuvre dans Histoire(s) du cinéma, ce dialogue, entre le créateur et le critique, est une approche esthétique, philosophique et historique de ses conditions de possibilités : le cinéma dans le siècle et le siècle dans le cinéma, impliquant le tout de l'homme du XXe — de l'imaginaire des salles obscures, de l'horreur réelle des désastres, aux tentatives de rédemption par l'art.