Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
PASSAGES A L'ETRANGER
ASCARIDE GILLES
FIOUPELAN
10,00 €
Épuisé
EAN :9782916819303
Il est passé par ici. Il est parfois repassé par là. Mais dans ces " Passages à l'étranger ", point d'extases touristiques, de prélassements farnientesques ensoleillés ni de cartes postales, mais des visions pétries d'imaginaire, des sensations chargées d'Histoire et de poussière? et la vie d'un homme qui passe. On y croise les ombres, les statues ou les âmes de Khéops, Agamemnon, Lénine, mais aussi Byron, Lovecraft, Tolstoï, et encore le Roi des Aulnes, Blake et Mortimer, le Golem, Enrico Macias, et bien sûr des rois, des princes, des tsars, des palais et des tombeaux, des dieux, et peut-être le Christ? De principautés en capitales, Gilles Ascaride traverse un monde où tout bouge sans que rien ne change vraiment... Spectateur plus qu'acteur, qui voit l'URSS glisser vers la Russie, la RFA-RDA vers l'Allemagne, le communisme vers le capitalisme néo-libéral, et les ailleurs exotiques vers le village global. Ni journal de voyage ni recueil de souvenirs émus, ce livre offre, à travers le décentrement, un voyage dans l'homme, étranger à l'étranger autant qu'à lui-même.
Dans ce livre ? Marseille au coeur de l'Histoire avec une bande de minots qui jouent avec le destin de Maurice Thorez (Maurice qui ?...), de l'antimilitarisme pas primaire du tout, les "trois jours" à Tarascon et l'insupportable attente du tampon "exempté", un candidat aux élections dont on se cague, un bras de fer féroce avec Hassan II, la vérité cachée sur la misère sexuelle de Mai 68, de la harangue révolutionnaire en prouvençaou postmoderne, de l'engatsade contre l'OM, un superhéros écrivain (ou l'inverse) et une préface du célèbre Vladimir Ilitch Mostegui Jr. A travers le temps et l'espace, depuis Marseille et dans le monde entier, l'overlittérature se fait historique et sociale, overpolitique.
Marseille n'aime pas seulement imiter ses cartes postales, elle aime aussi dévorer ses propres enfants. Pour y être un peu plus qu'une sardine, mieux vaut s'en exiler. Un seul refuse de se plier à cette malédiction millénaire : Samson Derrabe-Farigoule. Sa grande gueule défie la Grosse Ville en une imprécation flamboyante, vibrante de griefs accumulés. Sous le flot de son verbe vengeur, les murailles de la Ville-Mère se fissurent et croulent pour faire apparaître la très puante réalité. Ravi par l'expression "rôtir le balai" trouvée chez Saint-Simon, Stendhal remarque : "La langue dégénère et perd son caractère parce que les vanités et les convenances (qui ont déjà tué la gaieté) empêchent d'employer ces mots". Et Werner Schwab confirme : "La langue vivante a été détruite par la politique, la bureaucratie et la publicité. Le langage est à présent dressé comme un berger allemand". Loin de la littérature encagée et des romans policés qui encombrent les librairies, Gilles Ascaride fait un malheur en déchaînant ses grandes orgues marseillaises.
On nous serine tous les soirs, à l'heure de la grand-messe cathodique, qu'ici la vie serait plus belle. A voir. Car à quoi bon beugler qu'on est fier d'être marseillais quand cette ville-patchwork pullule de fantômes d'enflures ou de bordilles bien réelles? Reste que Marseille ne laissera jamais indifférent, et que derrière les clichés éculés ou sous la crasse des trottoirs, la tendresse fait des miracles. Au ras du bitume ou des hauteurs de la colline de La Garde, au travers d'émouvants récits ou de pulsionnelles harangues, Gilles Ascaride scrute la ville sous toutes ses coutures, mêlant la nostalgie à la diatribe. Récits de bas d'immeuble, contes aux fumets de cuisine échappés des fenêtres ouvertes, portraits au couteau, élucubrations au cordeau, vérités bonnes à dire (ou pas), légendes et faits avérés, souvenirs de briques et de broques. Marseille, face à la vue de dos (formule de Gilles Ascaride qui aurait pu être le titre de ce livre...).
Il vivait dans il buio, sachant qu'en italien cela veut dire l'obscurité totale et aussi l'ignorance. Voilà, c'était bien ça. Dans ce noir épais, l'ignorance totale de tout et de tout ce qui pouvait s'y passer. C'était ça la vie de Gabriel". Vie obscure de Gabriel est un roman qui raconte le combat d'un homme contre ses démons intérieurs, les fantômes du passé, les ombres du présent, un affrontement sans merci avec le chaos d'une existence, il buio, pour en faire une oeuvre d'art.
Cet ouvrage est une parodie hilarante de cette littérature pseudospiritualiste et des manuels de sagesse sans peine fleurissant dans les librairies, destinés à tous ceux qui cherchent un supplément d'âme ou un sens à la vie. Mais c'est aussi un véritable ouvrage de spiritualité nourri des larges connaissances de l'auteur dans le domaine de la mystique, qu'elle soit chrétienne, musulmane ou chinoise. Si ce livre est irrespectueux, irrévérencieux et se moque allègrement de maintes idoles et autres grosses têtes vénérées, c'est que l'esprit de sérieux est fondamentalement un obstacle à la connaissance spirituelle. C'est donc bien une mystique marseillaise, faisant la part belle à l'exagération des Méridionaux, à leur verve inspirée, à leur verbe débridé, que déploie ce livre hors norme, rempli d'histoires farfelues, de situations cocasses et de personnages excentriques. Eloge des fadas, c'est aussi une explosion d'imaginaire, un hymne à la langue libérée, sûrement le fleuron de l'oeuvre d'Henri-Frédéric Blanc.
Marseille, 1950. Trois écoliers du quartier d Arenc sont entraînés dans une sombre affaire de rivalité politique. Dans une intrigue nouée autour d une solide amitié entre minots, Robert Dagany retrouve de façon presque ethnographique la marque Fraîchement arrivé d un paisible village montagnard, le jeune Edouard se voit confronté au brutal environnement d un quartier pauvre et populaire aux marges portuaires de Marseille, à l heure néo-réaliste du Rendez-vous des quais de Paul Carpita. Les temps douloureux du second conflit mondial s y prolongent, sur fond de guerre d Indochine et de grèves ouvrières, au rythme des difficultés d un quotidien où la survie tout autant que la vie est à l ordre du jour... La justesse des mots, les tournures de phrases et les différents accents des personnages retranscrits avec finesse donnent vie à un langage populaire étonnant de réalisme. C est ce parler, marqueur puissant d une identité marseillaise, qui donne toute sa saveur au récit captivant d un enfant venu d ailleurs confronté à l univers des adultes et à ses forces obscures, au soleil de Marseille.
Marseille n'aime pas seulement imiter ses cartes postales, elle aime aussi dévorer ses propres enfants. Pour y être un peu plus qu'une sardine, mieux vaut s'en exiler. Un seul refuse de se plier à cette malédiction millénaire : Samson Derrabe-Farigoule. Sa grande gueule défie la Grosse Ville en une imprécation flamboyante, vibrante de griefs accumulés. Sous le flot de son verbe vengeur, les murailles de la Ville-Mère se fissurent et croulent pour faire apparaître la très puante réalité. Ravi par l'expression "rôtir le balai" trouvée chez Saint-Simon, Stendhal remarque : "La langue dégénère et perd son caractère parce que les vanités et les convenances (qui ont déjà tué la gaieté) empêchent d'employer ces mots". Et Werner Schwab confirme : "La langue vivante a été détruite par la politique, la bureaucratie et la publicité. Le langage est à présent dressé comme un berger allemand". Loin de la littérature encagée et des romans policés qui encombrent les librairies, Gilles Ascaride fait un malheur en déchaînant ses grandes orgues marseillaises.
Reconnaissons qu'existent en ce bas monde quantités de situations étranges, sensations exotiques, trucs bizarres et/ou machins variés, étrangers ou familiers, mais pour lesquels aucun qualificatif n'est réellement adapté. Reconnaissons aussi que l'espace infini des possibilités sémantiques déborde de vocables encore incréés, d'affolants phonèmes qui ne demandent qu'à éclore au monde réel pour enfin accomplir leur auguste mission : qualifier un concept orphelin avec toute la fougue et l'ardeur dont ils sont capables... Eh bien, jubile donc, lecteur assoiffé de sensations nouvelles ! Tu vas pouvoir participer à une œuvre de salubrité publique, celle qui enfin permettra de rendre justice à ces flagrantes lacunes linguistiques ! Tu tiens entre les mains les espoirs de revanche de ces notions injustement anonymes ! Grâce à toi, grâce à l'emploi que tu en feras, elles vont enfin pouvoir vivre leur destinée au grand jour ! À toi d'en user et abuser dans ton langage quotidien, de les répandre à tout vent, d'en disséminer les spores aux quatre points cardinaux du terreau fertile d'une langue de par trop compassée, qui n'attend que toi pour croître et embellir !