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Guide du bénévole social
Arveiller Jean-Paul
ERES
13,50 €
Épuisé
EAN :9782749207902
Extrait Adaptations secondaires «Il ne veut pas s'en sortir» est un air souvent entendu de la part de bénévoles (ou de professionnels) confrontés à la «mauvaise volonté» de celui qu'ils accompagnent dans une démarche jugée pourtant comme positive pour lui. Comment peut-on expliquer ou comprendre cette attitude négative de celui qui, confronté à des difficultés objectives, n'entre pas dans le dispositif d'aide proposé, voire le met à mal dans une dimension qui semble parfois totalement masochiste ? Les choses sont, en effet, souvent loin d'être simples mais la sociologie va nous apporter quelque lumière. Toute personne a des capacités adaptatives qui sont mises au service d'une recherche d'équilibre entre son milieu et lui, et on pourrait dire de n'importe quel milieu et lui. E. Goffman, dans les années 1960, a mis en évidence, en étudiant certains lieux d'enfermement qu'il appelle institutions totalitaires (asiles, prisons, communautés religieuses, casernes...), certains mécanismes d'adaptation auxquels étaient obligés de se soumettre les internés pour pouvoir survivre dans le long terme. Adaptation paradoxale mais vitale psychologiquement. C'est ce mécanisme que certains ont décrit dans le cadre des camps de concentration où il était vital d'adopter une position passive d'adaptation au système d'oppression. «S'organiser, cela signifiait d'abord accepter sans discussion la totalité du système. Accepter son absurdité, sa logique mortifère, renoncer à son identité sociale, se définir comme numéro [... ] les prisonniers qui n'acceptaient pas le camp, restaient agrippés à leur mémoire, refusaient la brutale réalité nouvelle et gardaient l'espoir étaient condamnés.» C'est aussi ce mécanisme que nous avons connu dans les hôpitaux psychiatriques il y a quelques années : les personnes hospitalisées contre leur gré revendiquaient leur sortie dans un premier temps puis, au bout de quelques semaines, commençaient à prendre les habitudes de l'hôpital, s'adaptaient, s'installaient même et alors, au bout d'un certain temps, il devenait difficile de faire avec elles un projet de sortie tant elles étaient devenues bien insérées à l'hôpital. C'est ce que l'on a appelé l'effet iatrogène de l'institution. Il en va de même bien souvent avec les personnes dont nous nous occupons : elles restent attachées à une situation pourtant difficile, car elles y ont trouvé un équilibre précaire qui leur permet d'avoir le sentiment de maîtriser quelque chose de leur existence qui, sans cela, leur échappe totalement. Ce mécanisme d'adaptation secondaire consiste donc à s'adapter à la situation telle qu'elle est et a pour effet, bien souvent, de jouer contre les réels progrès et l'évolution vers une situation autre et probablement meilleure mais anxiogène car inconnue. On peut même ajouter que ce type de situation est souvent conforté par nos dispositifs qui ont fabriqué, entre l'inclusion et l'exclusion, un nouveau statut, celui de personne en insertion, c'est-à-dire incluse non pas dans la société globale mais dans un dispositif auquel il faut s'adapter, ce qui éloigne, surtout quand ces dispositifs s'empilent, de la réelle intégration sociale.
Après la Deuxième Guerre mondiale et au cours des années 1960, l'internement psychiatrique a progressivement décru. Cela a fait que certains, dans l'effervescence de mai 1968, ont pu espérer sa totale abolition. Il a fallu attendre 1990 pour une réforme. Elle maintient le régime de privation de liberté, tout en inversant son application : de règle en 1838, il devient seulement d'exception en 1990. Par contre, à partir de la loi de 2011 apparaissent des soins sans consentement étendus à l'ambulatoire. Le dernier rapport du Contrôleur Général des Lieux de Privation de Liberté (CGLPL) s'inquiète du recours croissant aux pratiques dépourvues de consentement, avec isolement et contention.
Contrairement à nos habitudes, nous avons divisé les deux Journées nationales de formation en deux temps et sur deux lieux : la première en juin à Paris et la seconde en novembre à Lyon. Le 13 juin à Paris, la coordination Ile de France avait décidé de réunir les participants sur le thème "Sante Mentale et Citoyenneté". Il apparaît facile d'établir une liaison entre les deux, si l'on pense aux personnes en difficulté psychique. En effet, la santé mentale consiste à pouvoir assumer les tensions de la vie et les surmonter la citoyenneté garantit l'exercice des droits et le pouvoir d'assumer un rôle actif dans la cité.
L'Espagne particulièrement instable en ce tout début du XXe siècle, une région, la Catalogne à la recherche d'une identité et surtout un petit village proche de Barcelone et dénommé Horta, constituent la toile de fond de ce roman qui retrace la biographie d'un personnage particulier, la Patacons, savant mélange de sainte femme et de harpie redoutée par tous à commencer par ses proches. A partir des souvenirs de ses neveux et nièces le livre essaie de resituer son cheminement psychologique et de comprendre comment elle a pu leur laisser, malgré l'aide permanente qu'elle leur apporta, des souvenirs pour le moins contrastés. Les malheurs qui ont émaillé sa vie ainsi que les combats de légitimité qu'elle eut à affronter entre deux voies semblant incompatibles, permettent d'illustrer la chronologie d'une vie peu ordinaire.
Ce numéro devrait aider à tirer des enseignements de la crise Covid pour la santé mentale. Les inégalités d'accès aux soins et aux accompagnements, liées à l'hétérogénéité des moyens et des pratiques, ont une nouvelle fois été mises en lumière. Mais surtout, des établissements et services ont démontré leur capacité d'adaptation et de remise A en question des cadres et organisations préétablis. Des initiatives allant dans le sens d'une mobilité, réactivité et individualisation plus grandes des réponses, ont été développées. La situation de crise a pu, ici ou là susciter une dynamique et une créativité qui ont bousculé la chronicisation dans laquelle a tendance à s'installer inévitablement toute institution. On peut même aller jusqu'à penser que, dans certains cas des équipes ont redécouvert une certaine militance, base de nombreuses évolutions récentes dans nos domaines. Il s'agit désormais de A mettre en valeur et de conforter ces découvertes.
Mauvais Patrick ; Blazy Micheline ; Deligne Isabel
Des professionnels de PMI, de lieux d'accueil, de services de soins en périnatalité, de CAMSP et de pouponnières témoignent de leurs pratiques dans l'accompagnement des relations entre parents et enfants. On reconnaîtra aisément, au travers de ces expériences diverses, une référence appuyée aux travaux d'Emmi Pikler - pédiatre hongroise qui a fondé en 1946 la pouponnière de Lòczy à Budapest - sur le très jeune enfant et sa famille. On y retrouvera l'importance qu'elle accordait, jusqu'au moindre détail, aux conditions concrètes du bien-être et de la sécurité de l'enfant. Les professionnels réunis ici, attentifs et assurés de leur confiance en l'enfant, nous enseignent combien l'accompagnement du processus de parentalisation peut bénéficier de cette approche, dans le respect des familles en devenir. Biographie: Patrick Mauvais est psychologue clinicien, responsable de la formation des formateurs à l'association Pikler Lòczy de France.
L'essentiel du travail de l'éducateur réside dans le caractère anecdotique de sa présence à l'Autre. Ce n'est pas pour autant que tout le monde peut se dire éducateur! L'apparente simplicité d'un "être avec" masque la réelle complexité du "faire avec". Et ce serait maintenir une illusion que de penser trouver les ressorts du métier d'éducateur en quelques savoirs disciplinaires: ceux-ci ne peuvent l'expliquer que dans l'après-coup. Le sens du métier d'éducateur est à puiser dans une lecture appliquée des actes posés au jour le jour; encore faut-il pour cela disposer d'un langage approprié. D'où le choix de cent mots simples et pourtant illustratifs de la difficulté de ce métier. Cent mots pour une profession longtemps restée sans mots! Tel est le pari de ce dictionnaire qui, par le biais de chacune des notions explorées, tisse des liens entre l'apparente banalité des gestes quotidiens de l'éducateur et leur fondamentale répercussion sur le développement de la personne accompagnée dans une relation d'aide éducative ou de soin. Au final, ce dictionnaire ne conceptualise pas une pratique professionnelle; il la rend visible et lisible par tous ceux qui sont appelés à l'exercer. Il est une trousse à outils que tout éducateur devra savoir garder à portée de main, tant pour l'aider dans ses écrits que pour penser sa pratique. Biographie de l'auteur Philippe Gaberan, éducateur spécialisé et docteur en Sciences de l'éducation, est formateur et chercheur en travail social à l'ADEA (Bourg-en-Bresse). Rédacteur au journal Lien Social, il est aussi l'auteur ou le coauteur de plusieurs ouvrages et articles de référence.
Ben Soussan Patrick ; Korff-Sausse Simone ; Nelson
Comment dire l'indicible de cette rencontre fondatrice entre un enfant porteur d'un handicap et ses parents? Comment partager cette expérience impensable, comment l'élaborer, lui donner du sens?Quelles peurs, quelles résistances suscite le handicap? Comment dès lors l'accueillir? Comment aider les parents, les fratries, les familles mais aussi les équipes à faire en sorte que le handicap nommé n'assigne pas le nouveau-né à la différence, ne le condamne pas à être autre, irréductiblement, aux yeux de tous?Pédiatres, psychiatre et psychanalyste proposent ici des élaborations croisées à ces situations surchargées d'affects.
Dès l'apparition de la théorie de l'attachement - dans la trilogie de John Bowlby, Attachement et perte - ses relations tumultueuses avec la psychanalyse ont occupé le devant de la scène. Plus encore, on peut affirmer rétrospectivement que cette option théorique a puisé une bonne part de sa créativité dans la vivacité de cette conflictualité. C'est dans cet esprit qu'a été conçu cet ouvrage qui reprend, actualisé et complété. le dossier publié dans Le carnet Psy. Il propose une revue critique en examinant les éléments de convergences. de divergences et d'enrichissement mutuels entre théorie de l'attachement et psychanalyse. Son format synthétique. sa vocation didactique et sa lisibilité en font un incontournable outil pour tous ceux qui veulent s'initier aux rudiments fondamentaux de la théorie de l'attachement; les thèmes traités et l'originalité des ouvertures épistémologiques offrent aussi une lecture stimulante pour les connaisseurs.
Vous êtes professionnel de santé ou vous souhaitez vous perfectionner dans l'art de devenir véritablement aidant au quotidien ? Ce livre est fait pour vous. Il vous permettra d'acquérir l'ensemble des notions de base de la relation d'aide, comme : ses fondamentaux (conditionnements, croyances limitantes, jeux psychologiques, signes de reconnaissance, sens de la vie...) ; l'entretien d'aide (la structure, l'écoute, la reformulation, les messages non communicatifs...) ; la déontologie de l'aidant ; la psychothérapie, la psychanalyse, le développement de l'enfant, les mécanismes de défense, les objections... ; la psychopathologie et ses différents types de personnalité (paranoïaque, schizoïde...) ; les maladies de société (dépression, mélancolie, troubles du comportement alimentaires, Alzheimer...) ; l'approche transgénérationnelle et systémique de la relation d'aide ; les compléments à la relation d'aide (méditation, coaching...). Vous trouverez ce livre facile et agréable à lire bien qu'il situe d'emblée l'élan de ceux qui veulent prendre soin des autres au plus haut niveau des relations humaines. Dans un monde de plus en plus égocentré, l'urgence veut que nous fassions l'effort d'ouvrir notre coeur et de retrouver la voie du bon sens, ce qui implique une connaissance réelle de ses limitations autant que de ses points forts, et surtout une forte intention de contribuer à devenir un facteur de paix dans l'univers qui est le nôtre. Un livre à se procurer de toute urgence.
La fin de l'Etat providence et des politiques sociales qu'il rendait possible est l'occasion d'un retour en force de "la psychologie positive" dans l'accompagnement des populations fragiles. La relation d'aide a de fait une histoire ancienne, et notamment aux Etats-Unis, où l'individu est tenu pour seul responsable de la réussite de son développement. L'usager étant désormais d'abord un citoyen (avec ses droits... et ses devoirs), il n'est plus tant question de compenser, voire soigner, ses fragilités, que de l'aider à se réaliser. L'ouvrage pend acte de ce tournant en travail social. Il replace ces nouvelles pratiques dans le contexte de l'approche classique, sociale et psychanalytique, de l'accompagnement en action sociale, pour en noter les apports positifs, et pour proposer des garde-fous afin de se prémunir de dérives graves.
Nous les côtoyons tous les jours. Souvent ils sont ivres et peinent à mendier. Ils sentent mauvais, vocifèrent et font un peu peur. Nos regards se détournent. Qui sont ces marginaux au visage ravagé ? Ce sont les clochards. Fous d'exclusion. Fous de pauvreté. Fous d'alcool. Et victimes surtout. De la société et de ses lois. Du marché du travail et de ses contraintes. Mais au-delà, c'est contre la vie même qu'ils se révoltent. Hallucinés, ivres, malades, c'est un autre et impossible ailleurs dont ils s'obstinent à rêver furieusement. Patrick Declerck, psychanalyste et ethnologue, a suivi la population des clochards de Paris durant plus de quinze ans : dans la rue, dans les gares, dans les centres d'hébergement, au Centre d'accueil et de soins hospitaliers de Nanterre, au Samu social. En 1986, dans le cadre de Médecins du Monde, il a ouvert la première consultation d'écoute destinée aux SDF en France.
Ce livre est consacré à certaines formes de prise en charge réalisées auprès de personnes (enfants, adolescents, adultes) manifestant des difficultés d'intégration sociale en lien avec des difficultés d'ordre psychologique. Des institutions construites en dérivation par rapport au modèle traditionnel de l'internat accueillent ces personnes et leur offrent, à côté de traitements spécifiques, un milieu de vie dans lequel elles côtoient des professionnels éducateurs ou soignants qui partagent avec elles le quotidien ou l'ordinaire de la vie. Chez les personnes accueillies, cette "présence proche" a des effets importants de changement psychologique quand elle est l'objet d'un travail d'approfondissement clinique qui en dévoile les enjeux, les avatars, et les tâtonnements. La métaphore du "corridor" désigne ces espaces-temps ambigus au sein desquels se déploient, sous une apparente banalité, des échanges complexes qui permettent une reconstruction du lien social.